Palais de Justice. Architectes : MM. Daullé et Herbaut
4. Le Musée Napoléon devenu le Musée de Picardie. L’Empereur ayant accordé à la Société des Antiquaires de Picardie le terrain nécessaire à la construction d’un musée monumental, dans la propriété domaniale de l’ancien Arsenal (1854), le Conseil municipal lui abandonna un terrain communal qui longeait celui concédé par l’Etat. Trois loteries successives (1855, 1861, 1863) fournirent les moyens d’accomplir l’entreprise, qui fut achevée grâce à la ténacité et à l’énergie de M. Dufour, à qui revient le principal mérite de cette belle œuvre. Après de longs pourparlers entre le Conseil municipal et la Société des Antiquaires de Picardie, celle-ci fît l’abandon du Musép Napoléon à la ville d’Amiens, par un traité intervenu le 16 juillet 1869. La ville prit possession le 15 janvier 1873.
M. le comte de Beaumont, sénateur, posa, le 2 décembre 1855, la première pierre du monument commencé par M. Parent, architecte de la ville de Paris, continué par M. Diet, et qui reçut son achèvement complet, en 1892, lorsque M. Ricquier, architecte du département de la Somme, fît couvrir la cour intérieure avec le produit d’une quatrième loterie.
Voir, au Musée de Picardie, le tableau de Court : La Société des Antiquaires de Picardie présentant ci Leurs Majestés l'Empereur et V Impératrice les plans du Musée ,
LE SECOND EMPIRE
A ceux qui rêvent de voir Amiens rapidement <t haussmannisé », il faudrait un Hôtel de ville de grand caractère monumental avec avenue et square j, une Salle de spectacle plus vaste 1 2, une Halle aux grains transférée de la rue des Trois-Cailloux, qu’elle encombre, dans la rue Saint-Leu, où elle ramènerait l’animation d’antan 3 ; il faudrait, revenant sur l’erreur de ceux qui s’opposèrent au tracé du canal par l’intérieur de la ville, mener, du port d’Amont au port d’Aval, une rue centrale spacieuse, longue traînée d’air et de lumière à travers le vieil Amiens 4 ; ouvrir encore, en avant du portail de la Cathédrale, une belle et large place qui ajouterait à la majesté de l’édifice 5 * *.
En un mot les administrations municipales qui se succèdent pendant cette période sont dominées par la préoccupation d’exécuter tous les travaux et de réaliser toutes les améliorations capables de donner à Amiens la physionomie
1. Projet d'achèvement de l’Hôtel de ville , d’un grand caractère monumental, démasquant le Beffroi , créant place, square, avenue; débouchant les quartiers de Saint-Germain, des Tanneurs, des Chaudronniers, des halles et marchés et tout en réalisant une économie considérable. — Mémoire à l’appui des plans présentés à l'examen du Conseil municipal par MM. Daullé et Herbaut , architectes. Octobre 1865. Amiens, imp.Yvert.
2. Arch. mun. Délib. des 6 mars 1858 et 4 février 1859 : « La salle de spectacle est trop exiguë ; ses dispositions intérieures sont incommodes et disparates avec les salles nouvellement construites. »