‹ Histoire de la ville d'OrleansChapitre 14 sur 59 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Détails historiques et descriptifs de l'extérieuTi des environs et de l'intérieur de la ville.

L'histoire locale impose Tobligation d'entrer dans des détails qui ne peuvent être mêlés au récit des événements principaux, seuls éléments de Thistoire générale.

Il nous a semble nécessaire de leur consacrer un chapitre particulier, à chacune des phases que nous avons à parcourir.

Ce sera autant de petits tableaux qui permettront de se rendre un compte exact de la situation de la cité et des transformations qu'elle a subies, à mesure qu'elle s'avancera dans l'espace des siècles.

Nous commencerons, en profitant de ce retour sur les temps passés, depuis la conquête des Romains, par l'appréciation d'un fait appartenant à l'hisLoire générale, mais intéressant surtout la ville d'Orléans.

Odoacre. — Childéric.

Mézeray s'exprime ainsi : « Odoacre, roi des Saxons, s'était jeté dans les Gaules et avait pris Orléans; Childéric s'en alla au-devant, lui livra heureusement bataille et reprit la ville ; cela fait, il le poursuivit en Anjou et, après une seconde défaite, il tua le comte Paul, Romain, lieutenant de l'Empire en ces contrées, entre les bras duquel son ennemi s'était sauvé ; d'où il s'ensuivit qu'il ajouta cette province aux autres de son royaume. »

Cette version s'oppose à ce qu'on puisse admettre la proposition qu'exprime ici Mézeray et que, sous son autoritéj a reproduite un très remarquable mémoire publié en Tannée

1847, par la Retme Orléanaiscj sons ce titre : OrUan$ Galla- Bomain^ où on lit : < Le comte Paul ayant été battu, Ghildéric s'empara d'Orléans, détruisit les Torts élevés dans les iles de la Loire, et au mois de décembre 478 (d'autres disent 476)» Orléans cessa d'être une ville romaine et une seconde fois eut à subir le joug de l'étranger > (1).

Qu'il nous soit permis, sans nier ce fait d'armes, parfaitement en rapport avec la situation de l'Europe occidentale, de faire remarquer qu'on donne à ces courses de peuples, encore sous l'empire de mœurs nomades, une portée bien exagérée.

La preuve que le combat d'Orléans n'a pu faire passer la ville sous le joug des Germains ressort du récit lui-même, qui démontre ce que l'histoire enseigne clairement, qu'à cette, époque, les Romains quoique près d'être dépossédés de la province gauloise y étaient encore en armes; et qui enseigne qu'aussitôt après ces entreprises passagères sur la Gaule» Ghildéric et Odoacre, qui venaient de s'y combattre, 8*en étaient éloignés et s'étaient réunis pour faire, en commua, la conquête des rivages du Rhin, et que Ghildéric n'y revint jamais.

EnQn l'histoire de ces temps nous apprend que Glovis s'avançant, après la mort de Ghildéric, son père, dans Tinté'rieur de la Gaule, dut prendre les villes de Noyon, de Reims, et de Soissons, cette dernière dans laquelle Egidius, lieutenant de l'Empire, s'était maintenu, où il trouva Syagrius, fils de ce dernier, qu'il fut obligé de combattre, qu'il vainquit et fit mourir.

G'est seulement alors que les Gaulois, désespérant de recevoir le moindre secours de l'armée romaine dont les garnisons se dispersaient, et, sous la direction de l'épiscopat, prirent le parti de se livrer aux Francs.

(1) LcMAiRE, au chapitre du Sièg/e mis par Odoacre devant la ville d^ Orléans, et comment elle fut prise par Childérie. — Symphorieik GuTON, à VEpiscopat de Gratianus ; il est yrai que Lemairb diètingue, ce que ne fait Quton, entre Odoacre le Saxon et Odoacre le vainqueur de l'Italie.

Ce mémoire est du volume !<', p. 147, de ce reoaeil; il est signé : G. FbaiIc.

Ce fut donc sans combat, au moins dans la Gaule centrale, et de Tannée 476 à Tannée 497, où cette dispersion des tleroières garnisons romaines, stationnant sur les bords de la Loire» a terminé la chute de TEinpire pour la Gaule, que celleci, de Gaule romaine qu'elle. était, devint la Gaule franque, et encore fallut-il un long temps pour que la qualification de Romain, en partant des Gaulois, disparût du langage des deux peuples*

AVENUM.

On Ht dans Lemaîre : < Du eosté de Toccident, près la porte Bunoise, estoit anciennement un gros bourg, clos et fermé de murailles, proche ladite ville, appelé Aveniim^ lequel s'étendait depuis les fossés jusques et au delà l'église Saint-Paul et église de Notre-Dame-des-MiracIes, qu'il enfermoit et est à croire que lorsque ladite ville feual rebâtie par César, et assiégée par Attila en 451 , ledit bourg n'estoit clos, d'autant que ladite église Saint-Paul n'estoit que chapelle au temps du roi Dagobert. >

Le nom d*Avenum, dit M. Vergnaud^Romagnési, auquel on a donné des étymologies forcées, signiûait tout simplement le lieu aux avoines et vient à!avena^ de même qu'on disait : Saint-Laurent des Orgerils en désignant la petite collégiale située sur le même territoire.

n ajoute : « Ce renseignement a son importance : le terrain sur lequel s'éleva ce bourg à'Avemim était bas et marécageux, dans le voisinage de la rivière, si nous en jugeons par une digue qui le garantissait des inondations de la Loire, d'où est venu le Dom de la barre Flamberi; c*était, à ce qu'il paraît, une digue ou vanne destinée à retenir le petit ruisseau appelé : rivière flamberL i

11 rappelle à ce sujet Texpression, encore en usage dans quelques provinces : d'avenoma, et d^avetiieSt pour désigner un endroit frais, propre aux avoines.

Il est essentiel de faire remarquer que M. Vergnaud dit ces

boises à roccâsion de l'origine de la rue d'Avignon, qui ^conduisait dans cette partie de la banlieue, aujourd'hui

comprise daos son enceinte, la première de celles composant l'ensemble de la ville alors qu'il était d'usage et de nécessité d'enfermer les villes et d'en défendre l'entrée par de fbries murailles.

Et ici, sans cependant y attacher la moindre importance, nous dirons que le nom d'Avienon donné à cette rue, et qui est celui d'une ville célèbre, semble avoir été donné à la me de la banlieue d'Orléans, avec Tintention de la mettre en rapport avec le mot Avenum, comme désignant un terrain consacré, à cause de sa nature, à la culture de l'avoine, le mot : Joenio on Ave.iniaj semblant avoir été. d'après Malte-Brun, donné à la ville d'Avignon, parce qu'elle était l'entrepôt des menus grains de la contrée où elle est située.

Pour M. de Buzonikiore. après avoir donné au mot Avenum la même origine, en ajoutant que ce mot s'est transformé en celui d'Avignon, il reconnaît que son origine est très problématique.

Nous serons plus explicite: si nos devanciers dans l'étude des antiquités d'Orléans eussent été moins oublieux du langage du droit romain et de l'histoire de ses institutions, ils n'auraient pas abaissé, pour le faire aboutir à une déflnition d'un ordre si inférieur, le niveau de leurs recherches.

Les textes nombreux empruntés aux jurisconsultes, aux commentateurs, aux glossateurs et même à la poésie, nous donnent le sens primordial du mot urbs qu'ils dérivent du mot orbis tous les deux exprimant la forme circulaire.

Les villes sont Jêsigiiéos parce mot parce que, anciennement elles étaient construites sur un sillon creusé par le soc de la charrue, formant un cercle parfait : c l'rbs ab orbe diciêur qtiod antiquœ civittUes r? orbem fiebant. »

Urbarey dit un ancien lexique latin, se rend par le mot : tracer en forme de cercle.

On doit faire roman]uor que les villes de ces temps reculés appartenaient i\ la communauté des habitants, tous et chacun propriétaires Je leurs maisons, d'où il suit que le nombre de ces maisons était calculé sur le nombre exact de ceux pour lesquels elles étaient construites, qu elles étaient toutes faites

lur le même modèle et que les membres d'ane famille les babîtaJent pôle-môle car elles étaient étroites.

Ces formes et ces proportions ne peuvent être autres que celles indiquées; le périmètre des villes avait nécessairement peu d'étendue ; elles étaient des lieux de refuge plus que des habitations, afin que, dans ces temps d'alertes incessantes, tous les membres de rassociation renfermés dans son enceinte pussent, en même temps, concourir à la défense commune et former un faisceau qui donnât la garantie de la présence de tous et assurât une résistance d'ensemble sur tous les points où Tattaque pouvait être dirigée.

Si nous pénétrons à Tintérieur, nous sommes assuré de n'y trouver que des rues tortueuses et étroites, et qu'il ne devait pas s y rencontrer de places spacieuses et vides.

Cet état s*est modifié avec le temps, mais il n*a pas subi une entière transformation; la chilisation moderne, rinslitiition d*une police protectrice , inleUigente et active, ne sont même pas encore parvenues à le faire entièrement disparaître.

La ville romaine ^ il est vrai , était carrée ; mais nous Favons décrite entourée de ses hautes murailles , ses rues formaient une espèce de labyrinthe , son abord était défendu par de rastes fossés servant de canaux à des torrents qu'alimentaient les marécages de la vaste foret qui couvrait toute Tétendue de la Beauce et s'arrêtait à ses remparts ; et même, à Tépoque k plus récente, ses habitations étaient de petites forteresses qui, en assurant la défense individuelle^ suppléaient à Tabsence de toute protection de la part des pouvoirs publics ; et ses voies de communications avec le dehors, réduites à deux ou trois llargcs issues fortifiées et à quelques étroits guichets fermés à ["la chute du jour, la maintenaient dans un absolu et complet élément.

Ce tableau fait comprendre comment, dans une telle disposition des villes, et particulièrement de celle d'Orléans, l'hospiUilité et les professions manuelles réduites, il est vrai, aux plus minces proportions, ne pouvaient y être exercées, et, à kplus forte raison, doit-on comprendre dans cette proposition tout ce qui était relatif au commerce.

Geae fut même que par exception et eu égard à leariltuation topographique et à leur antique et permanente desti* nation de dépôt commercial , que certaines villes permirent la construction d'habitations suburbaines.

Cette nécessité se fit sentir plus que partout ailleurs à Gêna* bum, lorsque cette ville, devenue la ville d'Orléans, revêtit la forme de ville romaine.

Ce fut alors, plus qu'auparavant, qu'il fallut ajouter à la ville elle-môme un lieu propre à l'emmagasinage des marchandises: le blé, le seigle, le fer, le sel, venant débarquer à son rivage, et pourvoir à l'habitation des ouvriers de la marine fluviale et des commerçants qui, tous alors, étaient des voyageurs.

Et on comprend, d'ailleurs, que cette population de bateliers, charpentiers, cordiers, débardeurs, portefaix, durent adopter ce lieu qui leur présentait, par son niveau avec le fleuve, par son voisinage du pont et par la protection que lui offrait le fort qui le défendait, tous les avantages qu'elle devait rechercher et la sécurité qui lui était nécessaire.

Ce lieu était appelé, par les Romains, Avenum^ mot qui devait être Advenuniy mais dont le d est tombe dans le langage familier, comme il est arrivé à un très grand jiombre de mots et, particulièrement, à ceux au radical acf , ainsi que l'étude la plus fugitive du langage nous l'apprend et que nous le^ dit Du Gange : Advena pro Avena, nous indiquant par le premier de ces deux mots la provenance du second. (1)

Ce qui vient d'être dit est justifié et singulièrement développé par l'enseignement de Vicat dans son Vocabularium juris utriusqtiCj au mot advena, et par celui de Cujas au liv. XVI, De verborum signiflcalione.

Le premier s'exprime ainsi : c On appelait advenx les étrangers qui habitent un autre lieu que celui qu'habitent les indi-

(1) Du Gange : Avenirepour advenive.

Aveniva : res aveniœ^ les biens advenirs, les biens avenierSy Advertui^ tnercatorum adventus^ navium : arrivage au port des marchands et des marehandises.

fiUiNTB Palats : Arrivagium : lieu d'arrivage, d'abordage.

> (Advenm dtcuntur qui quum non sint indigenm^ mo- Irantur iamen in loco ubi non sunt indigenm.)

Ici se montre la justifîcatioD de la proposîtioû produite pltia hautt que les villes étaieuL construites en considératioa du nontibre de leurs habitants auxquels elles appartenaient.

On ne voyait aucun groupe d'habitations auprès et sous les murailles des villes, perdues dans les terres presque toutes incultes, auxquelles on ne parvenait que par des chemins à peine tracés dans les forêts; mais, auprès de celles situées sur les grands fleuves, il dut, de toute nécessité, arriver qu*on tolérât des établissements semblables & celui connu à Orléans sous le nom à'Àmnum.

Le texte de Cujas doit être ajouté à celui de Vicat qui, à la véritéi n*est qu'un savant sommariste, il nous dit : c La loi, si guis ad munie ipiuni , fait connaître celui qui doit être considéré comme advena^ afin que Ion comprenne bien la différence qui existe entre Vadmna^i V incola (déclarât quissit advenant intell igatur differeniia inler incolam et advenant.) *

LHncola est celui qui est établi dans la ville avec ce qu'il possède; Vadvena est celui qui n*y demeure qu'en passant: « Incola est qui ea civitale sedes posuit et rerum suarum suniniam^ advenu est qui moratur ad tempus. %

Ici le grand jurisconsulte entre dans de longs détails sur le mode de tracer, aux temps les plus anciens, à Faide de la charrue, le périmètre des villes et le lien d'origine qui unit les mots urbs et orbis^ nous en avons dit assez sur ce point; mois il va plus loin : il établit une distinction entre le sens du mot urbs et le mot oppidum confondus par Freund.

11 dit, d'après Varron : l'oppidum est ainsi appelé du mot ope dans lacception de secours, par cette raison que ces constructions étaient protégées par des fortilîcations : c Oppidum, ait Yarro^ appellariab ope quodopismuniaturmanibus 9 (1).

(1) On peut ajouter : parce que ces villea étaient, daiiB 1 origine, et sont restées longtemps encore le lieu ou, en cas d'alarmes, on se refagiait, nn venait se préserverdes dangers de risolement : de là ces hoste cloîtra, ou petits hôtels accordés doua les villoi, tnàme su moyen âge, aux iûfltitutiunâ reUgieuiea répandaoâ dans la solitude des ç&mpAgn^.

C'^t ea vertu de cet ancien usage qui a laissé une penisS tante tradition et, plus encore, en vertu de la force des choses, que les octogénaires ont vu longtemps après que les belles façades se sont alignées, sur le quai de Cypierre, dans toute la longueur du territoire occupé par le bourg d'Àvenum et jusqu'au jour où elles ont été remplies par de luxueuses habitations, les corporations des bateliers, des portefaix , des camionneurs et des ouvriers chargés d*opérer, pour les convois remontant le fleuve, ce qu'on appelait le comble du pont, c'est-à-dire le passage, après les mâts abaissés, des bateaux sous l'arche marine, car toutes n'étaient pas d'égale proportion, habiter les petites maisons que leurs prédécesseurs y avaient habitées.

Ce lieu était bien le seul où le débarquement et le dépôt des marchandises pouvaient alors avoir lieu.

Le torrent du Flambert tombait des hautes terres dans la Loire en suivant la pente correspondant au fossé qui forme aujourd*hui la rue de Recouvrance.

La rive de ce petit golfe était défendue et éclairée par une tour qui n'a pas été décrite mais qui, manifestement, suivant l'usage observé sous radministration romaine, et dans tous les ports des mers soumises à TEmpire, était munie d'un phare, et qui, avec les fortifications de la porte de la ville préposée à la défense du pont, était elle-même une défense de ce lieu d'arrivée, de départ, de séjour des ouvriers de la navigation et de dépôt des marchandises, qu'il fallait protéger et conserver.

Nous reportant à cette époque, en même temps que l'hospitalité impossible dans l'intérieur des villes, nous voyons la viabilité par terre offrir à la partie voyageuse des populations les plus redoutables difficultés.

Les voies que les Romains, ou l'art du constructeur imitant

l'art des Romains, venues, après un long temps , excellentes

comme routes stratégiques pour la marche des armées, n'en

étaient pas moins privées de toute police ; elles traversaient

. des forêts et des marécages où n'aboutissaient que des sentiers

-tortueux.

Cet état de choses s*aggrava singulièrement après la conquête des Francs ; il explique la construction^ à la chute du Flambert dans la Loire» de la barre dont il vient d'être parlé qui, en protégeant les bas quartiers à^A^enxim des inondations du fleuve, aidait à former à cet endroit un petit golfe très propre à l'arrivée et au départ» et une chapelle dédiée à la sainte Vierge, sous le vocable de Notre-Dame de Recou\Tance.

Là non seulement arrivaient les marchandiseSi mais aussi s'embarquaient ceux qui voulaient entreprendre un voyage alors toujours long et entouré de périls.

A cette époque, la piété des fidèles leur inspira de placer les voyageurs sous la protection de la Vierge pour la recouvrance de ceux qui partaient.

L'Église catholique, il est vrai, a consacré le mot de recouvratice à Tépisode de la jeunesse de N.-S. Jésus-Christ, que Joseph et Marie , après trois jours de recherches dans la ville de Jérusalem, retrouvèrent enseignant les docteurs.

Mais, malgré le caractère respectable et rancienneté de cette interprétation donnée à ce mot, on s'est cru autorisé à lui en attribuer une autre.

On a dit, et nous ne pouvons nous associer à celte interprétation, que le mot de c recouvranco i a été donné h cette chapelle en mémoire de la déli%Tance de la ville par Jeanne d*Arc ; mais il semble qu'il n'y a que ce qui a été perdu qui puisse être recouvré»

Cette interprétation ne serait acceptable que si , après avoir été prise par l'armée anglaise , la ville eût été reprise par l*armée française.

La justification du sens que nous donnons au vocable de cette chapelle, devenue au xvi* siècle église paroissiale, se rencontre dans celui de chapelles placées particulièrement sur le rivage de la mer de Bretagne, toujours turbulente et féconde en naufrages, sous ce nom de Notre-Dame de Recouvrance ou de Bon-Secours.

Il en est quelques autres sur les plages de la Méditerranée ; à Cannes^ on compte trois chapelles appelées Notre-Dame-du- Départ, Notro-Dame-de-rEspérance, NoIre-Dame-du-Retonr.

Nous pensons avoir donné le sens véritable, digne de Thistoire, du mot Avenum et l'avoir mis en par£aite concordanca avec le langage de ces temps, la situation topographique de la ville, avec son enceinte fortifiée, sa distribution intérieure ; avec le système administratif, s'il est permis de s'exprimer ainsi en se reportant à l'état social de ces temps, et avec cet état social lui-même, et enfin avec sa propre situation; il n'y a plus qu'un mot à ajouter :

L'erreur dans laquelle sont tombés les écrivains qui ont adopté le mot Avena^ Avenunij comme exprimant un champ propre à la culture de l'avoine, toute répréhensible qu'elle fût, de la part d'érudits appartenant à une ville oii le droit romain était enseigné avec éclat, n'était pas absolument étrangère au sentiment de la recherche.

La rue qui conduisait le plus directement de la porte Danoise à ce bourg d' Avenum reçut le nom de la ville d'A* vignon.

On a pu se demander, et on s'est certainement demandé, ce qu'il y avait de commun entre ce mot Avignon et oe champ ou ce bourg auquel on parvenait de la ville par cet étroit sentier; mais, jusqu'ici, cette question n'avait reçu aucune réponse.

Lemaire confond le mot Avignon avec le mot Avenum, dont la rue d'Avignon, dit-il, retient le nom que lui avait donné l'antiquité.

Beauvais de Préaux dit que le mot Avignon est une corruption du mot Avenum.

£t M. de Buzonnière adopte, du nom de cette rue, cette définition : Avenum est un mot transformé en celui à^Avi" * gnon.

Nous voyons nos ancêtres, manifestant leur science jusque dans l'erreur, donner à la rue d'Avignon ce nom correspondant à un double titre avec le mot Avena, qu'ils attribuaient à la production du champ auquel elle conduisait, dont le bourg avait pris la place.

£t, comme le mot latin Avenio donné à la ville d'Avignon ét£4V.QmfQ«P^ A VûHiffiAe qn'ils ^ttrii^u^ian^ au bourç d'Ave*

•*lws —

ntinit ils onl cru y trouver une jusUficatîoa du sens qu'ils donnaJent au moi Avenum (i).

Il est vrai qu'un grand nombre de lexiques donnent au mot AfseniOf par lequel la ville d'Avignon est désignée en latin, le èenft du mot avoine.

Mais les auteurs de ces précieux ouvrages sont loin d*ètrc unanimes pour reconnaître que le mot Âvenia et le mot avoine soient en parfaite concordance.

Le Dictionnaire de Trévoux enseigne que le mot latin exprimait la ville d*une tribu de la Gaule Narbonnaise : Uî'bs Avennicorum ou des cavares (i).

n ajoute : Grégoire de Tours a écrit que hmoi Avenio venait de Vinum,

11 conclut en disant qu'on ignore Torigine et la signification de ce mot.

MiiLTE-BauN donne au mot Avenio une origine celtique, et dit aussi que la ville d'Avignon était Tentrepôt des grains de plusieurs départements voisins.

Enfin, un Dictionnaire encyclopédique récent, celui dit : de Larousse, nom de son directeur, traduit le mot : Avenio^ paf |e mot Avignon : ville de ravoine.

Voilà, dans ces deux dernières citations, un élément assez favorable à Tattribution du sens donné à ce bourg appelé Ave* num^ situé au bas des murailles d'Orléans.

Ce raisonnement a été fortifié par l'interprétation qu'ils onl lonnée au mot Orgerie^ par lequel on qualifiait la petite collégiale de Saint-Laurent au vocable de laquelle on ajoutait : des

jeries.

{\) Cette erreur a dû être entretenue à Orléaïia, et peut-être aîlleura, rpar lii correBpoad&nce du clergé avec la cour de Rome, alors fixée i AvigDOQ*

Le mot latiu emploje pour nommer la ville du souverain poatife, correspondant au mot latin^ exprimant k pnjductiOD de Favome, a contribué à faire admettre ce sens à ce nom du territoire au lïourg â* Avenum et à ce bourg lui-même,

(2) Les YÎlles principales de cette Tribu étaient : CabeUic^ Ca^ vaiUcft^ Avenioy Avignon, OrantiOj Orange; Acmiorum Cohnia^ Montelimar \ 4r^lQte^ Arles*

C'est ce qtt*ont accepté quelques-uns de nos historiens orléa-. nais ; M. de Buzonnière n'hésite pas à accepter le sens donné à ce mot qu*il écrit, cependant, en le soulignant : des Orgeriis^ tandis qu'on l'écrit partout ailleurs des Orgeribf ainsi nommé, dit-il, des beaux champs d'orges cultivés dans les environs.

M. Yergnaud s exprime ainsi : c De même qu'on disait Saint- Laurent-des-Orgerils ou du Champ-des-Orges^ de même du lieu des avoines on a dit Àvena. >

Gomme on le voit, il devait en être ainsi; puisque le territoire du voisinage de la Loire donnait de belles avoines, ce tei^ ritoire, dans sa partie supérieure, devait donner de belles orgeq.

Mais le Glossaire de Du Gange, qui a contribué à une interprétation diiTérente du mot Avena en nous disant : c Advena pro Avenaj > est plus explicite encore lorsqu'il s'agit du mot Orgerie,

Il définit ainsi Or^ma: € Forumubi frumeniavenduntur^* c'était la place du marché au blé; il ajoute, à cette définition, cette note : (1466), charte qui octroya à la ville de Montpellier : de pouvoir faire et tenir un lieu propice pour vendre et dis* tribuer le blé (1).

Cette définition du sens et de l'application du mot Orgerie donne une sanction nouvelle au sens du mot Advena ou Adve^ num et à Tapplication que nous en avons faite ; car le marché au blé, qui ne pouvait se tenir dans Tintérieur de la ville dont les places du marché au pain, du marché au vin, du marché à la viande étaient hors ses murailles, à cette époque où la Beauce n'était qu'une immense forêt et le froment peu en usage, où la fabrication du pain se composait d'orge, d'avoine, de blé noir et peut-être encore de farine de glands, ce marché au blé, cette orgerie, était voisin de l'arrivage et du débarquement du blé, alors que cette denrée est devenue d'un usage plus général.

Dans ces temps, et dans la bourgeoisie. Jusqu'au xvu^ siècle,

(1| Oa doit rappeler ici le petit bourg existant entre le territoire du département du Loiret et du département d'Eure-et-Loir, appelé Orgères, territoire très fertile en blé et où se trouvait dans les temps undens un marché au blé et non à l'orge.

o& divisait la consommatioD du pain en deux saisons ; en hiver, . on n'usait que de la farine de seigle mêlée à la farîne d*orge, ou même de blé noir, et aussi d'avoine, c'était là le blatum hiemale; le pain de fnrine de froment et de seigle, ces grains moulus dans des moulins au mécanisme le plus rudimentairef élait le blé d'été, blatum estivale; il y avait une autre division : les poissons et légumes étaient appelés viande de carême ( cibus quadragesimalis).

Nous croyons devoir ajouter ici l'observation suivante : la ville de Bloîs, inaccessible du côté du fleuve, avait son Avenum sur la rive gauche; ce lieu s'appeïle encore Vienne, corruption du mot Ameno; il était le lieu de débarquement, Varrivagium^ Vax^efium de cette ville dont rescarpemeot, avant la construc* liOtt de ses beaux quais, dus aux empiétements sur le lit de la Loire, était un obstacle à tout abordage des bateaux et à tout dépôt de marchandises; les habitants de BloiSi aujourd'hui môme, traversant le pont de la rive droite à la rive gauche pour se rendre au bourg de cette ville, disent qu'ils vont en Vienne,

Nous ne pouvons clore cette étude spéciale, déterminant, suivant nous, le sens du mot Amnum et la véritable destination de ce bourg, sans parler de Tenceinte de murailles qu'il a reçue bien avant sa réunion défmitive à la ville, dont il a été la première accrue.

Si nous voulons fixer l'époque à laquelle le bourg d*Avenum a été enfermé dans des murailles assez puissantes pour la sécurité de ses habitants, nous noua trouvons en présence de la plus grande incertitude.

Tous nos annalistes sont d'accord sur ce points tous, même les plus modernes^ ne peuvent justifier la proposilion de lexis* te ace de cette enceinte qu'en rapportant un fait miraculeux, qui serait le seul document sur lequel cette proposition repose.

Ils disent que le bourg d'Avenum fut attaqué par une hv^ mée t que les habitants, plus confiants dans le secours de la mère de Dieu que dans leurs propres forces : « Magis in Dei genetricis atixitio quam in viribus propriis, » emportent Fi*

dittge de la ÎBidûte Vl6rge de réglise où elle était étpoB&e^ là placent sur la porte du bourg, et qu'un de ses habitants, caché derrière cette image, lançait des flèches sur les ennemis dont il atteignait, mortellement, un grand nombre : c Magnam sinh gem de hostibm faciebat^ > ce que Tun de ceux-ci voyant, après avoir adressé à l'habitant d'Avenum des menaces et des injures et porté à la Vierge le déO de le protéger contre la flèche qu'il se préparait à lui envoyer, la lui envoie, en effet; mais qu'aussitôt la Vierge représentée par la statue, chose admirable à dire {mirabile dictu)^ étendit son genou {gen% erexit) et reçut le trait qui allait, sans ce mouvement, atteindre le brave combattant d'Avenum.

Ce miracle, en causant la joie la plus vive et la plus religieuse reconnaissance à ceux qui se défendaient, jette la frayeur dans l'armée des assaillants; ils demandent la paix, rendent hommage à la sainte Vierge, lui font de riches offrandes, promettent de ne plus jamais nuire aux habitants d*Orléans et se retirent.

La statue est aussitôt remise dans l'église, où elle est restée portant encore dans le genou, la flèche qu'elle y avait reçue : c Jaculum adhuc gerens in poplite ereclo. >

On l'a vue ainsi, jusqu'à l'année 1562, où elle fut comprise dans le nombre des images que les protestants brûlèrent, à cette époque, sur la place du marché de la Porte-Renard.

Cette statue, on le voit, était en bois, et quoique sa hauteur et son volume ne soient pas indiqués, il est probable qu'elle était, au moins, de grandeur naturelle, puisqu'un homme pouvait trouver abri derrière elle.

Ce fait, emprunté à Vincent de Beauvais, qui écrivait au XIII* siècle, dans son ouvrage intitulé : Spéculum hisioriale^ le miroir historique, est naïvement adopté dans toutes ses parties par les historiens Orléanais ; et aujourd'hui même, une dame d'une haute naissance et d'un plus haut mérite encore, le fait figurer au milieu de ses savantes et très intéressantes recherches, intitulées: Les Antiquités de Saint-Paul d'Orléans^ avec toute l'apparence d'une foi absolue.

Mais, dans aucune des œuvres dont il vient d'être parlé, on

ne rencontre rien qui nous apprenne quels étaient ces ennemis, l'époque à laquelle ils se sont présentés sous les murs du bourg dUoentim; et, dans aucune, il n'est question de la part que les habitants de la ville auraient prise à ce combat, où les habitants du bourg semblent avoir été abandonnés à leurs seules ressources et à leur courage.

Il semble, cependant, qu'on ne peut voir dans ces assaillants qu'un détachement de l'armée des Normands, occupée au siège de Paris, détachement qui disparaît, sans qu'on en entende plus parler, parce que, sans doute, après avoir échoué devant Avenum, il est allé se réunir au corps principal qu'il avait un instant quitté et qui avait fort à faire devant la ville de Paris.

On peut donc faire remonter l'enceinte du faubourg de la -ville d'Orléans à quelques années antérieures à l'attaque dont il a été l'objet, c'eslrà-dire au règne de Louis III et de Carloman (de 879 à 884).

Enfin, nous voyons qn* Avenum est qualifié de municipe. Nous lisons, dans nos annalistes Lemaire et Beauvais de Préau, cette qualification adoptée d'après un passage de l'ouvrage ci-dessus cité de Vincent de Beauvais, où il est dit : près d'Orléans il existe un munie ipe connu sous le nom d'Avenum : « Est quoddam municipium Aurelianensi proximum^ qtLod Avenum nuncupatur. »

Lemaire ajoute à ces mots : c Vincent de Beauvais l'appelle (cette villette) municipium, comme dépendante et jouissante des droits et des privilèges de ladite ville d'Orléans. »

On avait besoin de cette observation pour s'expliquer cette qualification appliquée à ce bourg.

Il faut ajouter qu'elle n'est qu'une exagération de la scolastique qui appropriait toutes les institutions ecclésiastiques et séculières des noms empruntés au droit romain, manie dont Montaigne prend la liberté de se moquer : c C'est une piperie, dit-il au chapitre : Ménager sa volonté, d'appeler les offices de nostre Estât par les titres superbes des Romains, encores qu'ilâ n'aient aulcune ressemblance de charge et encores moins d'authorité et de puissance. »

Jamais la ville d'Orléans, et c'est un Itonnev f>o«r cHe, ii*n été placée au nombre des villes municipales sous Tadmii»tration romaine ; et, par conséquent, ce titre de munieipium ne pouvait rejaillir sur un bourg de son plus prochain territoire, quand même il dût être placé sous l'culministratioD, alors très rudimentaire et purement coutumiëre, qui régissait celle-ci.

Nous quittons, ici, ce qui intéresse ce sujet encore méconnOi nous réservant de compléter les éclaircissements dont il a besoin et qui lui appartiennent lorsqu'il s'agira de décrire sa véritable situation au regard des murailles de la ville et des différentes voies de communication directes entre celle-ci et sa propre enceinte.

AaftNES. — Ëtuves.

Il est question, dans les recherches de nos plus modernes historiens Orléanais d'un théâtre romain, désigné soua le nom d'Arènes.

Déjà, nous en avons fait mention d'après la désignation donnée dans une charte de Charles le Chauve, ou au moins attribuée à ce prince, qui, en même temps, qualiOe le champ Tetradius de champ Hagon, et nous avons fait remarquer que de même que le mot Tetradius ne peut être ici un nom d'homme, de môme le mot Hagon ne peut que correspondre à la destination qu'aurait eue, sous la domination romaine, ce champ où aurait existé le théâtre, spécialement affecté au combat des animaux les plus féroces et les malheureux esclaves, et qui a dû, très convenablement, prendre le nom de : Théâtre de l'Agonie : Agonici çircemes.

Il est à remarquer que cette immense place, si elle n'a pas été occupée par un vaste théâtre, comme les Romains savaient les construire, a été certainement un vaste cimetière, et que ce nom rendu aussi par le mot Arena, lui conviendrait aussi bien à ce titre.

Examinons cette dénomination de : Champ des Arènes.

On lit dans Yergnaud Romagnesi : c Avant la seconde cIÔ-

-àtoô-

tare que Louis XI Ht faire à la ville, le [terraia qui était au delà de cette clôture s'appelait le clos ou le champ des Arènes^ ainsi que le constate le legs fait au chapitre de Saint-Aignan par une dame pieuse ; en 890, elle donna aux chanoines des vignes au clos des Arènes.

M. Vergnaud renvoie, à ce sujet, à un rapport fait par un architecte, M. Pagot, et à un autre fait par Y agent-voyer de la ville, M. Thuillier, et enfin à un troisième, fait par M. Lacave, ingénieur en chef du département du Loiret, en Tannée 1821, lors des fouilles opérées pour former l'avenue descendant.de la porte Bourgogne actuelle, au quai du Roi, aujourd'hui quai Jousselin, nom de Tingénieur qui a eu l'heureuse idée de transformer ce lieu désert, inabordable et impraticable en ce magnifique quai.

H. de Buzonniëre nous dit : c Orléans possédait des arènes admirables situées au bord de la Loire, sur l'amphithéâtre d'un coteau ; elles furent découvertes en 1821; il rappelle les circonstances qui viennentd'étre rapportées, et il ajoute : c elles se manifestèrent de la manière la plies évidente; » il reproduit les termes du rapport.

II déplore l'emploi qu'on a fait de ces matériaux historiques, dont on s'est servi pour composer le glacis du quai, le reste, enfoui sous le sol et bouleversé depuis par le terrassement du chemin de fer; il semble cependant vouloir raffermir ou compléter sa conviction sur l'existence de ce théâtre en mention- . nant la découverte qu'on y a faite de plusieurs médailles de Néron et d'Adrien.

Un érudit plus récent, dans un mémoire intitulé : Orléans gallo-romain (1), croit trouver une preuve décisive de l'existence de ce théâtre dan* la donation qu'en aurait faite Leodebode, bénédictin, abbé de la collégiale de Saint-Aignan, d'Orléans, par son testament dont il a déjà été parlé, au monastère de Fleury-sur-Loire, il rapporte ce texte : c Areas vero infrà tnuros Aurelianis, quas de Ghonulfo clerico^ data pretio per venditionis titulum visus sum comparasse^ ubi LeobastiAS ac-

(1) Rêvuè ortéafiaisef \'^ vol., par M. Franc.

cola commanere videtuvy intégra volunUite, dare decemo. » . De ma libre volonté, j'ai décidé de donner (au monastère de Fleury ou à ses moines) les arènes qui existent sous les mura d'Orléans, dont je puis disposer comme en ayant payé le prix au clerc Chonulfus qui me Ta vendu, et où demeure Leobastus, à titre de colon.

Ici une grave difQculté se présente dans le testament de Léodebode, on lit areas et non pas arenas.

Indépendamment de cette observation, en poursuivant la lecture de l'acte, on se convainc qu*il ne s'agit que d'un champ livré à la culture auquel est attaché un homme de la glèbe {accola) j appelé Leobastus; on voit aussi la série des bestiaux faisant partie de la donation comme l'homme luimême; 30 bons chevaux, caballos XXX, bonos; 5 cavales et leurs poulins, grèges equinos V, cum einissariis eorum; un troupeau de 20 bœufs, boum grèges XX ; un troupeau de 8 vaches,] vaccarum Y; de menu bétail, 10 tètes, armenio^ rum X.

Un désaccord règne à ce sujet entre nos annalistes.

La Saussaie, Lemaire, Symphorien Guyon gardent le silence sur les arènes, et cependant le premier rapporte textuellement le testament de Léodebode, et tous connaissaient la donation, attribuée par la charte de 890 à une dame pieuse, au proGt du chapitre de Saint-Âignan.

Si, d'un autre côté, on consulte Du Gange, on voit que le mot area est synonyme de cœmelerium^ et qu'il en est de môme de arena.

Le premier de ces deux mots reçoit, entre autres applications, celle-ci : c Les citoyens furent renfermés dans le cimetière des Martyrs, » {cims in area Marlyrum fuerunt inclusi)\ le second reçoit cette définition : c Arcnarium, les chrétiens appelaient cimetières ou cryptes des arènes, non seulement celles qui servaient à inhumer les corps des morts, ainsi que ce nom l'indique, mais aussi celles qui servaient, de refuge aux chrétiens, au temps de la persécution. » {Appellabantur christiani cœmeterium seu cryptas arenarias, quorum usus non modo inserviebat humandis defunctorum corporibuSy ex quo nO'

men est inductumy sed et tempore persecutionis ad latebras chrisiianorum.)

Or ce champ était le îoca sanctorum, et il se pourrait qu*uoe certaine confusion se fût iûtrodiiite entre les mots area^ arena et le mot cccmeterium et hqgon^ tous se référant h la mort, à l'agonie, à la sépulture des morts (i).

Loin de nous la pensée qu1l n*y ait pas eu, sous les murs d'Orléans, d'arènes construites par les Romains , notre seule intention est d'éclairer, autant que possible, les obscurités que les textes eux-mêmes jettent sur Fexistence de ce théâtre.

Nous ferons remarquer la réunion dans le cercle peu étendu du territoire qui, depuis, a conslitué la province de TOrléanaîs, de ces cirques ou arènes avec des proportions qui permettaient radraission d'un nombre considérable de spectateurs, genre de spectacle exigeant une quantité d'animaux dont Ténergique férocité ne peut se concilier avec la nature du climat de la Gautc centrale.

On s'autorise encore d^une charte de Févêque Agîus de Tannée 854^ dans laquelle il permet aux Bénédictins de la collégiale de Saint-Aignandc construire la chapelle de Notre-Damedu-Chemin dans le champ s'élendant de Téglise Saint-Aignan, en remontant vers le levant, et d'attacher à cette fondation des biens au nombre desquels se trouvaient 4 arpents de vignes situés au clos des Arènes, vinea clau^i quoddicUur Arena.

Cette charte , soigneusement collatianoée par M. Henri Bordier» membre titulaire de la Société des Antiquaires de France, reproduite en un magnifique fac simiîe par les soins de M. Boucher de Molandon (vol. XI** des Mémoires de la Société archéologique de VOrîéanais)^ consultée, ne contient rien de semblable, on y lit seulement : t De vinea arpentos IHI, » et ce silence est d'autant plus remarquable que le prélat désigne les Heux où sont situées les autres pièces de terre qu'il donne à la collégiale de Saint-Aignan.

Il faut croire que les mots cités comme énonçant le lieu des arènes où aurait été plantée cette vigne appartiennent à une

(l| Loi mots Aifici, Â^i9ç.

copie inexacte de celle-ci, dans laquelle le copilU. poiu^ p|E:6r ciser davantage le fait de la donation, et dans la pensée^ où. U 4tait que des arènes avaient existé en cet endroit y avait glissé cette interpolation ; mais, on le répète, la charte ne contieDA rien qui soit relatif à ces arènes.

La découverte qu*on en fit remonte, nous Tavons dit, à Tannée 1831, à l'occasion des fouilles opérées au moment où on nivelait le terrain devenu la belle avenue conduisant de la Porte-Bourgogne à la Loire et terminant de ce côté renceinte des boulevards de la Ville.

Ces fouilles et les résultats qu*on y attache ont laissé un témoignage assez considérable dans les annales de la Société d'agriculture, belles-lettres, sciences et arts d'Orléans, pour qu'on doive les consulter, lorsqu'il s'agit de ce point historique.

On trouve à la page 276 du IV® volume des publications de cette Société un mémoire de M. Pagot, alors architecte du département du Loiret et de la municipalité d'Orléans, intitulé : Notice sur les restes de constructions romaines découvertes à Orléans en 1821, et qui ont appartenu à un théâtre.

Cette notice, datée du 17 mai 1822, que l'on peut accuser d'être trop brève, est accompagnée d'un plan géométral fait avec soin qui, à première vue, donne une grande idée de ce que devait être ce théâtre.

M. Pagot constate que les travaux qu'il décrit ont mis à découvert de très anciens murs composés alternativement de trois rangs de moellons réguliers et de trois rangs de grosses briques de 40 centimètres d'épaisseur, le tout bien maçonné en très bon mortier d'une teinte un peu carminée.

Le plan que M. Pagot a fait dresser de ces constructions, à mesure qu'elles apparaissaient, lui firent reconnaître, par leur disposition, qu'elles aboutissaient à un point central d'où il jugea, tout de suite, qu'elles servaient de fondement à. un théâtre romain d'une grande dimension, et que ce théâtre devait très peu différer de celui que Vitruve avait décrit, et auquel le plan de Perrault s'adapte très bien^

En donnant la mesure de ces restes, dans leurs dispositions.

il établit que rorchestre avait 38 mètres de diamètre on H7 des anciens pieds, le proscenium 61 mètres ou 190 pieds» le postscénium 100 mètres et le pourtour 217 mètres de développement ou 080 pieds*

Malgré Tcxtrôme compétence de M< PagoE, la Société a cru devoir conÛer le contrôle de ces appréciations à un autre de ses membres, M, Lacave, ingénieur en chef du département du Loiret, qui se fit assister de M. Pagot.

Le 8 novembre de l'année 1823» M. Lacave présentait son rapport accompagné du nouveau plan qu'il avait dressé.

Il constate qu'à quelque différence près, entre le plan de II. Pagot et le sien, il n est pas permis de douter, aujourd'hui, que les restes des murailles n'aient appartenu à un édifice circulaire.

Et comme Tauteur du rapport est très [consciencieux, il désigne à Tattention, comme Tavait fait M. Pagot, les seuls restes de cette construction par une teinte gros noir, de sorte que ces restes de maçonnerie, sont éparsdans Tenceinte tracée et ne se relient, entre eux^ que par des lignes qui représentent le théâtre circulaire, par voie de conséquence, en partant d'un point apparent pour aboutir à un point qui ne Test pas, mais Indiqué par la science du mathématicien; aussi l'ingénieur met-il en note : le simple trait a pour objet le raccordement des seules parties retrouvées.

L'ingénieur se réunit, mais d*une manière moins affirmative, & rarchitecle en disant que quelques médailles à Tefllgie de Néron et d*Antonin, et les briques énormes rencontrées dans lûB ruines, ainsi que la dureté de plusieurs mortiers (0 avait Qpostaté que quelques parties de ces maçonneries, par la faible opnsistance de leur mortier lui avaient paru plus récentes), permettent de les regarder comme des restes de constructions romaines, apparlenant à un édifice circulaire.

Tels sont les renseignements fournis par la tradition et par la science sur rexislcnce de ce qu'on appelle des arènes^, renseignements sur lesquels il semble difficile d asseoir une conviction entière qui permette d'attribuer, à la ville d'Orléans, rétabliiâiÊmenisûu& sM murs d'ua théâtre de rimportance de

celle que la tradition lui assigne, et que la science semble hésiter à reconnaître.

La ville d'Orléans ayant un cirque devait avoir des bains.

Yergnaud-Romagnési, au mot : maison desétuveSj s'exprime ainsi : c Nos ancêtres avaient emprunté aux Romains l'usage fréquent des bains ; il est peu de villes anciennes où on ne trouve la trace d'établissements thermaux. »

La nie du Plat-d'Étain, cachée dans le quartier du Yienx- Blarché et derrière Téglise de Saint-Donatien, comprend une maison qui a été longtemps désignée sous la dénomination de : maison des étuves; Tauteur en conclut que l'usage de se plonger dans l'eau chaude soit pour rafraîchir le sang, soit pour rendre au corps le soin qu'il exige, nous est venu des Romains.

On parle même, en ce moment, d'une fontaine de VÉiuvée (1) aujourd'hui tarie, comme ayant été le rendez-vous des baigneurs; on va jusqu'à dire que, par des canaux savamment dirigés, ses eaux, parcourant une distance de quatre kilomètres, venaient se rendre dans une maison située non plus dans la rue du Plat-d'Étain, mais dans une autre de son voisinage désignée sous le nom de rue du Poirier.

On désigne dans cette dernière rue, ainsi qu'on l'avait désignée dans l'autre, une maison comme ayant été le siège d'un établissement thermal.

Pour la première, l'annaliste, qui, d'ailleurs, ne va pas jusqu'à établir la provenance des eaux de la fontaine de VÉtuvée, qui auraient alimenté les étuves de la maison en possession de ce nom, rapporte un fait remontant au siège de d428, et il dit que Raoul de Gaucourt, gouverneur d'Orléans, excitant les habitants de la ville à une vigoureuse défense, se dénoue le braSj et qu'il fut transporté dans la rue du Plat-d'Étain et dans la maison des étuves pour recevoir les premiers soins que cet état exigeait.

Pour la seconde, il n'existe encore à ce sujet que des rensei-

(1) M. le docteur Gharpignon, dans une communication faite à la Société d'Agriculture, Belles-Lettres, Sciences et Arts d'Orléans.

gnements incomplets et comme ce détail n'a qu'un intérêt très secondaire dans le récit des laits intéressant Thistoire d'une yiUei nous devons nous contenter de le mentionner ici, sans l'adapter ai le repousser absolument.

Il nous sera loisible cependant de présenter quelques observations pour en faire, dès à présenti apprécier le véritable caractère.

On dit que des canaux mettaient en communication la

(AGurce d'où s'échappaient les eaux avec l'établissement

ilfaermal situé alors au centre de la ville, dont l'enceinte Quêtait autre que le quadrilatère romain.

Ces canaux, comme ceux dont on fait usage aujourd'hui, ne pouvaient exister qu'à l'aide de travaux pratiqués dans le sol, soit en brique soit en métal; dans l'un et l'autre cas, il fallait qu'ils descendissent, en franchissant les murailles de la ville, et qu'ainsi les travaux, opérant la mise en communication des eaux avec les bassina de la maison des étuves, fussent pratiqués dans la maçonnerie de ces puissantes murailles^ ou sous

, les passages des portes ou guichets de la ville ; ce premier obstacle était précédé d'un obtacle plus considérable encore. Les murailles étaient cUes-mômes protégées par de larges et profonds fossés remplis des eaux descendant des hautes ferres de la Beauce alors, ainsi qu'on la dit, couverte de forêts et de marécages jusqu'à la Loire,

Tant qu'on n'aura pas déterminé la mise en communication de la fontaine de TÉtu^^ée avec l'intérieur de la ville, il sera permis de douter qu'il y ait eu à Orléans d'autres étuves que celles de la rue du Plat-d'Étain, et un véritable établissement thermal rappelant ceux en usage chez les Romains*

Si 8n peut élever quelque doute sur les institutions de la civilisation romaine dont il vient d'être parlé, on doit rappeler

^les voies romaines qui venaient y aboutir.

Viabilité, — Voies de communications.

A ce sujet, les anciens annalistes sont d'une extrême brièveté; ils ne parlent que des chemins de grande communication dont

— ai6 ^

U comtniclioni la conservation el Teiitretien tppariewieiit à VadminiHtration urbaine ; et ea cela, quoiqu'on puisse IdV ro- ^rochof de n^avok pas abordé ce sujet d*uQ aâ^ez haut intérêt historique, on conçoit quliU aient considéré les voies romaiiieB ooaime appartenant plus à Thisloire générale qu'à rhistoire de leur ville.

Prenant en considération celle observation qu'il faut oertainement leur attribuer, on ne parlera ici que de celles de ces voies qui, en remontant à Tépoque oii nous nous sommes arrôté, étaient 1^ seules quiôxitilassent et missent la ville d'Orléaas en communication avec les principales villes de la Gaule franque; les voies delà cirHîulaiion urbaine, conduisant dans les diverses directions de ses environs, seront mentionnées à mesure que nous pénétrerons plus avant dans l'histoire administrative de la ville.

Dans ces temps, la ville n avait, à vrai dire, aucuns cheniifis qui lui appartinssent; ceux dont elle pouvait se servir étaient les voies romaines que nous indique la carte de Peutinger; Tune et la principale partant (Je Bibracle^ depuis ÂugnstodHnum^ depuis Autun , se dirigeant sur Nenirne , depuis Nomodtmum^ Nevers, passant par BriDodiirum^t Briarre» Belca^ Bonnée, venant aboutir à Genabum et se prolongeant jusqu'à la capitale des Turom^ depuis Cœmrodunum^ Tours, et reliée % Lutëce par une route tracée depuig Orléans, passant par le lieu appelé depuis Saint-Lyé, et se rendant h Paris en traversant le Hurepois, nom que cette route a donné à une rue prise ^r rextréniité, do coté nord-est de son parcours, aujouiy d'hui prolongement de la rue du Bourdun-Blanc, en longeant, dans cette orientation, la muraille du grand séminaire, depuis la rue de l'Évéehé jusqu^â la rue des Bons-Enfants.

On a cherché longtemps et bien loin le sens de ce *mot : Hurepois ; M, Vergnaud et M* Lottin se sont accordés, sinon pour lui donner le même, au moins pour lui en trouver de« plus fantaisistes; les dictionnaires géographiques suffisent à donner satisfactipi). aux. plus difficiles, ils a'expri i ent ainsi: € Hurepois, contrée de viogt-cinq milles géographiques carrés, riche en beatiaux^ citdevaQt Ue-de-FraMei aujour^l^l^ui dépar* iôQient^ d£i Seinâ-^-ûia^ (M^lte*Brua}». i;

Çett^ él^^mologie est si exacte que^sl oa tirait uqq Ugn^ droite de Tancienae rue du Hurepois, d'Orléaoi à Pai^is, o& a^rriverail, après avoir traveraé le Hurepois^ juste à la rue Samt-Attdré-des-Arts qui portait ce nom, ou à uae rue voisine de celle-ci qui le porte encore.

L'autre voie romaine conduisant presque ea li^e droite de Çenabum^ Orléans, à Aulricumf Chartres.

Si nou$ considérons les voies de communications entre la ville et ses environs les plus rapproches, nous voyons qii,e réiai marécageux de ces territoires suburbains, sillonnés de sentiers, u étaient rendus praticables qu à laide d'espèces de claies ou branches d'arbres liées ensemble et jetées sur ces terres aOn de permettre aux piétons de les traverser; cette observation sera pleinement justifiée lorsqu'il sera questioa, de l'inslitution administrative dite des Turcies et Levées.

Mais ce que nous venons de dire ne s'applique qu'à la civilisation romaine très imparfaite et, ainsi que nous avons eu Toocasion de le dire, elles étaient bien plus convenables à la i;narcbe des armées qu'à celle des populations leurs riveraines, quj i;L*avaient d'autre moyen de les parcourir que ceux de 1a marche à pied ou à chevaL

Ei^ tout cas, ces grandes voies étaient désertes, se reliaient mal entre elles et n'avaient de chemins aboutissants que djt^s passages tracés, à peine» dans les forêts, les Oaques d'eau, et les marais.

Cet état de choses était bien pis encore avant les essais 4p l'àdiiuaislration romaine dans la Gaule centrale, dans celle de rOuest et du Nord.

Cependant il fallait, surtout alors que rindépendance de ces tribus a -été menacée par la guerre de César, et dès ava^t alors que les tribus fussent en état d'hostilités entre elles, avoir des moyens de s avertir des dangers communs à celles de ces tribus qui étaient confédérées, ou dan^ la çUjentèle d,e q^uelques autres, ce qui arrivait souvent.

Le territoire Orléanais possède quelques-uns de ces petits ]^p;iujnent3. 4^ V3^( primitif des peuples encore barbares, à

moyens de se transporter, promptement, et sans danger d*an lieu à an autre.

Ces monuments n*étaient et ne sont restés autres que des buttes de terres, monticules faits de mains d'hommes s*élevant dans les campagnes de distance en distance.

II devait en exister bien davantage dans les environs d'Orléans, mais la division de la propriété territoriale, les progrès de Tagriculture en ont fait disparaître le plus grand nombre.

Le peu qui nous en reste se montre dans un excellent état de conservation.

Le premier que nous signalerons est à l'extrême limite sud de la commune de Loury.

Si on calcule les distances à vol d'oiseau on voit que cette butte est assez rapprochée du bourg de Chàteauneuf-sur* Loire, où se trouvait un autre monticule appelé le Moni-atih Prêtre.

En continuant cette observation, si on jette un coup d'œil sur la rive droite de la Loire, on rencontre une butte semblable dans le val qui s*étend presque en face de Ghàteaunenf, à Lion-en-SuUiaSj petit bourg situé entre Sully et Gien.

Ces distances, appréciées par le calcul direct qui vient d'être indiqué, sont assez rapprochées pour que, par la voix ou les feux allumés sur ces hauteurs mesurées sur les rapports qu'elles devaient avoir entre elles, elles soient instantanément en rapport les unes avec les autres.

Ce qu*il y a de très remarquable, c'est que les trois qui viennent d'être signalées appartiennent chacune à un lieu appelé la Ronce,

La butte à l'extrémité sud de la commune de Loury s'appelle la Roncière; la butte de Châteauneuf est située au lieu appelé la Ronce: et celle placée au centre de la commune de Lion-en-SulIias porte en cet endroit le nom de la Ronce^ et dépend du chAteau de ce nom.

Si, faisant un détour du sud-est au sud-ouest, nous pénétrons plus avant dans la Sologne en suivant cette orientation, nous rencontrons, à une petite distance, en considérant l'espace ëa

droite ligne, le lieu de Saiût-Cyr- en-Val, nous y trouvons une bulle ou iumulus (ce dernier mot convient à toutes) semblable; et un peu plus loin» dans la même direction, une autre butte ou Iumulus, dans le territoire de la commune de Mé* aières*

On voîtqtic ces hauteurs sont toutes de forme circulaire, dont le sommet serait terminé en cône» si les constructeurs n'avaient pas adopté un plan uniforme pour toutes, consistant à laisser à son extrémité supérieure une sorte de plate -forme permettant de recevoir un nombre assez considérable de personnes, au besoin une assez grande quantité de matières combustibles^ afin, par des cris ou par des flammes, de donner le signal d'un danger ou d'une victoire- Ces buttes, ou au moins quelques-unes d'entre elles, ont été mesurées par un savant et laborieux ingénieur, M. Jollois, et nous pouvons lui emprunter le métrage suivant :

La butte de Châteauneuf mesurait 7*" 44 de hauteur ; celle de Mézières, 11" 79; celle de laJonchère (Saint-Cyr-en-Val), accompagnée de cinq autres d'une dimension inférieure, mesurait 3*° 40, le tout au-dessus du sol.

On voit aussi que celles dont nous venons de parler, et qui n'étaient que la partie d'un tout systématiquement organisé dans le même but, étaient consacrées à la protection d'Orléans et de son territoire.

Notre intention ne peut être d'entrer, ici, dans un examen critique des discussions qui se sont élevées pour déterminer la véritable destination de ces monticules artificiels, s'ils étaient des monuments de sépulture ou tout simplement des vigies, ou s'ils étaient destinés à préparer les télégraphes et les téléphones, nous sommes disposé à leur accorder ces Iroiâ éléments de services publics, nous nous bornerons à évoquer le souvenir d'un passage des Commentaires de César.

Il nous y apprend que le meurtre des Romains à Genabum, commencé au soleil levant (oriente sole)^ fut connu de Vercingétorix à neuf heures du soir (ante primam confectam vigiliam), et cela par les cris que, suivant leur habitude, les Gau-

1611 (AftH^WJMfih 4tibttià1I y eAt ^ùlfé ceft deux ôoùllrt^te ïM dfutttiice de )60 inilled : c quodspatium estmittium passïmtRr' citef centum et sexàginia. > On a estimé cette distancé à 86 de nos lieueà.

Et comme le son se propage d*autant plus facilement qu'il ptA d*un lieu élevé, il est de toute évidence que ces buttes, correspondant entre elles, ont été employées dans cette circonstance saprème, qui devait décider et qui a, eu effet, décidé du sort de la Gaule.

La Lom<.

À ces modes de se mettre en rapport, ces populations en avaient un autre qui fut bien plus suivi pendant tout le cours du moyen âge : il consistait à remonter ou à descendre le cours des fleuves. Nous avons signalé Timportance de cette voie de communication, dans les temps les plus reculés comme dans les temps intermédiaires, nous devons, ici, nous borner à représenter la Loire telle qu^elle était au ix® siècle, un pea au-dessus et un peu au-dessous de la ville, dans son parcôars devant celle-ci.

Le fleuve, non encore garni de digues, dans ses crues réunies à celles de son principal affluent, rAlIier, s'égarait dans les basses terres de ses deux rives, ce qui avait permis à un assez grand nombre d*attcrrissements, d'une plus ou moins grande étendue, de se former dans son lit.

Nous avons rappelé les combats engages sous les itaurs d'Orléans par OJoacre et Childéric ; à ce sujet, on prétend que celui-ci, ayant vaincu le comte Paul, le dernier représentait de l'Empire à Orléans, il détruisit les forts élevés dans les îles existant dans la Loire, en face ou aux approches de la ville.

Cet état de choses dura bien longtemps, grâce à l'entière liberté qu'avait le fleuve de se répandre dans une vaste largeur; Lemairc compte 60 îles et îlots, dans le lit du fleuve, depuis l'île qu'il appelle du Poids-de-Fer, (1) fciU-dessous de Nevers, Jusqu*aux tics et ilôts de Saint-Sébastien, près Nantes.

\\) Poi^ttim, jpw)r) j}oto> hatltê eollibe, montagne.

A|lpiteaizsA de TTIe-aiix-CaM^, ainsi appelée de t!« qtte

I oiseaux s'y réfugiaient en hiver; mais on peut cependant lui reprocher de ne pas entrer dans plus de détails à m stij^t qui n'est pas sans intérêt, et on ne peut accepter Texeuse qu'il

ise donne à lui-môme, desquels, dit-il, la description serait dé* laisante et eimuyeuse.

II croit devoir se borner à ne parler que des principales qui, prccîsèment, sont les plus éloignées de la ville et qui, parconséquent« sont d*un bien moindre intérêt ici.

Vergnaud-Romagnési» à propos de la description très eu* rieuse des différents plans de la ville et, d'après l'abbé Dubois, 1 oous donne des renseignements qu'il ne noua est pas permis de négliger.

Il en résulte quHl existait sur la rive*gauche de la Loire, eti j^lace la ville ou à peu près» une île dite Vlle-aux-Toiles; h ce lojct et pour donner une idée de sa situation dans le fleuve à l'égard du rivage, il cite la déposition de d'Aulon, écuyer de Jaaime d*Arc (1)^ disant qu'il ne fallait que deux bateaux, sans doute mis enligne^ pour établir la communication entré elle et ce qu'on appelait alors la Turcie-Saint-Jean-Ie-Blanc; ce mot Turcie exprimant, ainsi que nous Tavons dit, ces espèces de chemins pratiqués dans les terrains bas et amôllif par la stagnation des eaux, pour leur donner quelque solidité, ou les protéger contre leurs brusques invasions.

U y avait encore une autre île, dite aux Bœufs et aussi dite aux Martinets^ existant entre le lieu aujourd'hui appelé Saint- Loup et Téglisa de Saint-Aignan, île qui, dit-on, en vertii ^.d'ime charte de Tannée 891, avait été donnée à la collégiale de iSaint-Aignan par une dame pieuse en même temps que la pièce de terre désignée comme étant située au clos des Arènes.

Cette île était d'une grande étendue et tellement rapprochée de la rive droite de la Loire qu'un homme jeune et agile pou- ▼aît. d'un bond, franchir le cours d'eau qui l'en séparait.

Noua croyons devoir compléter cette description par la meotion d'un document qui nous semble plus authentique que

(1) CM(8 dopotitioo est tirée du proeds de Tillastre Pucèlle.

QM deicriptiona. faites sur rinspection des andens plana on tnr leurs énonciations.

Ce document est tiré des archives de la collégiale de Saint- Aignan, où on lit : Lieux où Messieurs de Saini-Aignan cmf justice.

Cet acte ne remonte pas plus haut qu*aux années 1679 à 1686. Mais il est une reconnaissance censuelle et, par conséquent, récognitif des actes d'accensement les plus anciens.

On y lit : c Lesdits de chapitre possèdent la rivière de Loire en son étendue : longueur, largeur et profondeur, depuis le chef du dortoir ancien de Saint-Loup jusqu'au guichet qui est au milieu de la Tour-Neuve et les îles qui en suivent

» C'est assavoir Tile Saint-Aignan à commencer vis-à-vis le chef dudit dortoir, dite actuellement île Rebours.

» /(em, rUe-aux-Bœufs, sise au long et joignant ladite rivière, du côté de SaintJean-le-Blanc, et tous les bâtiments qui sont en icelle.

» /(eiii, rile-aux-Toiles, en ce qu'elle s'étend jusqu'audit guichet de la Toui^Neuve.

> Aem, tous les accroissements et alluvions. »

Le chapitre attribuait la donation de Tune de ces îles, la principale , à Pépin et à Charlemagne.

Retraçons ces désignations :

L'île allant du dortoir de Saint-Loup au guichet de la Tour- Neuve a singulièrement diminué d étendue en longueur.

Cette ile ou partie de cette île est appelée Rebours, nom probable du censitaire : mais, d*après les titres anciens, le chapitre appelait alternativement cette dépendance de son bénéGee Tile Saint-Aignan ou Tile Charlemagne.

L'Ile-aux-Bœufs était appelée aussi lIIe-des-Martinets ou l'Ileaux-Canes, parce que les oiseaux printaniers et de Tété Thabitaient pendant cette saison : et les canards sauvages qu'on y chasse encore aujourd'hui venaient l'habiter Thiver.

Le chapitre en faisait remonter la donation à la munificence du roi Eudes (8$â-Sdi).

Il y en avait une autre sur laquelle Tune des arches dii pont était appuyée, ce qui la séparait en deux parties très dis-

tinetes; en amont du pont était établi un petit monastère soua le vocable de saint Antoine où les voyageurs attardés après le couvre-feu et la fermeture des portes et des guichets de la ville pouvaient trouver l'hospitalité; cette partie de Tile s'appelait la Motte-Saint- Antoine ; Tautre, en aval, appelée la Motte-aux-PoissonnierSj servait, comme ce mot Tindique, aux pécheurs et marchands de poissons à recevoir les engins nécessaires à Texercice de leur profession.

Hais, comme il semble inutile de le dire, ces dénominations durent être postérieures à Toccupation romaine et à Tépoque mérovingienne, quand une certaine extension fut donnée à la vie monacale, et quand les corporations de métiers furent soumises à une réglementation définitive.

Si on descend un peu au-dessous du pont, nous rencontrons la petite île de la barre Flambert, que nous avons fait connaître il n*y a qu'un instant, terrain très exigu qui n'apparaissait guère que dans les plus basses eaux de la Loire et qui Q*était séparé du rivage que par un étroit ruisseau.

Enfin, devant le coteau de Saint-Laurent s'élevait une autre ile plus au milieu du fleuve, qu'on désignait sous le nom de petite île Gharlemagne qui, on le verra, devait être le siège de la discussion et de la signature d'un traité de pacification entre les catholiques et les protestants; on l'appelait aussi l'île Saint- Laurent.

Cette île était suivie d'une autre, comme celle en amont du pont, appelée Ylle-at^-Bœufs, située presque devant un lieu où était une petite chapelle sous le vocable de saint Jean-del'Habit (pour l'habitation, logement séparé du monastère), et qui bientôt perdit son nom pour prendre celui de sainte Marie- Madeleine-de-l'Hôpital , de hospitali ou de hospitio ; cette Ile faisait partie du bénéfice de Saint-Mesmin-de-Mici.

Comme on le voit , les désignations de ces îles tirées des archives de la collégiale de Saint-Aignan difi^rent quelque peu entre elles ; mais nous avons cru devoir, quoique ces nuances aient peu d'intérêt, les faire connaître.

Nous n'avons plus qu'une observation à faire en ce qui con* cerae ces îles et les eaux de la Loire en longueur, largeur et

profondeur : les institutions que nous venons de nommer, Sèiot- Aignan, la Fauconnerie ou Ëvôché et Saint-Laurent, se partageaient le droit de justice et son exercice sur le fleuve et «nrow iles et ses francs bords ; le droit exclusif de pèche et delMiBaUlé pour les moulins répandus sur le fleuve, surtout dans les eauk des grandes villes; plus tard, les droits de péage sur les bateattz qui traversaient leur territoire et cela dans les délknitatio&a suivantes :

SaintrAignan, à partir du chevet du dortoir de Sainl-Loiip, c^est-à-dire de l'extrémité orientale des jardina du chftlean qtti a remplacé le monastère de ce nom, jusqu'au guichet de la Tour-Neuve.

La Fauconnerie ou Ëvèché, depuis ce guichet jusqu'à la ne Rose ou du Four-à-Chaux, aujourd'hui la rue StanisIas-JaUen, ouvrant au nord dans la rue des Carmes et aboutissant, aa midi, à l'Entrepôt des douanes, où commençaient à cette époque reculée les dépendances du prieuré de Saint-Laurent

Et Saint-Laurent jusqu'au lieu où, au xii* siècle , s'est élevé le monastère de la Hadeleine-de-l'Hôpital, dont il vient d'être parlé.

Il est inutile d'insister sur ce point qui devait être cependttt le sujet d'une attention particulière pour représenter la véritable physionomie de l'antique cité d'Orléans, alors qu'elle échappait à la civilisation romaine et tombait dans lesépreuvea d'une invasion nouvelle lui imposant le joug de la baiiMirie, transformant sa destinée politique et préparant les évënefflenta dont elle devait devenir le théâtre.

Le LoiRST.

Ce que nous disons ici des iles de la Loire, nous le disons du Loiret.

Il semble bien inutile de faire la description de cette charmante rivière et du site gracieux qu'elle parcourt et embellit; on sait qu'elle n'est qu une déviation de la Loire qui, dans ces temps où ses affluents étaient d'une extrême abondance» aPhl-

I4g<eait| par une voie souterraine, do son trop plein dont elle hisait jouir les terres éloignées de son cours.

Bornons-nous h dire que la Loire et le Loiret, indépondam-ment des cmix qui tombent du btissin de cette dernière rivière, devaient être presque perpétuellement et surtout pendant les saisons pluvieuses, sinon réunis, au moins entretenir dans ces territoires une fraîcheur et même une humidité qui ne devait les rendre habitables que dans les saisons les plus chaudes de Tannée.

n y a peu de temps, les parties les plus basses de ce terriloire étaient encore le séjour permanent d'eaux stagnantes qui ne s*écoulaient <]ue dans les grandes eaux de la fîn de Tauijkomoe ; tel était, par exemple, le quartier appelé la Mouillère^ lujourd'hui et depuis longtemps, belle promenade reliant la roule d'Olivel(l) de la hauteur de la rue Dauphine au quartier de f^re/iet, dénomination qui exprime suffisamment Tétat marécageux de ces terrains vagues ou plantés en vignes sans voleur, aujourd'hui transformés en terres végétales, couvertes moissons ou de jardins gracieux et garnis de chalets élé-

lU cl de charmantes et élégantes villas.

£t, cependant, même en ces temps éloignés, ce charmant vallon, ce délicieux jardin, que la Providence semble avoir laissé tomber de ses mains au moment où elle allait le placer dmtB quelque partie de ritalie, offrait le plus riant aspect aux beaux jours de Tété ; mais il n'était pas exempt du fléau de Hnondation,

Il a eu ses tristes jours, d'abord dans ces grandes irruptions des eaux; au V* siècle, il a été, ainsi cjue nousTavons vu, habité par des étrangers, les Alain» qui, sous Tapparence trompeuse rafliéSf lont occupé depuis lannéc 440 jusqu'à l'année 4G6, en etmemis, et y ont succombé dans le massacre que Thorismond, roi des Wisigoths, en a fait au cours de cette dernière année.

([} Ce lieu qui n^avait peut-être pas ce nom à cette époque est, de^

nia le xvnr siècle, uo bourg important, séjour d'une popid&tioû

ctive, le rendez-voufl sur son coteau, garni de maisoDs élégantes et

luxueuses» de la société la plus choisie, et des plaisirs qnclqtiefoîa les

plus bniyani* dé la clôSse oavrière de la ville, sera le sujet d'une

Mttto epéciale emprnaiôe à un poète orléaimis.

IlfOlfDATIONS.

Les eaux plus abondantes dans les campagnes rendaient plus abondantes les rivières affluantes du fleuve ; et, aux époques de la fonte des neiges, les eaux descendant des montagnes des Gévennes, du Forez et du Horvan, et se réunissant aux eaux du principal de ses affluents, VAllieTi se répandaient comme un torrent dans ces campagnes.

Cependant, ainsi que nous l'avons dit déjà, ces phénomènes n'avaient alors ni le caractère effrayant, ni les conséquences désastreuses, ni la fréquence qu'ils ont de nos jours.

Nous avons découvert et publié en l'année 1847, c'est-à-dire aussitôt après l'inondation de 1846, un mémoire de l'intendant de ce qu'on appelait les turcies et levées^ chargé de rechercher l'origine des inondations de la Loire, après celles des années : 1707, 1709, 1710 et 1711, et nous y avons la ce qui suit :

c La plaine du Forez a 12 lieues de longueur, 3, 4 et 5 de » largeur, elle est le dépôt de toutes les eaux de la Loire, qui » viennent depuis sa source entre les montagnes jusqu'à Saint- » Rambert ; celles des ^montagnes du Forez dont elle est 1 entourée y tombent pareillement et neuf rivières, entre » lesquelles est le Lignon, y affluent ; ces neuf rivières tirent » lents eaux des plus éloignées montagnes. Dans les grandes » crues, cette plaine devient pour ainsi dire une mer.

1 La nature avait pourvu à la conservation des pays situés 1 depuis Roanne jusqu'à Nantes ; cette prodigieuse quantité 1 d'eaux ramassées dans la plaine du Forez y était ci-devant » retenue comme dans un étang et n'en coulait que peu à peu 1 et successivement; entre ces montagnes qui ont cinq à six > lieues de longueur, elle ne coulait que difflcilement entre les » roches .qui servaient de digues ou étaient . retardées par » plusieurs écluses ou retenues^ qui servaient à conduire Teau » aux moulins situés sur le canal. »

Cet état de choses explique très nettemei^t conmient les eaux do la Loire ne pouvaient arriver à l'oifluent de l'Allier

au moment où la cnie de cette rivière se déchargeait dans la Loire, et comment ainsi les terres de la Loire non défendues, il est vrai, par les puissantes levées qui les protègent aujourd'hui, étaient couvertes d'eaux mais aussi, il explique le caractère beaucoup moins désastreux de ces inondations.

Ce que nous disons ici est entièrement justifié par le passage des Commentaires de César (livre VII, v. 34, déjà cité) dans lequel il dit que , voulant passer la Loire pour faire le siège de la ville de Nevers, les habitants de cette ville se flattaient qu'il ne pût y réussir, lés eaux du fleuve étant enflées par la fonte des neiges ; et qu'il réussit cependant en plaçant sa cavalerie au courant supérieur, afin de rompre l'impétuosité des eaux et permettre à Tinfanterie de passer, ce qui eût été bien certainement insuffisant si alors les eaux de la Loire s'étaient réonies aux eaux de l'Allier.

Cryptes.

Avant de nous rendre dans l'intérieur de la ville, il est nécessaire de rappeler ici que, dans le chapitre intitulé': Voies de communications y nous avons décrit les buttes dispersées dans un ordre systématique, qui avaient pour objet de transmettre au loin les événements intéressant la fédération. Nous devons visiter le territoire qui l'environne.

Nous nous trouverons maintenant en présence de monuments oS'rant un contraste absolu avec ceux que 'nous venons de décrire : les premiers s'élevant à une assez grande hauteur audessus du sol, les autres pratiqués à une assez grande profondeur dans les parties les plus saillantes et les plus abruptes du coteau.

Ces derniers étaient consacrés à la religion chrétienne ; et si les premiers semblent n'avoir eu d'autre destination que celle d'établir des communications rapides entre les tri- *>us appartenant au même clan, ou à toutes les autres circon- ^''iptions de la nationalité gaélique, tous semblent avoir eu ^^tte destination commune d'être le lieu d'inhumation pour la ^•^^bu, ou pour ceux de ses membres qui avaient adopté le ^^^ristianisme.

Le caractère de chacnn, ou de la plnpart de ces aoateiTHJM^ se manifeste par le nom qu'ils avaient à leur origine el IJU^I* ont conservé, on les appelle encore des erypêeê* anipfff- If îiim», voûte souterraine, cacher ; expressions en paifaita harmonie avec Tisolement dans lequel ces temples étaîeirt construits, et cachés aux regards indiscrets qui, dans one intention hostile ou profane, auraient été tentés d'y pénétrer.

La première et la plus curieuse est celle qui existe daES une maison de la rue des Cinq-Marches, construite sur le venant ouest du coteau dominant le fossé, aujourd'hui remplacé par la rue de la Tour-Neuve.

Avec le temps ce tertre avait reçu un oratoire auquel on a donné un vocable qui, au regard de Tun des deux saints, si nous no;is reportons à ces temps où, dans les Gaules, le christianisme côtoyait encore le paganisme, éveille notre attanlian.

Ces saints étaient : Sergius et Bacchus.

Lemaire les mentionne tous les deux et, d*après Rooillard, historien de la ville de Chartn^s, il nous apprend qalb y- ont été honorés dans une chapelle ayant existé dans le cloitre de la cathédrale : mais qu*on a abandonné ce vocable pour celui de saint Nicolas.

En même temps et avec lyi sentiment qu*on peut remarquer se produire assez souvent dans son ouvrage. le même auteur nous apprend qu*à la procession des Rogations : c Heasieurs du chapitre de Saint- Aignan. s'arrêtaient à la porte de la maison qui a remplacé 1 église et que là ils disaient l'antienne et Toraison des saints martyrs Sergius et Bacchus. »

Et, cela, quoique cette station n eût aucune raison d'être^ cet oratoire étant à Jeux pas do Téglise collégiale de Saint-Aignan.

L*auteur do Quatre jours dans Orléans, M. Tabbé de Torqoat déjà ciU\ ouvrage, il est vrai, ln>p rapidement écrit, mais contenant de précieuses indications, garde le silence sur oetto églist> et ses doux patrons.

M. do Buzonnière s'y arrête longtemps ; nous devons négliger les détails pun^nont an*luHilogiques : nous insisterons sur les détails historiques dans losquols il o^it entré.

Uomarquons d'abord que, depuis l\uinée Ui9. cest-àrdire

- aao —

4ftgàBiù9iiigfidù la ville, il u'exislc plus Iracc de ce monu* SOEli Mligifiux^r détruit comme tous les autres à cette solenaelle époque.

Cependant l auteur de la moaographie de cette crypte la rattache à Téglisc de saint Serge et de saint Bacchus.

Il donne une raison de cette opinion tirée de la sciencG arcliéologique : < Ces cryptes, dit4l, reproduisaient toujours le sanctuaire sous lequel elles étaient placées ; elles portaient le 4)aichei de logiise supérieure ; d'où il tire la conséquence, peui-ôire quelque peu hasardée, qu'en voyant leglise «souterraine, oD voit rêglise supérieure. ■

Ici M. de Buzonnière fait une visite descriptive dans laquelle QOUft ne le suivrons pas ; contentons-nous de dire, avec lui, que cette église souterraine avait 7 mètres de longueur dans Tœuvrc, 3 de largeur et 8 d'élévation.

Les voûtes sont creusées danâ le tuf.

U semble qu on peut sana hésitation assigner Tâge auquel appartient ce uionument ; s1l est antérieur au xf siècle, il doit avoiir été un lieu de sépulture.

Cette croyance se fortifie par ce qui suit : Tauteur décrit un Autre souterrain se trouvant à l'angle nordH:>uest de la erypte« du coté gauche, en entrant, daua lequel on pénètre par une seconde porte.

Ce souterrain communique avec la crypte, rencontrée au hm de rescalier qui a dix degrés, par une porte peu élevée ouvrant sur un escalier parallèle au premier et qui a vingt degrés.

Parvenu au dernier de ces degrés, on se trouve dans une aspèee de labyrinthe composé de galeries qui se coupent à aagks droits, et il semble de la dernière évidence en premier lieu qu*on se trouve dans un édifice antérieur au xi* siècle ; «nsecumi lieu dans un endroit consacré par la religion à recavoir les dernières dépouilles de ceux qui l'avaient adoptée, I5*est-à-dirc dans un temple voué à ce pieux usage par k ^ebrtslianisme.

C*fât, en effet, a cette conclusion que s'arrête Tauteur *pû nous sert de guide dans cette sombre coiiàtructioA ; nous

disons avec lui :. c Tandis que la ville païenne riche et parée

> élevait son front ceint de fortes muraUIes, le christiaiusme, 1 qui, plus tard, devait la revêtir d*un tout autre éclat* ee

> ménageait, dans les entrailles de la terre, des retraites dont

> les dimensions exiguës prouvaient le petit nombre et les

> frayeurs des néophytes.

> Les premiers chrétiens se cachaient dans les bois et dans 1 les vallons; quelquefois, c'était une petite chapelle osant à

> peine paraître au-dessus du sol, quelquefois, une crypte pins 1 difficile à construire, moins exposée aux outrage des païens, 1 aussi se multiplièrent-elles avec une assez grande 'rapidité.

Nous sommes donc dans la rue des Ginq-Harches, alors lien absolument désert, fréquente seulement par les premiers disciples des courageux missionnaires du christianisme, s'y donnant rendez-vous pendant le temps et pendant Tétemité.

Ces Gamutes, transformant ces camoths en salle de conférence et en cimetière, prolongeaient les usages des aîeox qui vivaient et mouraient dans ces asiles où ils étaient nés.

Mus par un sentiment qui donne une grande puissance* ils attendaient dans ces pieuses retraites le repos sans fin, près de s'accomplir prochainement, car tous croyaient au cataclisme universel annoncé pour Tan 1000.

Tout nous convie à l'adoption de cette proposition, et particulièrement rinscription placée sur la porte de cette enceinte mystérieuse : c PoHa patens esto nulli claudatw honesto. b Que cette porte soit toujours ouverte à la vertu.

Ges mots qui ne peuvent convenir à une église accessible à toutes les faiblesses humaines , mais qui conviennent à la dernière demeure des fidèles, n'en concevant pas d'autre , après avoir vécu au milieu des adorateurs des faux dieux et subi la persécution jusqu'au martyre , que celle les réunissant tous dans une terre séparée des signes profanes du paganisme et des corps des païens.

Nous n'avons pas à nous occuper de la crypte de Saint-Avit, située à une très petite distance de la tour de la Fauconnerie ; nous en avons suffisamment parlé , ce petit monument souter-

raiQ n'ayant daillcurs pas !c caractère spécial de ceux que nous étudions en co moment*

On attribue au poi Childebcrt une grande dévotion pour ce saint, et on dit qu*après la querelle qui s'est élevée entre te» habitants de Chftteaudun et ceux d'Orléans, sur la possession de son corps quil avait légué à ces derniers, querelle si stngolièrement terminée par un nouveau Jugement de Satom^n (1)» Childebcrt fit élever une basilique rappelant par sa magnificence Véglise de Saint-Germain-des-Prés, effaçant les mim'es de nos jours.

Cette église, sous le vocable du saint dont elle a reçu le corps, partagea le sort de toutes les autres au siège de 1429.

Elle fut comprise dans le périmètre du terrain sur lequel a été construit le grand séminaire, encore actuel , du diocèse d'Orléans*

On avait perdu la trace de l'église à laquelle on chapitre avait été attaché^ lorsqu*en Tannée 1852 une excavation s'étant produite dans Tune des dépendances de cette institution, les travaux qu'elle exigea mirent à découvert une crypte qui fut reconnue pour celle où reposait le corps de saint ÂviL

Ce qui vient d*ètre dît suffit pour démontrer que celle-ci ne rentre pas dans la catégorie des autres monuments de ce genre; nous devons passer k une autre également en dehors de la ville, celle de saint Laurent.

M. de Buzoonière nous en donne une description très détaillée ; ce précis monographique est emprunté à un mémoire publié en Tannée 1771, dans un procès que les marguillers de la paroisse soutenaient contre leur prieur,

1! paraît que ce mémoire , par sa rédaction , laisse beaucoup à désirer; cependant M. de Buzonnière ne s'en croit pas moins autorisé à rapprocher la crypte de saint Laurent de celles de saint Serge et de saint Bacchus.

(1) Saiat Avit avait légaé son corps à l'Eglise d'Orléaius; lei habitants de Chiteaudan voulaient le f« tenir parce qu'il avait vécu et 4|Q'il était uoTt au milieu d*eax ; un arbitre leur donaa lei bras du aaiJit» ^tion torpê à TÈglite d'Orléaai.

II affirme qu'on y tronve, de plas, la preuve qw les galeries avaient servi de sépultures.

Nous devons nous réunir à cette proposition : si la crypte de ces deux saints , creusée dans le coteau de Téglise de Saint- Pierre-aux-Bœufs, devenue Saint-Aignan, avait été, par son isolement et le caractère sauvage de ce lieu, favorable à Texer* cice du culte chrétien, alors Tobjct de la recherche la ploi active et des supplices les plus cruels, la colline où fat bâtie ht collégiale de Saint-Laurent ne lui cédait en rien & ce point de vue.

Par leur escarpement, les grottes que le temps ou les affottillements des habitants de ce rivage y avaient pratiquées étaient très favorables aux réunions des fidèles et à leur sépulture.

Ces deux cryptes ne sont pas les seuls monuments qae le temps et les transformations du territoire urbain et suburbain n'bient pas entièrement effacés et n'aient laissés en témoignage des luttes courageuses que les premiers chrétiens ont eu à soutenir, nous devons encore visiter la crypte de Saint* Aignan.

On dit que cette église, construite en Tan 1029, par le roi Robert, occupe une autre place que celle de Tancien oratoîpe de Saint-Pierre-aux-Bœufs et plus élevée sur le coteau : « i^iMii in altiori volens constituere loco. »

Sous cette ancienne église existait une crypte, et c'est de cette-Ià dont, nous renfermant dans la période historique- à laquelle nous sommes seulement parvenu, nous devons nous occuper.

L*auteur que nous consultons, et qui seul de tous nos prédécesseurs, La Saussaie, Lemaire, Symphorien Guyon et Pbthiche, s'est occupé de Tétat des premiers chrétiens, dans eette partie centrale de la Gaule, n'a pu découvrir le lieu occupé par l'ancien oratoire de Saint-Aignan remplacé par la basilique aotnelle.

Interrogeant un manuscrit laissé par Helgauld, moine du monastère de Saint-Benoit, il signalo, cependant la crypte de cet ancien oratoire comme ayant été cpcusée dans un coPsâu

éfui ê'aèaùi$esur une penie rap0emrit ia rive du fleum f«Ml9 au midi.

Gett« situation donne bien à ce sanctuaire souterram le m^me eamctère que celui des autres crypte^i de aaint Serge^ de saint Ba^^chus et de saint Laurent.

Cet oratoire a dû» d\'ull6ur8, laisser peu de traces de son ancien état, non plus que de la basilique qui Ta remplacé.

Les Normands n*épargadrent aueun des monument» reUgteaK qu'ils rencontraienl sur leur passage.

Saint-Aignan^ détruit a?aûl ces invasions^ on ne dit paa dans quelle cîreonstance, fût reconstruit par Charlemagne; détruit de nouveau par les Normands, il fut reconstruit par Charles le Chauve ; détruit par le célèbre incendie de l'année 999, dont il sera parlé plus tard, il fut abandonné par le roî Robert qui le remplaça par la basilique qu'il plaça dans un Heu plus élevé» et qu*il accompagna de sa crypte, encore visitée avec respect.

Enfin cette basilique, sacrifiée lors des premières attaques des Anglais par le chevalier de Kanolle, en 1390, et cet état s'étant maintenu jusqu'au règne de Charles VIT, celuÎKîi commença sa réédificatîon qui fut achevée par Louis XI,

Comme on le voit, le temps était loin déjà, même au temps du roi Robert, où ces monuments abritaient les mystérieuses aspirations des nouveaux chrétienjs.

Aussi la crypte existant encore dans ce sanctuaire, relativement moderne, ne peut être l'objet d'une même attention que celles signalées avant de parler de lui*

Si nous faisons retour sur TÉglise, d'abord dédiée à Ko»*re- Btune-du-Mont, et dans la suite, jusqu'à ce jour, plaMe aous l« patronage et le vocable de saint Eu verte, nous éprouvons une assez grande difflculté pour nous livrer à un examen parffatlKer de deux sarcophages découverts dans le chœur de cette basiliquci en l'année 1857. lorsque, après une longue suite d'années, pendant leaquelles elle a été abandonnée cl livrée aux usager les plus vulgaires, elle a été enfin realattrée^ et reodueau culteè

Ceitc découverte û'a rien r^véM qui mit cet étroit cavéauroa

rappori avec les grottes dont nous avons amplement étadié la situation et le caractère ; elle n'en a qu'avec la crypte de saint Avit.

Gomme celle-ci, consacrée à la sépulture d'un saint, elle a été consacrée à la sépulture du premier jet saint évèqued'Orléans.

Cependant, comme les destinées de l'église de Saint-Euverte ont été si considérables, et se rattachent si intimement à celles du christianisme dans la Gaule centrale et à celles de la ville d'Orléans, pendant l'espace des siècles, jusqu'à cette année 1857, nous croyons indispensable de rappeler les pénibles et multiples épreuves qu'elle a subies ; nous accomplirons cette tAche et ce ce devoir, lorsque nous nous occuperons plus particulièrement des églises de la ville, tant celles de sa banlieue que celles renfermées dans ses murailles, dès le temps qui a précédé la constitution définitive de la monarchie et par conséquent la constitution de la nationalité française, et par conséquent aussi la constitution définitive du christianisme lui-même.

Nous n'avons, et à dessein, tenu compte jusqu'ici que des temples de cette nature existant en dehors des murs de la ville; mais il en est un que, par exception, nous devons comprendre dans le nombre de ceux-ci, quoiqu'il fût placé à l'intérieur, c'est la crypte de TËglise dédiée à saint Etienne, dont la construction a été attribuée à Altin, considéré comme ayant été le premier évoque d'Orléans.

Nous nous sommes expliqué sur cette double légende du titre donné à ce missionnaire et de la construction de cette église, à laquelle on a été jusqu'à donner la qualification de cathédrale.

Ce que nous avons dit, au contraire, à ce sujet, de l'état de la Gaule et, particulièrement, du christianisme à cette époque et dans notre contrée, est un puissant motif pour que nous réunissions cette église, et surtout cette crypte à celles qui existaient extra muros.

Nous ne reviendrons pas sur l'exposé que nous avons fait de l'état précaire des habitants, en f>etit nombre, convertis au christianisme par la prédication d'AItin et d*Edoaldus, son fidèle compagnon; s*ils sont parvenus à construire un humble

oratoire» on doit remarquer qu'il était accompagné d'une crypte.

Il y a lien même de penser que, si cette construction pourait remonter au i* siècle, elle eût été la seule entreprise de ce genre qui doive être attribuée à ce généreux missionnaire.

On peut la visiter dans une maison aujourd'hui occupée par on grand atelier de typographie; elle offre l'aspect d'un caveau rond dont la voûte est soutenue par deux nervures croisées. »

Cette disposition ne peut remonter à l'époque du séjour d'Altin, trop court, quand même le caractère architectonique de la crjrpte ne protesterait pas contre cette date, pour qu'il ait eu le temps de faire cette construction.

Cependant nous croyons qu'on s'est servi de l'ancienne disposition de ce qui était l'oratoire du saint missionnaire et de ■es disciples pour conserver un respectueux souvenir du premier apôtre du christianisme dans la Gaule centrale.

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