‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 3)Chapitre 16 sur 246 · Antiquaires de Picardie. Album archéologique. XIII · texte numérisé non relu

Antiquaires de Picardie. Album archéologique. XIII

rendu particulièrement difficile l’étude de la période galloromaine.

Ces remblais, œuvre des siècles à en juger par les différentes couches alluviales qui alternent avec des stratifications de matériaux variés et de terrains rapportés, comme le démontrent les nombreux relevés que M. C. Pinsard a pratiqués dans la plupart des quartiers de la ville, avec une exactitude scrupuleuse, ont donné lieu à la fable que notre premier historien qualifie de « fadèze et bagnauderie. 1 » Les populations du moyen âge, facilement éprises du merveilleux, racontaient que Julien l’Apostat avait puni jadis la révolte des Amiénois par la destruction totale de leur ville. Ils ajoutaient que, dans le dessein d’en faire disparaître les moindres vestiges, le César s’était offert la singulière fantaisie d’occuper, pendant plus de six mois, les soldats de son armée à ensevelir les ruines sous une masse de terres qui atteignit la hauteur de neuf coudées.

La charrue y passa ! on y sema du blé et une nouvelle cité s’éleva, dans la suite, comme à un étage supérieur!

Charles de Bovelles a publié, dans les premières années du xvf siècle 2, cette étrange fable qui se lisait au roman d 'Abladana 3, dont on attribue à tort la paternité à Richard de Fournival, qui a simplement aidé à la traduire du latin en langue romane, au xme siècle. Avec infiniment de bonne

1. La Morlière. Les Antiquités de la ville d’Amiens. Edit préc., p. 65.

2. Edit, préc., Ch. XIX, p. 102. De eversione urbis Ambianorum a Juliano Cæsare quem apostatam vocant.

3. L ’Abladana, roman connu de du Cange, est une œuvre curieuse qui donne, sur les origines de la ville, des détails fabuleux. Richard de Fournival, chancelier de l’église Notre-Dame d’Amiens, « et li autre maistre qui

à ce tems estoient virent et leurent ung, livre qui fut ars (brûlé) au

desrain (dernier) feu de Nostre-Dame d’Amiens en l’an de grâce mil

CCLVIII, la vigille saint Fremin le Confez, apprès aoust » — Tel est

le préambule du manuscrit qui se trouvait, en 1858, en la possession du Cte de Mailly. CF, Bibl, de l’Ecole des Chartes. Année 1884, Paulin Paris.

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