CHAPITRE VI
Dernières traces du Boyaume d'Orléans.
{de 593 à 628)
Cependant Childebert II, à peine âgé de 17 ans en Tannée 587, avait déjà deux fils : Théodebert et Théoderic ; les leudes, que le système de prédominance des princes de la maison royale commençait à alarmer, pensèrent à se défaire de Childebert, afin de résister, avec plus d'avantage, à Brunehaut : ils voulurent partager TAustrasie entre les deux enfants de celui-ci, en les plaçant sous la tutelle de deux d*entre eux, revêtus de la qualité de wzaî'res dupalaiSy déjà établie pour soutenir le principe d'égalité des possesseurs de bénéfices avec les chefs de la truste, principe prêt à succomber, surtout dans les contrées soumises à la domination de Sigebert, de Brunehaut et de Childebert.
Cette institution datait de Tannée 578, et les grands d'Austrasie avaient profité de la minorité de Childebert pour le placer sous leur surveillance.
L'existence de Contran était un obstacle à Taccomplissement de ce projet ; on résolut de le tuer, comme on aurait fait de Childebert.
Ce complot manqua sur la personne de Contran, dans l'église de Saint-Marcel, de Chàlons (1), à l'occasion duquel il montra, assure-t-on et ainsi que nous l'avons dit, une grande clémence et un très grand respect pour le droit d'asile accordé aux églises.
(1) Et non d'Orléans comme Ta imprimé M. Lottin dans let 4nnale$ Orliatuxises,
Ghilpérte échappa aussi à cette conspiration , et réunit^ après la mort de Contran, son oncle, les possessions de eeliii-ci aux siennes.
Avec les idées de ces temps, ce vaste domaine ne pouvait, gans danger, rester dans une seule main ; il fallait rapprocher les leudes de la personne du prince, afin de les maintenir dans le devoir de fidélité et de service personnel, et pour éviter les actes de révolte, de trahison et d'usurpation qui pétaient à redouter sous rautorité contestée d'un seul prince.
Ce fut pour obvier à ces graves dangers que Childebert II, quoique ses Dis fussent encore bien jeunes, divisa ses possessions enlre eux et lui.
Des Tannée 589, il donna à son fils Théodebert, qu*il avait eu d'une concubine, le royaume de Sobsons ; quant à Théoderic, il attendit la mort de Gontran pour le faire reconnaître roi de Bourgogne et, par conséquent, d'Orléans.
Brunehaut, son aïeule, conduisit le jeune prince, non pas À Orléans, mais à Ghâlons, pour lui faire représenter la race royale.
Cependant il faut considérer Childebert II, et cela jusqu'à sa mort, comme ayant été le seul véritable possesseur de ce qu'il avait avant la mort de Gontran ei de tout ce qu'il recueillit de Théritage de celui-ci.
Les choses restèrent donc dans cet état jusqu*à Tannée 59S, époque à laquelle mourut Childebert, empoisonné, dit-on, par sa femme, la reine Faileube.
Ce nouveau crime et cet événement firent entrer le territoire d'Orléans dans une phase nouvelle ; les deux fils de Childebert se partagèrent les États qu'avait eus leur père ; tout fils d'une concubine qu'il était, Théodebert eut le royaume d'Austrasie et la Germanie; Théoderio eut la Bourgogne^ le royaume d Orléans et l'Alsace détachée de TAustrasie, et on assure qu'il fit d'Orléans sa capitale.
On peut donc, facilement, signaler les périodes successives et distinctes dans les destinées de cette ville comme capitale d'an royaume: sous Clodomir, en vertu du partage de 811, elle peut donner son nom à un royaume ; en 554, Clolaire I*',
réunissant tous les héritages de ses frères, fait disparaître le royaume d'Orléans.
Le partage de 562 le reconstitue, mais affaibli et plus traditionnel que réel, par la possession de la Burgundie et l'étendue des possessions de Contran qui l'absorbent.
A la mort de Charibert (567), dont la part, pour un tier^, s'ajoute aux possessions de Gontran, ce titre est plus effacé que jamais par l'immensité de leurs limites.
En 593, quand Gontran meurt, le royaume d'Orléans va se perdre dans celui d'Austrasie, sans partage avec Clotaire II, roi de Neustrie, pour revivre en 595, sous l'autorité .de Théoderic.
C'est à ce moment qu'il importe de le considérer.
La première perte que fit le royaume d'Orléans, parle résultat de la bataille de Droissy (1) (Truccia, 593-94), fut celle du tiers de la ville de Paris ; la prise de possession de cette ville par Childebert II devint définitive après la bataille de Lafaux (Latofao), livrée au cours de Tannée 595.
Mais l'Austrasic éprouva une diminution plus sensible que la Bourgogne : dès avant la mort de Childebert, les Bretons avaient chassé les Francs de Nantes et de Rennes (594) ; on voit combien était considérable cette diminution si on ajoute à ce territoire le tiers de Paris, partagé, l'année précédente, entre Clotaire ci Childebert, mais perdu pour celui-ci, par le résultat de la bataille de Droissy.
Ainsi le royaume d'Austrasie avait éprouvé une perte bien plus considérable que le royaume de Burgundie qui s'était accru de l'Alsace.
La mort de Frédégonde (597-98) ne changea ni la situation géographique, ni la situation politique de la Gaule, mais elle donna une nouvelle énergie au parti romain que Brunehaut persistait à soutenir et, aussi, en retour, au parti germanique que Frédégonde et Clotaire II et ses leudes voulaient faire prévaloir, d'accord, en cela avec les propres leudes de Brunehaut et de Sigebert ; lutte singulière entre les Francs saliens
(I) Mezerai appelle ce lieu : Trueci
et les Francs ripuaires, les premiers reculant dans la carrière que leur chef, Chilpérif*, avait ouverte enroulant s'emparer de Paris, pour constituer sans doute une monarchie; les seconds détruisant Tœuvre à laquelle leurs chefs, en se succédant, avaient consacré tous leurs efforts.
Les délimitations restèrent les mômes jusqu'à la bataille de Doromeilles (Doromellum 600). Cette victoire diminua, momentanément, le royaume de Neustric, il fut démembré, et le royaume d'Austrasie recouvra Soissons qu'il avait perdue dans les guerres précédentes, les villes de Mcaux et de Senlis et une partie du territoire borné par la Seine et l'Oise, jusqu'à la mer.
Le royaume de Neustrie aurait pu être détruit et l'unité de la monarchie réalisée dès ce moment dans la maison de Sigebert, sous les auspices de la tutelle de Brunehaut ; et le parti rîpuaire aurait absorbé le parti salien ; un accord qui eut lieu entre les Austrasiens et les Burgundes et le roi Clotaire, que Ton peut considérer comme la marque du respect qu'ils gardaient pour la loi salique, de l'influence des tenanciers exercée sur leurs propres chefs, et, aussi, comme le présage de la fin tragique de Brunehaut, rendit quelques-unes de ses possessions à Clotaire.
Ainsi, à cette époque, le royaume d'Orléans était, plus encore qu'il ne l'avait été, effacé dans l'étendue des possessions de Théoderic.
Il est inutile de suivre, ici, dans toutes ses péripéties, le drame de la fin de Brunehaut, il suffit à l'histoire d'Orléans de la rapprocher de quelques-unes d'entre elles.
La division qui éclata entre Théodebert, roi d'Austrasie, et Théoderic, roi de Burgundie, engagea Clotaire à faire un nouvel effort pour reconquérir les territoires qu'il avait perdus.
Deux maires du palais se trouvèrent, alors, en présence : Berthoald occupait ce poste à la cour du roi d'Austrasie ; Landerik (Landri) était maire du palais de Neustrie ;. la vieille reine avait, dit-on, encore un amant dans la personne de Protadius (Protade), patrice, ce titre qui caractérise ici l'esprit de la politique de Sigebert et de Brunehaut, ayant survécu aux
institutionfl romaines dans la Burgundie et dans le royaume d'Aostrasie.
Brunehaut votilait substituer Protade à Berthoald.
Ce désir compromit la victoire remportée sur Glotaire ; pour perdre Berthoald, elle l'envoya, sous une faible escorte, percevoir les revenus du fisc dans les nouvelles possessions du^roi de Burgundie.
Glotaire, profitant de la faiblesse des troupes de Berthoald, le fit attaquer par Landerik et le força de se retirer sur Orléans.
Landerik le poursuivit jusque sous les murs de cette ville, et Berthoald, du haut de ces murs, lui proposa, tout en consentant à lui livrer bataille, un véritable duel, qui aurait lien au moyen de vêtements éclatants qui, les faisant distinguer dans la mêlée, leur permettraient de s'attaquer et de combattre corps à corps.
Il ne parait pas que Landerik ait accepté cette proposition. La bataille eut lieu sous les murs de la ville ou sur le territoire de sa banlieue ; Berthoald contraignit Landerik à se replier sur Etampes, les Neustriens y furent défaits ; Merowîg, encore enfant, fils de Glotaire, y fut pris et mis à mort ; à cette bataille, Berthoald fut tué.
Mais Théodebert s'étant réuni à Glotaira, et Brunehaut ayant mis le comble au mécontentement de ses leudes en éle • vaut Protade à la fonction de maire du palais, les leudes Tabandonnèrent.
Ici s'ouvrent les dernières scènes qui amenèrent le supplice de Brunehaut, dans lesquelles la ville et le territoire d'Orléans ne sont même plus rappelés.
Gette réunion de Théodebert et de Glotaire ne fut pas de longue durée ; Théodebert et Théoderic se rapprochèrent ; mais, en l'année 610, la querelle s'étant ranimée entre eux et Théoderic ayant été vaincli, il céda aux Austrasiens le Saudgaw, le Thurgaw et la Ghampagne troyenne.
Ges sacrifices ne sufQrent pas, la guerre recommença. Théodebert, toujours vaincu, finît par tomber entre les mains de Brunehaut, qui, d'abord, le flt tondre et enfermer dans un doitre et bientôt le fit mourir.
Mais, à CCS combats, allait ea «uccéder un autre entre Théoderic et Clotaire, alors seuls représentants de la race méro- YÎngienne, lorsque le second apprit la mort inopinée du premier (613).
Théoderic laissait, il est vrai, quatre enfants, dont l'aîné, Sigebert, n'avait que onze ans; il n'y avait plus qu'un parti à prendre» et Clotaire le prit. Il sut réunir autour de lui les leudes neustriens, les leudes austraaiens et burgundiens, pour lesquels était Pépin de Landen. Brunehaut^ abandonnée, s'enfuit en Germanie ; deux des enfants de Théoderic furent mis à mort« le troisième prit la fuite, le quatriôme fut rasé; Brunehaut elle-même, livrée à Clotaire, subit un supplice dont les horribles détails sont dans toutes les mémoires.
C'est ainsi que Chlotaire régna seul et qu'il recueillît toutes tes parties de la Gaule et que finit, non sans y être autorisé par le mode de possession qu'avaient adopté ses nouveaux posseaseurs, ce qu'on est convenu d'appeler le royaume d'Orléans, et que s'effacèrent lès derniers vestiges de l'administration romaine.
Déjà le clergé gallo-romain, par sa séparation forcée avec Rome, avait abandonné son principe tutclaire, sa grande et magnifique pensée de reconslitucr lempire parle christianisme en s*em parant de l'esprit des chefs de la conquête ; déjà il en étoit réduit à plier sous le joug du conquérant, à s'organiser, péniblement, par des synodes partiels, auxquels manquait la condition nécessaire de Tenscmble dans les vues et de la direction unitaire qu'il aurait eue si Finspiration toute-puissante du chef de FÉglise avait pu arriver jusqu'à lui.
Et, d*ailleurs, un autre élément de dégradation s'introduisait dans son personnel ; les Germains convertis commençaient à s'y introduire, et particulièrement dans l'épiscopat.
Mais, cependant, les évéques continuaient à être, dans une certaine acception, les défenseurs des cités.
Les comtes n'administraient que les saliens et ceux des Callo-Romains qui avaient adopté le droit salique.
Ainsi les chefs francs et leurs leudes continuaient à se séparer des Gaulois et les laissaient se régir suivant leurs lois ; ici
le droit romain conservant toute son intégrité, là le droit romain, mais mélangé du droit salicn, auxquels allait bientôt se substituer le droit coutuniier. *
Pour reposer s;i pensée des fatijïuos que lui cause le spectacle de CCS temps désastreux, on aurait aime à se reporter à la situation du christianisme dans les murs et sur le territoire de la ville d'Orléans.
Mais on vient de le voir, cette situation se ressent de celle du reste de la Gaule et du travail transitoire, laborieux et pénible de rétablissement définitif des Francs, et qui réagit sur le sort de la religion.
La chronologie des évéques est, à celte àpoque, aussi incertaine que dans les premiers temps de Texpansion de la loi évangélique.
La trace des prélats d'Orléans ne se trouve pas dans les acte» du gouvernement de leur diocèse ; pour les rencontrer, il faut consulter l^s synodes auxquels ils ont pris part, . c'est-fi-dire se jeter dans une recherche dunt les éléments sont fort douteux^
Entre Félix, qui occupait le siège épiscopal au moment de la mort de Clotaire P% et qui, dit-on, mourut en Tannée 570, on place deux prélats, TroclaUis et Baudatiis ; Tréclat est censé avoir succédé immédiatement à Félix, mais on ne connaît celui-ci que parce qu'il aurait souscrit, au concile convoqué à Lyon, par Contran.
On n'a pas même cette ressource pour ses deux successeurs.
On place après eux, et sans plus de juslilicalion, un autre évoque nommé Rigomerus, qui aurait occupé le siège épiscopal, de l'année oTfî à l'année l)S2 ; et enfin Namantius, dont l'épiscopat est plus accusé que celui de ses prédécesseurs, par la haute mission qu'il aurait reçue de Contran d'aller pacifier la Bretagne, et qui, sur[)ri.^ par la mort dans la ville d'Angers, aurait été inhumé dans l'église de Sainl-Aignan, environ Tannée 588 ou 590, et qui aurait assisté au concile convoqué aussi par Contran dans la ville de Màcon.
Cette chronologie est tellement peu certaine, que les auteurs ecclésiastiques admettent et rejettent, sans plus de fondement, quelques-uns de ces prélats ; ainsi le Gallia c/uHsliana et . ua.
Ifimporain, M. VicLoi* Pelletier^ chaDoine de l*r^li»e d'Orléans, se refusoiit à comprendre Félix au nombre do »eg év^qtleSî et a'attrLbueuL la présence dans eelte liste de Ci*l évèque quUiu çaj^rice de l'auteur dos Annales ecclesiw aureiiaticnsis.
Cependant cet écrivain adopte ce prélat d'après AJ^noiD, moine de Fleury-sur-Loire, qui le cite comme ayant pris part à certains actes assez célèbres, entre autres à la Charte de donation faite par le roi Cliaribert au monastère de Saint-Yincents de Paris (depuis Saint-Gormain-des-Prés) : « Cu?n aliis episcopis subscripsit anno quinlo domîni Chariberti régis, qui erai annm Doinini circUer 569 ; » il est vrai que La Saussaie tui*mème, tout en rapportant cette Charte d'après Aj-moin, ne dissimule pas que son authenticité, comme celles de tant d'autres, est douteuse : t Quœ suspicanlur ta/nen aUqul non esse autheniica. *
(iCS doutes conduisent à reconnaître qu'il est dinicile «i.idmettre aucun des prélats comme ayant occupé le siège épi-^cùpuU depuis la mort de Clovis jusqu'à répiscopatde Marc, c'està-dire depuis ramiée Si 1 jusqu'à l'année 541, et depuis l'année 563, époque h laquelle mourut Marc» jusqu'à rannée 583, h, laquelle Namaatius assiste au second concile de Màcon,
Et encore la plus grande incertitude règne-t-elle sur les actes de Marc ; les BoUandiî^tcs plaçant la mort de saint Liphard, fondateur du monastère de Mcung, dont la légende a été rappe* lée plus haut, aux obsèques duquel l'évéque d'Orléans du nom de Marc aurait présidé, en Tannée 565; tandis que Mabillon en;«4.*igne que ces funérailles furent célébrées par ce prélat en l'aunée 530,
Ofi on représente Marc comme ayant occupé le siège épiscopal d'Orléans de 543 à 548 ou 549; on ne peut comprendre Ift date adoptée par les Bollandistes.
Enlin on place dans cette liste un évéque, du nom de Léon^ Uus, qui vient encore augmenter toutes ces eonfUsiona.
Kamantius étant mort, on lui donna pour successeur Aua- Iremus ou Austrixnus, sans qu'il soit possible de Hxer la date de son élévation à Tépiseopat ; il faut qu'elle ait eu Heu avant
rannée 690, puisqu'on prétend qu'il assista aux obsèques d'Agilus, ce comte d'Orléans dont il a été si amplement parlé à propos de saint Mesmin, et qu'il ait continué d'occuper le siège épiscopal jusqu'à l'année S93, puisqu'on assure qu'il assista aux funérailles de Contran, et même jusqu'à l'année 619 si, avec La Saussaie, on adopte la version de l'appendice de VHistoire de Grégoire de Tours.
Il est vrai qu'on représente Austreme comme ayant été un évêque remarquable par son mérite et sa piété ; mais, en cela, on obéit plus à la tradition qu'à des preuves tirées de ses propres actes, dont on ne connaît aucun.
Ce prélat se recommande par l'illustration de sa naissance. Son père, nommé Pastor, devint évêque, après avoir perdu sa femme ou après l'avoir répudiée ; Symphorien Cuyon semble tenté d'en faire un évêque d*Orléans, mais il n'insiste pas. De son mariage sont nés Austremus et Anachaire ou Amnaire, ce dernier évêque d'Orléans, et une fille, nommée Austregilde ou Agia (la sainte), qui épousa un seigneur du sang royal nommé Betton ; de ce mariage est né Lupus, honoré sous le nom de saint Loup.
Ce dernier membre de cette pieuse famille, seul, se rattache à l'histoire d'Orléans : ce fut dans un château de la banlieue de la ville, remplacé par une abbaye, qu'il est né.
Au moment de sa naissance, Dieu révéla à sa mère, honorée sous le nom de sainte Agia, que son fils ferait un jour un très digne prélat ; elle voulut, à cause de cette révélation , le nour^ rir de son lait ; elle le fît élever avec piété ; il devint, sous les auspices de saint Aunaire, évêque d'Auxerre, et d'Austrimus, évêque d'Orléans, ses deux oncles, membre du clergé, et évoque de Sens (1).
(1) On place cette élection en l'année 620, mais il faut qu'elle ait eu lieu plut tôt, car il est certain que l'archevêque de Sent fut exilé par Clotaire pour avoir suivi le parti de Brunehaut ; et comme celle-ci est morte en l'année 613, il est difficile d*attribuer à cette cause l'exil qu'il a subi; il faut donc qu'il ait été archevêque avant l'année 620. Rien, d'après ce qui a élé dit sur le désordre qui règne dans la chronologie des ôvêques, n'empêche de le supposer.
II fut, dit Symphorien Guyon, persécuté par jla justice, et, sans qu*oa dise pourquoi, envoyé en exil au pays de Norman- 4ie ; mais il finit par confondre ses calomniateurs; il eut le don des miracles (1) , circonstance tellement fréquente en ces temps, qu*il semble n^étre pas nécessaire d*y insister.
Mais le royaume d'Orléans n'existait plus , et, cependant, l'unité de la monarchie était loin d'être réalisée ; et lorsque Glotaire II mourut (628), la lutte des grands tenanciers contre les princes de la race royale durait encore, aussi animée, aussi ardente qu'au temps de Chilpéric, de Sigebert, de Childebert et de Contran.
C'est en nous séparant des délimitations fixées par les différents partages que se sont faits les enfants de Clovis, que nous devons considérer la ville d'Orléans, n'ayant plus désormais de suprématie politique sur toutes les autres villes de l'ancienne Gaule romaine.