‹ Histoire de la ville d'AuxerreChapitre 56 sur 71 · II. Au printemps , on reput les travaux d embellis · texte numérisé non relu

II. Au printemps , on reput les travaux d embellis

se ment de la ville. Les Officiers municipaux firent niveler tout le terrain qui s'étend depuis la porte Chante-pinot jusqu'à la rivière , entre le fosse de la ville et les jardins des particuliers. Les deux tiers de la largeur furent consacrés à faire la promenade actuelle , et le surplus laissé pour le passage des voitures. Ces travaux et la plantation de 212 tilleuls coûtèrent, y compris Tachât d«s arbres , 2,100 livres. On ne s'occupa pas seulement d'objets d'agrément ; 1 ,552 livres furent employées à la réparation des portes et des tours. On acheta du sieur Vital , de Rouen , deux pompes à incendies. Il vint lui-même les monter , et instruire les premiers pompiers de la ville , dans l'art de s'en servir. Le prix des pompes et les frais de voyage du sieur Vital , s'élevèrent à 1 896 livres. Assurément Auxerre était dans un état de prospérité , puisqu'on dépensa 4335 livres au-delà des 12,100 livres» faisant la bonification de 1754.

III. 4 novembre , MM. Baudesson , Maire , et de Berry , premier écbevin , sont députés aux états convoqués à Dijon pour le 21.

IV. 6 , Te Dcum et réjouissances pour la naissance de M. le Comte d'Artois , depuis Charles X.

V. 6 décembre , après une année d'exil à Vauluisant , M. de Condorcet revint à Auxerre. Combien était grand alors l'empire de l'étiquette! Au son de la cloche qui annonçait le retour de l'Evèque , tous les Corps devaient aller le complimenter. Le premier qui se présenta fut le Chapitre, dont la plainte avait provoqué son absence. Après le Chapitre , ce fut le Bailliage , qui , par la censure de son mandement , avait plus en-

Il fallut .de part et d"j lu bon ton et de la polrtesse muler rembarras daru lequel on se trouvait-

VL 26 , installation de MM Antoine Paradis , Gouverneur du fait commun ; Merat t Avocat , et Etienne Moreau , commissionnaire de rins , Echevins , élus le 24 juin , et agrées par le Roi.

I. Au printemps , les Officiers municipaux achevèrent de convertir en promenades les glacis des fossés , et formèrent celle qui , jadis , descendait de la porte S.-Simon , du côté de la rivière. Elle était , comme les autres , séparée des murs par le fossé comblé depuis, se terminait à l'endroit où celle actuelle cesse d'être sur un plan horizontal , et y formait une esplanade trèsélevée. Celte ancienne promenade a été détruite en ■ y y 5 » lors de l'ouverture de la route sur le bord de la rivière. La promenade actuelle , plantée sur remplacement de l'ancien fossé, a été commencée en 1806 et achevée en 1817 par les soins de M. Leblanc, alors Maire.

II. Dans la même saison , on commença à détruire les piliers qui bordaient deux côtes de la place de la Fane rie. Ceux à l'ouest étaient en bois , et ceux au nord en pierres. Ce sont ceux-ci qui furent démolis , en indemnisant les propriétaires des maisons dont une partie était appuyée sur ces piliers. C'était là qu'au* trefois se réunissaient les Bourgeois pour donner ou

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apprendre les nouvelles du jour : mais depuis que la presse distribuait ses journaux et ses pamphlets , ces reunions paisibles de Magistrats et de Bourgeois ne s'y formaient que rarement , et les galeries ne servaient plus qu'à faciliter les attroupcinens tumultueux d'enfans. C'était aussi dans cet endroit qu'avaient été ourdis la plupart des complots séditieux,

III. Pendant l'été , des pluies continuelles, menaçant de détruire les récoltes , la population effrayée demanda une procession générale qui eut lieu le 18 juillet , avec les reliques de toutes les églises. Pendant le reste de l'année , le temps fut plus favorable , car le prix du froment descendit de 4 livres 8 sols a 4 livres.

IV. 1 6 août , audience solennelle du Bailliage pour la réception de M. Antoine-Léonard Guyot , marquis de S.-Amand , Grand-Bai lly. Il fit don de i ,8oo livres pour renouveler les tentures , boiseries et parquets de la salle d'audience et de la chambre du Conseil.

V. Le 1 2 septembre , un brevet du Roi autorisa les Officiers municipaux à démolir plusieurs des tours faisant partie des fortifications sur le bord de la rivière t pour faciliter l'accès et les travaux du port.

\I. Le 17 décembre , le Chapitre , dont la riche bibliothèque avait été dévastée par les Huguenots , ayant arrêté de la recomposer , MM. Lebeuf et Polel firent don de leurs livres , qui furent placés dans les bâtimens occupés par l'ancienne , près le côté méridional du sanctuaire de S. -Etienne.

I. Indépendamment de la taille , qui s'élevait chaque année à environ 30,000 livres , de la capitation qui excédait 5,ooo livres , et des deux vingtièmes de leurs revenus , les habitans curent encore à payer 8,ooo livres , faisant la première annuité de 4o,ooo livres , payables en cinq années , pour le contingent de la ville dans le don gratuit accordé au Roi par les Etats de Bourgogne, en iy55. Quoique le clergé en ait supporté seul le huitième , cette addition aux charges publiques fit renaître pour la ville l'état de gène dont elle était sortie depuis quelques années. Elle ne put s'en libérer qu'en sollicitant sans cesse des délais , jusqu'en 1767.

II. Le 21 mai , les habitans du quartier de la porte du Temple commencèrent un charivari, qui donna lieu à de graves dissensions entre les Officiers municipaux et ceux de la- milice bourgeoise. C'était à l'occasion d'un mariage entre une veuve et un jeune homme beaucoup moins âgé qu'elle. La tranquillité publique fut troublée à un tel excès , que le lendemain , les Officiers municipaux firent publier une ordonnance de police faisant défense de se livrer à de nouveaux désordres , sous les peines les plus sévères. Le soir , le charivari fut plus nombreux et plus tumultueux que la veille. Le 23 , les mêmes Magistrats arrêtèrent que le soir de fortes patrouilles surveilleraient le quartier séditieux , et arrêteraient les perturbateurs , s'ils récidivaient. A cet effet , ils mandèrent le Major de la mi-

lice , qui s'excusa sur ce qu'il était contraint de s'absenter. L'Aide-iMajor appelé promit d'exécuter l'ordre, et n'en fit rien ; le charivari n'en fut que plus audacieux. Le Corps municipal rendit compte à M. le Prince de Gonde de cette défection , de la seule force publique dont il pût disposer pour le maintien de l'ordre. Le Prince , dans sa réponse , censura vivement la conduite de la milice , et prescrivit au Maire de faire lecture de sa lettre aux deux Officiers dont , surtout , on avait à se plaindre. Cette lecture les piqua au point qu'ils donnèrent leur démission.

III. 24 juin , élection de deux Ecbevins ; MM. Jean- Baptiste Girard , Procureur , et Edme-Pierre Potherat , Conseiller.

IV. Le 3 juillet , on commença la construction du quai de la Tournellc , entreprise par le sieur Machureau. Le cours de la rivière , accéléré par le perthuis r se porte , en effet , avec tant de force sur cette partie de sa rive gauche , que les murs , qui alors fermaient la ville de ce côté , étant menacés d'une chute prochaine , ne pouvaient être garantis que par une digue proportionnée à l'impulsion des eaux , pour les forcer à faire l'angle qu'elles décrivent en cet endroit. La dépense fut énorme , et monta à 25,898 livres , y compris des intérêts que la ville fut obligée de payer à l'entrepreneur , n'ayant pu le solder qu'en 1774.

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