ORDRE ADMINISTRATIF
L'administration supérieure appartenait aux Etats de Bourgogne , aux Elus généraux et à l'Intendant.
Les rapports du Comte d'Auxerre avec cette province sont très-confus dans les anciens monumens , et ont souvent varié. Une explication, à ce sujet, me paraît nécessaire. Le pays Auxcrrois n'a jamais fait partie de la Bourgogne. On a vu dans le Tome I" de cette Histoire , Chapitre iv, que les conquêtes des Bourguignons dans la Gaule n'ont pas dépassé au Nord, les montagnes du Morvan et de l'Avalonais; que la Cité d'Auxerre fut conservée avec plusieurs autres par Syagrius , jusqu'à la conquête qu'en fit Clovis sur lui. Lors de l'établissement du régime féodal , cette Cité fut érigée en Comté relevant directement de la Couronne , comme le Duché de Bourgogne. Il est vrai que, presque toujours, quand ce Duché a été donné en apanage , les Rois y ont ajouté le Comté d'Auxerre , mais séparément , et en lui conservant sa qualité de Grand-Fief, que les Ducs gouvernaient par un Vicomte. Dans ces cas même, le Comté n'avait aucun rapport avec les Autorités de la Bourgogne. Il relevait de celles de Paris. Le Bailli de Sens l'avait dans son ressort , et celles des affaires contenu eus es dont la Prévoté du Comté ne pouvait pas connaître , étaient portées au Bailliage royal de Villcncuve-le-Roi.
Cependant , en 1 4l 7 » tes Auxcrrois ayant pris parti pour le Duc de Bourgogne dans la guerre des Bourguignons et des Armagnacs, ils se trouvèrent de fait dans la dépendance entière des Ducs, jusqu'au traite' d'Arras qui les y mit de fait et de droit. Mais après le retour du Duché au Roi, par la mort de Charlesle-Tc'me'rairc , comme ils avaient beaucoup souffert pour avoir tenu son parti , ils sollicitèrent de Louis XI la confirmation des lettres patentes de Charles V, particulièrement leur rétablissement dans le ressort du Parlement, de la Cour des Aydes,ctde la Chambre des Comptes , de Paris.
Ils n'en restèrent pas moins attaches à la Bourgogne pour l'administration civile et militaire. Les trois Ordres continuèrent d'envoyer leurs De'pute's aux Etats qui se tenaient , au moins une fois , tous les trois ans. Dans les Antiquités de Bourgogne, par S. Julien , p. 68 , on voit François de Dinteville , Evéque d'Auxcrre , présider la Chambre du Cierge' de ces Etats , à Dijon , sous le règne d'Henri H , c'est-àdire, de 1 547 à 1559. Sur la table par laquelle cet historien indique le rang des Députes , PEvèquc d'Auxcrrc est même le second des Evêques. Aussi le Cierge' et la Noblesse du Comte' faisaient-ils partie de ce qu'on appelait la Roue de la province , et fournissaient-ils à leur tour un Elu ge'ne'ral. Mais le Tiers-Etat e'tait prive de cet avantage , parce que le Comte' avait conserve' une Election ; c'est-à-dire, un corps administratif et judiciaire, qui recevait des Elus généraux le contingent du Comte' dans les impositions , en faisait la répartition sur4es paroisses , et jugeait les re-
réclamations auxquelles cette reparti li un , ainsi que l'assiette, pouvaient donner lieu.