‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 3)Chapitre 145 sur 246 · Ibidem. Délib. BB 2, p. 44. Assemblée du 21 mai · texte numérisé non relu

Ibidem. Délib. BB 2, p. 44. Assemblée du 21 mai

6. Bonne d’Armagnac, fille de Bernard VII, comte d’Armagnac, avait épousé le fils du duc d’Orléans. Bernard d’Armagnac devint le chef des partisans de ce prince, ce qui leur valut le nom d’Armagnacs.

6. Arch. mun. Délib. BB 2, p. 45 v°. — 25 juin et 4 juillet 1414.

ARMAGNACS ET BOURGUIGNONS

contre les Bourguignons, en envoyant sous les murs d’Arras, un canon et des tentes1, et le Roi reconnaissant daigne accorder à son passage à Péronne que désormais le capitaine et les milices bourgeoises d’Amiens ne pourront en aucun cas être détournés de la garde de leurs remparts, même sur un ordre formel de sa part2.

Moins d’une année après, nos milices étaient, malgré tout, encore mobilisées. Il est vrai, les circonstances sont graves.

« Fa délibéré que se le Roy nostre sire en son voiage qu’il fait ad présent en Picardie, vient en Amiens,.... de présenter au Roy nostre sire et à nos seigneurs s’ils viennent à Amiens ce qui s’ensuit : au Roy xn quenez de vin et vi bœufz ; à mons. de Guienne, son aisné fils, vi quenez de vin et ni bœufs, pour ce que c’est sa première venue ; à mons. d’Orliens deux quenez, l’une de Beaune et l’autre franchoise ; à mons. de Bourbon, une quene ; à mons. le connestable, une quene ; à mons. le chancelier, une quene; à mons. l’archevesque de Sens, une quene; au frère de le Royne, à mons. de Bar à chacun xii kanes et les autres seigneurs seront servis, chacun selon son estât ».

« Délibéré de présenter à mons. de Guienne à sa première venue et

entrée à Amiens qu’il a l’intention de faire briefment six pos d’argent

dorés, deux tonneaux de vin et deux bœufs ; et à mons. le chancelier de Guienne une quene de vin »

Daire, loc. cit. , I, p. 226, dit: « le 25 juin 1414, le Roi arrive à Amiens. Il a confondu les préparatifs faits pour le recevoir avec le fait de sa venue. La délibération du 8 septembre (BB 2, p. 48) est formelle : « se à leur département d’Arras, le roy nostre sire et mons. de Guienne fussent venus par Amiens ».

1. Arch. mun. Comptes 1415-16, p. 39 v°. « AWillameïhumas,careton,

demourant à Arras pour avoir admené dudit lieu d’Arras à Amieus le

grant canon monté et enfusté et deux tentes qui au commandement du roy, par la ville d’Amiens, en l’an passé furent menées à son siège devant Arras ».

2. Ibidem. Comptes 1413-14, p. 47 v°. « A Jehan de la Faloise. ... il est alé en le vile de Péronne par devers le Roy et son conseil qui y estoit

et de lui a obtenu lettres par lesquelles ledit seigneur a ottroié et accordé

àled. ville que mons. lecappitaine et les bourgeois demeurent et entendent à la garde d’icelle sans aler au mandement ne au service du Roy ».

Henri V, roi d’Angleterre, épiait l’occasion d’envahir la France et de mettre à profit l’épuisement résultant, pour notre patrie, des guerres civiles, des massacres, des pillages sans cesse renaissants. Débarqué à l’embouchure de la Seine, maître de Harfleur (8 octobre 1415), il prétend regagner Calais à travers les provinces de Normandie, de Picardie et d’Artois, en passant la Somme au gué de Blanquetaque C comme Édouard III l’avait fait. Le gué étant bien gardé cette fois par les soins du connétable d’Albret, le monarque anglais, obligé de rebrousser le chemin, essaie vainement de franchir le fleuve à Pont-Remy, à Hangest; campe au Pont-de-Metz 1 2, afin d’éviter Amiens qui a sacrifié a le grand circuit des fourbours » 3 pour concentrer tout l’effort de la défense sur les remparts de la vieille enceinte; traverse Dury, Saint-Fuscien, descend à Boves.

Le château de Boves appartenait à Charles de Lorraine, comte de Yaudemont.

Sa position, à la fois maîtresse de la plaine et de la vallée, ses fortifications, son donjon, la garnison qui l’occupait, pouvaient être mis à profit pour la résistance; malheureusement, le capitaine entre en composition avec les Anglais et promet de ne pas les inquiéter pourvu qu’ils s’abstiennent

1 . Arch. mun. Délib. BB 2, p. 67. Assemblée du 13 octobre. Requête au connétable « affin qu’il lui pleust ladicte ville d’Amiens avoir et tenir

pour excusée de non envoier par devers luy gens d’armes pour résister

à la male volenté et male entreprinse du roy d’Engleterre »

2. Ibidem. Délib. BB 2, p. 71. Échevinage du 13 décembre 1415. Remise au locataire du pré du Pont-de-Metz appartenant à la ville « attendu les dommages qui fais lui avoient esté par les Anglois et par les gens d’armes. » — Monstrelet. Édit, préc., T. III, p. 97.

3. Ibidem. Délib. BB 2, pp. 72 v° et 80. — Comptes 1414-15, p. 41.

« A Gilles de Boulongne, sergent de nuit il a vaquié l’espace de huit

jours continueulx au temps que le roy d’Engleterre et les Anglais ennemis

du royaulme passèrent par le pais..... en l’escharguette du beffroy

pour savoir et veoir au loing quels gens d’armes venoient. xvi s. p. »

ARMAGNACS ET BOURGUIGNONS

de piller1. Le soldat ne pille effectivement pas, mais il se régale : « Il y a foisons de vins dans les pressoirs dont les Anglois buvoient beaucoup; et la plupart faisoicnt bouteilles de leurs ventres dont le Roy estoit doulans » 2.

Le principal objectif de Henri V étant toujours le passage de la Somme, il continue son mouvement sur Corbie, puis, renonce à côtoyer les sinuosités du fleuve et marche vers Nesle. La connivence d’un traître et la négligence des habitants de Saint-Quentin lui permettent de franchir la vallée, entre Iiarn et Péronne. Il poursuit rapidement sa course et ne s’arrête que dans les plaines d’Azincourt, où l’infortuné connétable d’Albret essuie l’effroyable défaite que l’on sait (2o octobre).

Le mayeur, Jacques Clabault, informé de la marche des Anglais par delà la Somme, envoie3 un messager chargé de le renseigner sur l’attitude de l’ennemi, et le messager rapporte la nouvelle d’un désastre sans précédents.

La chevalerie française est presque anéantie. Au nombre des morts figurent le bailli d’Amiens, Philippe d’Auxy, qui avait emprunté une partie du matériel de guerre de la ville 4 ; le capitaine d’Amiens, Louis de Brimeu ; le grand

1. Arch. mun. Délib. BB 2, p. 72. Remise à Thomas Delemoteet Gille Lefebvre, vignerons, du terme de la Saint-Remy, car « ils avoient tout perdu et leur avoit tout esté pillé et robé par les gens d’armes qui avoient esté sur le pais. »

2. Jean Le Fèvre, seigneur de Saint-Remy. Édit, de la Société de l'Histoire de France, T. I, p. 234.

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