Pagès, Mns. Edit. préc. T. I, p
nationale, présentent certaine analogie avec l’école flamande, notamment avec les œuvres de Jean Bellegambe, de Douai, qui florissait vers 1520 : même agencement des groupes de personnages, mêmes constructions en style mi-partie gothique et Renaissance avec échappées sur de lointaines perspectives, mêmes paysages avec rochers, cours d’eau et moulins, mêmes inscriptions en caractères gothiques. Toutefois, Mgr Dehaisnes constate plus de mouvement et de vie, plus de vigueur et de délicatesse, plus de richesse de coloris dans les peintures d’Amiens que dans la plupart de celles de Douai. Le type de la Vierge de la confrérie de Notre-Dame du Puy est d’une beauté plus éclatante que celui qu’adopte l’auteur du rétable d’Anchin .
Les peintures du Puy offrent, comme celles des abbayes d’Anchin et de Marchiennes, des rapports frappants avec la manière des maîtres de Bruges, de Gand/de Bruxelles et d’Anvers : par l’ensemble, par la composition, par la vraisemblance du portrait des personnages, elles appartiennent à l’école flamande, mais il y a dans l’élégance d’un certain nombre de figures, dans la vivacité qui anime les scènes, dans la teinte des carnations, des nuances qui accusent d’autres tendances. D’ailleurs, plusieurs des sujets représentés, le sacre de Louis XII, les portraits de François Ier et de Louise de Savoie, celui de Triboulet, les allusions à divers événements heureux pour la France, indiquent la nationalité des artistes1.
Extension de l’école flamande, notre école amiénoise s’est ressentie du milieu français et du voisinage de Paris. Le règne de Louis XII et les premières années du règne de François Ier marquent son apogée. Bien que renfermée dans le cercle étroit des statuts et privilèges de la « communauté
] . C. Dehaisnes. U art à Amiens à la fin du moyen-âge, dans ses rapports avec V école flamande. Revue de l’art chrétien, loc. cit. p. 277.