Arch. mun. Comptes 1415-16, p. 71 v°. « A Jehan du Mesnil
pour six jours qu’il a vaquié après ce que les Anglois orrent passé le
cours de la rivière de Somme en aux tirant vers les parties de Calays
il est allé vers les parties des contez d’Artois et de Saint-Pol, pour savoir
et rapporter la vérité de l’estât desdis anglois et rapporta aprèz la
bataille ce qui en estoit ».
4. Ibidem. Comptes 1414-15, p. 40v°et Délib. BB 2, p. 112v°. « Michaut Gerneen voyé de l’échevinage alla recueillir les épaves de ce matériel de guerre
maître des arbalétriers, David de Rambures1, autre ami dévoué de la ville. La désolation est au comble.
Boulogne, directement menacée, demande du secours que l’échevinage s’empresse d’accorder 2, en même temps qu’il décide que les murailles de la nouvelle forteresse seront momentanément abandonnées, afin de concentrer, au profit de la vieille enceinte, toutes les ressources de la défense. Agir autrement3 « ne seroit point le bien, ne seureté de le ville, ne du pais ».
La plupart des morts et des prisonniers appartenaient au parti armagnac ; les bourguignons en prennent occasion de lui imputer la responsabilité du désastre d’Azincourt.
Jean sans Leur se pose en vengeur de la patrie déshonorée par la faute du Roi, et ne se fait pas faute d’exploiter à son profit le mécontentement des populations écrasées d’impôts4.
à Azincourt, à Thérouanne, à Anvin, Heuchin, Bergueneuse, Equire. Il retrouva « deux canons à plommées (canons qui lançaient des boulets de plomb) », un autre grand canon, « deux autres moiens canons sans boitte, douze pavais tous descollés et descouvers, deux pavillons moult empiriés et dommagiés et les deux testes d’une grande tente qui avait esté prestée à mons. Philippe d’Auxi, lors bailli d’Amiens. »
1. Arch. mun. Délib. BB. 2, p.76 v°. 20 mars 1416 (n. s.). Invités par la veuve à assister aux funérailles, à Rambures, les mayeur et échevins décident que « le maïeur s’y rendra en compagnie de S. Jehan Picquet, S. Jehan de Hangart, Mile de Bery, Simon Mile, Jehan de May. — Deux jours après (22 mars) on décide de s’abstenir parce que les chemins ne sont pas sûrs.
2. Ibidem. Comptes 1415-16, p. 88. « A douze arbalestriers prestement envoiés par l’ordonnanche de messeigneurs en le ville de
Boulongne sur la mer pour aidier à garder icelle ».
3. Ibidem. Délib. BB 2,p. 69. « Délibération de nosseigneurs à garder icelle ville en le bonne obéissance du roy pour ce que l’en dist que le roy d’Engleterre a voué de mettre et tenir son siège au devant d’icelle ville ».
4. Ibidem. Délib. BB 2, pp. 73 v°, 78 v°. 23 février 1416 (17). Le roi impose une taille de 28,000 1. t. et requiert, l’année suivante, 3,000 écus sous forme de prêt « sur un chacun des bourgois et habitans de la ville. »
armagnacs et bourguignons.
Pour parer les coups de son perfide adversaire, Charles VI adresse aux principales villes de France des lettres dans lesquelles le duc est représenté comme l’auteur responsable de tous les maux qui désolent la France. Il se déclare prêt à marcher contre lui et, joignant les actes aux menaces1, remplace le sire de Ilumbercourt 2 3, récemment nommé bailli d’Amiens et ami des Bourguignons, par Robert d’Esnc \
Au manifeste royal, le duc répond en s’intitulant ouvertement le chef du parti national hostile aux Armagnacs qui ne sont que des traîtres, des étrangers. Philippe de Morvilliers, les sires de Fosseux et de Ilumbercourt 4 5 visitent en son nom les principales villes de la Picardie, qu’ils s’efforcent d’entraîner dans le parti bourguignon. Montreuil, Abbeville, Saint-Riquier, Doullens, éblouies par d’insidieuses promesses, consentent à se soumettre et traitent avec eux les conditions de leur alliance. Les ambassadeurs arrivent à Amiens le 13 juillet. Morvilliers, que la faveur du duc élévera tantôt à la dignité de premier président du Parlement, y comptait beaucoup de parents et d’amis.
On exigeait des Amiénois, comme première condition, la révocation immédiate et l’exil du bailli d’Esne ainsi que du procureur Hue Dupuis, les deux agents principaux du gouvernement royal