‹ Histoire de la ville d'AuxerreChapitre 42 sur 71 · SIÈCLE · texte numérisé non relu

SIÈCLE

I. Au mois de mars , Jubile pour l'exaltation du Pape Innocent XII.

II. 12 mars, Déclaration du Roi qui rétablit la capitation à partir du i" janvier; la guerre se rallumant plus violemment que jamais , pour la couronne d'Espagne. Le contingent assigne' à la ville a du être énorme. Je ne l'ai pas découvert ; mais celui paye par les Officiers du Présidial et ceux de la Chancellerie , ainsi que par les veuves des Officiers décédés , faisant en tout soixante familles , a été de 4»i32 livres i3 s. Le clergé du Diocèse fut imposé à 32,333 Hv. ; dont celui de la ville eut à payer 1 1 ,5o6 livres.

III. Le 10 avril , une lettre de l'Intendant au Maire annonça que , dans quelques mois , M. le Duc de

DIX-HUITIÈME SIÈCLE. 36û,

Bourgogne ei M. le Duc de Bcrry , petits-fils du Roi 4 passeraient par la ville. Les Officiers municipaux compulsèrent les archives pour régler le cérémonial à observer ; ci Ton s'arrêta à celui qui avait été suivi pour Louis Xlll, en i63i , et Louis XIV-, en i65o. Ils ne négligèrent, surtout, pas l'article qui, dans ces circonstances , faisait habiller à neuf, et aux frais de la ville , tout le Corps municipal. On fit aussitôt emplette de robes violettes pour les neuf Officiers municipaux , y compris le Secrétaire , et de jusie-au- corps de drap gris , avec doublure ci parcmens de drap bleu , pour les 33 hommes de la garde municipale , qui eurent aussi des chapeaux bordés de galons (T or.

IV. 3 août , arrêt du Conseil qui improuve la conduite des Officiers du Bailliage , dans la scène du 10 avril i6o,5; ordonne qu'à l'avenir ils laisseront, au retour d'une cérémonie , reprendre les rangs que chacun y avait en allant, et les condamne en 1,100 livres de dépens.

V. 24 juin , élection de MM. Dubicz , Gouverneur du fait commun , et Edme Mérat , Ecncvin.

VI. 4 novembre, les marchands merciers et joailliers renouvelèrent les tentatives tant de fois faites en vain, pour s'établir en maîtrise ou jurande , malgré l'arrêt de 1 666 ; et se prévalant du texte équivoque de plusieurs Déclarations du Roi, ils s'adressèrent à l'Intendant pour y être autorisés. Les Officiers municipaux , consultés par l'Intendant, répondirent que ces Déclarations du Roi ne concernaient que les villes , où. déjà les maîtrises étaient établies , mais qu'un des privilèges

de celle d'Àuxerre cuit la liberté du commerce; liberté précieuse , qui , par le concours et la rivalité de ceux qui se livraient au trafic , procurait au consommateur plus de facilité dans le choix des marchandises , et des prix plus modérés. L'Intendant rejeta cette demande.

VH. -Depuis six mois et plus , tous les préparatifs ; pour la réception des Princes étaient faits , et Ton désespérait de les voir , lorsque , le 1 9 novembre , un Officier du Duc de Bourgogne vint annoncer qu'il arriverait le jour même , et ne s'arrêterait que le temps de changer de chevaux ; qu'en conséquence , il ne voulait ni présent , ni harangue , ni même que la milice prit les armes. En effet , peu d'heures après , il traversa la ville ; le Maire et le Corps municipal ne purent que l'attendre à la porte du pont , où devait se faire le relais , pour lui offrir les hommages des hatitans. On s'en consola le surlendemain ; le Duc de Berry se rendit à l'invitation de M» l'Evêquc , chez lequel il dîna, et passa la nuit. H se prêta à son entrée, ■comme à son départ , à tout le cérémonial dont on ne lui épargna pas le moindre détail , pas même les maavais vers écrits au bas des portraits du Roi , du Dauphin , et de ses deux fils , qui avaient été places sous un dais , devant l'Hôtel de ville. Les voici :

t* Roi , nbtrv solctl , « ptiat «A Mbosf ifcheùr , Mf»nj+igfivor dabs se* fils , et tbos , tftinfhfc un toontrrv f Faisant sbrtrr f Iris Au stift èt la terrtur , tU apurent la pai« . par l>Trby de la çnrrre.

I. La capîtation est réduite aux deux tiers , et elle est rester à peu près à cette quotité' jusqu'à la reVo- Itition. 1

II. Lé 43 février, te Subdélegué du Prévôt des marchands dé Paris , vint cOrtflfrer avtc les Officim ttun nicipaux sur des plaintes nombreuses portées à ce Prévôt , au sujet des fûts dans lesquels lé commerce de Paris recevait lés vins des vignôbles d'Aû* xerre,de Chablis et de Tonncrré, èt qui souvent n'avaient pas la capacité réglée par l'Ordonnance d'Henri II , du 16 octobre i557. Poor réprimer Cet abus , et mettfé la police des villes où les tonneaux étàient fabriqués , à portée d'en surveiller la fabrication , il avait fait fàfré dé nouvelles fcxnéricnces sur l'étalonmâtficé dé là pinte, ainsi que du setiér qui doit en contenir huit, et envoyait aux Magistrats de ces villés uné pinte ét un setier , frappés des armes éé la ville de Paris , r ncomtnandarit de véillér à cé qué là contenance des Idnneaux fut à raison dé 36 setiéts le muid , marc et lie compris , lé demi et lé quart en proportion.

Le 16 rtars , les Officiers municipaux , avec trois tonneliers et deux anciens courtiers , firent également des expériences pou* comparer l'ancienne jauge avec ces nouvelles mesurés envoyées pàf lé Prévôt des marchands ; elle s'y trouva parfaitement conformé. Ils se bornèrent , en conséquence , à publier une ordonnance par laquelle il fut enjoint à tout fabricant de tonneaux , dé se régler sur cette jauge , sous peine

de confiscation ; ci annoncé que les ouvriers trouveraient , en tout temps , à l'Hôtel de ville , quatre cercles de fer leur indiquant les justes dimensions à observer. V. 1 7 1 5 f n. 1.

Dans le même temps, les Officiers municipaux s'occupèrent des mesures dont on se servait pour les grains ; et reconnaissant qu'il n'y avait pas entre elles la conformité désirable , qu'elles variaient soit dans le diamètre , soit dans la hauteur , ce qui occasionnait de la différence dans la coupe , ils ordonnèrent qu'elles seraient ramenées à des dimensions uniformes.

II I. 24 juin , élection de deux Echevins , MM. Edme Chrétien , Avocat , et Pierre Robinet , marchand.

IV. 3o août , installation de M. Etienne Liger , Procureur du Roi de la ville , acquéreur de l'office de M. Morin.

V. L'exemption de la taille, dont jouissaient les Officiers du Présidial , en 1697 , leur avait été retirée ; mais le 1 7 décembre , une Déclaration du Roi les en affranchit de nouveau , à la charge de verser au trésor royal un supplément de finance. Avant même d'avoir fait ce versement , ils s'empressèrent de faire signifier aux assécurs de la taille pour 1703 , une opposition à ce qu'ils y fussent imposés. Les asséeurs ayant déféré celte opposition aux Officiers municipaux , il fut arrêté qu'ils seraient imposes jusqu'à ce qu'ils eussent justifié du paiement auquel était attachée leur exemption.

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