PREMIÈRE PARTIE
I. Libéraux et Carlistes (légitimistes). — M. Thirion de Chipilly, maire.
— Rentrée dans Amiens du président Caumartin. — Mesures de réaction.
— Hostilité envers le clergé catholique. — Louis-Philippe à Amiens. — Réorganisation de la garde nationale. — IL Elections législatives après l’abaissement du cens électoral. — Premières élections municipales. — Indifférence des électeurs. — Fondation de La Gazette de Picardie. — Légitimistes, patriotes, juste milieu. — La Gazette de Picardie, La Sentinelle picarde, Le Glaneur. — Le choléra de 1832. — Les Amiénois sont opposés à toute espèce de désordres. — M. Boistel-Duroyer, maire. — Incident du commissaire de police Créteil. — L’administration préfectorale en lutte avec la municipalité. — M. Lemerchier, maire. — Adresse du conseil municipal au Roi après la mort du duc d’Orléans. — III. Améliorations urbaines. — Extension de la ville. — Services de l’éclairage et des fontaines publiques. — Amiens transformé, poésie de Berville. 1
Les libéraux amiénois célèbrent la révolution de juillet par des salves d’artillerie et des illuminations. Au théâtre, l’hymne du Vieux drapeau et celui de X Oriflamme retrouvée
1. Préfets de la Somme pendant cette période: Didier (Paul Louis), 6 août 1830-12 janvier 1831. — Lacoste du Vivier (Charles Aristide de), 12 janvier 1831 -22 octobre 1831. — Fumeron d’Ardeuil (Marie Louis Maurice), 22 octobre 1831-23 novembre 1832. — Dunoyer (Barthélemy), 23 novembre 1832-23 juillet 1837. — Satnt-Aignan (vicomte de), 23 juillet 1837-30 janvier 1839. — Onfroy de Bre'ville, 30 janvier 1839-5 juin 1840. — Simeon (baron Henri), 5 juin 1840-23 novembre 1841. — Narjot (Jules Marie), 23 novembre 1841-26 février 1848,
LOUIS- PHILIPPE
sont applaudis avec frénésie L Sous le coiif) de lecrasante défaite qu’ils viennent de subir, les « Carlistes d assistent la mort dans l’âme aux manifestations bruyantes des « Orléanistes » et plusieurs n’hésitent point à abandonner de brillantes carrières 1 2.
Le marquis de Villeneuve remet l’administration préfectorale à M. Didier ; M. Thirion de Chipilly accepte la mairie 3 et M. Hulot succède à M. Gavé d’Haudicourt à la tête de la garde nationale, tandis que les troupes de ligne, la gendarmerie et la milice citoyenne prennent la cocarde tricolore par ordre du général commandant la 16e division4.
Louis-Philippe apportait comme don de joyeux avènement l’abaissement à deux cents francs du cens électoral, ce qui doublait le nombre des électeurs. Ils étaient 490 dans le collège d’Amiens intra mur os ; ils seront désormais 810. 11 inaugurait l’ordre politique idéal des classes moyennes également opposées à l’absolutisme des Bourbons et aux excès de la Révolution5; celles-ci, pleines d’illusions, se ralliaient avec bonheur autour du prince qui prétendait concilier la royauté et les doctrines de 1789. La réception
1. Sentinelle picarde , 8 août 1830 et jours suivants. — Il v a, dans les registres municipaux, une lacune du 17 juillet au 20 août 1830.
2. Démissionnaires: MM. Boulon, comte de Casteja, du Maisniel, députés; Cauvel de Beauvillé, Coquebert de Montbret, Doë de Maindreville, de Guillebon-Vendeuil, Isabeau de Villiers, Revel, Le Sergent d’Hendecourt, conseillers à la cour royale; Hesse, Poujol d’Acqueville, conseillers de préfecture.