DËNDANT LE RÈGNE DE PHILIPPE LE DEL
Guillaume de Mâcon, fait un récit pathétique des ravages des ennemis, qu’il représente envahissant la Picardie, brûlant les cités et les villages, ravageant les campagnes, profanant les églises et les images des saints, massacrant les femmes et les enfants ; il requiert le prélat d’exiger la perception immédiate du décime dans la ville et dans le diocèse d’Amiens : abbayes, prieurés, chapitres, communautés de toutes sortes, clergé séculier et clergé régulier, tous doivent s’exécuter b
L’année précédente, le bailli avait reçu l’ordre de porter sa vaisselle d’argent à la monnaie et d’inviter les personnes riches de son ressort à faire de même 1 2. Entre temps, l’impôt de six deniers pour livre sur tout objet vendu frappait indistinctement les différentes classes de la société. On voit que notre ville a été soumise à de rudes épreuves sous Philippe le Bel. Le mayeur Jean Le Borgne dut tracer de la situation un bien sombre tableau, quand ce prince la visita au mois de juillet 1304 3.
Les États généraux se réunissent encore en 1308. Les Templiers, possesseurs de grands biens, ont été arrêtés, par ordre du roi, dans tout le royaume. Le bailli détient à Amiens, sous les verrous de la prison royale, ceux qui résidaient en l’étendue de son ressort : à Buzincamp, Belle- Église, Sériel, Aimon, Bellinval, Forest-l’Abbaye, Acheu, Monflières, Oisemont, Beauvoir, Hénin-Liétard, Loison et Waben. Philippe le Bel ne réussissant pas à obtenir du pape Clément Y la suppression de l’ordre puissant, dont il convoite les richesses, se décide à chercher un appui dans la nation et convoque les États généraux. La circulaire, adressée aux
1. Recueil des Ordonnances des rois de France. T. I, p. 382. Lettres portant ordonnance de faire lever un de'cime dans le diocèse d’Amiens, comme il se levait dans les autres. — 15 août 1303.
2. Ibidem, T. I, p. 347. — 25 août 1302. Vicedomino Ambianensi,