Ibidem. Délib. BB 10, p. 30. 7 mars 1465 (n. s
Dans une assemblée où se trouvaient réunis toutes les notabilités de la ville, Morvilliers s’exprime ainsi :
« Messeigneurs les gens d’église, nobles, mayeur, échevins, bourgeois, manans et habitants de cette ville et cité d’Amiens, le Roi vous salue ! Le Roi a grande confiance en vous. Il a toujours aimé et il aime ceux du pays de Picardie, qui de tout temps, ont été réputés bons, vrais et loyaux à la couronne de France, et disait le bon feu roi Charles le Quint, que on nommait Charles le Sage, que dès qu’il avait avec soi sa loyauté de Picardie, ses finances de Normandie et son conseil de Paris, il n’avait rien h craindre d’aucun de ses ennemis »
L’assistance, électrisée par ce langage, envoie sur l’heure au Roi l’expression de sa fidélité. L’évêque, le doyen du chapitre et les chanoines, le mayeur et les échevins, les bourgeois, tous les habitants réunis à la halle, acclament le représentant de Louis XI et jurent de toujours demeurer en l’obéissance du Roi; dans ce but « ils emploieront leurs corps, leurs biens, tout ce qu’ils possèdent. Pour lui ils veulent vivre et mourir. « Le jour même, un courrier va porter au prince les lettres qui témoignent de ces sentiments L
La guerre commence sans retard. Le duc de Nevers, chargé de défendre la ligne de la Somme, ne réussit point à arrêter la marche du comte de Gharolais et de ses lieutenants, le comte de Saint-Pol, les sires de Contai et de Hautbourdin. Le 6 juin, les Bourguignons traversent le fleuve à Rray; Nesle, Roye, Montdidier se rendent à discrétion. Le chancelier de France en personne organise la résistance dans Amiens. Au capitaine de Rivery, il adjoint Jean de Glisy1 2, et requiert de l’échevinage, qui s’exécute de bonne grâce, toutes les mesures que commande une situation aussi