Mémorial d'Amiens , 23 février
journaux faisaient valoir avec chaleur les litres de leurs amis; où les réunions préparatoires donnaient libre carrière aux luttes de la parole! Ces images de guerre ont disparu. L’élection n’est déjà plus, pour beaucoup de citoyens, qu’une arme émoussée, qu’un moyen de gouvernement, et beaucoup s’abstiennent.
Le péril social, exploité non sans habileté par la presse officieuse, groupe autour du Président des hommes venus de tous les points de Uhorizon politique. C’est ainsi que l’élection municipale du mois de septembre 1852 fait entrer au Conseil l, sous le patronage de M. de Tanlay, MM. Allart, Dufour, Dhavernas, bonapartistes avérés, à côté d’anciens orléanistes tels que MM. Boulet, Lemerchier, Janvier, Bazénery, en compagnie de M. Porion, l’ex-maire de 1848, et de MM. Daveluy et Péru-Lorel, qui avaient été candidats légitimistes en 1837 et en 1849.
Bientôt, la découverte, à Marseille, d’un complot dirigé contre Louis-Napoléon Bonaparte, permit de donner la mesure de leurs sentiments. La nouvelle de l’attentat excita une grande émotion qui se traduisit par une adresse ainsi conçue 2 :
« Prince, la ville d’Amiens a vivement ressenti l’indignation qui s’est emparée de tous les cœurs à la nouvelle de l’odieux complot dont vos jours si précieux ont été un instant menacés.
» Elle s’associe avec ardeur aux actions de grâces universelles !
» La protection divine vous accompagne visiblement dans la voie providentielle qui s’est ouverte devant vous, pour le bonheur de la France. Par votre énergique initiative, par la profonde sagesse de vos actes, vous avez, prince, vaincu