‹ Histoire de la ville d'AuxerreChapitre 53 sur 71 · III. 19 juin, les Officiers municipaux en robe · texte numérisé non relu

III. 19 juin, les Officiers municipaux en robe

iijo CHAPITRE XIV ,

montent à cheval pour aller publier la paix conclue définitivement avec l'Empereur.

IV. 24 , élection de deux Echevins, MM. Thomas Marie de S. Georges , Conseiller , et Nicolas Imbert , marchand.

V. Une chaleur excessive et continue pendant le printemps et Tété eut une influence funeste sur les Mes ; au point que le prix du froment , qui n'avait été à Paris , pendant les dix années antérieures , qu a 1 5 livres 9 sous le setier , terme moyen , s'éleva surle-champ a 22 livres i3 sols. La sécheresse produite par cet été brûlant eut encore pour effet de tarir t en quelque sorte , la rivière ainsi que les ruisseaux ; et le peuple manqua de farine. Ce fâcheux état , qui se renouvelait souvent , et quelquefois dans les deux saisons , Tété par l'épuisement des eaux , et l'hiver par leur congélation , inspira au Corps municipal le désir de faire édifier sur la montagne S.-Georges plusieurs moulins à vent. La proposition fut soumise aux habitans assemblés , qui l'accueillirent avec empressement. On arrêta , pour subvenir à la dépense , de rétablir , pendant dix années , la perception du droit de 3 deniers sur chaque livre de pain mollet ; et le 8 décembre , un arrêt du Conseil autorisa cette perception.

I. Celte année est , après 1 709 , celle du dix-huitième siècle , où le froid a été le plus rigoureux ; moins par son intensité , qui ne fut que de 1 4 degrés ,

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que par sa prolongation pendant plus de deux mois sans relâche. Aux rigueurs du froid se joignirent la rareté des farines , les moulins étant enchaînes par les glaces ; et la cherté de tous les comestibles qui fut si élevée que , pendant long-temps , cette année fut appelée C année chère. A Paris , le prix du setiei de froment monta jusqu'à 25 livres 5 sols.

II. 23 janvier , M. de Caylus reçut du Cardinal de Fleury , et sur sa demande , une lettre qui l'autorisa à aller à Paris , consulter sur sa santé. L'élat valétudinaire dans lequel il était depuis sa 70e année , donnait des inquiétudes , et elles étaient générales. Si sa doctrine trouvait des contradicteurs , son amabilité , sa générosité sans bornes , et sa disposition constante à rendre service , même à ses antagonistes en matières religieuses , comme on la vu pour l'Abbé Morcau , le rendaient cher à tout le monde Ce voyage eut le résultat le plus satisfaisant.

III. 26 février , l'octroi de 3 deniers sur chaque livre de pain mollet , pendant dix ans , fut affermé moyennant 1,210 livres par an. V. 1754 , n. ix.

IV. Au mois de juillet , le produit de la moisson fut encore inférieur à celui de 1739; et le prix des grains continuant à s'élever , le 29 septembre , une Ordonnance de police fit défense aux boulangers de fabriquer du pain mollet.

V. 8 octobre , gelée générale qui arrêta la maturité imparfaite des raisins. Il fallut se hâter de les cueillir pour faire , en petite quantité , du très-mauvais vin. Cette gelée détermina des pluies continues qui occasionnèrent une inondation désastreuse.

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1. La température de l'hiver fut supportable , mais ta rareté et l'excessive cherté des subsistances désolèrent le peuple , malgré les secours abondans qu a Auxerrc le malheur a toujours obtenus. Les mêmes calamités affligeant toute la France , une multitude effrayante de mendians la parcourait dans toutes ses parties. Pour n'avoir à secourir que ses pauvres , Àuxerre , comme toutes les villes closes , fit réparer ses portes , les ferma pendant la nuit , et les fit garder sévèrement pendant le jour.

Des le 3o mars , les emblaves dans les champs promettant une récolte abondante , les Officiers municipaux avaient cm pouvoir lever la prohibition du pain mollet ; mais le peuple , pour qui des espérances ne sont pas suffisantes , conçut des alarmes et fit entendre des murmures qui déterminèrent la révocation de cet imprudent arrêté.

II. Le 2 avril , MM. Baudesson père et fils , vont aux Etats à Dijon , comme députés de la ville.

III. Dans Tannée précédente, un ordre de M. de S.-Florentin , Ministre , avait suspendu les élections municipales ; mais le 3o avril , il autorisa l'élection du Gouverneur du fait commun , et de deux Echovins , à la condition cependant que les Magistrats élus n entreraient en fonctions , qu'après que le procès - verbal aurait été approuvé par lui.

IV. 3 mai , arrêt du Parlement qui homologue les Ordonnances synodales du 19 juin 1739.

V. 24 juin , élection d'un Gouverneur du fait commun , M. Henri Duché , commissionnaire de vins t

et de deux Echcvins , MM. Claude Choppin , Avocat-, et André' Gramain , Procureur.

Dans la même assemblée , les vignerons obtinrent qu'on recueillît dans un bassin la source précieuse qui surgit au bas de la montagne S.-Simon (i) , du cote des ChesneSi

VI. Le a8 , M. de Caylus qui , absent comme présent , n'oubliait pas ses Diocésains , informa le Corps municipal qu'il avait obtenu du Contrôleur général des finances , pour le commissaire chargé de vendre les blés du gouvernement à Moret , l'ordre d'en délivrer gratuitement trente muids pour les pauvres de la ville. On y envoya , sur-le-champ , M. Prix Deschamps , pour les faire expédier ; on le chargea , en outre , d'en acheter pour la ville. A cet effet , M. Pierre Robinet , marchand , ancien Kchevin , prêta généreusement 3,ooo livres.

VII. Le 3o juillet , les trois Officiers municipaux élus le 24 juin , et confirmés par le Ministre , furent installés.

VIII. Pendant ce mois et le suivant, les espérances conçues au printemps se réalisèrent ; de riches moissons rendirent à l'Auxerrois , et à tout le rovaume , le calme et la prospérité que la stérilité des deux . années précédentes en avait bannies. Néanmoins , comme- il arrive toujours après de semblables crises , l'empressement qu'on mit à renouveler les approvisionnemens , maintint le prix des grains à un taux assez élevé pour que le terme moyen des prix de l'année

(1) \.t nom primitif était Simêun ; mm on prononçait, et Axn% ltJ aete* puWic» on cciivAit Simon.

entière ait été , à Paris , de livres 12 sols le sclier.

IX. Au mois de septembre , affiche et publication d'une Déclaration du Roi , qui , attendu que la guerre s'est rallumée en Allemagne après la mort de l'Empereur Charles VI , rétablit l'impôt du dixième. Y. 1 746 , n. v.

X. Le 4 décembre , une première colonne de U suite de Zaid-Effcndi , Ambassadeur de la Porte , allant à Paris , arriva. Elle était composée du Grand- Trésorier , 70 officiers et soldats turcs , 20 palefreniers français et 80 chevaux. Elle séjourna jusqu'au matin du 6. Peu de temps après son départ , elle fu! remplacée par la seconde colonne , où était l'Ambassadeur , et dans laquelle se trouvèrent 80 officiers et soldats turcs , 12 gentilshommes français ; 3o palefreniers et 100 chevaux. Zaid-Effendi fut reçu avec les marnes honneurs qu'un Prince français , et la ville fit les frais de sa nourriture , ainsi que de celle de sa suite. Il ne se remit en route que dans la matinée du 7.

XI. Tout ce qu'avaient fait les Chevaliers de l'arquebuse et , à leur exemple , les Bourgeois pour l'embellissement de la ville , inspira aux Officiers municipaux , sur la fin de l'année , 1 idée de convertir en promenades tous les glacis extérieurs des fossés de la ville , et 1 on commença par celui qui est entre la porte d'Eglény et celle de S.-Simon. Pour réaliser ce projet , ils profitèrent du désir qu'eut le Directeur des coches d'acquérir un petit emplacement près du port , et dont il offrait 5oo livres. Sa proposition , soumise aux habitans dans une assemblée , y fut agréée , et 1rs Officiers municipaux furent autorisés à employer celle

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somme à la promenade. On était si presse d on jouir, que , sans attendre l'homologation de l'Intendant , ou dépensa les 5oo livres , et 1 on fit en grande partie le nivellement du terrain. V. 1742 , n. m.

I. 7 janvier, M. de Caylus public, par un mandement , ses Ordonnances synodales.

II. i4 mai, MM. Baudesson , Maire , ei Marie de S.-Georges , Echevin , sont députés aux Etats convoques à Dijon pour le 4 juin»

III. Le 14 juillet, on reçut l'ordonnance de l'Intendant , approbative de la délibération des habitant , au sujet de la promenade commencée ; on reprit les travaux , et au moyen de 200 livres, prises sur les deniers communs, le nivellement du terrain fut achevé', v. 1 744 » n*

IV. Le 22 , les habitans furent réunis pour les élections municipales ; mais la surveillance du Ministre sur ces opérations subsistait toujours, sans que j'aie pu en découvrir la cause ; car ce ne fut qu'avec l'autorisation de M. de S.-Florentin , que cette assemblée fut convoquée. Elle choisit pour Gouverneur du fait commmun , M. Nicolas Imbcrt, marchand , et pour Echovins , MM. Roch Camelin , Conseiller , et Pierre Bard , marchand. Ce choix fut soumis à l'examen du Ministre , qui l'approuva par une lettre du 5 août.

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