CONCLUSION
Sous Ferdinand, IVcrc cadet du IMiilippe IV, l'Espagne perdit Bicda. Ainsi tout le Brabant septentrional et la moitié du Limbourg étaient détachés (et le sont encore) de l'ancien héritage des comtes de Louvain.
Don Francisco de Mello, ne put réparer ces désastres. Ses vieilles bandes espagnoles et wallonnes, jusqu'alors réputées invincibles, furent battues à Rocroi par un jeune héros de vingt-deux ans. L'italien Picolomini qui le remplaça, ne put empêcher Frédéric Henri de Nassau de prendre le Sas de Gand et Hulst, ni les Français de s'emparer de Gravelines, de Courtrai, de Bcrgues et de Dunkerke. Après le Brabant et le Limbourg c'était au tour de la Flandre d'être démembrée.
Cependant un congrès était réuni à ]\Junster pour la conclusion de la paix entre l'Espagne et la Hollande. Ce fut la Hollande victorieuse qui dicta les conditions; l'Espagne humiliée dut céder. Les Hollandais gardaient toutes leurs conquêtes territoriales et exigèrent de plus que l'Escaut restât fermé du côté de la mer, afin que le commerce d'Anvers ne pût jamais se rétablir. L'Espagne eut la lâcheté d'y consentir et la ruine définitive d'Anvers se trouva consommée. Le traité de Munster scella en quelque sorte sur la Belgique, ensevelie vivante, la pierre (lu tombeau. Tel était du reste l'abaissement moral de nos provinces, que, lorsque cette paix fatale fut proclamée solennellement h Anvers, le 5 juin 1648, elle fut accueillie par de grandes démonstrations de joie î
Arrêtons là ce triste récit. Du Traité de Munster h la Révolution Brabançonne l'histoire de la ville d'Anvers se résume en deux mots : décadence, sommeil. Nous nous proposons, si Dieu nous en donne la force, de retracer quelque jour Thistoire de son réveil et de son retour à la vie des peuples actifs, intelligents et prospères. Les brillarUes destinées d'Anvers ancienne nous auront appris où doivent tendre les destinées d'Anvers moderne.