‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 3)Chapitre 206 sur 246 · LES ARTS A LA FIN DU XV* SIÈCLE · texte numérisé non relu

LES ARTS A LA FIN DU XV* SIÈCLE

Jacques Bloqucl croit trouver un bouclier dans le sien : Digne bouclier de valeur et defïence.

Jean llollebault, un haut bois :

Ilaull bois donnant fruit en temps convenable.

Notre historien Adrien de La Morlière évoque la Vierge qui vint la mort lier au monde.

Les confrères rhétoriciens — le mot était alors synonyme de poètes — s’assemblaient, le lendemain de la fête de la Purification, pour entendre proclamer le résultat du concours des Chants royaux. Le lauréat recevait une couronne d’argent.

A dater de 1451 \ le Puy Notre-Dame convia les peintres à célébrer également les louanges de la Mère de Dieu en s’inspirant eux aussi du refrain dans la composition d’un tableau allégorique qui devait être exposé à la cathédrale. 11 en résulta une noble émulation entre les artistes. Ce fut à qui présenterait l’œuvre la plus digne, et bien que la tâche du peintre, obligé de se cantonner dans les limites d’un sujet toujours le même, la glorification de la Vierge, offrit de sérieuses difficultés, l’esprit inventif des Amiénois créa de véritables chefs-d’œuvre.

La collection des tableaux suspendus à la cathédrale1 2

1. L’article 10 du règlement renouvelé en 1451 porte : « Item fera faire ledict maistre présent et conséquemment ses successeurs à venir tableau où sera figuré le mistère approprié pour la feste et solennité principalle dudit Puy, qui sera mis au lieu accoustumé en l’église cathédrale d’Amiens le jour de Noël, pour y demeurer l’année suivante. » A la suite d’un accord intervenu entre le chapitre et la confrérie (1500), les tableaux purent rester exposés dans l’église. Après deux siècles et plus, les œuvres d’art du Puy l’avaient envahie à ce point que le chapitre décida, en 1723, de les faire enlever. La plupart furent détruites.

2. Antiquaires de Picardie. Bulletin, T. XIX, p. 149. M. Dubois publie plusieurs contrats intervenus entre des maîtres du Puy et des menuisiers

était nombreuse déjà au début du règne de François Ier. La Reine-Mère, Louise de Savoie, venue à Amiens en 15 J 7, prit plaisir à la récitation des chants royaux et admira les peintures qui s’y rapportaient. Elle manifesta le désir d’avoir la copie des poésies et le « pourtraict » des tableaux. Aussitôt l’échevinage fit composer le remarquable manuscrit qui se trouve aujourd’hui à la bibliothèque nationale h André de Monsures et Louis Louvel allèrent présenter à la princesse, au château d’Amboise, ce volume très intéressant pour l’histoire artistique de la confrérie de Notre-Dame du Puy. On y voit quarante-huit chants royaux transcrits par Jean de Béguignes, avec lettres capitales ornées par Guy le Flameng, en regard d’autant de miniatures, dessinées par Jacques Platel et coloriées par Jean Pinchore, enlumineur, demeurant à Paris, qui n’ayant pas eu le modèle sous les yeux, en a quelque peu dénaturé le caractère 2.

ou des peintres pour la confection de ces tableaux. Le premier contrat cité est de 1568.

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