‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 3)Chapitre 167 sur 246 · Ibidem. Délib. BB 3, pp. 138 et suiv · texte numérisé non relu

Ibidem. Délib. BB 3, pp. 138 et suiv

tions. On réclamait 20,000 livres parisis de l’Élection d’Amiens, 4,180 livres de la ville. Une première tentative de Jacques Le Gordier n’ayant pas réussi, le mayeur, Jean Lorfèvre, et les échevins se rendent auprès des commissaires royaux, leur exposent la détresse des habitants, « les pilleries et les roberies » qui désolent le pays, « les grandes et excessives charges et dettes » qui accablent la ville. Lorfèvre se hasarde à offrir 1,250 livres, au risque d’être désavoué par ses concitoyens qui n’en voudraient accorder que mille. Voyant que les commissaires s’obstinent, il propose de transiger pour le double et le triple de cette somme. C’est 4,180 livres qu’il faut, et si l’échevinage ne consent point à le faire de bon gré, les envoyés du Roi imposeront la taxe d’office, d’après le rôle des dernières tailles perçues.

On vit effectivement, au mépris de toute justice et de toutes les traditions, un certain Jean Gibert entreprendre d’établir « assiette rigoureuse sur les bourgeois. » On le vit déterminer à tort et à travers la part contributive de chacun. Jamais le droit primordial donnant à la bourgeoisie la répartition des capitations ne fut plus outrageusement violé. De pauvres gens se trouvaient imposés à six, à sept et à huit livres ! On en appelle au duc de Bourgogne, tandis que les commissaires, accablés de réclamations, s’esquivent et partent pour Tournai, laissant aux sergents du Roi tout l’odieux d’une perception qui révolutionne la ville entière. A leur retour (14 avril) ils finissent par où ils auraient dû commencer et acceptent de transiger sur le chiffre de 3,000 livres, à la condition que la somme sera versée comptant à l’insu des autres villes de l’Élection, qui ne manqueraient pas de se prévaloir de l’exemple d’Amiens afin d’obtenir pareil dégrèvement h

Un mot de Philippe le Bon au Roi aurait sauvé la situation

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