I. Au printemps , les Chanoines firent démolir dans
4^ CHAPITRE XJV,
JVglise S.- Etienne un immense jubé, qui séparait U chœur de la nef. C'était un ouvrée postérieur à la construction de l'église , dont elle obstruait et défigurait les proportions élégantes. Il fut remplacé par up jubé beaucoup moins large et moins élevé.
II 1" décembre , l'Abbé Lebeuf publie ses Memoires concernant l histoire ecclésiastique et cuite f^tijerre , et en fait offrir par M. Fournier , son imprimeur , un exemplaire au Corps municipal.'
tut.
I H n'avait pas été possible aux Officiers municipaux , en 1 ?43 , de trouver sur les deniers communs la moindre somme qu'on put consacrer à planter les arbres de la promenade, préparée en 1742 ; ils furent plus heureux celte année. Un nommé Bcrtbelet entreprit la fourniture des tilleuls et leur plantation , moyennant 5oo livres , qu'il reçut du Receveur de la ville , et dès les premiers jours du printemps , les habitai» purent jouir de cette promenade.
II. Le .4 juin , les entraves mises par le Ministre aux elect.ons municipales ayant été levées , on procéda a 1 élection d'un Echevin ; ce fut M. Boursin
I rocureur ; il entra sur-le-champ en fonctions.
III. Le mois de septembre , en grande partie , se passa en réjouissances pour célébrer la convalescence du Ro, Ce jeune Monarque était alors universellement chéri des français. Depuis qu'il gouvernait luim me , Jes maux éprouvés sous la régence étaient ou-
bliës. Le Royaume avait recouvré la prospérité qu'i avait eue dans les meilleurs temps du règne précédent. La santé et la jeunesse du Roi faisaient espérer que cet heureux état durerait long-temps ; quand on apprit que , le 8 août , il était tombé dangereusement malade à Metz , où il commandait en personne son armée , et que t le i4 , il était à toute extrémité , la consternation fut universelle. Le fils du Roi , le Daupltin , n'avait que quinze ans , et Ton se rappelait toutes les misères du temps de la minorité. « Il est » difficile , dit un historien , de lire les nouvelles pu- » bliques de ce temps-là , sans être attendri. » Cest dans ce moment que , d'une voix unanime , il fut nommé Louis le bien aimé. La force de sa constitution l'emporta sur celle de la maladie , et l'allégresse suivit de près les prières et les alarmes. Elle fut si vive à Auxerre , que , sans ordre du Ministre , les feux de joie , les danses, ainsi que les repas, s'y multiplièrent pendant plusieurs jours , et que le Te Dcum , après avoir été chanté dans toutes les églises , le fut aussi dans la chapelle du Palais de Justice , par les musiciens de la Cathédrale , en présence de tous les corps , qui y avaient été invités par les Officiers du Bailliage.
I. Le 9 mai , les Officiers du Bailliage sont informés qu'enfin l'affaire du Donziais va être jugée , et que déjà les conclusions de l'Avocat -général sont complètement favorables. Ils empruntent 4»ooo livres pour subvenir aux dépenses. V. n. v.
II. i3 juin, MM. Baudesson, Maire , et Camelin, Echevin , sont députés aux Etats convoqués à Dijon pour le 2 1 . Probablement on avait voulu priver M. Camelin de cet honneur , et il en avait informé le Ministre , car quelques jours avant la réunion du Corps municipal , pour le choix des députés , M. de S.-Florentin avait écrit au Maire , que pour éviter les intrigues , on devait s'en tenir à l'usage , à moins qu'il ne se trouvât de justes motifs d'exclusion , mais que , dans ce cas , on aurait dû en prévenir le Roi six semaines auparavant.
III. 9 juillet , Te Deum et réjouissances pour la célèbre victoire de Fontenoy , et peu de jours après pour la prise de Gand. Ce dernier avantage remporté par le Roi sur ses ennemis , fit sensation surtout à Auxerre. La colonne de l'armée qui avait pris cette ville importante , était commandée par M. du Cayla , neveu de M. de Caylus , et Madame du Cayla était auprès de son oncle , quand il reçut la lettre du Roi qui l'informait de cette heureuse nouvelle. M. de Caylus ne manqua pas de signaler cette circonstance d'une manière très-ingénieuse dans son mandement pour \tTe Deum. Il reçut à ce sujet des félicitations générales.
IV. 19, ouverture du Jubilé publié par Benoît XIV , invitant toute la chrétienté à prier pour la cessation des calamités qui désolaient l'Italie. Elle endurait à la fois tous les maux qu'enfantent la guerre , les tremblcmens de terre et les maladies contagieuses. M. de Caylus en prit occasion de se justifier des reproches que lui faisaient ses détracteurs , sur sa résistance aux décisions de la Cour de Rome. Dans son mandement ,
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il invita les fidèles « à prier pour le Ponlifc place sur h le premier siège d'où sa vigilance et ses regards s'e- » tendent sûr tous les autres , pour l'honneur de la » religion , la consolation de l'église , la paix et la » sanctificalîou de ses pasteurs et de ses enfans. »
V. 28 , arrêt du Parlement qui termine enfin , après 1 9 1 années de procédures , le procès de l'Evèque , de la ville et du Bailliage , contre le Duc de Nevcrs. Toutes les prétentions du Duc sur l'état d'indépendance du Donziais à l'égard , tant du Bailliage d'Auxerrc f que de la suzeraineté féodale de l'Evêque , dans laquelle il voulait placer sa Baron ic de Donzy , et sa Châtellcnie de Châtcl-Censoir , furent rejetées ; les droits de l'Evcque et ceux du Bailliage sur ces deux pays , furent maintenus ; le Duc fut en outre condamné en tous les dépens dont la masse était énorme. L'arrêt lui réserva seulement la faculté de faire cesser la juridiction du Bailliage sur ses justices seigneuriales , pour les cas ordinaires seulement , en indemnisant les Officiers , des conséquences de cette distraction. V. 1 747 » »• »•
VI. 1 1 novembre, audience solennelle du Bailliage, pour la réception de M. Gilles Thierriat , en qualité de Prévôt royal , succédant à son père , décédé en
I. 25 mars , arrivée d'un grand nombre de prisonniers de guerre Hollandais , mis sous la surveillance de la milice bourgeoise , ce qui l'obligea , pendant long-temps , à un service pénible et régulier. Un des
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Officiers , M. Pierre-Germain Billetou , fut charge' spécialement d'organiser et de surveiller ce service.
II. 27 mai, décès de l'Abbé Moreau , Doyen de la Cathédrale. Le lendemain même , le Chapitre s'assembla pour déférer à l'un de ses membres , le Doyenné vacant , c'est-à-dire la place la plus eminente dans le clergé , après celle de l'Evèque. Mais le Ministre avait été prévenu du danger qui menaçait la vie de l'Abbé Moreau , et voulant empêcher le Chapitre dévoué à M. de Caylus , de se donner un chef qui aurait professé sa doctrine , il avait adressé au Procureur du Roi du Bailliage un ordre , daté du 1 3 , faisant défense au Chapitre d'élire un Doyen jusqu'à nouvel ordre. A peine les Chanoines étaient-ils réunis , que le Procureur du Roi se fit introduire , et donna lecture de la lettre du Ministre. Le Chapitre , interdit, garda le silence; et l'on se sépara.
III. 18 juillet, élection d'un Echevin , M. Martineau de Montenai , Conseiller.
IV. Les prisonniers Hollandais avaient , d'abord , été logés chez les habitans ; mais dans les premiers jours de septembre , on s'aperçut que ces étrangers , qui voyaient des raisins pour la première fois , les dévoraient avant leur maturité. Les plaintes devim ent si générales , que le Corps municipal se vit contraint de les caserner et renfermer dans une partie des bâtimens de S.-Germain.
V. 1 1 novembre , audience solennelle du Bailliage pour la réception de M. Marie d'Avigneau , succédant à son père en qualité de Lieutenant général du Bailliage
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VI. 25 décembre , affiche et publication d'un Edit du Roi , qui ajoute deux sols pour livre au dixième , à commencer de 1 747 •
I. Au mois de mars , M. le Duc de Nevers se pourvut au Conseil , en cassation contre l'arrêt du 28 juillet 1747 ; mais il y éprouva le même sort qu'au Parlement.
II. 10 avril , installation de M. Martineau de Mormont , Procureur-Syndic de la ville.
III. 24 juin , élection de M. Claude Leclerc , Procureur , Echcvin.
IV. 3o novembre , la modicité de la récolte et le renchérissement du blé déterminent les Officiers municipaux à suspendre la fabrication du pain mollet.
V. Au mois de décembre , ils firent dessiner , sur la tour de l'horloge , le cadran solaire qui sert à la régler. L'artiste se nommait Lefebvre.
I. 1 8 mars , audience solennelle du Bailliage pour l'installation du Grand-Bailli , M. le Comte de Courson , succédant à son père.
II. Jusqu'alors , le Gouverneur du fait commun , qui était toujours un marchand , avait rang immédiatement après le Maire , et en son absence le remplaçait dans toutes ses attributions , de marcher à la tête
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de la Compagnie , lorsqu'elle était appelée aux cérémonies publiques , de présider les assemblées des habitans , ainsi que celles du Corps municipal , et même de juger les affaires de police. Depuis long-temps , les Conseillers du Bailliage supportaient impatiemment cette prééminence d'un marchand sur ceux d'entre eux qui étaient Ecbcvîns. Ils se décidèrent enfin , le 1 7 mai , a faire une tentative pour renverser , s'il était possible , avant les élections alors prochaines , cet état de choses , qu'ils regardaient comme injurieux à la magistrature , cl adressèrent un mémoire à M. de S.- Florentin , Ministre de la maison du Roi. M. de Caylus eut la complaisance d'appuyer leur réclamation. Le Ministre fut probablement frappé de cette circonstance , que depuis 1 700 , la police était réunie au Corps municipal ; qu'auparavant , le rang donné au marchand , Gouverneur du fait commun , n'offensait que l'amour propre des Conseillers ; mais que le Corps municipal ayant acquis l'autorité judiciaire , il était de l'intérêt public d'y appeler le Magistrat avant le marchand : en conséquence , il écrivit au Maire t le 26 , « que le premier Echcvin étant toujours pris par- » mi les Conseillers du Présidial , il devait , dans » toutes les circonstances , avoir rang immédiate- » ment après le Maire , et précéder le Gouverneur » du fait commun. >»
Dans l'assemblée des habitans, du 24 juin , où Ton devait renouveler les quatre Echcvms , le Maire donna lecture de cette lettre. L'irritation des marchands fut vive, et donna lieu à des protestations violentes, dont MM. Zacharic Arnault , Nicolas Imbert , et Antoine
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Blonde demandèrent l'insertion dans le procès-verbal» et qu'ils signèrent.
On n'en procéda pas moins à l'élection, qui se porta sur MM. Potherat de Billy , Conseiller , Claude Babelot, Avocat, Antoine Blonde, épicier, et Edme Boyard , commissionnaire de vins. Il fallut adresser le procès-verbal au Ministre , qui , dans sa réponse au Maire , approuva l'élection , mais ajouta * « que le m Roi était très-méeontent de la hardiesse qu'avaient » eue les marchands de faire des protestations contre » cet ordre donné en son nom ; qu'il voulait que cet ». ordre fût exécuté , et que , si quelqu'un renouvelait » l'opposition , il aurait à s'en repentir. »
Le 20 juillet ayant été indiqué pour l'installation des nouveaux Echevins , le Conseiller et l'Avocat se présentèrent , mais les deux marchands ne parurent pas. Cependant , quelques mois après , voyant qu'on savait se passer d'eux , sans que les affaires de la ville en souffrissent ; craignant , d'ailleurs qu'un refus obstiné n'amenât pour le commerce la privation totale de l'Echevinage , ils vinrent et furent installés.
III. 1 1 juin , arrêt du Conseil qui concède à l'Hôtel-Dieu , moyennant cinq sols de cens , tout le terrain existant entre cet Hospice et le mur de la ville , avec la faculté de percer ce mur pour prendre des jours , ou appuyer des constructions.