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CHAPITRE IX

Les Carolinaiems (Pépin, Charlrs Martel, Charlrhaonr, Theodulfb). — Régime légal. — Enseignement 296

CHAPITRK X.

RÀGNB DE Louis I'' (LR PiEUX OU LE DÉBONNAIRE). — Evé-

nomonts généraux intéressant h ville d'Orléans. — Régime

légal. — Etat relicrieux. — Lettres et Arts 307

Régime légal 939

Etat religieux 336

Sciences, Lettres et Arts 337

Orléans. — Imprimerie Puobt. G. MICHAU et C>«. S^.

DE LA

Tannée SU ; nous avons démontré qu'ils n'étaient que les articles d'une charte réglant les rapports entre les Francs et les Gallo-Romains.

Nous avons vu que cette assemblée avait été provoquée par Clovis et que Tacte qui en est sorti pett être oonsidéré comme son testament politique, par lequel il reconnaissait la nécessité de trouver pour sa dynastie un contrepoids qui devait équilibrer l'autorité royale sans cesse balancée par la turbulence, les exigences de ses compagnons de guerre; contrepoids qtfï} ne potivait reneontrer q«e dans* V'adbéBioA êmmèe à la conquête par les popula^ions conquises. "Cette pensée dut passer à se» suecess^rsr; eeîl^ prtdpMition efli justifiée par les deux actes qui vienncffit d^'èCr» sigtiâlét.

Le premier est justement qualifié de grand 9ynod€ ; il ai été délibéré à Pdris en l'année 6i4 ;• comme le conrito d^ 5ily il n'a été composé que d'évèques appartenant à TégHaa gm*loise(l).

Jusque-là les chefs des diocèses étaient désignés par le ni ; ih deviennent le produit de Félectioft; les anciens coseiles reprennent leur autorité à cet égard.

Cependant l'évoque élu ne pouvait être consacré que par <â ordre du roi.

I) était interdit à l'évéque de désigner son successeur ; Mt-» Velle soumission aux anciens conciles.

Comme dans le concile de 541, il était défendu h on elevcf dt prendre le patronage laïque, au mépris du patronage de son .évoque.

- Comme dans le concile de 511, il est dit, dans le synode ds Paris, qu'à la mort d'un éwèqvte, qui en est constrtué le détew^ leur et le dispensateur, personne ne toucherait aux bien» de l'Eglise et aux biens propres de l'évéque.

Le soin de ces biens est remis à l'archidiacre qui ne devait, non plus, toucher aux biens d'un abbc ou d'un prètvc 4îprès leur mort.

(1) Au concile de 511, 32 évoques ont siégé; il y en eut 19 m .synode de Tannée 614.

Le roi pouvait mtervemir à Vamiable entre les évéques et les clercs.

Les prêtres et les diacres, convaincus Je crime capital et pris tïii (lagraiit iJoîit, devaient elre juges par fe juge laïque, de concert avec l'éveque.

On ne devait fniiiit d^'ciJer les causes noncernant la liberté dùs alTranchis ni adjuger ceux-ci au domaine royal hors la présence de Tév^^que et celle du pi*évot de Téglise diocésaine, leurs défenseurs légaux.

Le roi s'interdit d'autoriser ses hommes à tirei* les veufies religieuses et Tes tionaim de leurs maisons ou monastères pour les épouser.

Les juges ou comtes doivent toujours être pris entre Tes détenteurs Je bénéfices du pays même où s'exerçait la jurîdiction; ils devenaient ainsi responsables de leurs propres injustices.

Cette disposition avait une autre conséquence : elle s'opposait à ce que le roi nommât les comtes à sa volonté.

Si on jette un coup dVeil attentif sur le règne de Dagoberf», on le voit, peu de temps après le synode de Paris (630), se livrer à un acte d'autorité inconnu jusque-là.

€ Il parcourt la Burgundie en grand justicier; il préside fes^ assemblées générales et les curies^ et, f)a riant rallégressc dans rame des pauvres qui avaient le bon droit pour eux, il renouvelle cette visite en Austrasie. »

Ces actes constatent un pas considérable fait par les vainqueurs vers les vaincus. Malgré les violences qui ont suivi les règnes des derniers Mérovingiens, ils expliquent les institutions du règne de Charlemagne et la révolution capétienne.

On doit remarquer la similitude qui existe entre la chute des Carlo vin giens el la chute des Mérovingiens ; entre ses actes qui ont amené la substitution aux derniers membres de la première des premiers membres de la seconde race» et celle des Capétiens k la race carloviugienûë.

Le peuple Iraaçaîs î^'élevait au mi lieu des guéries mevr- Uièrés %me ses nouveaux maïtr*»s se livraienl, pre^ào* arm, eux-mêmes, le soin de venger lu nation 4|u ils opprimaient

Et cependant une ditTérencc doit être sigoalée ; au moment où la dernière de ces révolutions a éclaté, l'anarchie était arrivée à ce point que, déjà, avaient disparu les anciennes cir-

conscHpiions des inl>us on clans gaéliques et jiist[ii'aiïx noms par lesipielsi ils élî»i<*nl désignés: il n'y eut [dits ni Austrasie, oi NeusLrie, ni Saliens, ni Kipuaires, ni Gauloia, ni ïlomaiiis.

Mais Comme Turdre est une condition esseolitdïe de 1 existence des choses liuniaîncs, l'ordre s'introduisit même au sela de cette cflVoyabIc anarchie.

Les nouveaux comtes de Paris, appartcnatil tous à la ramille de Robert le Fort, par leur bravoure^ la supériorité de leur intelligence, parvinrent non seulement à protéger et à sauver la ville de Paris, mais encore à donner à leur protectioa un vaste rayonnement.

De là vint, dans la géographie politique de la monarchie, le nom de ï Ile-de-France, donné à Tune de ses plus belles contrées.

Nous ne rappellerons pas les événeoienlâ qui se sont succédé depuis le règne de Charles le Chauve jusqu'à la mort de Charles le Simple; nous ferons seulement remorquer que, dés l'année 861, se manitestaitla haute personnalité de Robert le Fort, aussi appelé Robert l'Abbé, et hieutut celle de Hugues TAbbé ou Hugues le Grand, les uns disent neveu, les autres cousin du premier.

Robert le Fort dut ce surnom à sa bravoure, aux services qu'il rendit à la cause royale et à la cause nationale dans les combats qu'il livra aux Normands^ qui le tirent aussi élever a la qualité de comte de France, c*est-à-dire du pays d'entre 6'côîe et Loire,

Il laissa deux (ils : Eudes et Robert ; le premier devint, en l'année 888, roi au détriment de Charles le Simple [\)y et mourut sans poster ité,

(î) Oq a ppétondu qiie Robert le Fort deitina son fils a ôtrô baii ou Luteur lie Charlos lo Siiapie ; maia Eudei était trop jeune pour qu'il pût romplir cotte bauto foactioa aous le titre de roi; et, d'ailleura, il ne pouvait prendre ce demi or titre qu'aptes Louis et Cari orna n, néi do. premier mariage de Louia le Bègue, et qui BuccédèroUti eu effet, Tuu aprèa l'autre à leur {tore, avant GharleB le Simple, né du secoud ma« riftge \ et on ue pouvait prévoir 4ullâ duBeent mourir fà promptfiment et mm postérité.

Le second succéda h son frère dans m dignité de comte de Fr«ance,il prétendit même au titre de roi qui! croyait lui appartenir, comme héritier de son frère ; mais Charles le Simple revendiqua son droit et le défendit; il tua de sa main Robert, dans la bataille de Soîîîî^ons, le 15 juin 923.

Robert laissait un fils nommé Hiiguea ; celui-ci lui succéda comme comte de France et, comme son aïeul Robert le Fort et son grand-oncle ou cousin Hugues TAbbé, reçut le litre et le surnom de le Grand.

11 eut un fils qui n'e^t autre que Hugues Capet.

Enfin, tous avaient pour auteur, du moins un grand nombre dliistorîens ont adopté cette opinion et renseignent, un ûls naturel de Wilikind, ce célèbre chef saxon qui donna tant de peine à Charlemagne, en défendant son pays et ses idoles.

Et si nous nous arrètoos aux malheurs et aux tristes gloires de Charles le Simple, ce ne sera qu'en ce quMls se rattachent à rbistoire d'Orléans dans la personne do son Vth Louis d 'Outre- incr et dans celle de son pctit-rds Charles de Lorraine.

Signalons, tout d'abord, l 'influence qu'exerra sur le sort de la ville d'Orléans, dés cette époque, rinstitutiou de cette espèce de gouvernement connu sous le titre de comté ou marquisat» ou même : comté de France, comprenant, ainsi que nous venons de le dire, le patjs d'entre Seine et Loire,

Cette circonscription, cerlainement plus vaste que la contrée occupée par la iribu des Carnutes, ue peut être considérée comme identîtpie àcelle-cr, mais elle en réveille le souvenir ;et, de méjne que la ville d'Orléans, dans cette ancienne délimitation, avait été la principale des bords de la Loire, de même dans la nouvelle elle est restée Tune des principales de la vraie nationalité française.

C*est cette situation qui a inspiré ces deux vers, peut-être quelque peu hyperbolique, à un poète du xv* siècle (1),

JVbfi potuit magni caput esse, Aurélia^ ^^g^h Er^o qimd super est^ corque animusque fuit.

(]) Co poète eat Bordoûij plus coddu dans ks lettrée sous lô nom de ScAhger « né à l'adouQ bq 1484, mort ù Agoo oa 1558, où il eior* çait la médecine.

Jacques Gyyou les Iraiiiiil, ainsi dans sa belle préface de romrrage^^deSSymphoneiiJGiiyon, sou frcre :

Orléans n'ayant pu ôtro le chef Je la France Est demeuré sa vio, son cœur et sa défance (!],

Son t^rritoiffi, désormais, sera séparé des Lerriloires morcelés par ses divisions infiniicsimales dcsgninds et petit fiefs ; il appartiendni Inwl. entrer au domaine royal ; il échaj>|)Rra, iitisi ïuix viol<»ricei!i dn droit de la €onr}uète.

Les bé n é I i ces con v. é d é s [)a r les M é r o v i n g i e i is e 1 1 es G a r k> vi ngi exis J'ayanl ^{è, dans cet immense périmètre, plus paj^tieulièremenl aux iastitutious religieuses, seront régis avee plus de douceur.

Gc te rr [loin* deviendra le centre du travail înlelleetuel, le travail des champs sera plus calme, plus régulier et, par conséquent, plus productif.

Cette zone de la monarchie deviendra un lieu où le commerce Ûuvial retrouvera le siège paisible et favorable à sa prospérité fjue sa situation centrale et sa plage d'un facile accès lui avaient assurée dès sa plus haute antiquité, et que les malheurs récents avaient fait abandonner.

Elle deviendra, dans la ville qui la domine : le siège de l'étude des lettres et du droit canon, conduisant à rétude du droit romaîji.

Il nous a paru qu*au seuil de cette ère nouvelle^ il était indispensable de lui assigner le caractère qui lui appartient» celui d'une révolution aunonijant^ sinon labandon du iiriudpe de la conquête, au moins une certaine régularisation préparaut un système d'institutions propres à donner aux populations qui le subissaient encore et chez lesquelles ce principe devait être longtemps maintenu, quelques garanties contre rarlutraire de leurs nouveaux maîtres.

Nnus avons pens<î aussi que les souvenir.s des k^nqw passés rattachés à une réalité nouvelle, n étant autres que les premiers

(1) Nous transcrivons cette tr-'^ductinn qni, par ano lîceere un peu hasardée, établit UQe plus gruado harmonie entre les deux finales.

anfieaQX derintermiDableehnine unissant le^ gonéraiiorLS f*nlrê elles cl k'séviMioinonlH entre eux» no devaieoi pa^éltv négligés.

Ces «ouveuirs nous monLreiit la civilisation inlrmliiite par la conquête des Romains lloltinl. au gré des aUornative.s les plus opposées; soutenue dans les Gaules après le eatâelysme île la Hïoie de l*Empire, parlhéroisoip ihi clcrpé chrétien ; su^îcombant «ous la barbarie de la jiremii^re race ; se relevant pendant le règne de Karle le Grand; absolument eflTai^èe sous les régnes de ses successeurs, mais, dans ses ruines, conservant encore quelques vestiges de ce qu elle avait été, et se mcntrant asaex puissante pour s'opposer à ce qu'on mît autant de {leHidie dans la trahison et de ciniauté dans la vengeance.

Mais, si nous n^avons abordé ce côté psychologique de Tbistoire que transitoirement, il doit être permis, même à celui qui n écrit que r histoire locale, de considérer les faits dans leurs principenet dans leurs conséquences.

En jetant I homme sur la ierre et en composant la faniille humaioe^ et même en la divisant par races, le créateur i*a «oiiinise aux méjnes inllnnités et lui a donné les mêmes droits.

M&tgt*é le libre arbitre qu'il a laissé à chaque groupe, comme il la laissé à chacjuc iudividu, afin de les rendre responsables des abus qu'ils peuvent faire de leurs forces et de leur puissance; il a attaché à ces violences des cbâtimeats qui ne se font pas longtemps attendre.

L'Koipîne romain a vaincu et opprimé les penpiea barbares, et les peuples barLmres ont renversé l'Empire romain.

Les Francs ont vaincu et opprimé les Gallo^Romains, et Gharlemagiie a vaincu et opprimé les peuples de la Germanie.

11 a C4jntraiut ce« peuples à Vabandon de leurs idoleâ^ et oes fieu|de9 sont venus détniirc les temp!f3s du chnstianisme.

Il leî^ a contraints di* rlieiT.h»'r mi n'fugn contre sa tyrannie 4Mi& lea terres glaf'éeja de rextrènie Nord; ils sont ve^ius dévas* t<M' le» rivages des plus beaux fleuves de TEmpire de Gharlemji^ue : la Seine el la Loire ; ils 1rs ont dépeuplés par leiî massacres des hommes, et par rcnlévemcut des femmes et des jeunes filles.

Ils ont forcé un arriëre-petii-fils de leur vainqueur à leur céder une des plus belles parties de la Gaule et à donner 8a fille, encore enfant, pour épouse, au vieil écumeur de mer leur chef (4).

Cette union a eu lieu après la scène de foi et hommage que celui-ci a fait jouer par l'un de ses soudards qui, au lieu de baiser le pied du roi en signe de soumission. Ta renversé en signe de mépris.

Enfin Witikind avait un fils bâtard qui, lui môme eut deux fils ; ces fils étaient Robert le Fort et Hugues le Grand, et la providence permit que tous les deux et leurs descendants devinssent les arbitres de la destinée de la descendance de Gharlemagne, et que l'un d'eux prit la place des rois dont l'aïeul avait combattu et humilié le sien.

Il faut arrêter ici ces rapprochements, ils pourraient rappeler de trop récentes, cruelles et patriotiques douleurs.

C'est en l'année 987 que Hugues Capet fut sacré roi des Français.

Voyons maintenant les actes des rois qui peuvent être considérés comme ayant été soumis à la haute influence des membres de la famille de Robert le Fort, jusqu'au jour deravènement de Hugues Capet au pouvoir royal.

Le premier fut Raoul, comte de Bourgogne, son beau-frère, qui régna de l'année 923 à Tannée 936 ; puis revint Louis IV d'Outre mer.

Lothaire, fils aîné de Louis d'Outre-mer, en Tannée 954, laissant un fils Louis V, qui lui succéda en Tannée 986, et mourut sans postérité en Tannée 987, n'ayant d'autre héritier que son oncle Charles, second fils de Louis d'Outre-mer, mort en Tannée 987, après avoir, en vain, essayé de combattre l'usurpation de Hugues Capet, dont le père, appelé Hugues le Grand, était mort en Tannée 956.

Or, pendant son passage au pouvoir royal et en Tannée 923, Raoul, sous l'influence de Hugues le Grand, comte de France, avait donné à l'église d'Orléans, pour son entretien, trois belles

(l) Rollon.

terres avec toutes letirs dépendaDces : Clepiacum, Trienum et Luuriacum.

Jasqu'ici il a paru très difficile de traduire ces noms de lieu; Symphorieû Guyon y renonce pour le premier ; il voit dans les deux antres Traîoou et Loury, voisins Tun de l'autre dans la forêt d'Orléans.

Cet acte porte : t Anselme 11, évéque d'Orléans, reçut du roi Raoul trois belles terres qu1l as.si^na pour rentretien des clercs et des chanoines nommés les frères de son église • {Anselmm ab eo rege Radulpho receplos 1res fimdos siipendiis frairum ecclesim 7iostrm delegavit, sciliceé : Clepiacum^ Trienum et Lauriacum) (1).

Il est très manifeste que cet acte de rautorité royale doit être exclusivement attribué à Hugues le Grand : le duc d'Orîians^ ainsi que rappellenl nos anciens auteurs, et qu*il a agi en faveur de Téglisc de la capitîilc de son duché i sous le nom du roi qu'il dirigeait à son gré.

Quel que soit l'auteur ou le motif de cet acte de munificence, an devait le noter, pour faire connaître l état précaire des égliseSf sous la main des homméi de ce temps, en, possession de l'autorité séculière.

Il est vrai que ces actes devaient être ratifiés par le pape, mais il était bien dillicile de changer un état de choses accofnp/t depuis plusieurs années; ici l'approbation du pape n'arriva cjuV'U fan née 1)28.

Bu l'année 930, il apparut une nouvelle charte de donation, cette fois émanée de la seule autorité du comte ou duc de France: Hugues le Grand, par laquelle il donna aux chanoines de leglise Saint-Sanson trois églises : Saint-Symphorien, Saint-Sulpice et Saint-Pierre-en-Sentelée, dont il a été ci*dessus grandement question,

A partir de ce moment, le vocable de saint Sympliorien disparaît et l'églis** pnvnd le seul vocable de saint Sanson.

(!) Ces trere« de l'église étaioat, sans doute, ceux qui ont été appelés : NourierSy et (juisembletit avoir composé, apécialeroent A Tégliid d^Orléttus, une coDgréf^ntion do religieux dinliticta ém cbanoines auxqueli, daas les dermera temps^ ilis oat été réuais.

le Ci>iTile de France nous apf»ron(f , d'aillpun*, le motif tout perso JHH*! qui Ta hid a^ir : il ^t cédé a TiDspi ration dtvtiuï, pmir 1<^ siilul Je «on âme et des âmes de son père et de nés prédécesseurs ; et il déclare donner ci com^éder lout ce qu'il a d<* drf)Us, dans la donation de IVglrse do Saînt-Pi*»rre-en-Setilelèo : • Dedimus et concedimus quidquid juris haheamm m^ donalîone sancH Pétri de Semiia tala. •

lï semble ([o'uné n^servc était l'aile dans cet acte et ff»^ Hngaes n^avail pas un droit entier dfins la pos^session de cette église ; noua sommes 6n<!tin à croire que ce n'était qiiVii fia I qnalîté <rahbé de Safnt-Mariin de Tours, et par «uite de quelque mélange dlritér^ts entre cetto célèbre abbayti et cette église d'UHéans^ f|n*il faisait ce sacrifice.

Quel qu^ait été ce droit, il est certain qu^il en usait de la manière la plus ai>8nhie et dao» la forme adoptc^e par les sauve* raîiiB pour leui-s prupnis autes.

C*est sans doute là l'origine de Terrenr qiii a consisté h attribuer cette donation à Hugues C.npet, deviînu roi de^ FrançaTs; mais les dates ftufïisejït à reotiiier cette erreur; noua sommes eti l'année 030, sous le règne de BaouK et Hugues Gapet o'a été cnyroono qu'en rRuore 987.

irest doue en ^jualitf! df^ duc de France que Hugues a pu feire cette réunion des églis(3g, et en sa qualité d'alïhé commandataîre de Saint-Martin de Tours, qu'il a pu foire cet abandon à Saint- Sansrm,

Cette église, à cette époque, jouissait d'une grande supériorlUï sur toutes les autres églises de la ville : < tellement, nous éîi Symphorien Guyoïi, qu on souloit (qu ou avait coutume, «kl verbe latin sok'o) y faire souvent des proceâBions géiiéraies èsquelles le corps de saint Sanson étoit porté en mue m châsse, par huit hommes^ et avant que de procéder anx éfoctions des éefievins fl aiitres assendilées publiqufs, on fesait drrr une nit^sse du Siiinl-Msftiit, en la mesuie église, parce que la grâce du Saint-Esprit avoit résidé en ce cou- Fesseur el avoit été niîinifestee par un pigeon IHanc qui parut sur lui, lorsqu'il fut ordonné diacre et de rechef lorsqu'il fut ordonné prêtre, et linalement îoraqull fut sacré évêque, »

Nous interrompons un moment ces fnotiTs de în préférence

dont cetle église était favorisée, pour expliquer ces appnrîtînns

le pigeons ou colombes qui ont été élevées jusqn*à une mani-

station miraculeuse de l'assentiment donne, par Dieu lui-

lème, au choix que, dans certaines occasionâ, les fidèles

Elisaient de leurs pasteurs, prélats ou abbés.

On est bien tenté de croire que ces récits sont une forme de

ingage pour exprimer le caractère des choix en rapport avec

ÎVi^prit de Dieu, ou ïes vertus particulières de l*élu à la baute

fonction ù laquelle il était promu ; et, cependant, on peut aller

jusqu'à penser que ces apparitions ont pu fréquemment être

le réalité.

A ces époques reculées, on célébrait dans les églises et, partieuliérement dans le^ cathédrales^ des représentaLions des randes scènes de la religion, sous le nom de Mystères. Parmi ces mystères, il faut placer, en première ligne, celui jie la Pentecôte, dont nous ferons connaître la touchante représentation à Orléans.

Ce jour-là, non seulement tes langues de feu qui se répanlirent sur les apùtres étaient figurées par des étoupes enflamnées, mais dans un grand nombre d'églises on l&chait une ou plusieurs colombes, personniTicatron mystique de TEsprit-Saint; fies oiseaux étaient, d'ailleurs, l'objet d*une pieuse hospitalité ; la habitaient, en grand nombre, les arceaux et les interstices ^e la charpente des églises, ou les attirait et les maintenait la îiourrilure qui leur était destinée, et où le clergé et tes fidèles avaient plaisir à les voir; et leur familiarité pouvait leur permettre de s'arrêter sur Tun des assistants pendant les sofenni tés les plus im posante» dont ils étaient, dans ces temps, le

Inlus gracieux ornemenL f Le Uîxle continue : « Ce fni aussi dans cette église de Saintpanson que Tan ni versa ire de Jeanne d'An!^ dite la Pncelle VOrlémis^ fut célébré l'an de grâce H33 : la veille de la Fête-Dieu. > I II restait un grand nombre de partisans au prince Chartes^ duc de Lorraine, second fils de Louis d'Oulrc-Mer; les grands feudataires s étaient divisés en deux partis égaux en nombre et

en pEÎssatice, et VusurpatioD de Hugues Capet seul était vivement contestée.

Mais celui-ci opposait aux difOcultés qull éprouvait deux intérêts qui firent pencher la balance de son côté.

L*un résultait de rhérédité des béûèfirrs transformés en 6efs, et la nouvelle organisation du droit public qui en était la conséquence ; le fief étant inamovible et héréditaire, le seigneur du Mef agissait en toute liberté et^ à son égard, le roi perdait toute sa puissance.

L'autre venait de la composition de l'eîpiscopat qui déjà se recrutait dans leléinent de la conquête.

Tous les deux, en favorisant un nouveau pouvoir, essayaient leur récente indépendance, et croyaient en assurer l'irrévocabilité.

Aussi rarchevéque de Reims s*empres8a-t-i! de consacrer Hugues Capet roi, dans la basilrcjuc de ccLLc ville, le 3 juillet de Tannée 987, c'est-à-dire ranncc niAmr^ où mourut Louis V.

Cependant, les efîorls que le nia Clinrïes de Lorraine ne laissèrent pas tjuc d'elfrayer lluf^ues Capet, qui crut prudent de s'associer son fils unique Robert, et celur-ci, avec Tassentiment de la plus grande partie des grands feudataires, fut ccrnsacrêj c'eat le tenue ofliciel adopté, roi par l'archevêque de Reims, dans Téglise cathédrale (1) d'Orléans, sa ville natale, où il a voulu être marié.

Nous devons nous borner^ ici, à considérer le dénouement du drame qui s'engagea entre les deux nouveaux rois et le prétendant, dont les droits étaient aussi incontestables que Fusurpation était llagrante.

Charles de Lorraine s'était porté, avec sa faible armée, vers la ville de Laon.

Il avait un serviteur Ûdèlc dans la personne d'ArjxouU fils naturel de Lotbaircj et, par coTisêr|uent, son neveu; celui-ci était clerc de régbise de Lfioo.

Ce serviteur (idéle lui livra cette place dans laquelle était Adalberon, l'archevêque de Reims, qui avait sacré Hugues

fï) Et non daa» cell© îe Saint-Sansoa, comme oa l'a écrit.

Capet; la reine Constance, femme de Louis V, s'y trouvait auââîy elle ùtait accusée d'avoir eaipoisonaï celui-cL

Charles les fit enfermer dans une tour qui, par une singulière coïncidence avec cp i|ui devnît bicntrit se passer, Hait appelée : la Tour de Louis-ifOulre'mer,

Les hostilités reprirent entre les trois princes; elles oITreut à ratlônlioii ce» trois phases très distinctes et, cependant, k peu près semblables.

Amoul livra la ville de Laon à son oncle Charles de Lorraine ; mais, bientôt, pour se relever de rexcommunîcation dont le pape Tavail frappé, Amoul abaodonne le parti de Charles et livre la ville à Hugues Capet, au prix de Tarchevôohé de Reîms^ vacant par la mort récente d'Adalberon.

Et presque au même instant, il livre de nouveau la ville à

Charles et va jusqu*à le sacrer roi, usant ainsi de sa dignité

^*archevêque de Reims qu*il tenait de Hugues Capet, et

nlève à celui-ci les villes de Laon, de Reims et de Sois-

ons.

Mais Hugues Capet ne se tint pas pour vaincu ; I evêque de

aon, nommé aussi Adalberon, comme te feu archevêque de

eims, lui servit d'inslmnient pour opérer la contre-partie

^c3e ce que venait de faire Arnoul.

Celui-ci avait livré la ville de Laon à Charles, celui-là n'héi^^ita pas à la livrer à Hugues.

A Taide d'un prêtre nommé Adalger, auquel Tévêque remit ^«-es portes de la ville, investie par les soldats de Hugues, ceux-ci ^^ïurent entrer, pendant la nuit, se saisir de Charles de Lorraine, de sa femme et d'Arnoul lui-même*

Tous les trois furent dirigés sur Orléans, où ils furent enfer- ^Knés dans une forteresse de la ville, dite la Tour-Neuve; ceci se 2»assa pendant les années 993-994,

Le roi, bien jeune, y mourut après quelques mois de séjour, laissant daiLS ce donjon la reine et deux fils jumeaux nés pentlant cette captivité ; mais on n'est pas d'accord, tant sur la durée de son séjour dans la tour d'Orléans que sur le nombre de ses enfuxits.

Dû ne donne à sa captivité que l'espace de quelques mois;

on parla da Iroèi coXasts, dûui deux Qa<|tiireiit pendant qu^îl vécut dans Teiiceintô de la Toui-Neiive \ oo dit que Othon, l'aÎQé^ qui était abscat de France, au momeut où ces évéûfirtti^Qis s'accompt Essaient, put échapper au ressentiment de Hugues Capet, ainsi que les deux fils jumeaux qui seraient oé^ daus la tour d'UrîùaHs,

Heiy i M:trtiii cL Mé^tjray fixeiit à deux aimées cette captivité, pendant lesquetles les deux jumeaux vinrent au monde ; ils les appellent Lauis et CUiarles.

Le premier de ces historiens dit que ces deux derniers fils de Cbarlemagoe, nés dans la (Captivité, y vécurent et qu'ils parvinreat à 8'évha^>per et à se réfugier en Germanie, où leur postérité s'éteignit en 1:248.

Le second enseigne que ces deux Ois jumeaux moururent avant leur père.

Entre ces deux versions, il est assez indifférent de choisir, mais si on avait le désir de le faire, la version de Mézeray est bien préférable à celle de Henri Martin; il est difficile de croire que Hugues Capct ait éLc assez scrupuleux pour laisser grandir et assez peu surveillant pour les taisser s'échapper, deux. princes au père desquels il venait d'enlever la couronne aprëa une assez grande résistance de la part de celui-ci> et auquel it avait inûigé un traitement aussi cruel.

Pour nous, ces deux jeunes prétendants, dont on n'entend plus parler dans la suite, sont morts dans la Tour-Neuve d'Orlémis^ s'ils y sont nés.

Cependanl, Henri Martin nous apprend que les deux jumeaux Louis et Charles sont mentionnés dau:^ une charte d'un monas-S tère du Limousin, appartenant a Tan iOOiï ; mais nous sommes " surpris que ce célèbre historien attache quelque prix à cette mention; ces princes, nés dans la lour en 988, se seraient fl évadés de bonue heure, et cette meutioii, (]ui n'est ptïs citée textuellement, semble rappeler des noms, sans acception de rexistenee de ceux qui les ont portés, ■

La vengeance du nouveau roi ne s'arrêta pas aux membres de la famille royale, elle atteignit Arnoul, ce clerc qui Tavail trahi deux fois et qui était devenu archevêque de Reims.

Ndiit v^ttonfl de yoît qu'il Tavait iait etàferi&erf av«c le roi, dans une des tours d'Orléans; il fâUut le convaincre d*avoif livré la ville de La<m h Charles de Lorr&in«; on interrogea ▲dalger* qui déclara avoir rer/n deB mains d^Arnoii) les clés de» portes de la ville et avoir fait entrer les soldat<i de Charles.

Ce prèire offrit^ conimo juatiQeatioE de son téoioignage^ de subir, ay choix du roi Hugiied! les ordaUes du feu, de Teau ou dti fer chaud.

Arnouï, qui avait fulminé rexeommuuicatioa contre les auteur» des faits qu'il avait commis lui-même^ les avoua eniia ; il se démit de sa dignité d'archevêque et fut remplacé par Gerbert» qui^ bientôt, devint pape iM>U3 le nom de Sylvestre U.

ArnooK ramené dans sa prison d'Orléans, en fut tiré par ks protestations du clergé ; une captivité infligée à un eecW* aiaatiqtie d'un si haut rang excita do vives réclamations ; deaiMi c6téy Gerbert ne pouvait jouir paisiblement de sob archevêché* Un xyuode d'évéques gallicans réunis h Reiia» exigeait le renvoi de Gerbert et la réintégration d^Arnoul» mais llugtMs Capet résista et maintint Arnoul dans sa prison Quilletddâ).

Ce prince mourut le 24 octobre 996. Robert lui succéda, et, l'année même de sa prise de possession de la sou verainelé^ se conformant à Tavîs du pape, U eonlraigiiit Gerbert à quitler Tarchevéché de Reims, iJ rendit la liberté ^ Arnoul et U alla jusqu'à le rétablir sur le siège épiseopai que sou père l*a^aîl contraint de ciuitter.

Ce fut dans ce synode de Reims (voir Fleury, livré V,) qu'Arnoul (Araulpbe), èvéque d'Orléans, prononça un dîsecnurs qui n'est qu'une violente diatribe conti'etous les papes sucee»aeurs de Gélase et Innocent, auxquels il oppose une série de souverains pontifes souillés, suivant lui, de tous le» erîiMi>

Ce discours est, il est vrai, mis en doute par Symphorieii Ouyon: t U n'est pai» croyable, dit-îl, que les paroles in jurieuaBB et scandaleuses attribuées à Arnoul, évèque d'Orléans, conlie le saint ni^ge apostolique aient été proférées par cet évèque, teq»el était un homme de tneii. >

Cependant, comme ces paroles ont été rapportées dans oes â€ks, il les attribue à Gerberl (]ui, pour défendre sa mauvaiee

cause, à mêlé beaucoup de choses peu véritables par style de^ rhéloricien et non d'historien.

Les termes de ce discours ne seraient ainsi que modifiés ; et, d'ailleurs» il njoute que Tœuvrc de Gerherl a dû être, depuis. dépravée et mutilée,

Llntcrvalle entre ces événements et Tan 1000 aest que de trois années ; il a été occupé par la séparation du roi Robert et de la reine Berlbe, exigée par l'Église ; Abhon, abt>é de saint. Benoît-sur-Loire, ardent délégué du pape, parvint, avec beaucoup de peine, à obtenir du roi son consentement à cette répudiation, qui eut lieu sous prétexte de parenté.

Nous ne nous arrêtons un instant sur ce sujet qiie parce qui celte séparation a été suivie de son mariage avec Constance de Provence, que nous verrons bientùt intervenir h Orléans, d'une manière malheureuse, dans un acte très regrettable du règne du bon roi Robert.

Les populations chrétiennes étaient alors sous rinfluence d'une croyance qui devait leur inspirer une profonde rrayeur.

Cette frayeur était singulièrement entretenue à Orléans par de.ç prodiges que la crédulité populaire s'oflVait à elle mémo ; tout ce quVm racontait était de nature à pronostiquer les événements les plus ajmcalyptiqtœB.

Nous serons aussi sobres que possible dans le rapport de ces événements que racontent avec une grande prolixité nos annalistes ecclésiastiques.

Charles de La Saussaie, dans ses Annales ecdesiœ aureiianensis^ raconte qu'en Tannée 998^ il existait an milieu du monastère de Saint-Pierre-le*PuêI!rer: Véiendard delà croix, c'està-dire une croix d'une grande élévation, portant Timage du Sauveur soufFrant la mort pour le salut de Thumanîté : Monasierii medio deflxum stabat crucis vexilfum prœferens ipsûis salvaioris pro sainte humanamortempaiieniis imaginerii; des yeux de cette image, un grand nombre de personnes virent sortir un ruisseau des larmes qui coulèrent pendant plusieurs jours: € A cujus scilicet ùnagmis octilis per aliquod dierem spatium continué mnltis cef-neniibus, rivm emanavii lachrymarum;» et se rappelant que le Sauveur, prédisant de grands

uiulheurs dont Jérusalem était uicnacce, se prit à pleurer, ils peusaieul qtje, par les larmes que son image répandait, le Sauveur léiiioij^tiatL i[ite la ville d'Orléans, duaa uu Lêiïi|^s très prochaifi, éprouverait une grande calamili^ : « sic denique et hanc videlicel aurelianam paulo pont immlnenlcm cladempcissuram per ea-pressmn siun itnaginis flguram flevùse comprobatur. » On voulait oonserver ces saiules larmes; on les reçut dans des bassins d'airain, mais les larmes les pénétrèreiiL et, par une vertu divine, les bassins en furent traversés. Le doyen de la collégiale, pour calmer la douleur que la perte de ces larmes causait à la population orléanaise, t sbipebant miiversi et lamentabantur y » prit un corporal sur lequel venait d'être consacré le corps et le sang de Jésus-Chrisli et le corporal ayant reçu larmes, aucune ne traversa le saint suaire : t nec uila illarum sindonem pertransiU, »

Eu mémoire de ce grand miracle et pour en transmettre le témoignage et le souvenir à la postérité, les bassins et le corporal furent conservés dans la sacrii^lie de cette église • qusB utfaquey videlicetei pelves et corporale^ ad memortam posteritatis pro magnitudine miraculi refservanlur in sacrario ejusdem ecclesix. Ils y sont restés jusqu'au xvi* siècle, époque h laquelle ils ont été pris et détruits par les protestants : c gpoliala el deinde eversa ub hiereiicis. «

Ces prodiges furent suivis d'un autre non moins extraordinaire : peu de temps après et pendant une nuit, les sacristains de Sainte-Croix s'étunt levés pour ouvrir les portes de Téglise à ceux qui voudr<iient assister h l'ofTiea des matines ; aussitôt un loup entra dans Téglise et prenant la corde du la eïoclie dafts sa gueule, il la fît sonner, * ac funem signi ore arripiem agiiansque, illud insonuiL •

En ranaée 999, d'un effroyable incendie consuma presque toutes les habitations et les églises: » fota illùis civitalîs humana hnbiiaiio cum donnibus eccie&iaram ierribiUter igné incremenia esL

Ce cruel événement fut compensé par la découverte d'un trésor fait* fort à propos, par révêque Arnoul, dans les ruines de l'église, ce qui permit à révcquc de la reconstruire. m 2

On doit remarquer, comme le fait d'ailleurs Raoul Glaber, auquel on emprunte tous ces récits, et particulièrement celui-ci, qui remet en mémoire l'invention, de ce genre, faite par saint Ëuverte travaillant à la construction de Sainte-Croix, la fréquence de ces découvertes de trésors, ce qui nous paraît rentrer dans le style rhétoricien de ce temps et n'avoir d'autre sens que celui de constater le caractère divin de la religion qui, comme le phénix, renaît de ses cendres, et n'est jamais si près de son triomphe que lorsqu'elle semble plus près de sa mine.

Symphorien Guyon ajoute à tous ces éléments de trouble, de superstition et de terreur, en présence de la Gn du monde, un grand tremblement de terre, et, dit-il, < fut veueau ciel une comète d'une prodigieuse grandeur, comme un flambeau ardent avec une fort longue queue semblable à un éclair, qui effrayait tous ceux qui étaient aux champs et à la ville, de sa clarté extraordinaire, et, cette clarté se dissipant peu à peu, fut veue au ciel une autre figure qui avait comme une teste de serpent et des pieds de couleur bleue, ce qui semblait pronostiquer la mort misérable de l'empereur Othon et autres calamités qui suivirent. »

Aprèî» avoir payé ce tribut à la crédulité, non seulement de nos pères, mais encore à celle des écrivains du xvii* siècle appartenant à l*ordre ecclésiastique et à la magistrature la plus élevée (i), nous devons aborder des sujets plus sérieux et plus dignes de l'histoire.

Le règne de Robert nous fait assister à un drame qui autorise à donner la qualification de fanatisme aveugle et cruel au sentiment religieux lui-même, alors qu'il est compris et pratiqué, ainsi que le comprenaient et le pratiquaient ces populations que les malheurs da ces temps avaient fait retourner à la barbarie.

Parmi les chrétiens et dès le temps de la primitive Église, il

(1) La Saussaie, doyen du chapitre do Sainte-Croix ; Symphorien Guyon, curé de la paroisse de Notre-Dame des Ormes-Saint- Victor ; Lemaire, conseiller au bailliage-présidial.

se Irauva des esprits dont Tactivité tw put se renfermer dans le cercle d'une foi absolue.

Un grand nombre de syslèraosse manifestt*renl; celui de Manès eut de îiombrenx et persévérants adeptes, ils furent connus sous le nom de manichéens; ce sont de ceux-lLi dont, ici, nous devons nous occuper.

Cependant nous ne pouvons passer sous silence la persécution que les Juifs, au comm^^ncemeiU do xt" siècle, curent à subir dans la ville d'Orléans,

Ils habitaient un quartier qui leur était exclusivement consacré; espèce de GktntOy d*où la rue, s'élevant avec nn assez grand escarpement et reli;ml la rno de la Poierne à la rue de la Véronique ou *du Bntloir-Vert, s*élendant ainsi de la rue de la Charpenterie h la rue Bourgogne, était appelée de la Roche-^ auX'Juifa,

On avait môme toléré qu'ils eussent une synagogue, dans une rue dont il a été parlé déjà, désignée par pbïsîeurs appellations successives et qui a conservé la dernière, celle du Bœuf- Sainie-Croix, tn^s rapprochée de celle dite de la Roche-aux- Juifs.

On les accusait alors, et cela en Tan 1010, d'avoir écrit au Calife de Babylônt% pour l'engager h détruire le temple de Jésus-Christ à Jerusafeîn.

Une sentence de Tévéque d'Orléans, Fulco ou Foulques, porto que, par un agent envoyé exprès à ce sultan, les Juifs d'Orléans lui dénonçaient les pèlerinages comme le principe des attaques qui, biemût, sous le nom de croisades, ont été dirigées par les chrétiens de rOccidenl contre les barbares en possession de la terre sainte.

On a été jusqu'à ajouter que ce prince voulut, en effet, détruire ce Sîiint tombeau, mais que tous les efforts tentés pour cetîe destruction deriieurèrenl inutiles et que le tombeau, miraculeusement préservé, resta dans son entier.

A celte nouvelle, Tévêque interdit h tons les chrétiens tous rapports avec les Juifs; il ordonna même leur expulsion : mesure que le pouvoir royal approuva et qui s'étendit même à tous les Juifs habitant le territoire de la monarchie.

De là tu massacre il n'y tvâU pts loin; oe court esptce fut fraochi en beaucoup de lietti et particuLièreroeiii à Orlétns; c*esi oe qa'uB de nos hisloriens, avec ss foogne ordiniire^ brvqo'Uj traite ces sortes de sajels^ prend soin de soos apprendre.

Il raconle aussi que Tagent des Juifs, tiominè Robert^ aopr du calife de Babylooe, serviteur fugitif du mouastère de Hel^ leray, que les Juifs avaient corrompu, aydut commis rimpriH^ dence de revenir à Orléans, fut pris par les ofliciers du rou lire bors la ville où il fut brtïlè vif en pfésMce de tout le peuple.

Les Juifs furent bannis, maïs plusieurs furent noyés dans les fivières on passés au fil de Tépée; quelques autres, ujoote-l-on, se tuireil de rage ei de désespoir.

I>ans ee temps aussi la secte des MmdchèeBS, qu'une femme avaii apportée dltalie à Oriéms, tut découverte eo Taiinèe laiT

Fleury [Hist^m fttiMuUque, liv. LV11I) raconte qu*un sei* gneur normand^ nommé Aféftsle, emplové dans dea négociations lepfès des rois de France, avait cb^ lui un denc ooitli Herbert qu^il envoya à CIrièaiis pour j étudier,

Là« ce clerc tt la eoniaissaiiee de den ecdésiaâtii|iies, SiepftmMS ei Litaims (Etienne H Lisots), fun, dief de Técole de Saint-Pierre-le-pQeUier ; le second, duaeiiie de SatnieCroiï.

« Tous les deoi étaient d^'ardents mamdiéeas; ils insiniîjdreDi Herbert dans celte bérésîe rt, parvenu au terme de ses études, CfOfaoilèm amvé a« comble de la agesse* il s'rfibrçt dTanirer leieifMvâfMbsieàses€eBlimeit& *

JLrtiisie, loin de céder i ces instructions^ dénonça an roi resisleftoe de celle erreur dans le dcrgè dtklèuts et, sur Tordre êm rm Hifrès s'iM een^nè avec m chaneint de Cbartres qui reagifM l ne twtiler par les actes de la piété la pi» fcrwnte, dana le dussent de pénétrer le secret des de«x eccibieelîqaes «Micbéeas dtMiufts en ftinmi semMui d%re leurs dbdplcs, taw les deux arrivèrent à Ortéua.

Ou TOit et qui suivit, le seerH est surpris, dénoocè au roi et •nèitqueseie« déctie^n cMcde ne» tCuttU & Qrièaiia. Ipoucr jvgerles eo«pablA.

Le roi et la reine prennent la résolution d'y assister.

Lea sectaires rtirent traduits devant eette assemblée après

une instniction dans laquelle tous, au nombre de treize, dont nue religieuse, avouèreut être partisans de la doctrine de Mânes, et ctila avec une telle conviction» qu'ils offrirent, euxmêmes, de se soumettre à répreuve du feu, protestant qu'ils en sortiraient sans aueuu mal ; ils allaient jusqu'à railler ceux qui les invitaient a se convertir.

Cette séance se tenait dans Téglise do Sainte-Croix d*oti, sur treize des sectaires, deux s'éUint retracbVs» onze s'avancèrent vers le brasier et ne reculèrent qu'an moment où ils commencèrent à souffrir de ses atteintes.

Le peuple était si animé que, par Tordre du roi, la reine Constance se tint à la porte de l'église afin d'empôcbcr que la foule ne s*y précipitAt pour les tuer ; mais, elle-même, ne pouvant contenir son indignation, creva, de la baguette qu'elle tenait dans sa main, un des yeux d'Etienne, son ancien confesseur.

Cependant le peuple apitoyé par les cris que jetaient ces malheureux voulut les tirer du brasier, mais il n'était plus temps, ils furent réduits en cendre à ce point qu'on ne retrouva plus leui's os: ce que La Saussaie nous apprend en ces tprmes : t continuo m puherem snnt redudi. »

La mort, elle-même, ne préservn pas les secUiires ; on découvrit qu'un clerc, chantre de l'église de Sainte-Croix d*Orléans, nommé Théndat, mort depuis trois ans, avait adopté cette hérésie : Tévéque Odolric (on était alors au cours de Tannée 1022), fit déterrer ses restes et les jt^ter à la voirie.

A ce sujets le langage de Syniphoricn est empreint d*une sévérité qui va jjisqirà la cruauté : « C'est ainsi, dil-il, qu'il faut écraser contre la pierre les petits avortons de f^abylone, de peur qu'ils ne croissent et ne fassent une plus rude guerre ; c'est ainsi qu'il faut prendre les petits renardeaux qui démolissent la vigne du seigneur, de peur qu'étant devenus grands ils ne fassent un pins grand ravage, etc. . . »

Ce langage est d'autant plus regrettable dans la bouche d'un ecclésiastique, (ju'à l-c moment même où il retra^jail les scènes

de fanatisme qui viennent «rêtre rapportéea, réglise d'Ortéaiis oiTrait le spectacle des compétitions les plus scandaleuses et des violences les phis criminel les.

Si nous voulions remonter à leur principe, il faudrait rappeler les querelles du seconil mariage du roi Robert qu'il voulait, dit-on, faire annuler par le pape, auprès duquel il se disposait à se rendre, voyage qui remplissait l'esprit de la reine Constance d'inquiétude et d'afllictinn.

Sans aller aussi loin, nous croyons devoir insister sur ce point méconnu par Thistoire générale (1).

Ou lit dans ffs Atinaies de lÉgfised'Orfénm.an chapitre conBacré à Théodoric ou Thierry, occupant ce siège épiscopal de Tanoée lOOG à Tan née 1022 : • Lorsque le roi se disposait à aller à Rome, dans rintcntion de répudier lu reine sous prétexte de parenté, il la laissa avec son fils Hugues dans la demeure royale, La reine inquiète et troublée, dans l'espérance, par l'influence de quelques membres de rentourage de Tapestôle (mot par lequel on désignait alors le pape), dVibLenir de lui un ordre en venu duquel elle serait rendue au lit royal (illa se sperans aposioiici jussu, favenlibmque quibusdam ex auîicis ihalamo regio restUutam iri)y s'apprêtait à se i rendre à Rome,

Dans cette situation d'esprit, la reine ^ pendant son sommeil, eut une vision : il Ini apparut un vieillard vénérable, vôtu de la robe sacerdotale, son bâton pastoral à la main, les yeux éclatnnt d'une lumière surbumaine, qui lui déclara être révêque Savinianus et qui lui adressa ces paroles ; < Constance, sois constante » {Constans esto co}ista7Uia),n^ crains rien, car, par la bonté de Dieu, tu es délivrée des inquiétudes dont tu étais

(1> Henri Martin représente Robert comme persécQlé par sa femme Constance, dont il dit qu'elle voulait commander ù tout prix ftans qu'on lui résistât j il parla également du dcsir qu'avait le roi de reprendre la reine Barthe qu'il no cessait de regretter ; de la mise ê^ mort, par les braves chevaliers do Foulques Neraa, oncle de îa reine Conatance, de Hugues, né du prcmior mariage du roi ; tnaiA il ajoute, aeulement, quo le roi se récoociiia avec celle-ci (>re8<|ue ausBilùt, Fleury donne un tout autre motif a co voyage.

tourmentée : {quia, Deo propitio, imminêntem evasûti seatra tristitiam),

A son réveil, la reine interrogea tous ceux qui renlouraient, leur demandant quel était le saint personnage qui lui était apparu.

Au nombre de ceux auxquels elle s'adressa se trouvait un jeune clerc du nom de Théodoric qui, seul, put donner une réponse t^aiisfîtisanle h cette question « umis ex lis vice omnium, rCr^pondit, «

C'est, lui dit-il, Saviniîinus, dont le corps repose dans le raonasiérc de Saint-Pierre-le-Vif, de k ville mélropoHtaine de Sens, dont il avait étt'* le premier archevêque et où il avait soufTert le martyr.

Il invita la reine i^ se rendre k ce tombeau, lui donnant Tassurance que, si elle invoquait |iieuscmenl îe saint ce qu^tîle lui demanderait serait certainement accordé, h Quem si devota nditm, noveiis te, quod pullicitus est certo comecuhiram, »

l.a reine ayant été prier, avec larmes abondantes, au lomheau de Saviniau , le lioisiéme Jour qui suivit cette pieuse démarche, pendant une nuit orageuse, elle reçut un envoyé du roi qui lui apporta une nouvelle conforme à ses désirs, suivant les promesses du saint martyr: Et hcftrtjmia eoram sepulchro sancti Savi niant proftisa, ejus se previbus fidriqiie ioiam commisit^ tertio dein die subito tfîtempesta nocte adfU régis tftjotus^ nuntians supervenientem^ qui inopinus advenv'fis et illam deinceps jitxta promissum martyns ardi^fitiits est complexus. »

On comprend que le jeune clerc qui avait si exactement înlerprélé le songe de la reine et qui lui avait donné un conseil si salulaire avait droit à une récompense.

Précisément, ù celte époque, ie s^iége épiscopal d'Orléans venait à vacquer par la mort de Fulco (Foulques),

Théodoric, fort de la protection du roi et de la reine, se présenta aux suffrages du chargé, dont une partie lui fut favorable ; celte partie, nous dit Symphorien Guyon, était la plus s-iine ; m^^if iî pnratt que, sans la volonté expresse du roi i << Sed régis imper io et vohintate urgente^ non qniâem unanimi

omnium ciencorum cansensu^ asiumpîui est, » Théodork ii*eûl pas été élu.

On lui faisait de g» aves reproches, on allait jnsqti^li Tacctiser d*hoinirid«*, ce qui ravait fait déclarer suApendi par le légal du pape : « Propter crimen homtcuUi, quod audierat, missum à dùmino papa vidimus interdictum. »

Mais, ajoute le teile reproduit par La Saussaie, il faut croire qii*il fut reconnu innocent des fautes et des crimes dont on Taccusait, par ses accusateurs eux-mêmes : < Ci ui $ic^ nec enim objetta pro approbaûs accipievda tamen, ni esi credibiky ab iw, qiut erant ei objecta, pur(fatu&^ >» puisqu'il fui sacré par Leotheric, archevêque de Sens, el par Fulbert luimême, révèque de Cbarfres, *\e la correspondance duquel ces reproches el ces accusations, adressi**es à Théodoric et portées contre lui, sont tirées, et par d^auires évêqucs, dans PÊglise d'Orléans.

Cette réhabilitation, proclamée par cette solennité^ mais sous rinfluence du roi et de la reine, ne nous parait pas présenter un gage suffisant d'innocence; en tout cas, Tadversairi du prélat ne nous offre pas, de son côl**, un caractère digne, non seulement de répiscopai, mais même de la simple cléricalure.

Écoutons Symphorien Guyon qui n*est» ici, que le traducteur de La Saussaie :

tt Or, comme celte cérémonie de la consécration de saint Théodoric se faisait dans Téglise d'Orléans, Oldoric, son cornpétiteur, assistr d'une troupe de soldais, enlra dans Téglise et, avec ses gens bien armés, s'approcha de Tantel el se rua sur lui (cum manu armata irrupit fores ejmdem ecclesiœ), i! força les portes de Téglise, il se précipita jusqu'à Tautel, une arme à la main, el il s'approcha de Thr^mnie de Dieu sous la main du prt'^lat qui le sacrait, comme s'il devait le faire mourir. {et usque ad allare progrediem virum Dei suh manu mcranti^^ quasi perempturus appfitin]; mais, par la grice et la prolection divine, ni Tévéque consacré ni rarchevêque conséc râleur ne furent aucunement blessés; et toute celte entreprise s'en alla h néant, les adversaires ^yani perdu toute leur vigueur

el résoltilion» parce qu'ils vo^'aient que citlui qu'ils voulaient oflensor était gardé de Dieu.., Mais Ûldor΀, brûlé dVnvie, ne cessa pas pour cela de jjoursuivre et persâculer Théodoric; car un jour qu'il Liait k cheval et passait soti chemin, les satelliies d'Oldoric, le surprirent, le jetèrent de son cheval cl lui donnèrent plusieurs coups et le quiltcreiil pour mort; mais il se releva bientôt sain et gaillard» ce qui causa à iMdoric un si grand rlontiemetit accompagné de componction, qu'il vint se f>rosterner devant Théodoric et kii demanda pardon, qu'il obtint tacilement, »

Nous ne croyons pas devoir nous séparer du rcgne de Robert sans nous arrêter il quelques traits de sa vie, bien différents de celui qui vient d*^ire rappelé.

Nous les emprunieroui? a des écrivains plus calmes qtïc îes r^crivains de TÉglise d'Orléans.

Fleury nous apprend quo Robert alTeciionuaii singulièrement la ville d^Orléîtns, dans laquelle il était né, où il avait été baptisé, sacré roi el marié

Ce prince se plaçait sous l«i protection spéciale de saînl Aignnn.

Nous avons vu Téglise de cette collégiale être plusieurs fois détruite, afin de la soustraire aux profanations des hommes du Nord, yens aquilouis^miÂi que la maison conventuelle qui, d'ailleurs, aurait pu leur donner asile et leur servir de moyeu d'attaque et de défense, et le roi Robert faire rebâtir Téglise avec magnificence el une auïre maison conventuelle.

En sa qualité de chanoine de cette église collégiale, il assistait aux offices revêtu d'une belle chape.

On dît qu'assiégeant la ville d'Avallon, mais ne vonlant pa^ manquer de se rendre à la célébration de la fcte de saint Aignan, au moment où il entonnait, au lutrin, r.4f/MM^' Iki qu'il répéia trois fois, suivant le rituel» les murailles de la ville assiégée lonibèreul d'elles-mêmes, comnw îrs muraiili's (k Jéricfto tombtrvHt au son des trompettes siH'e7\htaie.s.

On sait que ce roi lettré et cultivant la poésie, est Tauteur de quelques hymnes el rythmes adoptés par l'Eglise, entre autres la prose du Saint-Esprit : Adsit nobië tjratia.

Fixant l'époque de riiilrodiution, en France, de rarchiteclure romane, Henri î^îanin mentionne la reconstruction de l'église de Saint-Aignan, d'Orléans, par le roi Robert.

n La façade de cette maison de Dieu fut construite avec un iwi adntiruble et sur le même plan que celle du monastère de Sîiintc-Marie, mure du Christ, Saiot-Vitiil et Saint-Agricole, en Auvergne. »

L'nuteur entre dans les détails descriptifs les plus minutieux : c< Cette église avait 240 pieds de longueur, 72 pieds de largeur, 00 pieds de hauteur, 122 fenêtres et 19 autels consacrés k autant de sainis. «

Il établit une comparaison tout h Favantage de cette basilique, entre elle et celle de Siiint-Martîn de Tours, qui n^avait que 160 [lieds de longueur, 60 pieds de largeur, 40 pieds de hauteur sous voule et 52 fenêtres.

Cette magnifique reconstruciion de la basilique de Saint-Aignan fut commencée en Tannée 1022,

En Tann/e 1(121», le roi assista h la dédicace de Tégiise dont Fleury, à quelque différence prfcs, donne une description semblable.

Cet auteur entre dans (juclqucs autres détails qui devaient peu loucher un historien comme Henri Martin, mais qui intéressaient un historien ecclésiastique et que Thistoire locale doit recueillir,

La châsse dans laquelle reposaient les reliques du saint, donnée par le roi, était d*argeni, ornée, par devant, d'or et de pierreries.

Le roi porta cette châsse sur ses épaules, et, après la cérémonie, il se mit h genoux devant le maîlrc-auteî ; il se dépouilla de la pourpre et prononça publiquenienl une action de grâce

Entre les dons d*une magnificence toute royale qu*il fit à celte église, on doit remarquer cinq cloches, dont l'une pesait 2,600 livres ; il la tlt baptiser, et lui donna son propre nom : lioberL

Sa charité était immense '. h chacun de ses séjours ii Orléans et par chacun des jours, iî donnait la nourriture à SOO pauvres et quelquefois ce nombre allait jusqu'à 1,000.

Il lavail les pieds à douze d'cnlre eux.

Mais les fatl^ de celle uature atteslant sa bonté, son huma* Dite, sa clemeace, sont écrits partout; nous sommes ainsi dispensé d Insister sur les actes de la vie d'un prince qui donna tant de preuves d'alTeclioD à la vHle dont nous écrivons riiisloire.

Nous ne pouvons cependanl négliger les quelques autres donations qu'il lui OL

Nous avons parlé d'une église qu1l Mtilet à laquelle il donna le vocable de Notre-Dame de Bonnc-Nouvello, cl nous avons mentionné cette fondation en la séparant des autres constructions de cette nature, parce qu elle leur esl antérieure ^elqu^elle Test même à son règne.

On attribue ce vocable de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle à sa dévotion envers la sainte Vierge et, aussi, h celte circonstance qu'à Tendroit même où I église est bâtie, il reçut la nouvelle que Hugues Gapet, son père, avait échappé à un grand danger de mort, ce qui autorise a penser que cette fondation est antérieure à son propre règne.

Cependant les historiens Orléanais sonl très silencieux sur cette origine ; il n y a que Symphorien Guyon qui Ta acceptée en reportant ta responsabilité de cette anecdote sur le R. P. Poirée qui la insérée dans un ouvrage intitulé : ia Triple couronne de la sainte Vierge.

Il traite, en elTet, ce sujet très transiloirement, el il ajoute : « Ce vocable de Bonne^Nouvelle convient fort bien à la mère de Dieu, d'autant qu'elle esl la première qui a reçu la nouvelle du salut du monde en ï'incartiatioti du fils de Dieu. »

Cet ajouté à Texlrait de rouvrage du P, Poirée semble préférable, nous pensons que c esl à celle pieuse considération qu'a cédé le roi Robert quand il a appelé cette église Notre- Dame de Bonne-Nouvelle.

Celte réflexion est confirmée par le nombre, assez considérable , d'églises répandues sous ce vocable» dans le monde chrétien.

On cite encore I église dédiée a sîiinl Hilaîre que Robert fit bâtir auprès du Chàtclel pour qu'elle fut sa paroisse dans les

fréquents séjours qu'il ferait dans la ville ; il y plaça un chanoine en qualité de chapelain.

Sa dévotion était telle qu*il voulut avoir, dans l'enceinte du Châtelet lui-même, un oratoire qu'il dédia à saint Etienne et à saint Vincent, vocable que les rois, ses successeurs, changèrent en celui de saint Louis, rendant ainsi un éclatant hommage à ce vertueux et grand prince.

Enfin il se montra le bienfaiteur de l'abbaye de Fleury ou Saint-Benoît-sur-Loire, pressentant les immenses services que cette institution religieuse devait rendre aux lettres dans toute l'étendue de la monarchie.

A cette époque nous remarquons la mention de cette procession, dont nous avons placé l'origine à la fin de l'épiscopat de saint Aignan, que les habitants de Chartres avaient coutume de faire, de leur ville à Orléans, et que l'auteur des antiquités de la ville de Vendôme y M. de Petigni, pense avoir été instituée en mémoire et en reconnaissance de la prédication de l'Évangile par le grand évêque d'Orléans, dans- le pays chartrain.

Cette procession, dont on ne nous fait pas connaître le jour et le mois où elle a été célébrée, chaque année, ne put l'être en l'année 1020.

Cependant la preuve négative de son institution et de l'exactitude avec laquelle cette cérémonie était observée, est aussi et peut-être plus convaincante que ne le serait celle résultant de son observance elle-même.

L'évêque de Chartres Fulbert, qui a été l'un des plus illustres prélats de ces temps, par une lettre adressée à Théodoric, évêque d'Orléans, s'excuse de ce qu'elle n'a pas lieu, sur l'incendie qui avait consumé l'église de Chartres, événement qui mettait le clergé dans l'impossibilité de se conformer à cet usage.

Il promet qu'on s'y conformerait, dans un autre temps, avec une grande joie el une grande dévotion.

Nous devons rappeler ici (jiie Symphorion Guyon reporte l'institution de cette procession, vrai pèlerinage s'éxécutant à pied de Chartres à Orléans, par un nombreux clergé et

une loule de fidèles, k la mémoire d'Allirt, considéra par lui et par quelques agiographes, comme ayant ètr le lireniier rvéque d'Orléans, et comme ayant été le premier conff^ssr-ur de la for évangélique chez les Carnules; mais nous pcnî^ons avoir expliqué les événements de ces pn^miers temps, cl nous ne devons pas y revenir ici,

Robert mourul le 4 août 1031 ; il avait en quatre fils: Hugues, né de son mariage avec Berihe ; Henri, ïlobon et Eudes, nés de son mariage avec Constance.

Nous avons dit comment et à quelle époque, il perdit le premier.

L'histoire nous apprend que, malgré le mauvais vouloir allant jusqu'à la haine pour H>*nri et par la prérérence pour Robert, que montrait la reine Constance, il éleva an trône le premier qui, en effet, lui succéda.

Robert resta comte de Bourgogne et Eudes comte de France, dignités qu'ils avaient du temps de leur père, et qui, pour Eudes, fut une véritable sinécure.

Ici une assex grande difficullé se présente sur les droits de ces princes h la succession de leur père; la question de primo-géniture s*est élevée chez les historiens les plus estimés.

Tous, Hénault, Mézeray, Martin, sont en parfait désaccord sur le rang que chacun de ces trois enfants du roi Robert tiennent entre eux, et même sur le miUésime auquel il faut repojter la révol te d'Eudes contre son frère le roi Henri.

Il est donc difficile d'arrêter et d'adopter une opinion sur ces deux sujets de controverse que les. recherches historiques n'ont fait qu'obscurcir au lien de les éclnirer.

Contenions nous de dire, en cela nous observerons la réserve qui nous est imposée ici, que ce qui est certain c'est que dans l'espace écoulé entre rannée 1031 et Tannée 1041, Eudes, comte de France, aidé de Thibaud, comte de Chartres, réclama de Henri sa part héréditaire dans la succession royale de leur père; qu'ayant échoué dans cette entreprise, il fut fait prisonnier, enfermé dans la Tour-Neuve d'Orléans et que, depuis, on n'a plus entendu parler de lui.

Ainsi cette prison d'État a été le dernier asile ou te lieu du

supplice de Eudes, comie de France, comme elle avaii été le dernier asile et iras probablement le lien du suppliée de Gharies, fils de Louis d'Outre-mer.

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