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De la Gorce. Histoire du Second Empire , T. IV, p

LE SECOND EMPIRE

influence d’autant plus irrésistible qu’ils se trouvaient être les dispensateurs généreux de faveurs dont la source ne tarissait pas. Leurs équipages faisaient sensation. Leurs réceptions mondaines éblouissaient ceux-là même qui conservaient des préventions contre l’Empire. Mrne Cornuau, pour ne citer qu’elle, relevait, par sa grâce universellement appréciée, l’éclat des fêtes qui se donnaient à l’hôtel de la préfecture.

Devant ces puissants représentants du pouvoir, le maire d’Amiens s’incline, et son rôle apparaît plus effacé que sous la Restauration et sous le règne de Louis-Philippe. Il rivalise d’empressement avec le préfet et avec l’évêque pour prodiguer la louange au souverain.

Le jour du mariage de Napoléon III avec la comtesse Eugénie de Montijo, M. de Tanlay, s’adressant aux officiers de la garde nationale réunis à l’Hôtel de ville, vante « la princesse belle à ravir, qui apporte sur le trône de France la piété qui féconde les élans généreux de l’âme, les grâces qui rendent la puissance aimable et les vertus qui la font chérir nouvelle Blanche de Castille l. »

Lorsque le couple impérial visite Amiens, les 28 et 29 septembre 1853, M. Allart accueille « avec amour celui à qui est réservée la gloire de fonder l’empire de la Paix d, et Mgr de Salinis rappelle avec emphase que « l’Eglise d’Amiens est tille de l’Espagne, que nos pères ont été enfantés à l’Eglise par un saint martyr né à Pampelune ; que les souvenirs du premier apôtre de la cité nous ont accoutumés à vénérer le nom d’Eugénie, parce que c’est le nom de la mère de saint Firmin » 2.

Leurs Majestés arrivaient de Boulogne-sur-mer. L’entrée dans Amiens se fit avec tout l’appareil des entrées royales

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