Arch. municipales. AA1, f
4. Cart. de Saint-Martin-aux-Jumeaux, f° 30. 1170. « Ego Bemardus
Ambianensis communie maior et omnes scabini nostre civitatis omnibus juratis notum facio
LF, S DÉBUTS DE LA COMMUNE
(prévôts). Ces prepositi peuvent aussi bien être les échevins délégués à la justice que les titulaires des charges municipales, dont seront investis, dans la suite, le grand compteur ou administrateur des deniers publics et le maître des ouvrages.
On doit présumer que ceux-là avaient pris l’initiative de la révolution communale et formé le premier noyau des conseils de l’échevinage qui appartenaient à la classe dirigeante de la cité. C’étaient très probablement les gros marchands, plus intéressés que le menu peuple à la conquête puis au maintien de la liberté qui assurait le développement de leur commerce.
L’administration éehevinale n’exclut pas la participation aux affaires publiques de l’assemblée générale des membres de la commune, le plus ancien et le plus important organe du corps municipal, car il est le fondement nécessaire du régime tout entier. Le caractère de ces assemblées plénières1 des jurés nous échappe. Nous ignorons dans quelles circonstances on les convoquait, si le peuple délibérait souverainement sur les matières administratives et politiques ou s’il venait là simplement pour entendre lecture des ordonnances rendues par la municipalité et approuver les résolutions adoptées par les élus ses mandataires.
Lorsque le maïeur Bernard enregistre la vente d’un champ à l’abbaye de Saint-Jean (1152) il constate qu’efle a eu lieu du consentement de l’évêque, du clergé et du peuple2.
Le maïeur et les échevins personnifient la commune, jouissent de tous les droits, exercent tous les pouvoirs qui
1 . Cart. de l’abbaye de Saint-Jean, p. 144. 1 191 . Hec conventio recordata est in placito generali coram Petro de Bestisi præposito tune Ambianensi et coram Bernardo de Cruce majore communie et scabinis.
2. Ibidem, p. 44. Ego Bernardus communie Ambianis major emptionem
agri quem ecclesia Sancti Johannis baptiste émit assensu cleri et populi
Ambianis
lui sont dévolus à titre de seigneurie. Ce sont des juges, des tabellions et des administrateurs. Des juges auxquels la charte a tracé les règles de procédure à suivre au civil et au criminel ; des tabellions ayant le caractère de témoins privilégiés en toutes catégories d’affaires, et donnant en conséquence, avant l’institution des auditeurs royaux, l’authenticité aux contrats de vente ou d’échange, non seulement dans la ville, mais encore, par délégation, hors les limites de la banlieue 1 ; des administrateurs chargés de la gestion des deniers publics, de la police municipale, de l’entretien des fortifications, de tout enfin. L’élu aux fonctions municipales doit être un homme universel.
d. Archives hospitalières, B. 1 23,Querrieu. Evrard, chevalier, seigneur de Querrieu, reconnait à l’Hôtel-Dieu d’Amiens le droit de pâturage dans les marais dudit lieu. Le chirographe qui en fait foi est dressé « en le présence de Fremin le Rous et Williaume Rabuissons adonc eskevins d’Amiens apelés à che oir. » Mai, 1280. On lit au dos de la partie du chirographe conservée dans les archives, cette mention : « Fremin li Rous warde le premier et Williaumes Rabuissons l’autre. » Note de M. G. Boudon.