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Ephémérides picardes. 8 avril

avait lui-même été préfet de l’Empire à Digne, à Coblentz, à Aix-la-Chapelle et à Turin.

La pompe expiatoire organisée à la cathédrale quelques jours après le passage du Roi, à la mémoire de Louis XVI, de la reine Marie-Antoinette et de Mrne Elisabeth,, les innocentes victimes de la Révolution, eut un caractère grandiose. Morgan de Belloy et les membres du conseil municipal se rendirent de niôtel de ville à la Cathédrale, escortés par un détachement de la garde nationale précédé de la musique. Les sinistres roulements du tambour alternaient avec les airs funèbres. Tous les corps constitués se tenaient groupés autour du catafalque monumental, élevé dans la nef, et la cérémonie s’accomplit avec un recueillement qui témoignait « de quels sentiments de respect et de piété tous les cœurs étaient pénétrés Dix jours après (2 juin), un héraut d’armes, escorté de la garde d’honneur, annonça aux Amiénois que la paix venait d’être signée entre la France, l’Autriche, la Russie, l’Angleterre et la Prusse. Il s’arrêtait aux principaux carrefours et répétait à haute voix :

« Habitants d’Amiens, laissez éclater votre allégresse parce que le bienfait d’une paix honorable, qui assure d’une manière stable le repos de l’Europe et le vôtre, réalise déjà une partie du bonheur qui nous attend sous le gouvernement paternel du prince que la Providence nous a rendu. » Le peuple se pressait à la suite du cortège. Jamais l’allégresse ne parut plus sincère, jamais les cris de Vive le Roi ne retentirent plus nombreux. Le même jour, l’empereur Alexandre traversa la ville sans s’y arrêter, devançant de quelques heures Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse, qui passa la nuit à l’hôtel de France et d’Angleterre. Les deux souverains se rendaient en Angleterre.

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