Le Progrès de la Somme, 22 août
LE SECOND EMPIRE
Petit en vue de réaliser son idéal politique et social ; peutêtre plus encore Phostilité qu’il témoignait à la religion quand il fut devenu libre penseur et franc-maçon, après avoir été élevé chrétiennement.
Le premier numéro du Progrès de la Somme paraissant en pleine période électorale — 16 mai 1869 — produisit un émoi dont nous n’avons pas perdu le souvenir. Jusque-là, on s’attaquait à la personne de Napoléon 111 et à ses fonctionnaires avec des ménagements infinis. Déchirant tous les voiles, divulguant au grand jour ce qui, la veille, se murmurait dans l’ombre, « l’organe de la Démocratie » s’acharne à combattre le gouvernement impérial avec toute la violence qu’il peut se permettre sans tomber sous le coup des lois.
« Echec à la candidature officielle, revendication des droits imprescriptibles de la France contre le pouvoir personnel », tel est le but de la campagne menée par lui au profit de MM. Jules Simon et Jules Favre, deux des hommes qui ont le#plus contribué au réveil des idées libérales, et que l’opposition lance dans la mêlée électorale à Amiens, à Doullens et à Montdidier l.
Echec à la candidature officielle, telle est aussi la signification des candidatures du vicomte Blin de Bourdon, du comte de Clermont-Tonnerre et du comte d’IJézecques, trois royalistes libéraux, qui luttaient à Doullens contre M. Dhavernas.
On n’a pas oublié la campagne électorale de 1869. Elle contrastait avec la quiétude habituelle. Quatre candidats se trouvèrent en présence, à Amiens : M. Cosserat, qui était investi du patronage de l’administration ; M. le comte Léon de Chassepot, qui se réclamait de l’Empire libéral; M. Jules Simon, candidat du Progrès de la Somme; M. Debaussaux, l’ami des ouvriers.