‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 3)Chapitre 161 sur 246 · Ibidem. Délib. BB 4, p. 66. lep mars 1435 (n. s · texte numérisé non relu

Ibidem. Délib. BB 4, p. 66. lep mars 1435 (n. s

la faveur du roi d’Angleterre et du duc de Bourgogne. Saveuse l’emporte sur ses rivaux L Le pape s’entremettait de son mieux pour amener la fin de cette guerre d’extermination. Le duc de Bourgogne, qui désirait la paix, accueillit favorablement le cardinal légat de Sainte-Croix, venu pour le supplier de se prêter à un arrangement avec le roi de France. Lui-même, dans l’espoir d’arriver à une entente, avait pris, l’année précédente, l’initiative de réunions, à Corbie et à Péronne, des trois Etats de l’Artois et de délégués d’Amiens, d’Abbeville, de Montreuil et autres villes picardes, sous la présidence de ses conseillers intimes, Croy, Crèvecœuretle comte d’Étampes2. On y avait agité les préliminaires d’une trêve qui ne fut guère observée. Le château de Breteuil devait être livré aux Anglais et rasé. Des pourparlers commencèrent sur les entrefaites à Arras. Philippe le Bon déploya, en cette occasion, une magnificence inouïe. 11 avait convoqué toute la noblesse de ses États. L’ambassade de France était composée de cinq cents personnes des plus qualifiées du royaume ; celle d’Angleterre de deux cents gentilshommes. Jamais encore l’Europe n’avait connu de réunion aussi brillante. Le Souverain Pontife était représenté par le cardinal de Sainte-Croix

d. Arch. mun. Délib. BB 4, p. 81. 13 mai 1435.

Philippe de Saveuse, chevalier, fils de Morlet de Saveuse et de Marguerite de Brouilly, eut cinq frères, « tous, comme lui, capitaines de renom. » Il épousa Marie de Lully. Leur fille Jeanne épousa Charles d’Artois, comte d’Eu.

2. Ibidem. Délib. BB 4, p. 54. — Ibidem. Comptes 1433-34, p. 46. <c A S. Mile de Bery, bourgois et eschevin et maistre Tristan de Fontaines, advocat et conseillier.... envoiés en le vile de Corbie au commandement et par devers .... mons. le duc de Bourgogne a assemblée de bonnes villes dessus la rivière de Somme et autres du pays d’Artois, pour letraittié et abstinence de guerre de vi mois pourparlés par lesdis depputés

avec mons. le conte de Richemont » Même assemblée à Péronne, le

14 septembre 1433.

OCCUPATION A NC CO - fiO U RG U I G N O N N K .

et le concile de Bâle, par le cardinal de Chypre. Maître Tristran de Fontaines, maître Jean le Cordier, Willaumc de Conti, Jean de Labbeye, Jean le Carpentier, députés de la ville d’Amiens assistèrent aux conférences qui s’ouvrirent, le 5 août, à l’abbaye de Saint-Waast. La paix fut signée.

Aux termes du traité qui réconcilia Philippe le Bon et Charles VII, le roi de France abandonnait au duc de Bourgogne le comté de Ponthieu, Amiens, Doullens, Roye, Montdidier et toutes les villes et seigneuries de la Somme, tout droit de souveraineté réservé et sous la condition de rachat au prix de quatre cent mille écus d’or1 2.

La nouvelle du traité d’Arras fut partout accueillie avec bonheur. On oublie « les peines, pertes et dommages» pour s’abandonner aux douces espérances que fait concevoir le gouvernement « sous le roy de France » d’un prince qui a toujours aimé, comme ses devanciers, ce le bien de la ville », et auquel il est juste d’accorder « amour plus que par avant » 3. Saveuse demeure en fonction.

Le bailli Le Josne, « fort haï parce que le roi Henry moult l’amoit » 4, n’attend pas d’être destitué et remplacé par le

1. Arch. mun. Délib. BB 4, pp. 85 v°, 86 v°. 2 et 18 août 1435.

2. Olivier de la Marche. Mémoires. Édit, de la Société de l’Histoire de France, T. I, p. 224. « Le Roy baillera et transportera à mondit

seigneur de Bourgoigne pour lui, ses hoirs les citez, villes, forteresses,

terres et seigneuries appartenans à la couronne de France de et sur la rivière de Somme, d’un costé et d’autre comme Saint-Quentin, Corbie, Amyens, Abbeville, et autres, ensemble toute la conté de Ponthieu, deçà et delà ladicte rivière de Somme, Dorlens, Saint-Riquier, Crevecuer, Alleux, Mortaigne, avec leurs appartenances et appendences quelconques

lequel transport et bail se fera par le Roy, au rachat de la somme

de quatre cens mil escuz d’or vielz de lxiiii au marc de Troyes, vin onces pour marc, et d’aloy à xxim quarras, i quart de remède, ou autre monnoie d’or courant à la valeur »

3. Arch. mun. Délib. BB 4, p. 89 v°. Assemblée du 29 septembre.

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