Mémorial d'Amiens, 6 octobre
l’anarchie, ramené la sécurité dans les esprits, rendu à leur libre cours le progrès et la prospérité du pays. Il vous reste à couronner cette œuvre en lui donnant une forme stable et définitive. La voix du peuple, le sort de la civilisation, les grandes traditions que votre nom rappelle, tout vous y convie !
» La ville d’Amiens, guidée par ses magistrats municipaux, joint ses vœux sympathiques à cette pensée de tous et vous offre l’hommage respectueux de son inaltérable reconnaissance ! »
Si les conseillers municipaux d’Amiens ne se hasardent point encore à définir « la forme stable » de gouvernement qu’ils souhaiteraient, la ville de Corbie, plus sincère dans ses affirmations, conjure « son Altesse impériale d’obéir à la voix de tout un peuple, c’est-à-dire à la voix de Dieu, et de permettre au pays de l’acclamer empereur1. » Il n’est pas jusqu’au petit village de Tilloy-lès-Conty qui « demande au digne neveu du grand Napoléon de prendre enfin le titre d’empereur, si cher à tous les Français ! » 2
Le Prince-Président accomplissait alors, à travers les provinces de l’Ouest, du Centre et du Midi, un voyage triomphal. Partout on criait : « Vive V Empereur ! » Les démonstrations impérialistes, qui se renouvelaient de ville en ville, trouvaient un écho en Picardie. Le courant gagnait de proche en proche. M. de Tanlay l’encourageait de tout son pouvoir 3 et le Mémorial accentuait chaque jour davantage la note enthousiaste 4.