V. 27 octobre , les Officiers municipaux font ce
lébrcr dans l'Eglise Cathédrale un service funèbre pour M. le Comte de Cormarin , « en reconnaissance » de son affection et de ses bontés , pendant trente »» ans et plus qu'il a été Lieutenant de l\oi dans la » province. >»
VI. Le 3 novembre fut un jour de fôle pour célébrer l'heureux accouchement de la Reine et la naissance d'un Dauphin , événemens qui, alors, inspiraient un sincère enthousiasme. A dix heures , messe d'actions de grâces et Te Deum à la Cathédrale ; à midi v une fontaine de vin coula devant l'hôtel de ville , et ne tarit qu'à sept heures ; puis sur la place S.-Etiennc grand feu d'artifice , où l'on vit briller un Dauphin , avec la devise : Hispania Galliœ aàâila. Les Officiers de tous les Corps s'y étaient rendus , tenant un flambeau de cire blanche à la main.
VIL io novembre , arrêt du Conseil qui , sur le rapport de M. Colbert , Contrôleur général des finances , leva la surséance prononcée par celui du io décembre précédent , au sujet de la perception de l'octroi de 6 sols 3 deniers sur les vins , et rendit à la ville un revenu de i5,ooo livres. Depuis que ce grand Ministre était propriétaire de la terre de Seignelay , où il faisait souvent sa résidence , il y était assidûment visite par les autorités et les notables d'Àuxerre, qui avaient reçu de lui des promesses réitérées d'être utile à la ville dans toutes les circonstances qui lui en donneraient une juste occasion. Il prouva , à l'égard de l'octroi , la loyauté de ses promesses , mais il ne se borna pas à ce service. M. Bernier , Gouverneur du fait commun , qui lui avait été envoyé pour cette
affaire , lui avait peint l'état déplorable des finances de la ville , et M. Gilbert , désirant le faire cesser , voulut connaître l'étendue et les causes du mal ; il exigea un rapport circonstancié et complet de tout ce que devait la ville , ainsi que de l'origine des obligations qu'on lui avait fait contracter. V. 1662 , n. 1.
VIII. 5 décembre , mort , à Auxcrrc , de M. Gabriel Madelcnet , Avocat , auteur de poésies latines imprimées en 1662 , par les soins du Comte de Brienne. Balzac l'assimile à Horace ; Ménage se borne à le mettre au premier rang des poètes latins du dixseptième siècle. ■ *>[> acoai m* , l . .
I. Le tableau des dettes de la ville , demande par M. Colbcrt , dressé avec beaucoup de soins et de véracité , lui ayant été présenté , le Conseil , sur son rapport , nomma des Commissaires chargés de vérifier ces dettes , d'en rechercher les causes , de proposer les mesures propres à réprimer les abus, s'il y en avait eu , ainsi qu'à rétablir l'ordre et l'économie dans 1 ad ministration des deniers communs , et à acquitter les dettes reconnues légitimes , par des moyens qui pèseraient sur tous les habitans , dans une juste proportion avec leurs facultés. \ . 1 663 , n. 11.
Il Pendant l'hiver , on ressentit les funestes effets de l'insuffisance de la dernière récolte des blés ; la cherté en fut excessive. Une ordonnance du Prince de Condé fit défense d'en faire sortir de la Bourgogne. Toi* le royaume éprouva les rigueurs de cette disette, tempérée cependant par les blés étrangers que le Hoi
fit acheter et distribuer dans les provinces. A cette mesure il ajouta , pour soulager le peuple dans sa misère , une diminution de dix millions sur les tailles , et de trois livres par minot sur l'impôt du sel.