Electeurs inscrits : l ,047. — Votants
Premier tour : Deuxième tour :
M. Massey ( Glaneur ) . .
M. Massey. . .
M. Creton (Journal de la Somme) 256
M. Creton . . .
M. Cornet d’incourt (Gazette
de Picardie)
M. Duroyer
M. Amable Dubois . . .
2. Le Journal de la Somme, paraissant trois fois par semaine, débuta le 19 mars 1840 et finit le 28 mars 1845. Alors agrandi et devenu quotidien le 1er avril 1845, il disparut le 31 août 1848. Ses rédacteurs ont été : MM. Gassagnaux, 19 mars 1840-28 mars 1845; Montalbert, lor avril 1845- 31 octobre 1845 ; J. Degeorge, 31 octobre 1845-2 juin 1846 ; Désir, 2 juin 1846-26 avril 1848; Dego*uve-Denuncques, 26 avril 1848-31 mai 1848; Grosse, 31 mai 1848-31 août 1848.
3. Journal de la Somme, 3 avril 1845. « La mission de la presse est de faire cesser le farniente presque général qui domine aujourd’hui les esprits. »
sant aux luttes politiques. Chaque matin, sonnant la charge, tout en se conformant, en apparence, à la réserve que commandait le tempérament de ses lecteurs, il échauffait progressivement les instincts de l’opposition, sans prêcher ouvertement la République, son idéal de gouvernement, et « l’idée républicaine, qui commençait à poindre sur tous les points du royaume eut, dès lors, au sein de la Picardie, son soldat, son apôtre, son défenseur l. »
M. Creton rentra dans la lice électorale en 1846 et réussit à se faire nommer député d’Amiens. « Je suis de l’opposition, avaitdl dit, non pour détruire, mais pour améliorer et conserver ; non pour attaquer les personnes, mais pour combattre les abus, pour mettre un frein à de funestes tendances, pour imposer des bornes à l’effrayante progression des budgets et satisfaire aux besoins réels des services publics, sans compromettre l’avenir 2. » Exploitant à son profit les symptômes d’agitation qui se manifestaient3, l’Opposition choisit pour but avoué de ses efforts la réclamation, depuis longtemps à l’ordre du jour, des réformes électorales.
En arborant, dès 1838, la prétention d’attribuer le droit de vote et d’éligibilité à tout citoyen inscrit sur les contrôles de la garde nationale, l’extrême-gauche de la Chambre des Députés s’était rapprochée du parti républicain jusqu’à se confondre avec lui. Douze cents Amiénois avaient signé la pétition tendant à obtenir le droit de suffrage « pour ceux qui ont reçu la noble mission de défendre les lois et l’ordre