‹ Histoire de la ville d'AuxerreChapitre 63 sur 71 · II. 3 février , Sentence du Bailliage , qui décrète de · texte numérisé non relu

II. 3 février , Sentence du Bailliage , qui décrète de

prise de corps les sieurs Hautefagc, Sous -principal dû Collège , et Lefranc, maître de quartier , d'ajournement personnel , le sieur Navier, professeur de seconde , et à* assigner pour être ouï% l'Abbé Leroi , Principal. La même Sentence ordonne au sieur Navier de quitter le Collège dans les 24 heures , au sieur Leroi de cesser provisoirement ses fonctions , et commet pour les exercer T Abbe' Pallaye , professeur de logique. Si ces mesures devaient, par la suite , procurer dans le Collège une instruction plus parfaite, elles curent, pour le moment, de bien funestes effets. De 80 pensionnaires qu'il contenait avant le procès, il n'en resta que 12; le nombre des écoliers externes fut réduit de 5 1 à 3o. Tous les autres furent envoyés parleurs parensdans les collèges de Noyers , d'Avallon et de Paris. V. n. vi.

III. 29 mars. Arrôt du Conseil qui met l'entretien et les constructions des Palais de Justice à la charge des villes qui les possèdent. Jusque-là tous les pays du ressort y contribuaient.

IV. Le 24 avril , le Lieutenant criminel, M. de Fortbois , continua d'informer dans l'affaire du Collège. L'Abbé Leroi fut confronté avec des écoliers et plusieurs des nouveaux professeurs. U se détermina dès-lors , ainsi que ses co accusés , à appeler de toute la procédure au Parlement , dans l'espoir d'y être mieux apprécié. Cet espoir fut bien trompé. V. n. vi.

V. 24 mai. Une horrible grêle anéantit, en quelques minutes, les espérances de toute espèce de récoltes dans le territoire d'Auxerre et dans presque tout le Comté. Le 28 , le Maire en fit constater les ravages par des experts qui , dans leur rapport , déclarèrent

m qu'il n'y avait plus dans les vignes, ni fruits ni bois » de Tannée, qu'il n'y avait plus à en espérer ni pour » cette année, ni pour la suivante , et très-peu pour la » troisième ; que les eaux avaient fait des ravines conn sidérables , et qu'il y avait une grande partie des » blés de perdue. V. 1 7 74- » n* lv*

A cet événement effrayant pour l'avenir , s'en joignit un actuel. Le blé était fort cber , et la balle en recevait beaucoup moins que la consommation n'en réclamait. Déjà le peuple tenait le langage que lui dicte toujours la misère ; il murmurait , menaçait , criait à l'accaparement. Les craintes furent telles que les Officiers municipaux demandèrent une garnison au Ministre. Us ne s'en occupèrent pas moins de se procurer des blés. Heureusement le Maire de Joigny passa par Auxerre. M. Leblanc, Procureur duRoi de la ville , apprit delui que , parles soins de M. Berthier, Intendant de Paris , Joigny avait plus que sa provision ; que cet Intendant allait aussi traverser la ville le môme jour; qu'on pouvait lui en demander cinquante sacs , et que, s'il y consentait, ils arriveraient pour le marché suivant. Deux. Echevins et deux Conseillers de ville furent chargés de le voir , de lui présenter les vins d'honneur et de lui demander son autorisation. H la leur donna très-gracieusement, ajoutant que , quoique étranger à la ville , il la recommanderait à M. le Contrôleur-général , ainsi qu'à M. de S.-Priest, et qu'il ne doutait pas qu'elle ne reçût tous les secours nécessaires. En effet, MM. Leblanc et Aroauld allérent à Joigny, obtinrent les cinquante sacs; de nombreux envois furent ensuite faits directement à la ville par les ordres des Ministres, auprès desquels M. TE-

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vêquc flt des démarches très-acttvcs. Du 19 juin au 10 juillet, il arriva 2,543 bichets de grains. Le régiment Dauphin, cavalerie , vint en garnison, et Tannée se passa beaucoup plus tranquillement qu'on ne l'avait espère'. V. n. x.

VI. 10 Juin, Arrêt du Parlement , qui , non-seulement maintient les dispositions de la sentence du 3 février , à l'égard des sieurs Hautcfagc et Lefranc , mais décrète de prise de corps les sieurs Leroi , Navier et Gérard. Heureusement un des Juges d* Auxcrrc , chagrin de cette excessive mesure , en fit prévenir secrètement l'Abbé Leroi, qui seul, se confiant en la justice des hommes , c'tait resté à Auxerre. Tous les autres, plus prudens, avaient changé d'horizon.

Ce même arrêt ayant renvoyé au Bailliage le procès pour y être suivi jusqu'à sentence définitive , on entendit encore des témoins; et, le 25 juin, des décrets de prise de corps furent lancés contre deux des cinq professeurs que le bureau du Collège avait renvoyés dès le mois d'août précédent. De leur côté , les amis des accuses , jugeant par ces préliminaires de ce que pourrait être le jugement définitif, voulurent servir, autant qu'ils le pourraient , des hommes qu'ils n'avaient pas cessé d'estimer , et 104 pères de famille attestèrent, dans un acte notarié, la pureté des principes religieux et politiques puisés par leurs enfans dans l'enseignement qu'ils avaient reçu de ces maîtres , poursuivis comme ennemis de la Religion et du Roi. V. n. ix.

VII. Dans le même mois , M. l'Abbé de la Luzerne et M. le comte Jaucour, dus généraux, accompagnes

dix- Huitième siècle. .îfii de M. Roussclot, Commissaire général pour les chemins de la Bourgogne, vinrent à Auxcrrc examiner les rues où passait la route , et prendre un parti sur le maintien ou le changement de celle direction. Ils jugèrent que , dans la ville , elle était dangereuse et difficile; que sur les hords de la rivière elle serait dispendieuse , surtout à cause de la montagne depuis la rivière jusqu'à la porte de Paris (1); ils crurent aussi qu'elle gênerait les travaux du port. En conséquence ils décidèrent qu'elle passerait à l'ouest de la ville, le long des promenades , depuis la porte de Paris jusqu'au pont. V. n. xiv.

VIII. Le 1 1 juillet , les habit ans réunis en assemblée générale , autorisée par M. le Duc de la Vrillière , nomment deux nouveaux Echcvins, MM. Lcclcrc, Procureur , et Carouge d'Orgelle , marchand de bois, en remplacement de MM Mérat et Ârnault.

IX. i4 août, sentence définitive du Bailliage dans le procès du Collège qui condamne les sieurs Hautcfage et Lefranc au fouet , à la marque et aux galères à perpétuité, comme convaincus d'avoir tenu aux pension* naires des discours injurieux à la personne du Boi , et de leur avoir enseigné les principes les plus séditieux ; l'Abbé Leroi au bannissement perpétuel et à la confiscation de ses biens , pour avoir eu connaissance de c es discours et les avoir tolérés ; avoir souffert dans la

(t) Nouveau uom donné, à celle é|mt|uc , à h jouir ju»t|u'aloD jppi-lre S.-Siincoii cl par corruption S -Simon.

5f)2 CIIAP1TRK XIV ,

main des jeunes gens des libelles contre le Gouvernement, et avoir laisse les pensionnaires s'entretenir des affaires de l'Eglise et de l'Etat ; le sieur Navicr aux mêmes peines , pour avoir dicte à ses écoliers des thèmes contenant des maximes séditieuses ; avoir expliqué dans sa classe des estampes injurieuses à M. le Cban celicr , et fait lire à ses écoliers , dans sa chambre , les Correspondances; le sieur Gérard à un bannissement de neuf ans , pour avoir nourri dans ses écoliers l'esprit d'insubordination , et leur avoir procure des livres dangereux ; le sieur Uicard à être blâmé clans la Chambre du Conseil , pour avoir coopéré à renseignement de principes pernicieux , en procurant le sieur Hautefage pourrons-principal, et en entretenant avec quelques pensionnaires des relations secrètes tendant à fomenter l'esprit d'insubordination contre toute autorilé ; le sieur Qendrot est soumis à un plus amplement informe pendant six mois.

Cette même sentence condamne les Correspondances , les Supplérnens à la Gazelle de France, et une feuille des Nouvelles ecclésiastiques, à être brûlés par la main du bourreau.

Il est enfin ordonne que la sentence sera transcrite sur un tableau qnt sera attaché à un poteau planté, par a main du bourreau, sur la place publique des Fontaines ; et qu'en outre elle sera imprimée , lue , publiée et affichée dans toutes les villes, bourgs et paroisses du ressort.

Quelques jours après , ces deux dispositions ayant

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été exécutées sur la place publique , la consternation fut profonde et générale.

Pour atténuer , autant qu'il est possible de le faire , le sentiment pénible qu'inspire cette sentence , je crois devoir faire observer qu'ayant été rendue par contum ace, elle était révocable si les accuses se présentaient ; qu'à cette époque les Magistrats , trop servilement attachés à l'axiome des criminalistcs :Juga Jugicnlem condemnat , se croyaient, en quelque sorte, obliges de supposer fondée l'accusation portée contre celui qui fuyait les regards de la justice. Or les faits contenus dans les deux dénonciations contenaient , à leurs yeux, le crime de lèse-Majesté divine et humaine ; tout porte donc à croire qtie, si les accusés étaient venus se défendre, les explications qu'ils auraient données etlcnrs confrontations avec les témoins auraient amené un résultat différent. V. 1775, n. tu

X. 1 5 août, un Orage épouvantable éclate sur Auxerre , au moment #ù une grande partie de la population et tous lès Corps de la ville étaient dans l'Eglise S.- Etienne, renouvelant le vœu de Louis XIII. Le tonnerre, avec un terrible fracas , pénétra dans l'église au moment où la procession y rentrait. Des pierres tombèrent entre l'Officiant et le Chantre ; la vivacité de l'éclair , le bruit de la foudre, la chûte des pierres , la cessation du chant, toutes ces circonstances simultanées glacèrent d'effroi la foule ; qui , croyant que la vôûte dè l'église croulait; se précipita vers les portes dans un désordre extrême. Cependant le premier mouvement de terreur passé , on s'aperçut que la foudre avait seulement détaché quelques pierres dés croisées1 et de la tour ; que ,

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dans la presse qui s'était faite aux portes , il n'était arrive aucun accident grave; de l'excès de la peur, on passa à celui de la reconnaissance envers Dieu , et les Chanoines , au lieu de continuer le chant des litanies, entonnèrent le Te Deum. Le lendemain , une innombrable quantité de cannes , de parapluies , de livres et de chapeaux laisses dans l'église , furent renvoyés par le Chapitre à l'Hôtel de ville. Les Conseillers du Bailliage qui se trouvèrent dans la foule, y furent insultés. On leur reprochait leur jugement de la veille contre les professeurs ; on attribuait l'apparition du tonnerre dans l'église à l'irritation du ciel.

XI. Le 17 septembre, on fit le compte des blés achetés du Gouvernement par la ville , et revendus à la halle par les soins des Echevins , qui s'étaient adjoints six Bourgeois et six Artisans, pour éloigner d'eux toute suspicion. Il avait été reçu 10,179 bichets , dont le prix, avec les frais , s'était élevé à 66,838 livres 9 sous 9 deniers ; ce qui mettait le bichet à 6 liv. 1 1 à 1 2 sous. La vente avait produit 69,016 liv. 18 s. 6 den., ou 6 livres i5à 16 sous par bichet; il restait un bénéfice de 2,178 liv. 8 sous 9 deniers. Des gratifications furent données aux commissaires de police et aux garde-magasins. Le surplus, montant à 1,778 liv. 8 s. 9 den.. fut réservé , pour êlrc employé , l'hiver suivant , en travaux de charité.

XII. 5 décembre , les portes de la ville tombant en ruine , on arrêta de demander au prince de Condé la permission de les démolir , et de les remplacer par des pilastres, comme l'avaient déjà fait plusieurs villes, lia permission fut accordée, mais on ne l'exécuta que,

deux ans après , et seulement pour celles s'ouvrant sur la rivière ; les autres n'ont e'té démolies que depuis la révolution. On conserva celle du Temple , qui subsiste encore. Quant aux pilastres , on n'y pensa plus. Ceux de la porte S. -Si mon , aujourd'hui de Paris , n'ont cte construits qu'en 1 8 1 1 .

XIII. Depuis iy3ot la transaction passée par les Officiers municipaux avec les Administrateurs de l'hôpital des cent Filles avait été exécutée sans réclamation ; et à la faveur de l'acquisition ainsi faite par la ville du droit de minage , les Bourgeois étaient affranchis de l'obligation de vendre leurs grains à la halle et d'y payer le droit ; mais dans le cours de cette année, les Administrateurs en exercice de cet hôpital , firent sans doute les mêmes réflexions que ceux de 1730 sur la perte que le renchérissement des grains faisait éprouver à leur établissement. Ils menacèrent de se pourvoir en nullité de la transaction et de reprendre leur minage en nature. Les Officiers municipaux s'étant consultés , furent contraints de reconnaître qu'il n'était pas possible de résister à la légitimité de la réclamation, lis entrèrent en négociation avec les Administrateurs', mais ils n'en purent obtenir qu'un bail pour neuf années , dont le projet fut soumis aux Notables , dans leur séance du 23 de ce mois. V. l'année suivante, n. vu.

XIV. Le 28 , décret des Elus généraux qui annuité l'adjudication des travaux de la route projetée sur le bord de la rivière, et ordonne l'ouverture de cette route au côté opposé» le long des promenades. V. 1 774» n. ix.

CH. A l'ITHE WV ,

I. \3 février , assemblée des habiiaos. On y reconnaît que les dépenses indispensables de l'administration de la ville s'élèvent à 16,970 livres 7 sous, et que les recettes ne consistent qu'en 8,743 liv. 7 s. ; il est arrête, à une grande majorité, maigre les efforts des privilégies, qu'on sollicitera du Conseil l'autorisation de lever sur tous les habitans , sans aucune exception , même à l'égard du Cierge et de la Noblesse, une taille de 9,000 liv. par chaque année , et que, pour acquitter l'arrière, ainsi que pour d'urgentes réparations à faire au pavé , on demandera la permission d'emprunter 3o,ooo liv. à rente viagère. V. 1777, n. ti.

II. Le ^5 février, MM. Ricard et Gcndrot , qui avaient appelé de la sentence du 14 août , et fait imprimer un mémoire justificatif , accompagné de consultations, obtinrent un arrêt qui les déchargea de toutes condamnations. Mais le même arrêt rejeta leur demande en prise à partie , et ordonna la lacération de leur mémoire, ainsi que de leurs consultations, comme calomnieuses envers TEvèqne et les Officiers du Bailliage. V. 1775 , n. 11.

1U. Au mois de mars, établissement d'un jeu de grande-paulme. Ce jeu a eu , pendant long-temps, de nombreux amateurs à Auxerre. Anciennement ils s'y exerçaient sur la place de la Faneric ; plus tard , les Chevaliers de l'arquebuse qui , la plopart , étaient du nombre de ces amateurs , les admirent dans leur jardin ; mais plusieurs accidens arrivés dans ces deuxeu-

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droits par des balles dont des spectateurs avaient é»é frappes , déterminèrent les joueurs à demander aux Officiers municipaux la permission d'approprier à leur usage une partie du fosse entre la porte cF Eglcny et celle du Temple. Cette permission leur ayant cté accordée , le fossé fut creusé , élargi et nivelé ; une gale rie pour le public fut coupée sur la douve du fossé , du côté de la promenade ; un toit en planches fut élevé à une des extrémités pour le premier jet des balles ; à l'autre , et sous les arches du pont , un café composé de deux salons fut disposé. Jusqu'à la révolution, dont le caractère morose ne sympathisa guère avec les jeux, celui de la paulme occupa beaucoup les amateurs môme des villes voisines ; et les spectateurs , placés tant sur la galerie que sur la promenade , conséquemment sur la ligne supérieure aux cours des balles , y assistaient sans danger.

ÏV. Le 1 1 avril, les Officiers municipaux furent informés, en même temps, et de la bienveillance du Roi , qui réduisait à six septièmes la taille de 1* année » pour indemniser le Comté des ravages du 24 mai précédent , et du danger imminent dans lequel une maladie l'avait fait subitement tomber. Touchés de reconnaissance , ils firent célébrer à S.-Eticnne une messe pour le rétablissement de sa santé. Louis XV, qui n'avait que 64 ans , et jouissait d'une constitution fort robuste, fut enlevé un mois après, par la petite vérole, laissant le trône à son petit-fils, âgé de vingt ans.

V. 1" mai , passage du Diic et de la Duchesse de Cumberland , voyageant sous le nom dé Duc et Duchesse de Dublin. Malgré leur incognito , les Officiers

municipaux, prévenus par M. le Duc de la Vrillière, leur rendirent les mêmes honneurs qu'à des Princes français.

V]. i o , lettre de Louis XVI annonçant aux habitans la mort de Louis XV. Pendant tout le reste du mois, par suite d'un mandement de M. l'Evcque , des services funèbres furent célèbres successivement dans toutes les églises de la ville. Peu de jours après, le premier Edit du jeune Roi , fut public et affiche. Il avait pour objet son joyeux avènement , titre habituellement effrayant , parce qu'il annonçait un impôt de plus ; mais , cette fois , il était l'annonce d'un bienfait. Le Roi , pour préambule , déclarait , dans les termes les plus persuasifs , son dévoûmentau bonheur du peuple , son désir , en réduisant les dépenses de l'Etat , d'alléger les charges publiques ; et pour en donner un gage , il faisait remise du droit de joyeux avènement. Aucun règne n'avait commence' sous de plus heureux auspices !...

VII. 19, le projet de bail du minage des grains, avec les modifications exigées par les Notables dans leur délibération du 23 décembre , est adopté par les Administrateurs de l'hôpital des cent Filles , et le bail est passé devant M. Boulard , Notaire à Paris. 11 est fait au profit des Officiers municipaux pour neuf ans, moyennant 4>5oo livres par an. Le 1 1 juillet suivant , les Officiers municipaux le cédèrent aux sieurs Salle et Durand, à la charge d'acquitter la ville envers l'hospice , en laissant les Bourgeois libres dans la vente de leurs grains ; c'était le seul bénéfice qu'on désirait.

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