‹ Histoire de la ville d'AnversChapitre 45 sur 108 · CHAPITRE OlNZlEMK. KJî · texte numérisé non relu

CHAPITRE OlNZlEMK. KJî

Le conilc de Flandre, indigné de lu mauvaise foi de son heau-frère , éleva une autre réclamation , beaucoup plus importante. Pour la faire comprendre, il est nécessaire que nous retournions un instant à Thistoire de la ville de Malines.

Nous avons dit quen loOO, Tévéque de Liège, Hugues de Clîàlons, en avait fait cession au duc de Brabant, Jean IL Celui-ci, malgré tous ses efforts pour s'attacher les habitants, n'avait pu la conserver et le S*-Siége l'avait forcé de la restituer à l'évéque Thibaut de Bar. En 1555, un autre évéque, Adolphe de la Mark, vendit au comte de Flandre, Louis de Nevers, la part qu'il possédait dans la seigneurie de Malines , pour une somme de cent mille livres tournois. Le Comte acquit d'autre part de Renaud de Gueldre celle qu'il tenait de Sophie , fdle unique de Florent Berthold de Grimbergen, son épouse. Mais les Malinois avaient refusé de reconnaître la légalité de cette cession, prétendant qu'un vassal ne pouvait aliéner son fief sans le consentement du suzerain. En conséquence, ils chassèrent les commissaires envoyés par le comte de Gueldre pour leur enjoindre de reconnaître le comte de Flandre, et se mirent sous la protection du duc de Brabant, Jean III, qui alla à Malines recevoir leur serment de fidélité. Louis de Nevers, informé de cet événement, se disposa à faire la guerre au duc de Brabant. Il renoua une ligue jadis formée contre ce prince et dans laquelle entrèrent Jean-l'Aveugle , roi de Bohême, les comtes de Hainaut, de Namur, de Gueldre, de Juliers, de Clèves et de Looz. Le duc de Brabant avait de son côté pour alliés le roi de France et le comte de Bar. La guerre qui suivit dura trois ans , et se termina par l'arbitrage du roi de France.

Le 1" avril 1556, le comte de Flandre et le duc de Brabant signèrent à Termonde un traité de paix dans lequel il fut stipulé que les deux princes posséderaient en commun la ville et la seigneurie de Malines, comme l'évéque de Liège et le comte de Gueldre en avaient joui.

Quelque temps après le comte de Flandre céda au Duc la souveraineté entière de Malines , moyennant 85,000 réaux d'or. Une partie seulement de celte somme avait élé acquittée. Le Comte en exigea la rentrée immédiate.

Les deux princes eurent à ce sujet à Malines une conférence dans laquelle ils disputèrent leurs droits en termes peu mesurés et qui aboutit à une rupture ouverte, suivie d'une déclaration de guerre. Le comte de Flandre s'était concilié les sympathies des Malinois par la promesse de leur rendre les trois étapes du poisson, du sel et de l'avoine, qu'ils avaient tenues jadis d'une imprudence du duc Jean IL

De retour dans ses états, il fit ses préparatifs avec activité: il jeta une garnison dans Malines, appela autour de lui sa noblesse et mit sur pied toutes les milices de la Flandre.

Le Brabant fut envahi. Le 17 août 1556, l'armée flamande parut aux portes de Bruxelles; les Brabançons marchèrent à sa rencontre et essuyèrent, à Scheut, près d'Anderlecht, une défaite complète, qui amena la soumission de Bruxelles, de Louvain, de Tirlemont, de Nivelles et de Léau. Dans toutes ces villes l'étendard de Flandre fut substitué à celui de Brabant, et Louis de Maele, par le droit du vainqueur, s'arrogea le titre pompeux de duc de Lothier, de Brabant et de Limbourg. Pendant qu'on lui enlevait son duché, Wenceslas se tenait tranquillement à Maestricht, où, dit Butkens, « il s'amusait avec assez peu de soin, se laissant mener » par le conseil de jeunes gens sans expérience , plus adonnés à » leurs plaisirs qu'à ce qui était nécessaire pour la défense de la » patrie, ce qui fut cause que bientôt il apprit à ses dépens com- » bien la vigilance importe à un prince (*). »

;i) Butkens, liv. IV, p. 469.

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Les Flamands remportèrent encore une autre victoire à Zantvliet, près d'Anvers. Le Brabant subissait la peine de Timprévoyance et de l'incurie de Wenceslas; rien n'avait été préparé pour résister à cette brusque invasion. La surprise des Brabançons avait fait tout le succès des Flamands; mais bientôt la fortune changea. Le triomphe du Comte fut aussi court que sa conquête avait été rapide. Bruxelles fut délivré par l'héroïsme d'Évérard t'Serclaes, et, deux mois après son arrivée dans le Brabant, Louis de Maele n'y possédait plus que la seule ville de Malines.

L'évéque de Liège, qui avait reçu pour Malines l'hommage du comte de Flandre, joignit alors ses armes à celles de son vassal, entraînant avec lui le comte de Namur, vassal du comte de Flandre. Les troupes liégeoises dévastèrent la Hesbaye , ruinèrent Landen et portèrent le fer et le feu dans tous les villages circonvoisins. En même temps Guillaume de Namur faisait valoir, les armes à la main , ses droits sur la possession du château de Poilvache et de ses dépendances. Cette guerre, dont les détails sont étrangers à notre sujet, se prolongea tout l'hiver et se termina, au printemps de l'an 1357, par un traité dans lequel Wenceslas eut la lâcheté de sacrifier cette ville d'Anvers que les ducs de Brabant de la maison de Louvain avaient toujours considérée comme le. joyau le plus précieux de leur couronne, la seule ouverture qu'ils eussent sur la mer, par où le commerce alimentait son industrie et envoyait ses produits dans le monde entier. Le prince luxembourgeois acheta la paix par simple fatigue de la guerre. Son indolence et son ineptie le portèrent à se confier à l'arbitrage de Guillaume, comte de Hainaut et de Hollande, qui se fît donner à lui-même, pour prix de ses bons offices, la ville et la terre de Heusden, telle qu'elle avait été acquise par le duc Jean III, tandis que d'autre part il était secrètement d'accord avec le comte de Flandre pour le favoriser aux dépens de son ennemi.

17â HISTOIRE DE LA VILLE D'ANVEHS.

Voici, d'après Butkens, quelle était la teneur de ce traité : On régla d'abord les conditions de la réconciliation du duc de Brabant avec Tévéque de Liège et le comte de Namur ; puis , en ce qui concernait le différend entre Wenceslas et le comte de Flandre, il fut stipulé : que les prisonniers faits dans le cours de la guerre seraient rendus de part et d'autre sans rançon ; — que les biens confisqués seraient restitués ; — que le comte de Flandre retirerait la garnison d'Afflighem et y rétablirait les moines ; — que le même comte déchargerait les Brabançons du serment de fidélité qu'ils lui avaient prêté ; — « que cependant » les villes de Louvain, de Bruxelles, de Nivelles et de Tirle- » mont seraient tenues de le servir sa vie durant, chaque ville, » avec sa bannière armoriée de ses armes, le terme de six » semaines quand elles en seraient requises contre un chacun, » hormis le Duc et la Duchesse et leur pays, et sous cha- » cune desdites bannières devraient être deux barons, deux » chevaliers et vingt-cinq varlets bien armés , le tout aux dépens » de la terre de Brabant ; » — que la ville de Matines , acquise par le père du comte de Flandre et vendue au duc Jean de Brabant pour la somme de 86,500 écus d'or, laquelle n'avait jamais été payée, demeurerait au comte de Flandre; — que le Duc céderait pareillement au Comte la ville d'Anvers avec toutes ses appartenances, justice haute et basse, comme fief à tenir des ducs de Brabant, pour sûreté d'une somme de 120,000 écus, léguée par le duc Jean, et d'une rente annuelle de 10,000 écus de Florence, pour laquelle Marguerite de Brabant, comtesse de Flandre, n'avait encore rien reçu, et que, si les revenus provenant de cette ville n'équivalaient pas à la somme de 10,000 écus, le Duc devrait la compléter des revenus des pays adjacents; — que les Anversois reconnaîtraient le Comte pour leur seigneur et lui prêteraient le serment de fidélité, sans préjudice aux droits, pri-

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