‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 3)Chapitre 20 sur 246 · La Morlière. Loc. cit. , p · texte numérisé non relu

La Morlière. Loc. cit. , p

3. Acta Sanctorum. Septembris. VII, 54 A. F., 56 D. Passio sancti Firmini episcopi et martyris. « Ingressique Longulus et Sebastianus civitatem Ambianensium ante tribunal présidentes, data jussione prœceperunt ut tercia die universi convenirent ad prætorium Cimilianum. » Une version donne : prætorium Emilianum, et c’est la bonne. Cimilianum n’est pas un nom usité. L’édition de Bosquet porte : Æmilianum, p. d 74 : « Tune prœcepit Sebastianus militibus suis ut ilium ad spectacula theatri ad portam Clippianam, post biduum præsentarent. » — Une variante donne : ad portam Clipianam,

LA PÉRIODE GALLO-ROMAINE

possible d’en déterminer l’emplacement, non plus que celui de la fabrique d’armes offensives et défensives qui était en activité au ive siècle.

Egarés par une fausse interprétation des mots porta Clippiana , nos historiens locaux ont appelé bien à tort porte Clijpéenne \ la porte qu’ils supposent avoir existé dans le voisinage de cette manufacture d’armes où le gouvernement impérial faisait fabriquer des boucliers et des épées, comme on forgeait des flèches, à Mâcon ; des batistes, à Soissons ; des épées, à Reims ; des cuirasses, à Autun ; des armes de toutes sortes, à Strasbourg.

L’enceinte probable.

La preuve de l’existence d’une enceinte fortifiée autour de la ville gallo-romaine ne saurait résulter sûrement de la mention d’une porte Clippiana dans les actes de saint Firmin qui ne semblent pas être antérieurs au vme siècle. Le légendaire, écrivant des centaines d’années après les événe-

1. Grammaticalement, Clippiana n’a pu donner Clipœana,e t par-conséquent, Clypéenne. Il faut voir, dans ce mot, tout simplement la forme féminisée du nom Clipius ou Clippius, en usage dans l’empire. Goze, les rues d’Amiens, I, p. 135, se trompe, disant que « le moulin Taillefer » ou aux armures se nomme ech’ Clipan, en picard, dénomination affectée » à ce moulin qui passe pour avoir occupé la place de la fabrique d’arrnes. » Jouancoux, Dictionnaire du patois picard, au mot clipant , démontre la fausseté de l’étymologie de clipant venant de clypeus.

Notitia digniiatum et utriusque imperii orientis scilicet et occidentis.... Edit. Otto Seeck. Berolini. 1876. Oc. IX. 39, p. 145 et 146. Fabric.e in gallis : Argentoratensis , armorum omnium. Martisconemis , sagittaria. Augustodunensis , loricaria balistaria et clibanaria.Sucssionensis , scutaria, balistaria et clibanaria. Remensis, spataria. Triberorum , scutaria. Ambianensis, spataria et scutaria.

monts qu’il raconte, les fait se dérouler comme sous ses yeux et donne le cadre de son temps au tableau qu’il esquisse.

Il est maintenant admis que jusqu’au déclin du me siècle il n’v eut aucune fortification vraiment digne de ce nom, en dehors de celles élevées sur les frontières du Rhin. Les villes de la Gaule ne pouvaient prévoir le furieux débordement des barbares et ne songeaient nullement à organiser la défense. L’usage d’élever des remparts se généralise dans le cours du ive siècle et après les premières incursions des Germains, probablement sur un ordre venu de Rome. Pour garantir leur existence, les villes se replièrent en quelque sorte. La population se concentra dans une enceinte étroite dont le plan traditionnel dérivait des castra stativa: muraille rectangulaire flanquée de tours et percée de quatre portes orientées vers les quatre points cardinaux 1 .

Le colonej de la Noë date de la fin du ive siècle la fortification de la plupart des grandes villes. 11 cite, entre autres, Angers, Beauvais, Bordeaux, Baveux, Evreux, Le Mans, Langres, Lillebonne, Reims, Sens, Troyes2.

Les murailles, dont les vestiges subsistent, présentent fréquemment à la base plusieurs assises composées de débris de monuments antiques, ce qui dénoterait assez la précipitation avec laquelle elles ont été construites. A Beauvais, les ruines de l’enceinte sont encore apparentes en plusieurs endroits.

Ici rien de semblable. Aucune trace de fortifications galloromaines3. Est-il admissible cependant que nos ancêtres

1. Schuermans. IciJirbuch des Kaiserlich deutschen circhæologiscken Instituts. 1896. Band XI. p. 109. — M. Jacques Flach. Les origines de V ancienne France. T. II, p. 238.

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