Macquèron. Bibliographie précitée, Nos 3043 à
4. Société des Courses. Le Conseil municipal avait voté, le 7 mai 1842, une somme de 1,200 francs pour une organisation de courses de
Amiens s’amusa encore pendant les journées des 21 et 22 juillet.
Depuis la révolution de février, et par un enchaînement de circonstances difficiles à expliquer dans une situation pleine d’incertitudes \ les fêtes se succèdent ainsi à intervalles rapprochés, donnant à la ville la physionomie d’une cité qui n’aurait d’autres préoccupations que d’organiser des banquets, des réjouissances et des illuminations. Entre ceux qui veulent paraître rassurés quand même et certains politiciens, en proie à une agitation fiévreuse, qui remplissent nos journaux de leurs querelles, certains rêvent la juste moyenne, marquant le point où il conviendrait que les uns et les autres se réunissent dans une commune entente. Or, si la République de 1848 ne se montra pas toujours rassurante pour les intérêts matériels, il est juste de reconnaître que ce ‘gouvernement, issu de l’anarchie, devint l’un des plus libéraux du siècle. Il favorisait ouvertement le réveil de la foi chrétienne ; il décréta la liberté de l’enseignement.
« L’instruction doit être obligatoire, disait à ce propos Jules Barni dans un remarquable article intitulé Le suffrage
chevaux à Amiens. La proposition, alors abandonnée, fut reprise le 18 janvier 1851, après lecture d’une lettre de M. le comte d’Auberville qui offrait un prix annuel de 1,000 francs pour une course au trot. La première réunion eut lieu le 21 juillet de cette année, et la Société des Courses se constitua le 8 juin 1852. Depuis sa fondation, la Société a donné 104 réunions pour lesquelles il a été distribué 1,900,000 francs de prix.
En 1864, sur l’initiative de MM. Alexandre et Eugène Duflos, une Société spéciale pour la construction des tribunes fut fondée. — En 1867, cette Société a opéré sa fusion avec celle des Courses, et par un accord intervenu en 1870 la ville devenait propriétaire des tribunes.
1. Procès-verbaux de la session du Conseil général en iSol . Discours d’ouverture prononcé par le préfet : « Les inquiétudes renaissent, la prospérité publique décline, le pays croit que la trêve qui lui avait été accordée va finir. En face de l’imprévu et des crises, il se sent moins en possession de lui-même. »
universel et l’instruction 'primaire; je n’entends pas nécessairement celle que donne l’Etat. Imposer celle-ci à tous les citoyens’ sans leur laisser la liberté d’en choisir une autre serait*du^despotisme. L’Etat a le devoir d’exiger de tout
père de famille qu’il envoie ses enfants à l’école mais
ce n’est pas à dire qu’il doive contraindre tous les pères de famille à envoyer leurs enfants dans ses propres écoles et qu’il ne doive pas souffrir qu’on en ouvre d’autres à côté des siennes. Ici, comme pour l’instruction secondaire, il faut accepter la libre concurrence, pourvu que la liberté d’enseignement s’exerce selon les conditions de capacité et de moralité déterminées par les lois, sous la surveillance de l’Etat \ »
La municipalité, que préside M. Porion, avec MM. Deberly, Mancel et Févez pour adjoints, entre résolument dans ces vues. Le maire assiste à la distribution des prix du* collège que les Pères Jésuites ouvrent, aussitôt. après l’adoption de la loi Falloux, dans les bâtiments de l’ancien couvent de la Providence 1 2, sous l’habile direction du R. P. Guidée.
Les plus célèbres orateurs sacrés de l’époque, viennent occuper successivement la chaire de la Cathédrale. Le vaste temple du moyen âge peut à peine contenir les foules avides d’entendre la parole éloquente des Combalot, des Coquereau, des Ravignan et des Ratisbonne. Toutes les classes de la société participent à cette rénovation religieuse 3.