‹ Histoire de la ville d'AuxerreChapitre 30 sur 71 · III. Le Cardinal Maaarin , devient Abbé eonnnen · texte numérisé non relu

III. Le Cardinal Maaarin , devient Abbé eonnnen

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datairc de S. -Germa in , sur la résignation du Prince de Conti.

L Le 21 janvier, encore un Auxerrois pris dans les rues de Paris , par un créancier de la ville ; ce fut M. Jacques Hcuvrard , marchand. Heureusement la dette n'était que de 5oo livres ; il put la payer , et ne passa qu'une nuit en prison. De retour à Auxerre , on lui promit de l'indemniser aussitôt que le Receveur aurait des fonds libres ; ce qui n'arrivait pas souvent.

II. Au mois de février , le Duc de Candallc , fils du Duc d'Epcrnon, et Gouverneur de la province avec lui , étant mort , la ville lui fit faire un service funèbre , dont le cérémonial fut absolument le môme que celui pour Le Prince de (Sondé en 1647. ^ y cut de plus l'oraison funèbre , par le P. Sotiveau , Jésuite, prédicateur ordinaire des dominicales pour l'année. Il paraît que ce jeune Gouverneur avait rendu d wnportaos services aux kabitans. Le Chapitre voulut faire cette cérémonie sans honoraires , attendu que sa mémoire était chérie , pour toutes les obligations çu'on lui avait.

III. De tout temps , la liberté du commerce pour la mercerie , grosserie et jouaillerie , avait régné à Auxerre , mais , au mois d'avril , les sieurs Flans , Dubiez et plusieurs autres marchands de cette espèce obtinrent des lettres patentes qui les autorisaient à former une maîtrise ou jurande , et les présentèrent au Corps municipal pour en obtenir l'cxéculion. Le 5 mai , le Maire et les Echcvins arrêtèrent qu'étant

chargés de véilter à la liberté du commerce , pour le bien du général et du particulier , les Communautés <!os maîtres apothicaires , orfèvres , épiciers , drapiers et marchands de marée , qui vendaient en même temps des marchandises de mercerie , seraient entendus dans leurs observations. Elles le lurent le 12 du même mois ; et ayant déclare' qu'elles entendaient s'opposer à l'exécution de ces lettres , les Maire et Echcvins se décidèrent à se joindre à elles. V. 1661 , n. m.

IV. Le 24 juillet , ils entreprirent un second procès , pour un objet beaucoup plus grave , et contre un adversaire bien plus redoutable. Le Vicomte de Turenne , au milieu de ses triomphes , n'oubliant pas ses intérêts, avait obtenu , le 10 avril , un arrêt du Conseil , qui lui accordait un droit de dix sols sur chaque rauid de vin vendu en gros ou en détail dans Auxerrc , même pour le vin provenant des vignes des habitans , et l'avait fait notifier aux Maire et Echevîns. Us arrêtèrent d'y former opposition , se fondant sur les franchises de la ville , établies par les nombreuses chartes des Comtes , et reconnues pour le droit de gros , contradictoircment avec les fermiers du Roi t par les deux arrêts du Conseil des 4 xnxrs 161 4 et i3 février 1621 , que j'ai rapportés à leur date. V. n. ix.

V. 20 octobre , le Maire est prévenu que le Roi , devant se rendre à Lyon , pour y voir la Princesse Marguerite de Savoie , qui lui est proposée en mariage , arrivera à Auxerre le 10 novembre, et y couchera ; que dans ce voyage il sera accompagné de la Reine sa mère et du Cardinal Mazarin. Sur-le-champ ,

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les Capitaines de quartier furent charges d'envoyer , chaque jour , des escouades de vignerons et de charretiers , travailler à réparer les routes de Paris et de Bourgogne, jusqu'à ce qu'elles fussent dans le meilleur état possible.

VL Le 3o , MM. Marie , Maire , et son frère , Claude Marie , Conseiller et Echcvin , sont députes aux Etats convoqués à Dijon pour le 4 novembre.

VII. Le 2 novembre , M. Leclerc , Echevin , revenant de l'hôtel de ville , où il avait fait des billets de logement pour un corps de Gardes -Suisses qui avait séjour, fut assailli par Jacques Martin et sa femme , chez qui un soldat avait été envoyé , et fut jeté à terre d'un coup de bâton sur la tête. A ses cris , les voisins l'arrachèrent des mains de ces forcenés et arrêtèrent Martin , dont la punition fut poursuivie au nom du Corps municipal.

VIII. Le iot i,5oo hommes d'élite de la milice bourgeoise allèrent attendre le Roi sur le sommet de la montagne S.-Simon. Toutes les autorités se placèrent en dehors de la porte. Un peu avant le départ du Maire et des Echcvins pour cette cérémonie , le Bailli , M. de la Rivière, était venu à l'hôtel de ville , demander les clés , prétendant qu'en sa qualité de Gouverneur , c'était à lui à les présenter au Roi. Le Maire les lui avait refusées , en lui rappelant les privilèges de la ville , et la protestation faite contre ce titre de Gouverneur , lors de sa réception , en 1 656. On crut qu'il n'y pensait plus , mais au moment où le carrosse du Roi approcha, le sieur A m and , Exempt des gardes, prévenu par M. de la Rivière , ordonna ,

de la part du Hoi , au Maire , de remet ti c les des au Bailli. Sur son refus , M. de Sa i mot , Grand- Maître des cérémonies , à la prière du Bailli , donna le même ordre au Maire ; celui-ci , sans y avoir égard , s'avançait pour les présenter lui-même , lorsque le Uoi , qui s'était aperçu du différend , envoya le s lourde S. -Amour, autre Exempt des gardes , ordonner au Maire de les remettre à M. de Saintot, et à ce dernier de les déposer dans les mains du Comte dé Guers , Capitaine de la garde. Après cet incident , le Roi et la Heine furent conduits à l'Evêché, et le Cardinal à S.- Germain , au bruit des canons places sur les plateformes ; mais il n'y eut ni théâtres de musiciens , ni fontaines de vin , comme au passage de Louis XIII ; le cérémonial , arrête' d'avance par M. de Saintot , fut beaucoup moins dispendieux. La ville ne contribua à la nourriture de la Cour , qu'en envoyant à M. de Broc , qui en faisait les frais , du poisson , du gibier, 1,800 bouteilles de vin , et pour la Reine, des confitures et de f hypocras blanc et clairet.

IX. Le Maire profita de ce séjour du Roi , pour lui présenter les réclamations des babitans contre le droit accorde' sur leurs vins , à M. de Turenne , nonobstant leurs privilèges. Arrive' à Dijon , le Roi fit examiner les titres de la ville , et par des lettres patentes du même mois , il confirma ses privilèges. V. 1 65rj , n. vi.

X. Les Dames de la Visitation, que l'Evêquc et les familles les plus considérées dans la ville invitaient , depuis long-temps , à y fonder une maison , crurent pouvoir se dispenser de soumettre leurs statuts au

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Corps municipal , et néanmoins répondre aux vœux qui les appelaient ; en conséquence , le 24 décembre , une Supérieure , une Assistante et huit Religieuses professes sortirent du couvent d'Orléans , sous la conduite de la Supérieure de Montargis , et d'une Dame Martineau d' Auxerre. Elles arrivèrent le troisième jour, et furent reçues dans la maison de M. Hérault , sur la paroisse S.-Eusèbe , où elles se formèrent provisoirement un cloitre et mie chapelle. V.

XI. Dans le même temps , plusieurs filles séculières se réunirent en Communauté , et avec l'autorisation de l'Evêque , fondèrent la maison de la Providence , dans laquelle elle se livrèrent à l'instruction gratuite des jeunes filles de la ville , leur apprenant, non-seulement à lire et écrire , mais aussi à travailler à des ouvrages convenables à leur sexe ; et quoiqu'elles ne réunissent entr1 elles que 1 ,000 livres de revenus , elles donnèrent refuge à plusieurs orphelines. V. 1 674, n. m.

XII. L'Eglise de S.-Père , qui était en construction depuis long-temps , fut achevée cette année , ainsi

que l'indique l'inscription qu'on lit sur son portail.

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I. Le 12 janvier , M, l'Evêque , accompagne du Doyen du Chapitre , de M. Marie , Lieutenant général , et de M, Regnaudin , procureur du Roi , va bénir la Chapelle provisoire des Dames de la Visita t ion » dans la maison de M. Beraull. Peu de temps après , ces Religieuses achetèrent de M. Bestoneau ,

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Seigneur de Vincelottes , remplacement que leur Communauté a occupé jusqu'à la révolution , et firent commencer les travaux d'appropriation de ce local à leur usage. V. n. iv.

II. 3o mars , rassemblée des Etats convoqués à Dijon , au mois de novembre , ayant été dissoute avant qu'elle eût terminé ses opérations , une nouvelle fut indiquée à Noyers pour le 3 avril ; le Corps municipal y envoya les mômes députés , MM. Marie frères.

III. 24 avril , jour de désolation dans tout l'Auxerrois ; les vignes , dont un printemps favorable avait hâté la végétation , sont frappées , au lever du soleil , d'une gelée tellement générale , quil ri y a espérance , porte la délibération du Corps municipal , de recueillir aucune vendange.

IV. 19 juin , les Dames de la Visitation , menacées par le Corps municipal d'être expulsées de la ville , si elles n'obtempéraient pas à la délibération du 2i décembre i656, se déterminèrent à lui représenter leurs statuts. Ils furent renvoyés à l'examen d'une commission , composée du Maire , du Gouverneur du fait commun , de deux Echevins et du Procureur du Roi. V. 1660, n. 111.

V. 27 , service et oraison funèbre à l'Eglise Cathédrale , pour M. Séguier, ancien Evêque d'Auxerre.

VI. 6 juillet t M. de Turenne , à qui les lettres patentes données par le Roi à Dijon , le 22 novembre , avaient été notifiées , fit signifier en réponse , aux Maire et Echevins , deux arrêts du Conseil , obtenus sur rrquête , l'un qui prononçait un sursis à leur rxé-

cutîon , et l'autre qui attribuait au Tribunal de l'Election de Tonnerre , la connaissance de toutes les contestations nées et à naître à ce sujet. Le Corps municipal forma opposition à ces deux arrêts t et le 28 du même mois , en obtint un contradictoire à la Cour des Aydes , qui rejeta l'opposition de M. de Turenne aux lettres patentes de la ville. V. 1660 , n. ji.

VII. 19 septembre , une lettre du Roi aux Maire , Echevins et babitans, leur expose son désir de procurer enfin a ses sujets le prix de leurs souffrances , par une paix générale et glorieuse , mais il ajoute que pour atteindre ce but , de grandes dépenses sont indispensables ; qu'il ne veut pas ajouter aux impôts , et s'adresse seulement aux grandes villes , dans l'espoir qu'elles l'aideront de ce qui sera en leur pouvoir ; que déjà la ville de Dijon lui a offert i5,ooo livres , et qu'il convie les babitans à répondre à ses désirs.

Ils furent assembles , mais la lecture de cette lettre n'était pas achevée , que déjà il n'y avait plus d'auditeurs , et l'on ne put prendre aucune décision. Aux dettes énormes qui écrasaient les ressources communes , la gelée du 24 avril avait ajouté la misère des individus ; c'est ce qui explique le résultat de cette assemblée. V. 1 6fV> , n. x.

VI II. Dans le même mois , M. de Berry , Ecbevin , envoyé à Paris pour les affaires de la ville , y fut mis en prison , à la requête du Procureur général de la Cour des comptes , pour une amende de 5oo livres prononcée par cette Cour contre les babitans , à défaut de reddition des comptes. Pendant qu'il informait le Maire de sa captivité , le sieur Bellcville ,

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créancier delà ville, le taisait recommander. Le Maire, chargea un autre Auxerrois , le sieur Girard , qui était aussi à Paris , de faire les démarches nécessaires pour le rendre à la liberté ; ce qu'il n'obtint que plusieurs semaines après.

IX. Au mois de décembre , le domaine du Tureaudu-Bar appartenant au Roi , comme Comte d' Auxerre, fut mis en vente ; le Corps municipal y forma opposition poor la conservation du droit que les hahitans prétendaient avoir d'y chasser en tout temps , à toute heure , toutes biles grosses et menues de toute manière , suivant une charte de Jean de Châlon de 1 3^5 , ainsi que d'un droit d'usage dans les bois de ce domaine. V. Tannée qui sait , n. ru

L Pendant l'hiver , la misère du peuple fut extrême , et presque toute la France en éprouva les rigueurs. Non-seulement la gelée du a4 avril n'avait rien laisse dans les vignes , mais la récolte des grains avait été très - inférieure aux besoins. Les maux s'accrurent encore à Auxerre, par les soins qu'on prit à Paris de se débarrasser des pauvres qui n'y étaient pas nés. C'est à cette époque que l'hopital-gcnéral y fut fondé. Lorsqu'il eut été rempli des malheureux dont cette ville crut devoir assurer l'existence , tous les autres furent expulses de son enceinte , et contraints de se répandre dans les provinces » où ils n'arrivaient qu'en faisant entendre les cris du désespoir. Auxerre en bit tellement assailli , suivant

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une délibération du Corps municipal du 20 janvier , « qu'Us obsédaient les babitans dans les rues , et plus » encore dans les Eglises , où il n'était plus possible • d'être tranquille un instant; que ce qu'ils obtenaient » par leur importuaité tournait au détriment des » pauvres de la ville ; qui , en plus grand nombre » que jamais » à cause de la disette de Tannée , » mouraient de faim. •

Pour remédier à cette calamité , le même jour , les notables furent assemblés , et arrêtèrent que , sans contrevenir aux principes de la charité chrétienne, MM» du Bailliage seraient suppliés de faire défense aux babitans de loger plus de deux jours les pauvres étrangers ; d'ordonner à ceux-ci de sortir de la ville , dans ce délai , à peine du fouet ; qu'à chacun d'eux il serait donné un sou marqué et une livre de pain , pour passer chemin ; qu'il serait fait , dans chaque paroisse, une liste des pauvres , à qui, pendant un mois, il serait distribué une livre et demie de pain par chaque homme ou femme , et une livre par chaque enfant; et que pour subvenir à cette dépense , il serait , par le Corps municipal , procédé à une imposition spéciale sur les Bourgeois les plus aisés. Toutes ces mesures furent exécutées avec prudence et modération. Les pauvres étrangers se retirèrent ; ceux qui arrivèrent après eux furent nourris pendant deux jours , puis partirent avec du pain ; ceux de la ville cessèrent d'être aux prises avec la faim. Les Bourgeois imposés furent dédommagés de leurs sacrifices par la tranquillité dont jouît la viHe. On s'en trouva si bien , que , le 22 février , Tbivcr sévissant encore avec beaucoup de

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force , les notables décidèrent que ce régime bienfaisant serait continue' pendant un second mois.

II. Enfin, le 4 mars» le Maire, les deux Gouverneurs et les douze Echcvins , à cheval , parcoururent toute la ville et y publièrent le traite' de paix générale signe à S.-Jean-de-Luz , dès le 7 novembre , et qni néanmoins ne fut rendu public à Paris que le 21 février. La jubilation fut d'autant plus vive dans toute la France , que , depuis la mort de Louis XIII , c est-àdire pendant dix-sept ans , elle avait endure à la fois tous les maux de la guerre civile et ceux de la guerre e'trangèrc. A Auxcrre , surtout , où Ton savait que le Prince de Condc' , disposant de toutes les troupes de son parti et de celles du Roi d'Espagne , avait toujours eu pour but , dans ses opérations militaires , de pénétrer en Bourgogne par l'Auxerrois , on sentit tout le prix d'une paix qui , en étant à ce Prince Voccasion de conquérir le pays , lui rendait le droit de le gouverner. Aussi, maigre' la pénurie générale , vit-on, à l'instant même de la publication , les boutiques et les ateliers se fermer , la foule courir à S.-Etiennc , où le Te Deum fut chante' ; le soir des feux de joie furent allumes dans tous les quartiers. Le Corps municipal , par une sorte d'anticipation sur la prospérité que la paix allait procurer , voulut dédommager le peuple de la privation à laquelle la stérilité des vignes l'avait condamne' , et l'abreuva largement à une fontaine de vin qui , devant l'hôtel de ville , coula tout le jour. Cette heureuse journée fut terminée par un feu d'artifice tire' sur la place S.-Etiennc , et allumé par M. TEvèque , M. le Grand-Bailli cl M. le Maire,

entoures de la milice bourgeoise en armes. Depuis plusieurs jours , M. de Ste-Marie , Directeur de l'artillerie , avait été chargé de Jaire travailler aux artifices du jeu , et d'en diriger la conduite. La dépense s'éleva à i ,85o hVres. Le lendemain de cette fête , M. le Maire , et M. de Bcrry récemment rendu à la liberté, furent députes au Prince de Condé, pour le complimenter sur son retour , et lui exprimer la satisfaction des babitans d'être replacés sous son Gouvernement.

III. Le nouvel ordre de choses s'embellit encore par un événement de la plus haute importance. M. de Turenne s'était pourvu au Conseil contre l'arrêt de la Cour des Aydes t sur le droit de gros , et l'on apprit que le 6 mars , son pourvoi avait été rejeté.

IV. Le 24 mai , les Dames de la V isitation , autorisées enfin par le Corps municipal , furent conduites processionnel lement par deux Chanoines dans leur nouveau couvent. Déjà elles étaient parvenues à faire construire les bâtimens indispensables t ainsi qu'une chapelle provisoire. A l'égard de la belle Eglise qu'elles ont eue depuis , v. 1 7 1 4 , n. v.

V. 11 juillet , Te Dcum pour le mariage de Louis XIV, avec l'infante d'Espagne , Marie-Théresc d'Autriche.

VL 29 , un marchand forain avait fait dans la ville une provision considérable de blé qu'il vendait au prix du marché ; mais le sieur Loys , fermier de l'Abbaye de S.-Germain , ayant traité avec lui de ce qui lui restait , voulut le transporter hors de la ville ; le peuple murmura , et une sédition allait éclater , lors-

que le Corps municipal intervînt , et fit défense d'enlever les blés , qui furent vendus aux habitans.

Cette disposition à la révolte, donnée au peuple par les misères du temps , ne fut pas aussi heureusement comprimée trois mois après. Le sieur Bersae de Chainperon , fermier des Aydes de l'Election de Tonnerre, comprenant quarante-quatre villages plus rapprochés d' Auxerre que de Tonnerre , avait établi a Auxerre un bureau de recette , qui n'avait rien d'hostile pour les Auxerrois. Néanmoins , la populace , provoquée , probablement , par quelques séditieux des villages intéressés , le 27 octobre , à neuf heures du soir , s'empare d'un clocher et sonne le tocsin ; dans le même moment, la cour de l'hôtel de ville est forcée, et l'on s'empare des crochets à incendie. Les révoltes ainsi armés courent au bureau du sieur Bersac , dont , à leur approche, les commis s'enfuient «pouvantes. En un instant, les portes sont enfoncées, les meubles et l'argent pillés , les registres et papiers brûlés , et le bâtiment démoli. Le tocsin ne cessa de répandre l'effroi , et la sédition ne s'apaisa , qu'à deux heures du matin. Un nommé Simon , qui s'était fait le pins remarquer par son audace , fut le seul qui fut arrêté , sur la plainte portée au Bailliage , par M. Marie , Maire. Mais les commis du sieur Bersac avaient dressé un procèsverbal , sur lequel celui-ci porta plainte contre la Communauté des habitans, à la Cour des Aydes. Sur-lechamp un Conseiller vint à Auxerre faire les informations. En vain les Officiers municipaux demandèrent au Conseil l'évocation du procès ; ils furent renvoyé» à la Cour des Aydes. V. i665, n. 11.

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VJL Le 3 août, M. Colbert, devenu propriétaire du domaine du Turcau , fit assigner le Maire et les habitans devant M. Leclerc des Barres , G>mmissafre de la Chambre du domaine , peur faire annuler l'opposition par eux formée , en exécution de k délibération du mois de décembre 16S9. Une première sentence ordonna qu'ils représenteraient leurs titres ; une seconde leva leur opposition , faute par eux d'avoir

VIII. Au mois de septembre , assemblée des habitans pour l'élection des Magistrats. La réhabilitation du Prince de fondé dans le gouvernement de la province ayant fait cesser l'intérêt de la Cour à ces choix, l'élection se fit sans aucune influence étrangère. JfcJL Etienne Fcrnier t Seigneur de S.- Georges , lieutenant particulier du Bailliage , fut nommé Maire , et M- Thomas Bcrnicr , Avocat , Gouverneur du fait connu uu.

IX. g (novembre , les nouveaux Magistrats reconnurent enfin la nécessité de s'occuper des moyens d'affranchir |a ville de l'énorme arriéré qui pesait sur elle depuis plus d'un siècle, et qui, s'augmentant chaque jour , montait déjà à 4^0,000 livres. A cet effet , ils assemblèrent les habitans , et firent décider qu'il serait demandé au ConseiM'autorisation d'asseoir , sur chaque arpent de vigne , trois livres par an , pendant tout le temps nécessaire pour arriver à un amortissement total , et de faire cotiser par le Cofps municipal , dans une juste proportion , les habitans n'ayant pas de vignes. V. 1G61 , n. vin.

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