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PREMIÈRE PARTIE

I. Autorité et faste des préfets. — Rôle effacé des maires. — Visites de l’Empereur et de l’Impératrice. — La religion catholique est en honneur.

— Procession des reliques de sainte Theudosie. — Le synode d’Amiens.

— II. L’année calamiteuse de 1854. — Le patriotisme s’affirme à l’occasion des guerres. — L’Empire se rend populaire. — Le bien-être augmente.

— Les fêtes se multiplient. — Les concours régionaux agricoles. —

III. Apogée de l’Empire. — L’accord entre les pouvoirs publics profite à la classe ouvrière. — Charité publique et charité privée. — Amélioration du logement des ouvriers. — L’instruction primaire. — Bibliothèques populaires. — Conférences littéraires et scientifiques. — Les arts. —

IV. Extension de la ville, conséquence de l’accroissement de la population, -î- Grands travaux d’embellissement. — L’Hôtel de ville agrandi. — Les services publics améliorés. — Le musée Napoléon. — MM. Allart, de Chassepot, Allou, Dhavernas, Dauphin, maires d’Amiens. — Le choléra de 1866, ses ravages et ses conséquences. — Troisième visite de l’Empereur et de l’Impératrice. — V. Les finances municipales obérées. — Malaise industriel et commercial. — Libre-échange et protection. — Le traité de commerce avec l’Angleterre. — Fondation de la Société industrielle. — L’enquête de 1869 L

1. Préfets de la Somme pendant cette période: MM. Tanlay (comte Louis de), 6 décembre 1851-31 octobre 1854. — Hamel (comte Victor du), 31 octobre 1854-29 novembre 1856. — Mouzard-Sencier (Louis), 29 novembre 1856-24 décembre 1860. — Cornuau (Jules), 24 décembre 1860- 30 janvier 1869. — Auribeau (Guillaume d’), 30 janvier 1869-18 janvier 1870. — Guigné (Théodore de), 18 janvier 1870-6 septembre 1870.

On sortait à peine de la crise économique, conséquence fâcheuse de la diplomatie française dans les dernières années du règne de Louis-Philippe et de la révolution de 1848 1 ; la fortune publique et les fortunes particulières avaient été très éprouvées et cependant la monarchie impériale n’était pas rétablie depuis six mois, qu’elle sembla succéder, dans notre ville, à de longues années de calme politique. « Les divisions cessent, les haines disparaissent, toutes les classes de la société se confondent ou plutôt s’unissent pour ne poursuivre qu’un seul but : le bien-être général ! » M. de Tanlay croit pouvoir l’affirmer et il ajoute que la population d’Amiens sera l’un des plus fermes soutiens du nouvel état de choses 2.

M. de la Gorce a dit des préfets du second empire qu’ils auront une page à part dans l’histoire du fonctionnarisme français 3; c’est très exact. Ceux qui ne connurent, dans le département de la Somme, que Mi\I. d’Auribeau et de Guigné venus à la fin du règne, sollicités par des impulsions contraires, déconcertés par les hésitations du gouvernement, ne peuvent avoir qu’une idée très imparfaite de l’omnipotence de MM. de Tanlay, du Hamel, Sencier et Gornuau, de M. Gornuau surtout. Très autoritaires, mais facilement accessibles et officiellement aimables, ils exerçaient une

1. Mémorial d'Amiens, 27 octobre 1855. Rapport sur la fondation d’une boucherie par actions. — Journal de la Somme, 21 juillet 1848. De la crise commerciale et industrielle : « L’industrie a prospéré en 1844 et 1845. Elle a commencé à décroître en 1846. Elle s’est traînée péniblement pendant le cours de 1847, pour succomber entièrement sous le coup de la révolution de 1848. »

2. Aréh. nat. F1C III. Somme. 8. Esprit public. Lettre du préfet de la Somme au ministre de l’intérieur, du 4 janvier 1853.

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