‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 3)Chapitre 32 sur 246 · Antiquaires de Picardie. Bulletin , T. XIX, p. 7o · texte numérisé non relu

Antiquaires de Picardie. Bulletin , T. XIX, p. 7o

coffres de bois, dont on retrouve les ferrures et les clous. Les sépultures sont généralement orientées de l’est à l’ouest. On y plaçait le défunt tout habillé, ainsi que le démontrent les fragments d’étoffe et les objets de toilette : les colliers demeurés autour du cou, les bracelets au poignet, les bagues aux doigts et généralement à l’annulaire de la main gauche, les épingles à cheveux sous le crâne et, pour les guerriers, les armes au côté. A l’extrémité des pieds, rarement à la tête, se rencontrent quelques pièces de menue monnaie et les ustensiles de ménage, qui ont renfermé les éléments du repas posthume. On a découvert à Saint-Maurice des caveaux funéraires qui passent pour avoir été en usage avant les sarcophages en pierre. Ces caveaux, dans lesquels un escalier donne accès, sont voûtés en plein cintre et mesurent environ deux mètres carrés {. Dans l’épaisseur des murailles se trouvaient placées les niches, de 0ra40 sur 0m50 d’ouverture, destinées à recevoir les urnes funéraires.

Le petit nombre de statues, de bas-reliefs et de morceaux de marbre relevés dans les fouilles, de notre temps du moins, ainsi que la simplicité des sépultures, indiqueraient qu’Amiens ne comptait pas beaucoup de familles très opulentes. La peinture à fresque et la mosaïque n’y étaient cependant point inconnues.

Dom Grenier se plaint que cc le temps et l’ignorance », aient fait disparaître les moindres traces de l’art de la peinture emprunté au luxe de Rome. « J’ai seulement vu, dit-il, quelques morceaux de ciment, provenant des anciens châteaux de Beaulieu, près Saint-Quentin et de Vendeuil, près Breteuil. Ils étaient chargés de bandes de bleu d’azur ou de rouge coupées par un filet de blanc de céruse1 2. »

Dom Grenier aurait dû ajouter que l’on bâtissait peu de

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