‹ Histoire de la ville d'AuxerreChapitre 33 sur 71 · V. 9 , passage du Prince de Condc se rendant aux Etats · texte numérisé non relu

V. 9 , passage du Prince de Condc se rendant aux Etats

VI. 22 , M. Thomas Marie d'Avigncau , ancien Maire , requiert l'enregistrement à la ville des lettres de noblesse que lui avait accordées le Roi , au mois de décembre 1660 , pour sa conduite comme Maire d'Auxcrrc , en 1 652. La Cour des Aydcs , en les enregistrant , lavait charge' de payer aux habîtans de la paroisse S.-Mamcrt , sur laquelle il demeurait , 3oo livres en dédommagement de son affranchissement des tailles.

VII. Au mois de juillet , une récolte hâtive et abondante dans l'Auxeirois , en avait banni la disette. Néanmoins , la dc'fensc d'en laisser sortir de la province n'était pas encore levée le 18 , lorsqu'un convoi considérable de froment dirige sur Paris par la rivière fut arrête à Auxerrc , conformément aux ordres du Corps municipal. Le môme jour , à la requête de MM. David, Trésorier de France , et Janon , Avocat , les Officiers municipaux furent assignés au Parlement pour être condamnés à laisser passer ces blés , prétendant en avoir acheté la permission , moyennant 25 pistoles payées à M. Gcorget , l'un des Ecbevins.

Les Officiers municipaux arrêtèrent qu'ils justiûVi aient leur opposition à la sortie de ces blés , j * < » i l'ordonnance du Prince ; qu'à l'égard de la prévarication imputée à M. Gcorget, ce serait à lui d'y répondre. Leur conduite fut certainement approuvée par le Parlement , car les blés ne quittèrent le port d'Auxerre qu<' deux mois après , sur une ordonnance du Prince , qui , en maintenant sa défense pour le Duché de Bourgogne , la leva pour le Comté d'Auxerre. Celte ordonnance est motivée sur l'abondance de la récolte que venait de faire le Comté , et sur ce que , non- seulement la nourriture du peuple y était assurée , mais que cet heureux pays pouvait aider les provinces voisines. A l'égard de M. Georgct , je n'ai rien découvert sur T issue de la grave accusation portée contre lui.

VIII. Au mois de septembre , assemblée des habitant pour élire un Maire , à la place de M. Fermer. Le choix tomba sur M. Joachim Fernier , son frère.

IX. Les Ermites de S.-Augustin , aussi appelés Auguslins déchaussés , ou Peiiis-Pcrcs , n'ayant pas de maison de leur Ordre entre Paris et Lyon , d<

mandèrent à en établir une à Auxerre , pour servir à recevoir ceux d'entre eux qui se rendraient d'une de ces villes à l'autre , et présentèrent à M. PEvèque , ainsi qu'aux Officiers municipaux , une requête favorablement apostilléc par le Prince deCondé.Leur demande fut accueillie ; les Officiers municipaux y mirent seulement pour condition que ces Religieux s'abstiendraient de quêter. Après avoir pris un logement provisoire sur la paroisse S.-Eusèbc , ils achetèrent , sur celle de Notre J )amc-la-d'hors , la maison où ils étaient lors

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de la révolution. Elle avait appartenu à M. de la Cour , Conseiller au Bailliage , et était occupée par un ancien Archevêque de Narbonnc, retiré à Auxerre. V. 1 67 1 , n. il

I. Depuis dix ans , les passages de troupes avaient cessé. Us recommencèrent cette année , mais sans être aussi onéreux aux habitans. En 1 65o, la province avait été exemptée de nourrir les gens de guerre , en payant 100,000 liv. par an ; en conséquence , les Officiers , comme les soldats, recevaient du Roi une solde avec laquelle ils payaient les vivres qui leur étaient fournis. Les maux des temps antérieurs ne se renouvelèrent plus.

II. 10 février , un arrêt du Conseil > sur le rapport de M. Colbert , prononça une nouvelle surséance à l'égard des dettes de la ville , sous la condition que , dans les six mois suivans , elle payerait une année d'intérêts ; quant aux capitaux , les créanciers sont renvoyés devant la Commission établie à Dijon, pour les faire vérifier et liquider. V. i665 , n. v.

III. 20 mars , passage du Cardinal d'Entrées , qui , sur une lettre du Prince, reçoit les honneurs d'usage.

IV. Au mois de mai , M. de Broc étant à Paris , INI. Regnaudin , Procureur du Roi du Bailliage , s'avisa de le trouver mauvais , et d'en porter plainte au Bailliage , prétendant qu'il passait une partie de l'année dans ses châteaux de Régennes , Varzy et Cosne , ainsi que dans la Capitale , et qu'en cela il violait les canons de l'Eglise. L'amour du pouvoir aveugle souvent les meilleurs esprits et les égare ; s'élever au-dessus d'un Evêque , l'admonester, le corriger, se

faire les gardiens des canons de l'Eglise , parut aux Conseillers une heureuse occasion de se grandir dans l'opinion publique. Le 20 du même mois, ils prononcèrent une sentence portant quil était notoire que M. de Broc ne remplissait pas ses devoirs de résidence ; que les pauvres en murmuraient ; qu'en conséquence il était invite' à revenir dans le mois , à résider assidûment dam sa ville épiscopale, et à y faire l'aumône plus exactement que par le passe , sinon qu'il y serait contraint par la saisie de son temporel. M. de Broc s'etant pourvu aussitôt auprès du Roi , contre cette ridicule extension qu'un simple Bailliage voulait donner à ses attributions ; le 19 juin , un arrêt du Conseil déclara cette sentence injurieuse envers l'Evêquc et nulle , ordonna qu elle serait biffée sur le registre , et que l'arrêt serait publie à son de trompe dans la ville. Un huissier de la chaîne vint en effet à Auxcrre , fit publier l'arrêt dans les rues et les carrefours ; se fit représenter au greffe la minute de la sentence , la biffa, et par de longs procès-verbaux combla pour les Conseillers , la mesure de l'humiliation.

Envain > M. Regnaudin , qui le premier avait conçu la funeste pensée dont découlait tant d'amertume , voulut faire révoquer cet arrêt , en se faisant délivrer par le Maire et les Echevins une attestation sur les faits qu'il articulait contre l'Evêque. Ses démarches n'excitèrent que la dérision. La question n'était pas sur le plus ou moins d'exactitude de ces faits , mais sur l'absurdité de son système , qui aurait soumis les chefs de l'Eglise , comme les Baillis de village et les huissiers, à la surveillance et aux assises des Bailliages

I. 10 janvier , la ville possédait au climat des Ballets , plusieurs pièces de terre de très-médiocre valeur , qui étaient rarement cultivées ; les propriétaires voisins en prenaient occasion d'anticiper sur ce terrain communal ; le Corps municipal , dans l'espoir que ces héritages seraient mieux conserves par les Administrateurs des Grandes-Charités , les leur abandonna.

II. M. Colbert , pénétré de l'idée qu'après l'agriculture , le commerce est la source la plus sûre et la plus abondante de la prospérité des populations , désira vivement faire participer les babitans d'Auxerre aux richesses dont il espérait doter la France , à l'extérieur par la création de la Compagnie des Indes , et à l'intérieur par celle de 4°>00° manufactures. Dans un séjour qu'au mois de juin , il fit à Seignelay , il invita les principaux babitans à des conférences dans lesquelles il s'efforça de leur faire partager ses idées sur le commerce , et en particulier sur l'impulsion qu'il voulait donner dans ce sens à la population Auxerroise. 11 parvint à les déterminer à faire un premier fonds de 5,ooo livres pour l'établissement de trois manufactures (i): l'une de draps-serges de Londres et autres étoffes imitées de l'Angleterre , la seconde de points de France , cl la troisième de bas

(t) V 1GG7 , n v» »

de laine. Le sieur Camuset fut charge de diriger ces établisscmcns , aussitôt qu'ils seraient autorises , et la dame Pethitièrc le fut particulièrement de la fabrique des points de France , où les jeunes filles feraient gratuitement leur apprentissage. Pour attirer les enfans des deux sexes dans ces nouveaux ateliers , il fut aussi convenu que le père de famille qui en enverrait trois , serait décharge de la taille. Enfin, en se conformant aux désirs de M. Colbcrt, les habitans furent assembles à l'hôtel de ville le 20 juin , pour entendre la lecture de deux lettres qui leur étaient adressées , Tune par le Roi , et l'autre par les Syndics de la Compagnie des Indes ; l'une et l'autre explicatives des avantages qu'en pourraient retirer ceux qui y prendraient des actions. V. 1 666, n. ni.

III. Le 14 septembre , nouvelle assemblée des habitans, persuades qu'ils allaient remplacer les Magistrats dont le temps expirait le ier octobre : mais le Maire leur donna connaissance d'une lettre du Prince de Condc' , portant , qu'attendu le grand nombre et l'importance des affaires dont les Officiers actuels possédaient les détails , il jugeait convenable que rassemblée se bornât à les confirmer pour une année. L'ordre du Prince fut respecté.

IV. Le 2i , le Corps municipal fit l'abandon aux Religieux de S.-Germain , de tous les murs de la ville longeant ceux de leur Monastère , à la charge seulement de les tenir constamment en bon état de défense. ^

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