TABLEAU OFFERT EN
LES ARTS A LA FIN DU XVe SIÈCLE.
des peintres, sculpteurs, brodeurs, verriers, enlumineurs.», la confrérie de Saint-Luc dut briller d’un certain éclat1.
Toutes les églises de paroisses ou de monastères avaient été plus ou moins meublées de ses productions. Pagès décrit les richesses artistiques existant de son temps. La plupart, sinon toutes, étaient l’œuvre de peintres de la ville, ce n’est pas douteux.
Les peintures murales de la chapelle naguère dédiée à saint Eloi, dans la cathédrale, et qui représentent les huit sibylles de l’antiquité, celles qui décorent la niche du tombeau de Ferri de Beauvoir, sont actuellement les seules qu’on puisse comparer aux tableaux du Puy et qui datent de la même époque. 11 n’est, pas étonnant que la vie des maîtres de l’école amiénoise et l’œuvre personnelle de l’un ou l’autre d’entre eux soient restées ignorées, si nous nous reportons vers ces temps reculés, où enlumineurs, peintres, entailleurs d’images, ne tiennent point, dans les comptes municipaux, une place plus grande que les écrivains ou les graveurs ; alors que les échevins commandent une œuvre d’art ainsi qu’ils commanderaient un registre ou une aumônière.
Jean Marmion ?, qui vécut dans la première moitié du xve siècle, peignait une Madeleine en l’église de Saint-Ladre et la « bannière d’airain » qui surmontait le pilori. Son fils, Simon 3, qui le rejoignit à Valenciennes entre 1454 et
L Arch. mun. Ueg. aux Chartes AA 13, p. 224. Brefs et statuts du 5 décembre 1491.
2. Ibidem. Comptes 1426-27, p. 66. « A maistre Jehan Marmion, paintre, la somme de xii s. p , pour avoir renouvelle et paint de nouvel le pierre assise au devant de l’église Saint-Fremin à le Porte. » — 1443- 44, p. 170v°. « A maistre Jehan Marmion, paintre, demourant à Amiens.. .. pour avoir paint à œulle et de ses couleurs les armes d’Amiens sus une hanièred’arain.... laquelle banière on mistau piloryau marchié d'Amiens.»
3. Antiquaires de Picardie. Bulletin, T. XIX, p. 112. — R. Guerlin. Simon Marmion, peintre amiénois du XVe siècle.
1458, et que l’on a comparé à Van Eyck pour la richesse du coloris et à Memling pour la finesse du dessin, recevait la commande d’un Crucifiement destiné à l’hôtel des Cloquiers et peignait tout simplement les plombs de la toiture du « beau puits » de la haute rue Notre-Dame b Les Marmion étaient cependant artistes, et artistes de famille bien amiénoise, puisque nous en connaissons un troisième dont les tableaux ont enrichi la chambre du conseil des Cloquiers1 2.
Ce qu’ils firent, Jean Sauwalle, André Dippre, Pierre Barbet, Pierre et Jean Beugier, Riquier Haulroye, Robert le Tieullier, André de Mondiaux, Jacques Charnus, Arthur le Scellier, Jacques Platel, Pierre Pallette et d’autres l’ont fait 3. Pierre Pallette, ‘ qui exerçait son pinceau sur les groupes polychromés de l’invention de saint Firmin, à la cathédrale, ne dédaignait pas de peindre une bannière ou