‹ Histoire de la ville d'AmiensChapitre 149 sur 197 · Ibidem, 27 mai 1869. — Mémorial d'Amiens, 27 mai · texte numérisé non relu

Ibidem, 27 mai 1869. — Mémorial d'Amiens, 27 mai

important, après 1870, soit dans les conseils de la cité, soit dans les conseils du gouvernement.

Ce sont MM. Delpech, Charles Dubois, Alphonse Fiquet, depuis député, René Goblet, depuis député et président du Conseil des Ministres, Frédéric Petit, depuis sénateur. Tous furent maires d’Amiens; M. Jules Barni, depuis député, leur servait de Nestor, et M. Frédéric Petit de porte-parole au Progrès de la Somme .

M. Jules Barni, devenu professeur de philosophie à l’Académie de Genève, passait, chaque année, une partie des vacances chez sa mère, qui habitait Amiens. Ami intime de M. Frédéric Petit, qu’il aidait de son expérience, il encourageait le mouvement républicain et peut-être plus encore l’agitation sociale, dont la création du Cercle de l’Union ouvrière fut l’une des premières manifestations (Ier octobre 1869). L’objet avoué de ce cercle, installé dans la rue du Don, était ce de se tenir au courant, par la lecture des journaux, de tous les faits se rattachant au progrès et à la science de l’économie politique » . Ses fondateurs s’inspiraient des institutions connues sous le nom d ' Arbeitvereine ] , existant en iUlemagne pour l’avancement des classes ouvrières. Ils avaient, au fond, pour but d’organiser les masses ouvrières en vue des élections.

La situation, à Amiens, affecte, dès lors, un caractère anormal et bizarre : d’une part, l’administration préfectorale, dont l’autorité est encore considérable, disposant de la presque unanimité du Conseil municipal, armé de la force matérielle ; d’autre part, une opposition déjà puissante, marchant la tête haute, appuyée sur un journal qui ouvre

1. Arch. mun. Carton n° 27, n° 12. Le Cercle de l’Union ouvrière a été autorisé par arrêté préfectoral du 4 janvier 1870. Dès 1867, M. Frédéric Petit et dix-huit de ses amis politiques avaient essayé de créer un Cercle du Progrès social.

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ses colonnes aux écrivains les plus avancés du radicalisme, à flanc, à E. Spuller, à Delescluze, à Minière.

Le sénatus-consulte du 8 septembre 1809 établit, sur ces entrefaites, la responsabilité ministérielle, premier pas dans la voie des concessions, bientôt suivi de la constitution du ministère Olivier (2 janvier 1870). On crut l’Empire libéral affermi pour longtemps.

Aussitôt, des horizons nouveaux apparaissent dans la politique. En première ligne, les libéraux réclament l’émancipation communale. Pour arriverai! gouvernement du pays par le pays, il semble nécessaire de mettre, d’abord, la commune en possession d’elle-même, en lui rendant le choix des citoyens chargés de veiller à ses intérêts. M. le comte d’Estourmel inscrit en tête de son programme « la nomination des maires par et non dans les conseils municipaux » L M. Frédéric Petit mène une vigoureuse campagne - à laquelle s’associe M. Tilloy, du Journal d'Amiens1 2 3, en vue d'obtenir que les municipalités des villes et des campagnes formulent nettement des vœux analogues. Leurs efforts aboutissent aux manifestations isolées des conseils municipaux de Villers- Bretonneux, ffam, Moreuil, La Houssoye, Fouilloy, Boves, Domart-sur-la-Luce. M. Dauphin et les membres du Conseil municipal d’Amiens pouvaient difficilement imiter cet exemple d’une indépendance réputée factieuse, le lendemain du jour où tous, M. Debaussaux lui-même, s’étaient assis

1. Gazette de Péronne, 15 janvier 1870. Manifeste de M. le Cte d'Es-

tourmel, député de l’arrondissement de Péronne, à ses électeurs : « Libéral, indépendant, ami des intérêts en souffrance, ennemi des abus de toutes sortes, mon programme sur les questions urgentes sera celui-ci : Nomination des maires par et non dans les conseils municipaux »

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