‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 3)Chapitre 222 sur 246 · Ibidem. Reg. aux Chartes, AA 12, p. 159 v · texte numérisé non relu

Ibidem. Reg. aux Chartes, AA 12, p. 159 v

pondant d’Erasme. Calvin, un autre picard, survint quelques années après.

Berquin assez instruit pour être appelé le plus savant des nobles, assez intempérant dans la manifestation de ses opinions pour s’être vu deux fois emprisonné, assez en cour auprès de Marguerite de Navarre pour avoir deux fois recouvré la liberté, arrive à Amiens au cours de l’année 1527. S’il eût écouté les conseils de l’auteur du Traité du Libre Arbitre , c’est par delà les frontières qu’il aurait fui les censures de la Sorbonne et les rigueurs du Parlement.

« Demandez une délégation en pays étranger ; voyagez en Allemagne, lui écrivait Erasme. Vos adversaires s’appellent légion ! Votre cause fût-elle meilleure que celle de Jésus-Christ, ils ne vous lâcheront pas qu’ils ne vous aient fait périr cruellement. Ne vous fiez pas trop à la protection du Roi. »

Le novateur professe hardiment les doctrines de Luther déjà plusieurs fois condamnées. Qui sait? Les regrettables divisions du clergé amiénois fournissent peut-être un thème facile à ses diatribes. François de Halluin, prélat fastueux et hautain, se trouve en guerre ouverte avec le chapitre de l’église Notre-Dame, depuis que, pour un motif futile, il a fulminé contre les chanoines la sentence d’excommunication bientôt réduite à néant par le pape Léon X b « Les premières semences de l’hérésie jettent dans la ville de si profondes racines que trente ans plus tard elles lui déchireront les entrailles1 2. » Tandis que Berquin prêche la réforme à Amiens, la mutilation d’une statue de la Vierge Marie et de l’Enfant Jésus, placée dans le mur d'une maison du quartier Saint-Antoine, à Paris, donne des armes aux partisans de la répression énergique contre les Luthériens.

Page 1