Commines. Édit, préc., T. Il, p
« Et ainsi tous deux en un coup, ou bien peu s'en falut, se retirèrent
Cependant, l’hostilité de Charles le Téméraire ne devait point être de longue durée. Dès qu’il eut connaissance de l’entrevue de Picquigny, il consentit à nommer également des plénipotentiaires. Il fut d’abord question d’une paix décisive, mais le duc n’y voulait consentir qu’à la condition de recouvrer Amiens et Saint-Quentin, ce qui eût été possible après une éclatante victoire. L’on s’en tint à une trêve de neuf années, signée le 13 septembre au château de Soleure, entre Luxembourg' et Montmédy. Le sire de Contai avait été le principal négociateur. Chacun des princes gardait les villes et les pays en sa possession; le commerce et la libre circulation des sujets français et bourguignons étaient garantis.
Le mayeur d’Amiens se trouvait auprès de Louis XI, à Compiègne, lorsqu’arriva la nouvelle de la conclusion de la trêve tant désirée. Il s’empressa de la notifier à l’échevinage. Torcy la confirma quelques jours après et ajouta, de par le Roi, que la garnison ne serait pas maintenue et que la ville pourvoirait désormais, comme autrefois, à sa propre défense h
de la barrière et montèrent à cheval. Le Roy s’en alla à Amiens et le roy d’Angleterre en son ost, à qui on envoyoit de la maison du Roy tout ce qu’il luy faisoit besoing, jusques aux torches et 'aux chandelles. A ce partement ne se trouva point le duc de Clocestre, frère du roy d’Angleterre et aucuns autres comme mal contens de cette trêve, mais depuis ils se revirent et bientôt après vint ledit duc de Clocestre vers le Roy jusques à Amiens et luy fit le Roy de très beaux présens comme de vaisselle et de chevaux bien accoustrez. »
1. Arch. mun. Délib. BB 12, p. 26 v°. 9 octobre 1475. — Reg. aux Chartes AA 5, p. 190 v°.
AMIENS SOUS LOUIS XI
Réunion de la ville et des faubourgs.
Le moment est enfin venu de réaliser les plans arretés au lendemain du désastre de Crécy et de réunir la ville aux faubourgs. La vieille forteresse qui enveloppe la partie méridionale de la place a fait son temps. L’artillerie des Bourguignons achevant l’œuvre des siècles, a définitivement compromis l’existence des murailles qui s’écroulent dans des fossés en partie comblés h
Aux remparts contemporains de Philippe-Auguste succèdent, sur la rive gauche de la Somme, les remparts que notre siècle a vu disparaître à son tour. Aux portes de Saint- Firmin, de Longuemaisière, de Saint-Denis, de Saint-Michel, sont substituées les portes de la Ilotoie, de Beauvais, de Paris, de Noyon. Prenant l’initiative d’une mesure destinée à marquer un progrès considérable dans l’essor de notre cité, Louis XI prescrit, le 24 janvier 1476, de faire démolir les vieilles murailles et de combler les fossés, entreprise immense devant coûter plus de 50,000 écus1 2, dont les gens d’église et les bourgeois discutent encore l’opportunité quinze mois après.
Le Boi insiste 3. L’échevinage, pour montrer sa bonne
1. Arch. mun. Délib. BB 11, p. 78 v°. 8 juillet 1472. On agitait déjà la question de remplacer les ponts-levis des portes de Longuemaisière, Saint- Denis et Saint-Firmin par des ponts dormants et de « réunir la ville et les faubours en une forteresse et en une seule ville ».