cartouches Wilson à 125 fr. le mille
68 revolvers Tipping et cartouches 7,918
3 pièces d’artillerie With-Worth avec affûts, avant-train,
boulets, sacs à gargousses, etc 20,825
2 pièces Armstrong avec accessoires 27,911
Frais de transport, assurance, voyage 10,000
Frais de change 5,100
245,438 fr.
Un second marché ayant été conclu le 9 novembre avec le même M. G. Veillard, par M. Lardière, il y eut en plus :
740 fusils Albani à 100 fr. pièce 74,000 fr.
500 fusils Sniders à 100 fr. pièce 50,000
Frais de transport, assurance, change 2,671
126,671 fr.
A ces deux fournitures s’en ajouta une troisième, montant à 58,000 fr., et une quatrième, montant à 112,019 fr. Somme totale : 520,600 fr.
1. Hennebert. Guerre de 1870-71. Notice sur l'organisation de la défense d'Amiens. Paris, Dumaine, 1873, p. 2.
Membres du Comité consultatif permanent :
Membres de droit : MM. le Préfet et le Général commandant le département.
Membres ordinaires : MM. le Cte Léon de Chassepot, colonel de la garde nationale; Thiébaud, commandant du génie; de Bonnault, commandant d’artillerie; Bruyères, commandant de gendarmerie; de Guillebon, commandant du 2e bataillon de la garde nationale ; Crouzat, commandant des enrôlés volontaires de la Somme; Goblet, procureur général ; Dauphin,
département, décida à son tour d’environner Amiens d’une ceinture de retranchements destinés à tenir les Prussiens en échec, ne fût-ce que quelques heures. Les travaux étaient à peine commencés, quand un décret du 14 octobre institua un troisième comité qui remplaça les autres : le Comité militaire de défense 1, présidé par le général Paulze d’Ivoy. L’élément civil n’en était pas exclu, mais il dominait moins que dans le précédent.
Le premier souci du Comité militaire de défense fut de protéger Amiens par un vaste camp retranché. A partir du 20 octobre les troupes de la garnison et de nombreux terrassiers réquisitionnés dans les villages environnants y travaillèrent sans relâche, sous la direction du commandant du génie Thiébaud et la surveillance de M. Guillon, ingénieur de la Compagnie du chemin de fer du Nord 2.
maire d’Amiens; Fuix, ancien ingénieur en chef des ponts et chaussées; Harduin, ingénieur en chef des ponts et chaussées; Guillon, ingénieur du chemin de fer du Nord ; Daullé, agent-voyer en chef; Hubert, propriétaire, collaborateur au Guide J o arme ; Bauchet, garde du génie en retraite ; Frédéric Petit fils.
1. Membres du Comité militaire de défense: MM. le général Paulze d’Ivoy, président; Lardière, préfet; Dauphin, maire d’Amiens ; Harduin, ingénieur en chef du département; Guillon, ingénieur du chemin de fer du Nord ; Liénard , ingénieur des mines ; Bauchet, ancien garde du génie ; Thiébaud, commandant du génie; Woirhaye, commandant l’artillerie de la garde mobile; de Ghassepot, colonel de la garde nationale; de Linière, major du 43e de ligne, plus tard remplacé par M. Babouin ; Bruyères, commandant de gendarmerie ; Crouzat, commandant des volontaires de la Somme.
Un quatrième comité, formé en dehors de toute estampille officielle, le Comité patriotique de la Défense nationale , n’eut qu’une existence très éphémère. Il publia, à la date du 21 octobre, un manifeste sorti des presses de T. Jeunet.
2. Hennebert. Loc. cit., p. 8. Le capitaine Soubinet a remplacé le commandant Thiébaud le 2 novembre. — Arch. de la Somme. Défense nationale.
Les ouvrages de fortification formaient, entre les vallées de l’Avre et de la Selle, un vaste polygone irrégulier, présentant un développement de 8,800 mètres et couvrant tout le front sud de la ville, à la distance variable de deux à trois kilomètres de son centre de figure. Ils se composaient de douze demi-redoutes circulaires à faible relief, ouvertes à la gorge, reliées entre elles par une succession de tranchéesabris. La ligne courait des hauteurs dominant le Petit-Saint- Jean à la route de Beauvais, qu’elle franchissait au point de bifurcation du chemin de Saleux. Elle se continuait à trois cents mètres au nord du cimetière de Dury, inclinait au Nord-Est, traversait la route de Saint-Fuscien à la cote 102 et se reployait par delà le chemin de Gagny. Cinq campements, composés chacun de quatorze baraques pouvant abriter 100 hommes et de trois baraques à l’usage des officiers, furent installés en deçà des retranchements, le premier au chemin de Cagny, le deuxième sur le terrain de manœuvre, les trois autres près des routes de Paris, de Beauvais et de Bouen. Ils furent occupés le 1er novembre par des bataillons de mobilisés l.
Après la reddition de la place de Metz, les deux armées allemandes, qui s’y trouvaient réunies sous les ordres du prince Frédéric-Charles, se séparèrent.
La première, commandée par le général von Manteuffel, s’avança, de l’Est à l’Ouest, entre la frontière de Belgique et la Seine, dans le but de s’emparer des places fortes de cette région et de détruire les armées françaises qui se reconstituaient. Elle comprenait le Ier et le 8e corps, moins la division von Bentheim, détachée pour le siège de Mézières, et la quatrième brigade Zglinitzki envoyée sous les murs de La Fère.
1. Arch. de la Somme. Défense nationale en 4870. Dépenses ordonnées par le comité militaire. Lettre de M. Dauphin au préfet, du 8 novembre 1870, et au ministre, du 18 juillet 1871.
La deuxième armée, ayant à sa tête le prince Frédéric- Charles, devait opérer entre la Seine et la Loire et combattre les généraux Chanzy et d’Aurelles de Paladine.
Les têtes de colonnes de l’armée de Manteuffel parurent, le 18 novembre, entre Compiègne et Guiscard. Pour couvrir son flanc droit Manteuffel dirigea sur Guiscard la troisième division de cavalerie (von der Grœben) renforcée d’un bataillon de chasseurs et d’une batterie d’artillerie, avec mission de se porter dans le triangle Roye-Nesle-Ham, en s’éclairant du côté d’Amiens, de Péronne etde Saint-Quentin. La marche en avant dépendait à la fois des ordres attendus de Versailles et des informations que recueilleraient les cavaliers de von der Grœben.
Les journaux de Beauvais parvenus le 6 novembre confirmèrent les bruits sinistres, grossis par la malveillance ou par la peur, qui annonçaient chaque matin l’approche des armées ennemies. Ces journaux portaient en première colonne l’avis suivant, communiqué de l’autorité allemande1 :
« 80,000 hommes, qui se trouvaient devant Metz, se dirigent à marches forcées sur Amiens et Rouen, sous le commandement du général von Manteuffel. Ils arriveront dans peu de jours à destination. »
Exagérée ou non, la nouvelle, qui produisit ici une impression profonde, était de nature à exciter la vigilance du général Bourbaki.
L’activité des autorités et le dévouement de tous faisaient espérer l’entrée en campagne prochaine d’une nouvelle armée; encore fallait -il que l’ennemi laissât le temps d’agencer les éléments de défense le moins mal possible.
i. Journal d'Amiens, 7 novembre 1870.
Bourbaki ne disposait que de 12,000 hommes : c’était insuffisant pour s’opposer à l’envahissement de la contrée.
Dans une conférence tenue à Lille, le 8 novembre, et à laquelle assistaient M. Testelin, les préfets du Nord, de la Somme et du Pas-de-Calais, ceux-ci inclinaient à entreprendre des opérations immédiatement agressives. M. Lardière signala la faiblesse des détachements prussiens qui occupaient Beauvais, Clermont, Gisors et Chantilly; le tout ne dépassait pas, selon lui, 6,000 hommes. Pourquoi ne pas les déloger par un hardi coup de main ? Le combat de Formerie, livré le 28 octobre par les troupes de la Normandie, appuyées d’un détachement venu d’Amiens, prouvait que des opérations de ce genre pouvaient être utilement tentées. Moins confiant dans la valeur de ses troupes mal aguerries, mal armées, plus mal équipées, Bourbaki redoutait les conséquences d’une expédition qui lui paraissait aventureuse1. Il croyait prudent de ne pas chercher à enlever des positions qu’en tout cas il serait impuissant à conserver devant les renforts qui surviendraient à l’ennemi, et il opinait plutôt pour la défense des places fortes.
Gambetta, consulté, laissa la liberté d’action au général en chef 2 et, huit jours après, Bourbaki se décidait à porter sa petite armée autour d’Amiens 3.
En approchant d’Amiens, Bourbaki espérait se relier aux troupes formées dans le département de la Seine-Inférieure, sous les ordres du général Briant, et entreprendre avec lui une marche sur Beauvais. Les officiers d’état-major prirent