‹ Histoire de la ville d'AmiensChapitre 30 sur 197 · Discours de M. Augustin de Bray, directeur de l’Académie · texte numérisé non relu

Discours de M. Augustin de Bray, directeur de l’Académie

Louis XVIII quitta Amiens, le lendemain à onze heures du matin, se rendant à Compiègne l.

« Que je serais heureux de faire passer dans l’âme du lecteur l’allégresse qu’ont éprouvée les habitants d’Amiens, en revoyant les Bourbons ! » s’écrie l’auteur de la relation de ce voyage.

Le zèle royaliste recherche les occasions de s’affirmer. Un arbre de la liberté croissait, depuis le 20 mai 1792, sur la place de l’Hôtel de ville ; il disparaît la nuit. Le conseil municipal décide que la rue des Rabuissons sera désormais la rue Royale et la rue des Jacobins la rue de Bourbon ; la rue des Chaudronniers s’appellera rue de Berry ; la rue des Cordeliers rue d’Angoulême ; la rue du Beau-Puits rue Henri IV ; la rue de l’Écorcherie, qui longe l’hôtel Morgan, où le prince de Condé a passé la nuit du 28 au 29 avril, rue de Condé 2.

Les gardes d’honneur et les membres de la chambre de commerce obtiennent la faveur de porter la décoration du lis, attribuée aux personnes les plus dévouées à la royauté.

Pour faire observer la charte qui proclamait la monarchie avec les principes constitutionnels de 1789, dans ce qu’ils ont d’équitable et de légitime, le gouvernement de la Restauration conserva dans notre département les fonctionnaires du régime impérial, à l’exception d’André Dumont, remplacé à la sous-préfecture d’Abbeville par Gorjeon de Verville et de Malafosse, remplacé par M. de Monthoson à la sous-préfecture de Péronne3. Alexandre de Lameth, qui obtint la préfecture de la Somme après que le comte de La Tour du Pin eut été appelé à un poste diplomatique,

1. Mémoires de Mmf de Chastenay . 1776-1815. Paris, 1897, T. II, p. 351. « Le passage à Amiens ne fut pas moins brillant. »

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