Henri Hardouin. Notice sur M. Creton. Amiens
Nombre des électeurs inscrits : 1,056. — Votants : 841. — Absents : 40.
M. Creton . . 534 élu. | M. Massey . . . 307
3. Gazette de Picardie, 17 mars 1847 : « La crise des subsistances exige qu’on vienne plus efficacement en aide aux misères de la population ouvrière. >>
LOUIS- PHILIPPE
public. » C’était un premier pas dans la voie des revendications. En réalité la question de la réforme électorale n’entra sérieusement dans les préoccupations publiques qu’au lendemain des élections qui portèrent M. Creton à la députation.
L’opposition dynastique, dirigée par M. Odilon Barrot, prit alors l’initiative des hostilités. On arrêta le texte d’une nouvelle pétition qui serait présentée au peuple, afin de demander le suffrage universel et, pour faciliter et accroître le recrutement des signatures, il fut décidé que des banquets populaires, servant de prétexte à des discours de circonstance, seraient organisés dans toutes les grandes villes.
La réforme électorale devait s’étendre à tous les Français. Dans quelles limites? Personne n’osait le préciser. Il suffisait de la vouloir, de l’obtenir en principe. Plus tard viendraient les questions de détail. Toutefois, la Gazette de Picardie \ devenue pour un instant l’alliée du Journal de la Somme, ne dissimulait pas ses préférences : « Elle réclamait plusieurs degrés d’élection; aussi bien la destruction du monopole électoral devait-elle entraîner la destruction des autres monopoles et amener le rétablissement de toutes les libertés chères aux légitimistes : liberté religieuse, liberté d’association, liberté d’enseignement, liberté de la presse 1 2. »
Un premier banquet réformiste eut lieu à Paris, le 14 juillet 1847. D’autres suivirent à Strasbourg, à Pieims, à Saint-
1. Gazette de Picardie, 21 janvier 1846: « Tous les Français qui contribuent aux charges publiques ont le droit imprescriptible et traditionnel de concourir à l’élection des députés qui votent ces charges. Aucune condition ni restriction ne doit être mise à la liberté du vote. La force des choses indique, après ce principe de droit commun, la nécessité pratique de plusieurs degrés d’élection et elle indique de même la faculté, pour les citoyens, de se constituer en groupes électoraux à l’effet d’user du droit de se choisir un représentant d'après certaines qualités proportionnelles de contribution et de population. » E. Yyert.