ORLÉANS LE 9 MAI
Le lendemain de la victoire, après avoir été accueillie
comme en triomphe ; après avoir assisté à une procession qui
ircourut toute la ville et stationna à toutes les bastilles au
^çhant des cantiques, Jeanne se rendit à Blois, de là à Tours et
enfin à Loches où le Roi l'attendait.
Cette solennité religieuse a été le point de départ de la fête célébrée le 8 mai, de chaque année, dans la ville d'Orléans.
On a voulu même y voir la première de ces cérémonies, mais, cependant, celle qui eut lieu le 9 mai 1429, est très distincte de celle qui la suivie et qui n pris le nom de fêle de Jeanne-d'Arc,
Ce jour là les prêtres montèrent en chaire dans toutes les ^églises de la ville pour remercier Dieu de sa délivrance.
Ce premier acte dévotieux fut suivi d'actes administratifs qui consistèrent dans la réparation des désastres causés par le fiîége.
Les comptes de ville pour Tannée 14l29, font connaître les dépenses considérables occasionnées par les travaux de maçonnerie et de charpenterie qu'il fallut exécuter.
Des ouvriers furent employés sur les deux rives de la Loire les uns à renverser les bastilles élevées par les anglais, d'autres à réparer les arches rompues du pont, les tourelles, et leurs boulevards.
Les traces matérielleSf dit rhistorien (M. Mantellier) auquel
tunis cmpraoUms cta reosdgiieiiieiiUt s'éSkcèreoi rapide^ ment*
Kcius croyons ecp4ï]idiitit que cm dcpentes furenit d^abord, consacrées à la recaaMntcUon dc§ égliset et d^ babiUiioiit dispemédi dans la hatilleue, et que leê autrei parties défi foodi qui auraient pu être i;niplo}'èa h réparer kadomniaipes éprom* rèê par Icn muraillea, les tours, devenus iosuflUanta, ces trmraux fur^nl ajournés.
Mais si la ville avait ces devoirs, le roi en avait on atitre« il ne tarda pus à l'accomplir.
Le 3i jaîlli^t il riMiclnil une ordonnance par laquelle : « Eu faveur de m Ijien aimée Jeanne, la Pucelle, considérée le çrand» haut» notable et profitable service qu'elle nous à fait cl les vertus, courage et ferme constance des habitants a Teocontre dm Anglais, lors du siège mis devant Orléans, en l'an 1438, Il aiïrauchil cette ville et faubourgs et paroisses de ses (auboiirgi» de toutes tailles et impositions, quatrième^ huitième^ ajrdes, subsides, équivalentM, fuagcs, et autre importions imposées 01 h irnpoMcr^ ensemble de toute» les armées, arrière ban, aotri^ mandements pour fait et exercice de guerre. »
(Cependant* la Pucelle était à Loches, auprès du roi, Tinv tait h la suivre pour le faire sacrer à Rheims, et faisait te ses efTorts pour vaincre Thésilation qui la retenait; etiQii il consentit h ce qu'elle reprit la direction de la guerre et chassAt le» Anglais de» villes voisines dïirIcanÉr, qu'ils occupaient encore : Meung, Bcaugency, Jargeau et Gicn*
Jeanne d'Arc arriva le 6 Juin  Ilomorantin et le 8 à Orléans.
Elle s'occupa d*abord du siège de Jargeau, d'où elle forço^ les anglais de sortir le 12 de ce mois de juin.
Le» jours suivants «e passèrent ninsî : le 14 elle se rendît^ Meung, par la rive gauche de lu Loire ; le lendemain elle rendait maîtresse du pont.
La tn^upe de Jeanne d'Are, sans |tnus ' îuin son entr
pri^e uur le château, se porta sur Di v et le 16 les
anglais abandonnaient cette ville après s'être soumis aux conditions de se retirer sans armes ni } -eut si ce
~Wt9i on marc de ce métal, et à ne pas prendre les armes pendant dix jours.
A la nouvelle de cet échec, les anglais occupant le château de Meung, s empressent ie le quitter ils se dirigent vers la Beauce pour gagner Paris ; et le 18 a lieu la bataille de Patay perdue par les anglais venant au secours des détachements de l*armée que ceux-ci croyaient encore maîtres de Meung et de Beaugency, circonstanec qui explique la condition imposée aux combattants anglais capitulant à Beaugency, de ne pas reprendre les armes pendant les dix jours suivants.
Le 19 la Pucelle rentre h Orléans acclamée par les habitants; elle en repart le 19*
Ici commence la campagne devenue presqu une marche triomphale : nous la laisserons faire à Jeanne -d'Arc, au roi et à ses fidèles : et nous ne nous occuperons que du soin de réunir les faits en rapport avec rhistoire d'Orléans en tâchant de les présenter avec leur véritable physionomie.
Après avoir montré Jeanne dans sa gloiro, les habitants de la ville dans les manifestations de leur reconnaissance et la ville, elle-même, dans son aspect, après le départ des anglais événements se succédant avec une rapidité vraiment miraculeuse, notre premier devoir est d^étudter la véritable situation morale de tous ceux qui ont figuré dans ce grand drame jusqu*à son heureux dénouement.
ATTITUDE DU CLERGÉ D ORLÉANS A i' ÉGARD RE JEANNE D'aRC FXNDANT LES 0N2E JOURS QU'A DURÉ SON PKEMIEa SÉJOUR A OULÉANS.
Les annalistes et historiens Orléanais célèbrent avec une grande chaleur d'expression les sentiments religieux de Jeanne d*Arc et, particulièrement, ceux qu'elle a manifestés, à Orléans depuis le 29 avril où elle y est entrée, jusqu'au 10 mai jour auquel elle est retournée à Loches, auprès du roi.
Ces sentiments ne peuvent être révoqués eu doute ; mais les actes de piété auxquels se livrait l'héroïne semblent avoir eu un caractère particulier qui ne rnpprochait pas d'elle le clergé
des villcii où elle TaiisaiL séjour cl, particuUèrciDent le clergé d'Orléans*
Celt« observa Lion a frappé Ic!» écri%'aiti5 qui se sont le plus occupé:» de s$a personne et de son histoire ; elle ae fut soutenue, dit M. Vttllct de Virivillc^ que parce qu*on pourrait appeler Lt glèbe du clergé, les meudlants^ (coufrérjc religieuse) le clergé inférieur ; au contraire la ri .s toc ra lie ecclésiasUcittè, mUiLaîrei politique*, lui demeura constauiment hostile*
Elle m&rcbojt isolée du clergé des villes ; elle avait le sien : ses prêtres, son confesseur chapelain, Jean Pasqucrel.de Tordre, des AugusUni$i qui ne la quittaient pas*
Nous avons signale cette particularilé qui se révèle souvent dans les bistoriens du procès de Jeaane et dans ses interroga* toircs.
Nous avons parlé, surtout, de ce prédicateur, le frère Ricbar qui joue un rôle assez considérable dans les procédures, à Toccasion des signes de la bannière ; Jésus Maria,
CcH observations appartiennent h lensemble de la vie de rhéroïne et nous n y insisterions patt si la présence do frère Ri* cbard ne s*êtait pas manifestée dans la ville d*Orlcans, par ses comptes des dépenses municipales, se rattachant à la présenc encore récente de Jeanne« dans ses murs.
On lit dans M. Lottin : !•' février 1430, les procureurs de" ville chargent Jehan Malii» d'acheter 900 de harengs pour étro présentés et donnés aux quatre ordres mendient (*ic) d'Orléans, pour le Karèsme.
• 20 avril H30» le frère Richard prescheur de la ville ayant presché le Karesme, h Orléans, est payé parles procureurs et reçoit des présents ; il est défrayé de sa dépense pendant son séjour <m cette ville.
« Guillaume Greslier, hoatelier est payé 9 livres 6 sols parisis^ pour toute la dépense faite par frère Bicbard prescheur de la ville, depuis la veille de Pàquea Fleury jusqu'au mercredi de 1a Quasimodo.
On paye même le libraire qui a relié le livre du frère Richard , dont il a àailié ses parties.
* Enfin on lit, encore, dans les comptes de Tille : Philippot
reçoit des procoreurs de ville 108 sols parisis, pour avoir taillé un Jésus en cœvre (cuivre) pour frère Richard prêcheur, cette somme lui a été payée en six solus d or (monnaie anglaise) frappée pendant Tinvasion ayant coulé 18 sols parisis. •
Il est difficile d'expliquer !a pr<^sence, au milieu du clergé d'Orléans, de ce frère mendiant qui autorise à voir, à cette époque, une dissidence assez sérieuse dans ce clergé et cela, précisément en rapport avec la situation douteuse que les questions adressées k Jeanne d'Arc, lui faisaient au regard de ses juges ; (1) ce qu*il y a de certain, c'est qu'à Texception des cérémonies publiques religieuses, elle n'eut aucun rapport avec le clerg^é d*Orléans.
Cette situation respective signalée dans une instruction toute bourguignonne, c*e8t-à-dire ennemie derhéroïne et des mînis* très delà religion à laquelle, certainement, elle se faisait gloire d'appartenir, rapprochée de la procédure de Rouen et, nous prenons la liberté de le dire, de Thésitation actuelle de la cour de Rome, se li\Tant à de nouvelles enquêtes sur la demande de Mgr Dupanloup, nous a paru assez remarquable pour être signalée.
On dirait que le proccs de réhabilitation est lettre morte et que les retards que la nécessité apparente de cette procédure d'un genre unique, dans Thistoire des actes de Théroïne, a besoin d*ôtre revisée,
Que le caractère ecclésiastique du tribunal de Rooen ait arrêté et arrête encore, au point de vue des exigences canooiques, Texpression de la reconnaissance publique, s'adressant à Jeanne d'Arc, par un grand acte de l'autorité du souverain pontife, on le comprend quoiqu*avec peine ; cependant il est à craindre que
(1) ÏV* séance : interrogée si ces nom» : Jésus Miria étaipnt écrits eu haut, ou bas ou sur le côté. R sur le coté. Interrogée si aile préférait 80Q étendart ou san épée, R. J'aimais quarante fois mieux la baDQÎère que répéo. loterrogée si elle a coutume de mettre Jesiis Maria avec uae croix, R, tantôt le faisait, tantôt nen.
Sur les rapports de Jeanne avec le irère Richard voir aux p. XXIX. LXIL LVl, de l'iatroducLion, 77, 80, 93, et 224, du texte do V Histoire du Frochf par Vallet do Virivilie, déjà indiquées.
le silence absolu gardé dans les manlfestalioos reli^ieiiflÊsâMlituées à raccasioa de la levée du %iègt d*0rté&ii5, sur U personne de rhéroïne, dont le nom n*est pua même prononcé, puisse en èire sinon la jusiificatîon» ou moins l'interpr
On a, cependant, introduit dans les relations de la déli itOriéansi la proposition que rinâtitution de la fête du 81 éuil la même que la fête appelée, aujourd'hui, de Je fTArc.
Deui éruditâ Orléanais que nous aimons à eiler^ l*Qn dam sa publication intitulée : le 426' annirersalre de la déltn d'Orléans, le second dans son mémoire publié au XVIIP toIi des annales de la Société Archéologique, quoiqu'ils oe le < pas formellement, confondent les deux solenuiiéa e4 les réunissent en une seule, représentant la première comme a*a au même degré que la seconde à la gloire et à la { de Jeanne d'Are,
M* Mantellier s'exprime ainsi: « le 8 mai, le dergi, pari moyen et ronJonnance dn Bât^ird d'Orléans s'était reado eessionnellement. au Porlereau Saint-Marceau suifi du Bâtard, de la Puoelle, des procureurs, capit^nes, gens d^annes« Bourgeois et habitants ; ce fut l'origine de la fête du 8 mû* •
« L*année suivante la même proeeanon le fit sq milîeo d'on eûDCOQrs immense et d'un entlicnistasme« extrèoie ; les bourgeob étaient allés à Meung, chercher leur érèqna de Saint- Michel, pour quil y asststàL
c Dès ce moment le cérémonial de la fête était ré;^è. > Ici l'auteur retrace le cérémonial beaeooiq» pins «nple ifiie eelui exécuté depfuis, cfaaijue année à Oriémi, bm à nia prèa» awirw icmblable.
On y portait^ et ce dètaS est très remarfaable, € les ebâsses que poisédaie&t les paieiases et en e^t^i^h ceOes de Mgr saint Aignan et de Mgr saint Enrerte ; lesquels furent gxrdées et proleeteun de la dite cilé d*OrU*iis, » Au retMr à Sainte-Croix im sennon était prèdié et la nesse eélebréev
L'auteur rapporte, en^le, une bidle da Cardinal d'EstoolmBa« Mgat du Saint*siért\ datée du 9 jimi 14B9. qui accorde IM jours d'indulgence, à toute persouM pémlenle qu '
Tégllse de Sainte-Croix» le 7 mai, aux premières vespres, aâssistem à la procession du 8, et aux service des défunts le 9.
Une autre lettre pastorale de Thibault d*Assigny évêque d'Orléans, du 4 mai 1453, qui, voulant conserver et maintenir, à Jamais^ la fête établie, de l'assentiment de la population cléricale et laïque, pour remercier les saints confesseurs saint Euverte et saint Aîgnan, de leur assistance, accorde 40 jours d1ndulgence à tous ceux qui assisteront à la procession, et h Vofflce des défunts.
Et, enfin les lettres pastorales des évèques occupant le siège d*Orléans pendant les années 1474 et 148!2j portant les mêmes dispositions et presque dans les mêmes termes.
Il fait remarquer que cette fête, canoniquement constituée, prit place dans le calendrier ecclésiastique, sons rindication de : délivrance dOrieans, du consentement du clergé et du peuple icleroet altéra populo conseniiente, et que sauf une interruption causée par la guerre politico-religieuse du xvi' siècle, elle fut célébrée avec le caractère mixte.
Elle reprit, après cette guerre, sa solennité en Tannée i&65. qui se continua jusqu'aux malheurs publics de l'année 1793.
Ce ne fut qu eu tannée 1803, et le 8 mai, avec lautorisation du général Bonaparte» 1*' consul» qu'un arrêté du maire d'Orléans fut publié, portant qu'une fête serait célébrée en l'honneur de la délivrance de la ville d'0rléa7is et que on y ajouterait S par la Pucelle, ce qui eut lieu pour la première fois.
De son côté, l'évêque, du concordai, rendit une ordonnance portant que : en vertu de raulorisation spéciale du Gouvernenementt la fête religieuse établie en mémoire de la délivrance par Jeanne dÀrc, connue som le nom de Pueelle dOrléans^ continuera d'être célébrée le 8 mai de chaque année sous le rit et avec les cérémonies dit.sage.
Cependant la procession ne dut pas sortir de leglise en conformité des dispositions du concordat concernant les villes, siège d'une consistorîale de Téglise réformée.
Tout concourt, dans rénumération de ceB actes de l'autorité religieuse, à démontrer que, jusqu'en 1803, la fête n'avait pas
pour objet direct de célébrer les hauts faits de Jeanne d'Arc ; qull ne s^aglssait que de remercier Dieu de ce que, à la prière des saints patrons de la ville, il avait fait triompher ses défen-»J seurs, et de prier pour les âmes de ceux qui avaient succombé eu combattant.
Que c'eé^ten 1803, seulement, que la solennité du 8 mai, prit le caractère nouveau quVllc a conservé, d*unc fête coiisacrée à j à la gloire de Jeanne la Pucelie d'Orléans^ devenue, seule] l'objet d'un panégyrique prononcé, ce jour là,
A cette époque la politique du chef de l'État consistait, surtout, à concentrer le sentiment public sur Fauteur des grands événements, la personne providentielle qui les a accomplis» plus que sur les événements, eux-mêmes; il saisit avecemprearJ sèment, et une grande habileté, Toccasion qui se présentait etj qu'on lui offrit, peut-être dans une intention de flatterie, de rappeler un fait historique propre à exciter en France, un \il sentiment d'hostilité et même de haine contre le gouvernement de l'Angleterre, mais aussi contre le peuple anglais ; et cela en vue du blocus continental, déjà l'objet de ses profondes méditations.
En 1815, il était naturel qu'on offrit à la reconnaissance publique, à la nation française et même aux autres États de TEurope, riiéroïoe qui, sous l'inspirûtion des intermédiaire» j de Dieu, avait rétabli îe royaume de France, les règnes deil princes de la fleure de ly$^ et renoué les anneaux qui semblaient rompus dans la chaîne de la légitime hérédité dt] trône.
Et comme le premier signe de la mission donné par Jeanne d'Arc, au roi Charles VU, a consisté dans une révélation qui devait dissiper l'inquiétude dont, à cet égard, Fesprit de ce prince était obsédé^ il était de la plus haute importance et de la plus saine politique que la personne de Jeanne d'Arc fut substituée, pour ainsi dire, à l'action dont elle avait étéij rhéroïque instrument.
Si nous abordons lemémoiredeM. Boucher de Molandon,aous voyons qu'il ne se recommande à notre attention que par le^ chemin qu il nous fait parcourir dm temps anciens jusqu auiç}
Umps modernes, noug monlranl les deux phrases qui distîngueut cette manifestation tout à la fois religieuse et nationale, que Fauteur, cependant, semble vouloir réunir et confondre.
11 n y aurait donc qu\m faible intérêt attaché à l'examen de cette œuvre si elle ne nous révélait qu'en lanDée 1847, un élève de Técole des chartes, chargé d'une miâsion scientifique à Rome, compulsant, dans la bibliothèque du Vatican, le fond dit de la Reine Christine, provenant presqu'en entier de Tacquisiiion que cette reine de Suède fit, pendant son séjour en France (1656-57), des manuscrits détournés des archives de Tabbaye de Saint*Benoist*sur-Loire, remarqua dans cette précieuse collection, un petit in-folio, qui n^était autre qu'une relation française et inédile de : la délivrance d'Orléans par Jeanne d'Arc.
Ce manuscrit, nous dit l'inventeur instruit, soigneux et attentif, est du xv*' siècle ; et il était déjà signalé dans la biblioiheca fnanmcriptorum jiova, de Montlaucon,
Il ajoute : en Tannée 1797, ce manuscrit (n^ 801} avec d autres, provenant du Vatican, fut transporté en France, par suite du traité de Torenlîno ; qu'il y demeura jusqu'à la chute de l'empire, et que durant ces vingt années de séjour dans son pays natal, nulle exploration n'y révéla sa présence,
Cet élève de Técole des chartes n'hésita pas à l'éditer, sous le titre assez équivoque, on vient de le voir, de : Chronique de rélablissemeni de la fêle du S mai.
Nous ne suivrons pas l'auteur du mémoire que nous venons de nommer, dans ses recherches sur les différents manuscrits ou difl'érentcs copies du Journal du Siège, et sur les documents émanés des actes administratifs qui viennent à l'appui des faits avancés dans cette oeuvre intitulée : Journal du Siègey nous passons à une coïncidence assez remarquable qui a engagé Térudit Orléanais à s en occuper de nouveau.
Depuis la publication du texte trouvé au Vatican par rarchiyiste français, cette relation était considérée comme étant la seule qui fut parvenue jusqu'à nous ; une circonstance fortuite a fait connaître qu'une autre transcription du Journal du Siège, existait dans la bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg.
Celte connaissance est due à un rapport oifidei wAwemé M. le Ministre de rinstructton publique, contenant réoi lion de plusieurs documents d'un haut prix ; chartes, lettres autographes des rois, missels etc. etc, tous enlevés lors du pillage de la bastille et de rincendie qui eut Heo^ en l'année 179:2, de la bibliothèque de Saint-Germain-des-Prés.
Il est inutile de s'enquérir de cp qui a pu faire panrenir Russie celte reproduction du Journal du Siège, il nous suf de dire que, retrouvée par un membre du comité des traTaux historiques, envoyé eu mission scientifique, M.Gustave Bertrand, celui-ci le copia exactement et que selon le vœu du comité il Ta publié sous le litre qui lui était donné : traiiè^ par manière de cronique, contenant en brief le siège mis par les anglais demnl la cité d'Orléans et les saillies, assaux et escarmotiches qui, durant le siège g furent faites du jour en jour: la venue et vaillants faits de Jeanne la Pucelle et comment elle en fit partir les Anglais et fit sacrer à Reims^ U roi Charles septième par grâce divine et farce d'armes,
La reproduction de ce manuscrit n*a véritablement d'antre intérêt que celui qui s*attaehe à un document ancien et an rapprochement comparatif qui peut s'établir entre cette reproduction et celles qu'on a retrouvées, précédemment.
C'est à quoi dans son zèle tout à la fois patriotique ei scientifique, M, Boucher de Molandon a consacré ses soins.
Il s*est mis en rapport avec les dépositaires publics de cette copie du Journal du Siège, et après une eorrespondaim dans les termes les plus courtois et les plus techniques de piiiii et il'aDtre, il a pu mettre en présence les textes de la biblio- Chèque du Vatican et de la bibliothèque impériale de Saint- Pétersboniig ; et dans le dessein de les comparer facilemeat ei pins particulièrement, et de constater leur concordance, il las a transcrits sur deux colones se proIcMigeuit sur des pages d'un asies grand in-8.
Non content de s^ètre livré à ce travail H. Boucher de Hck landou nous a donné une étude philologique eonparatîve, i|uUI m soumise à Texanien d*un savant professenr de l'univers aili, snisnr d'œuvres clssBii|nes, scroeilto «lus la plus knnte
^lime daûsrensejgnemeQt de la langue grecque et de la langue latine (!)•
Cet expert, Tim des plus compétents qu'on puUae interroger, a coiicfu que les deux textes étaient, à peu près contemporains et de la fin du xv'^ siècle ou du comuïencement du XVI* pour celui de Saint-Pétersbourg- Toutes ces recherclies, toutes ces études ont un grand intérêt même pour déterminer le degré de conliance qu'inspire un document considéré comme reproduisant tous les événeinenta du siège avec une parl'aite exactitude et pour aider la critique dans la recherche de la vérité, mais il est certain qu'en ce qui touche le véritable caractère attribué à la fôte du 8 mai et la question de savoir si historiquement, on peut lui accorder comme s'appliquant, dès ce moment, à la |>ersonnalité de la pucelle d'Orléans; ces deux grandes reproductions de cette œuvre, loin de répondre à cette question, pour rafllrmative, doivent avoir, pour conséquence, une solution toute contraire. Le journal, dans l'une et l'autre version se termine ainsi : € Mais tous procédait de Dieu auquel louange appartient et f non a aultre... Ce voyant monseigneur révéque d'Orléans € avec tou^ le clergé et aussi par ordonnance de monseigneur de € Dunois frère de monseigneur le duc d'Orléans, avec le conseil
• d'iceluy et aussi les bourgeois, manans et habitants du dit t Orléans, fut ordonné d'être faite une processioa le huitième du € dit mo!s. »
Ici le programme de la procession est décrit tel que noua Tavons rapporté plus haut; lejournal ajoute. «Et seraient por- € tées les châsses des églises, en spécial celles de monseigneur « saint Aignan et de monseigneur saint Eu verte, lesquelles furent moyens et protecteurs de la-dite cité et ville d'Orléans, « car en ieeluy temps fut récité par aulcun des Anglais estant t pour loi*s audit siéige, avoir veu durant iceluy siéige, deux prélats en habit pontificat aller et circuir en cheminant par sus
• les murs d*Orléans ; aussi autrefois ont esté gardes ou pro- « tecteura Icsdits sains, au temps que viendrenl devant icellc
(1) M. Anat-jïe Bailly.
€ les mécréants, car h la prière et requête d*iceulx saina, la tville fut préservée des mains desdîts mécréantd et en rapppo- € chant îcelle, comme raconte l'istoire, tous furent aveuglés • à ce qulls n'eurent puissance de mal fnire à ladite ville entre « Cy et Saint-Loup, »
L'auteur insiste cependant et il rapporte uup quittance sur parchemin portant que le prieur des auguslins à reçu du receveur de la ville la somme de XVI sous pour la prédication par lui prononcée, le dimanche après i* ascension correspondant pour cette année au jeudi 4 mai, ce qui avec un petit calcul nous reporte au dimanche 8, k la procession faite de Sainte- Croix à Saint-Paul, et correspond au programme de la fête de la levée du siége.
Rien dans ces recherches ne peut autoriser à considérer la fête du 8 mai comme un hommage rendu à Jeanne d'Arc, mais au contraire à la considérer comme une commémoration de la délivrance d'Orléans et un service pour le repos des âmes des combattants morts pendant cette partie de la guerre des Anglais.
Gela est si vrai que depuis la levée' du siège c'est-à-dire depuis Tannée 1444, que les écoliers Allemands sont revenus étudier à Tuniversité d^Orléanset où ils ont ouvert leurs registrea des procureurs, relatant avec les plus grands soins, avec la plus grande exactitude et avec la plus grande susceptibilité du sentiment de préséance, toutes les solennités religieuses ou nationales auxquelles ils avaient droit d*assister au premier rang des associations ou nations d'écoliers, soin qu'ils n'ont jamais négligé, et cela non-seulement année par année, non-seulement mois pur mois mais jour par jour, il n*est fait aucune mention de la fcHe du H mai.
Tandis qu'au contraire, et cette exactitude était nécessaire pour le maintien des prétentions au rang que chacun devait occuper dans ces solennités et qui étaient souvent le sujet de vifs débats allant jusqu'à la rixe et aux mauvais traitements, il était toujours fait mention de toutes entrées des rois, reines, princes, princesses, hauts dignitaires, et, particulièrement des entrées des évoques.
Il fallait donc que la cérémonie du S mai eût perdu, ou même n*eiit jamais été en possession du caractère oOicicl et public qui lui a été attribué, en remontant à ces temps reculés et qu'on lui a donné dans la suite.
Ce n*est, en effet, qu'en Tannée 1759 et pour la première fois, que le sermon prononcé le 8 mai a pu être comsidéré comme le panégyrique de Jeanne d'Arc ; et encore ce sujet n'a pas été depuis spécialemeot consacré à sa louange.
Plusieurs fêtes et mystères ont été, il est vrai, joués ce jour là; mais le sermon n'était qu'un incident dont le sujet pouvait varier sel un le choix du point de vue auquel se plaçait Torateur,
Un grand ouvrage inlilulc : Aft/siêre du siège d'Orlèam dont le manuscrit édile, en l'année 1802, sous les auspices du ministre de Tinstruction publique, par M. de Certain, élève de Técolc des chartes, figure particulièrement et, de nos jours exclusivement, au premier rang, parmi ces pièces de théâtre.
Une grave controverse s*est élevée au sujet de la date à laquelle on doit fixer la caltigraphie et, par conséquent la composition de cette œuvre.
M. de Certain, dans une savante préface, paraît croire que l'une et l'autre remontent à lespace écoulé de Tannée 1429 à Tannée 1470, il attache une grande valeur historique à Texistence de celte œuvre et à sa reproduction,
M. Quicherat, au contraire termine la discussion à laquelle il se livre à ce sujet par ces mots : la valeur historique de cet ouvrage est nulle ^
Une assez grande obscurité règne donc sur la double question que fuit naître ce document, aussi n'en parlons nous que pour mémoire.
Nous clorons ce que nous avons dit de la chronologie de la célébration de la fête de la délivrance d'Oiléans; nous transcrivons ici un document que nous rencontrons dans letom VI des bulletins de la société Archéologique p. 279, sous le titre : conclusions capihdaires du chapitre de Sainte-Croix ^ relatives à la procession annuelle de Jeanne d'Arc, 8 mai,
< C'est en 1470, à la date du 5 moi, qu apparaît, pour la
première fois, dans ce» registres lamenUoD de la cérémome da 8 mai. >
€ !"• Lacune : de 1445, date du plus anciea des regislreftà 1470; 2* : de 1470, k 1551 date de la deuxième mention; * lacune : de 1555 à 1556 ; 4* de 1560 à 1564; 8^ de 1565 à 1S70 ; 6« de 1570 a 1575 , 7^ de 1575 à 1577 ; 8* : de 1577 à 1581 ; 9" de 1581 a 1640.
€ L'auteur de cette communicalton nouâ apprend, il est vrai» que trois registres, manquent à la collection; on remarque une plus grande régularité de l'année 1640 à Tannée 1600.
€ il ajoute: les échevios invitaient verbalement^ le chapitre à conduire la procession : elle se dirigeait vers le couvent des Augustins; elle avait lieu dans l'église cathédrale, en cas de mauvais temps ; dès le un* siècle cette solennité était appelée: fête de la ville fesium villœ, ou prière publique : supplicaiio publica*
11 semble que ces distances entre les dates qui devaient ae suivre sans interruption, accusent une indiflérence réÛèehtssaDt sur la nature de la solennité, dont rhistorien doit se préoccupper et quH ne peut passer sous silence.
Nous croyons avoir rendu à la solennité du 8 mai, en I*observant avec toute Tattention et avec tout le respect qu'elle mérite le véritablt! sens qui lui a appartenu, si Ton se place aux dilTérents points de vue des siècles qu'elle a traversés, et qui, par im zèle plus contemplatif qu historique, avait été mécomiue.
Ai»Mi!fisTiUTio?f rrauûUE db la villb après le SIÊCC.
Lafasons Jeanne d'Arc à sa gloire conduisant le roi à Reims et continuant ses travaux guerriers, nous la retrouverons aa jour du malheur ; et voyons ce que devint la ville d'Orléans, alors que ses habitants purent jouir du calme de la paix avec d*autant plus de douceur qu^tls avaient eu le plus k souCIrir des cruelles épreuves de la guerre.
Nous avons vu que les procureurs de la ville avaient aceom* pli avec le plus grand empressement le devoir de réparer les dooimages que le siège avait fait éprouver à ses monuments ;
que les dommages avait surtout atteint les iiabîtalîons suburbttrnes jiar potit uouibrL', iiiaU pivâquo ioiites abattues, et les ■glîses et lustîtutions monastiques complètement détruitea comrao pouvant, par la niilure (i(^ Ifur disfioaition devenir des asiles d'une grande utilité puur i'alttHpie «le reuneini e! même de protection contre les sorties des combattants de la ville.
Nous ne nous arrêterons pas aux détails dans lesquels entre è cet égard, avec beaucoup trop d'abandon, noire annaliste, M. Lottin.
Bornons nou« à mentionner Faclivité avec laquelle ; sous les inspirationj^ de Charles VU, et relies du duc d'Orléaas en captivité sur la terre anglaise, mais toujours en commurucacation avec les habitantia de la capitale de son duché, les procureurs de la ville s'appliquèrent a réparer, avant tout, le fort des tourelles et le pout dont le parcours avait été interrompu, pour séparer la ville du fort en possession des Anglais.
Mais quelle qu\iit été celte acttvilé^ ces réparations restèrent incomplètes.
Nous avons vu que Tisolement du pouvoir royal, Tabsence du prince aponagiste avaient contrihyé à donner une véritable
Iaulorilé et une véritable régularité à rinstitution municipale ; il nous semble nécessaire de constater jusqu^à quel pointées ^progrès étaient arrivés.
Des raimée 1398, dans la prévision que l'invasion pourrait savancer jusqu'au c^eur de la monarchie, la prétention de cette nation n'allant à rien moins qu'à la réunion des deux peuples sous le seul roi d'AngleterrcT le roi Charles VI avait pyblié nu mandement adressé h un de ses sergents ainsi conçu : mandons que tu face commandeniement de par nous, aux manants, nicîerset autres dont tu serus requis cjue gans délai, ils paient ^s différents impots auxqu^ds ils ont été et sont assis et imposés ar les habitants de la ville,ctleurscommi8etce pour \afortifltaêton et réparation de !a dite ville, et autres nécessités d'icelle. Ce niaiidement intéressant toutes les bonnes villes du roi(i) dut être et fut exécuté i\ Orléans.
(1) Villes fermées forlillces et ayant do» administrateurs.
Il m
Il fut suivi en Tannée 1399 d'ane ordonnance royale qui iraposait aux bonnes villes, pour icellc emparer et forttiier, une
nuire fntlfe, soiis \e nom de apétissejnenl de fa pinte de vin ; celle taille semble n'avoir intéressé que la ville d'Orléans.
Il convient ici de diHinir le sens du mot apèiissenient il veut dire : diminution, action de rapetisser^ de rendre plus petit
Ici cette diminutifïn allait jusqu'au dixième de la quantité du vin contenu dans une pinte, le seul mode employé pour atteindre ce résultat était de se faire payer Timpôt de consommation du vin, jusrpfà concurrence du dixième de la valeur d*une pinte de viu qui se trouvait ainsi npetissée diminuée d'un dixième.
Bans les temps modernes, on a rétabli, sans une autre acception, cet impHl pour le même motif, celui de la guerre qui, mis en pratique souh le premier empire, devait cesser à la paix, mais qui, malgré les traités de 1815, existe encore ; tous les droits d'en* registement des actes sont encore soumis au décime de guerre.
Mais comme les tailles et outres char^^es publiques étaient très considérables au cours de cette année 1399, les habitants d'Orléans adressèrent une réclamation au Roi qui ne nous est connue que par rordonnance rendue en réponse à la demande, et qui nous apprend : qu'à titre de soulagement les habitants demandaient que l'on diminuât les impôts ordinaires pour s*en tenir h Timpot de Vappêtissement de la pinte de vin, et qu'on suppléât à cette diminution «mi iissuj et lissant les habitajits extra muros h cet impôt devenu commun i\ eux et aux habitants de rinlérieur, les premiers ifnyinit pRS été compris dans ceux soumis à sou paiement,
Le Roi s exprime ainsi : < Gomme noguères nous avooâ ordonné que les bonnes villes H chàteault de notre royaulme soient lliriiliés et n^uiparé;*, il soit ainsi de la dicte ville qui est grande et iiotable et a été assise au passage sur la Loire, soit, de présent, pelilemeut fortiliée et remparée, pourquoi que les habitants s'élant assemblés par raulorité de Justice, avec le conr^euteracnt de notre très cher et amé frère, le duc d'Orléans, ont décidé que la plus porlabie (supportable) et moins dommageable aide, pour eux, qui se puisse faire prélever en ladite ville, c'est Tapélissement de la dixième partie
de la pinte de vin, sur toutes manJères de gens d^église et autres, lequel apéiissement leur sérail tuutile si eeulx des faubourgs et des pays d^environ ne faisaieuL pareillement le dict apelbsemeut. >
Cette requête est favorablement répondue : • Eu cas toute* fois que la plus grande et saine partie des dits habitants en soient d'accord, et ainsi que cenlx qui seraient commis à recepvoir 1« dict aide soient tenus d'en rendre compte aux gens et officiers du lloi, au lieu qu'il appartiendra. »
Cet impiît qui semble n'avoir eu aucun coraetcre et n'avoir été l*oecasîon d'aucune recherche vexatoire, devait entrer exclusivement, dans les comptes dit : des forteresses^ a été consenti et approuve par les habitants, à ce point qu'en Tannée 1418, U a été dressé un procès- verbal de cette approbation eu présence du lîeuLeiiant ^éuénd de la Prévùté, iiprcs une convocation, sous les halles des liabilants (il paraît que tous composaient le conseil municipal à cette époque) mais aussi en présence du lieuLeuanl-géiiéral de la Prévôté, du capitaine ffouverneur de ta vHtej et par le constat d'un clerc notaire, juré, qui a mis son procès-verbal sous le scel de la prévôté*
Les procureurs de la ville représentés par leur avocat. Honorable homme et saige tnaitre Guiilaume Gibet font enlendre par sa bouche, loi discours que nous résumons ici : « Vapéiissement de la pinte de vin devait expirer au mois de , jnars (on était au mois de décembre) et cependant» plusieurs grandes réparations étaient nécessuires en plusieurs lieux, la ville avait plusieurs grands frais à faire, tant des pensions de la dicte ville, tant à Orléans qu'au porlement à Paris et à pourvoir aux gaiges du capitaine gouverneur de la ville et plusieui*s autres dépens survenant chaque jour ; pourquoi maitre Guillaume Gibel propose la continuation pendant trois ans de cet ayde, et apprend à ses concitoyens que nos seigneurs les gens d'église ont accordé ladite aide ^aurhapître de Sainte-Croix, »
Ces textes nous placent en présence d'une nouvelle nature de dépenses, et, aussi, de la constitution presque dclinitive, de llnstitution municipale, et même de rinstitution judiciaire,
puisqu'ik nous montrent le prevot du Roi, représenté par son lîoulerinnt., l'im homme dï'péo, l'aulre appartenant à la classe dès légistes .
Nous voyons, en outre, les procureurs Je ville, prendre rînitiative d\me prn(}OsjLtou d'im[ujt, à la condition , il est vrai, de rautonsalion de la magistrature et du capitaine de la ville, mais sans qu*il soit he?ioin de recourir à lauLontè royale.
Enfin nous voyons ces procureuî^s, agir eu justice, ayant leurs procureui'S ad Utes^ leurs avocats devant les juridictions des premiers et second degré, et par Conséquent nous les voyons agir en corps constitué ; en niéme temps cet étal nous révole les progrès que celle inslitntron avait faits et ceux qu*il lui restait à faire puisque ses délibérations, alors môme qu'elles avalent Tapprobation des autorités corapélenles ne Itaieul et n^oblî^'eaical |t;js les mcndires du clergé,
(let incident adunoistratif met en évidence : la séparation qui existait entre les corporations religieuses cl le reatc des halûlanls, et que les premiers se gouvernaient par d'autres règles que celles du droit commun.
Eufin ces détails nous montrent avec queile (acilité Truipôt s*élablissait alors, le dévouement des liabitants à contribuer au bien publie, et la bienveillance du pouvoir dans ses rapports avec les eoulribuahb^s,
Kous étions en 1410, et les mallirurs de la guerre pour la viîlc d'Orléfins u*étaien*. quli knir commencement ; mais en Tannée 1435, quelle que fut raclivité avec laquelle les désastres qui en ont clé la suile nécessaire, aient été réparés, ils étaient loin de Tètre eutièrcînent.
Le IVoi, malgré ralTranchissement de tunleSj charges donné de son propre mouvement, les sacrifiées qu'il fit lui-même et ceux que le duc d'Orléans du fond de sa captivité, avait faits de son cuté, laissaient encore la ville dans une position Ooan* cière insuflisanle.
En ranuée 1439 les procureurs furent obligés de se créer de nouvelles ressources, * le pool, les murailles et les tours d'enceinte avaient en très grande partie démolies : le grand hiver, gelées, grand glaces de rannée 1434, avaient abattu
environ sept arches du pont ; par fortune de vent udû grande partie desnuirs d'icoOc ville avait été abattue, pendant le séjour quy avait Imt le roi, les halùlanta avaient fait au roi, des passants de bois au pont etavaii^nt moult frayés el despendus, et encore enadventun^ aussi» est le deuiourant de arches qui sont de pierre, de tomber se promptement proviâton n'y est mise, •
L'ordonnance datée de celte ann^'-e 1439 contenant ces tristes dét^iils rappelle que c pour pourvoir ti vas grandes et immémorables opéraiions, le roi avait affranchi la ville de tous sulisides et aides nouveaux qui, depuis 60 ans^ avaient élè mis et imposés sur la dicte rivière et aultres desceudants en icelle ; pourquoi il leur octroie de nouveau, pour le temps de cinq années de servir et mettre sel au grenier du roi, pour illec être vendu v\ par leurs procureurs ou leurs commis en prendre, el les derniers qui ysteraieut ou ysteront de la dite vente comme les marchands ont et auront accoutumé de prendre, et les derniers ystanl de ce commerce Atre employés et convertis eu furliOcutions et l'iupareuieut nécessilé d'icelle ville et pont, i
Autrement pour le Français ; les habitants qui ne pouvaient prendre leur consommation de sel que dans les greniers affermés par le roi et qui était vendu à son profit, était subsUiué au rtii en cette partie de l'impùt; les fermiers de Timpôt pourvoyaient ces greniers de sel el les consommateurs, recueillaient ainsi le fruit <le leur cousommation qui au lieu d'entrer dans le trésor du roi enlruit dans la bûche ou trésor de la ville.
Cette concession était beaucoup plus importante qu'elle ne le semble nujourdMioi ; à cette époque les salaisons étaient la consommatioji ordinaire, non-seulement des classes ouvrières, mais aussi de la bourgeoisie, les poissons, les viandes salées, composaient presque tous les repas ; c'est ainsi que s'expliquent les prises de sid sur les bateaux traversant les terres des seigneurs et des insti tu lions religieuses riverains des fleuves et rivières, et transpnrtnnt une quantité ronsidérable de celte denrée, provenant des marais salants et des bords de la nn^r.
Telle était leconomic des impôts à cette époque et le soulagament que le roi. apportait aux soufîrances du siège.
On voit que la ville d'Orléans a été de la part du pouvoir
royml Tobjel d^une grande aollîeîliide. ma» oo doit remarqoer, c^pendADt, que U rtlle de Monlargis a élâ, apm U lerée du siège établi devant elle, par les An^Uk^ bien ptas favorisée.
Non aenlemeDl elle a êtr alTrant hie de loale» les ehargea aux<|iieltai les vîllea ètaieot alors sotmilses, à ce point c|ii*étle a été appelée : Momiargis fe franc., mak encore mam atobs n que diaque habitant natif de cetle Tillearatlle dfoil de poHer on M brodé en or sar ses Tèlements ; el cepeiMlanl La Ttlte d*Orléaas a eia à supporter niie plus loogoe et plua dangereoie acMifiranee; et sa délirrance eut qm eonacqueiiee bien aotre^ moA mportante que celle de Montaiipi.
L'ordomiaiiee ipe nam wtmaam de rappefier rappelle mm aèjour que fit le roi ClttrleaTI] àOrléaaa aprèalencKde&enn*
Ce quU V a de reiiian|mable« e^est que de lova «os annaBalim il aV a que M, Lottin qui parle de tetUrêe du roi» d'apcte H. Lebnmd^Chaniielles; laaoladoM. Lotitnestaioaieoafao: Cbarles Vit rerietil à Orléana yalipeg mob après aon saeroal la eiégo de Piaris atee lea peine», les arignewa de aa eoar fli 96Bol8ciefs. îl ne fit qoepasKr par la viUeeiaerewIildeaaile à largoan oà îl tint ses graniis joan el son eoB^^H : H v anr^U Gnillaaaie Cbarrier éiréqae, d*Ortàna.
■aift, M. de Beaoeoait dans aon «mMit dt C //,
looie n* pace ISG^ adteet ce Toja^ do r^i* à ÎMw^^^jus^^ H daoa les manfies de rrromiarwaace qu Q aHHbw à edai-ci enTers Jeanne d*Are, îl plaee ce fati qiK le roi a abonnie non à la mmimm émemh^ «ma dans la aiiiwnn da tréaocîer Jean
l'Ult fw aaaa leawm de repeadaire et qpi ^ estraR de la el mèmt le séloar da rat à Qrtêa» avaiÉl rmmBt 1435
laAIa ni fat
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Yoir. Il a*ï aal
èm tard; m «M U aa fa;«la,tt laai«
aqaelle cet acte appartient. M, Lottin place avecLeliruu tles Charmelles ce passage du roi à Orléans eu l'arince 1430; et ajoute que le rai appela à Jargeau où il tint ses grands jours Guillaume charrier évôtiue d'Orléans.
Or en raiince 1430 l'évéqiie d'Orléans était encore Jean de Saint-Michel, qui ne mourut qu*en rannée 1437,
H est vrai que ïepoque précise de sa mort a*est pas connue, mais cependant il paraît certain que le siège épiscopal d'Orléans ne fut vacant^ par sa niori, qu'au cours de celte année 1437,
Et quant à Guillaume Charrier que Charles YIl aurait appelé à ses grands jours tenus dans la petite ville de Jargeau en 1430, il ne peut être compté au nombre des évêques d*Orléfjns,
• Ni Lemaire,ni Charles de la Saussaye ne parlent de lui, il n*ya que Symphorien Guyoa qui s'exprime ainsi : « Nous apprenons d'un extrait des registres du Conseil que révèché d'Orléans était vacant en l'an de grâce 1437 il y eut quelques contestations au sujet dudit évôché entre Messire Jean de Yailly élu évoque d'Orléans et Messire Gnitlaume Charrier qui prétendait quelque droit audit évéchc, sur quoi il fut ordonné le 3" jour de septembre 1437, que les lettres de complainte eu ca$ de nouimaidé seraient scellées à la Chancellerie et expédiées au dît Yailly; mais ni l'un ni Tautre des compétiteurs ne fut évéqiie d'Orléans ; il y a sujet de croire qne leur altercation lut lau* occasion de donner l'administration du diocèse d'Orléans à Tarchevéque de Reims, •
Cet archevêque de Reims en l'année 1438 fut doncimévêque provisoire de l'évôclié d'Orléans il se nommait Renaud de Chartres.
Ce prélat se retira en 1446 à son archevêché de Reims et le véritable évèque d'Orléans fut Guillaume Duji:ué.
L'erreur de M. Lebrun des Charmeltes et de M. Lottin, qui l'a copiée, est donc inexplicable. (1)
(1) Nous rem arquo Dedans le texto dfl Guyoa les mots : complainte c-d cas de nouveauté *jui nous dotneut rexplication du conâit qui exisio entre les deux prétendants â révêcho d'Oiléaas.
La CLiiuphinte on nouveauté ou plutôt en n<ïutïe//clJ corrospo^J à
d'Arc continuait > ' ^^,
claD" , :'•? nous ne vouïoriî* \mx^ 1 1 t*e-
meat à Jargean, où elle rencontre ce iimeiix frère RîttlmHr qui tétait nccompagn/* d'une ppél<*ndup în^pinH» * * '^ Im
RocbHlei et à la Charité, ville du Bcrnr, dans 1 ^ .? ^
trouva avec cette Feinme et où on nuage vint as^omlirir k beau ciel de ses travaux.
Nous ne parloni» ici qn*? tri>s tranâitoiremenl de ITiêrôîne et parce qu'elle semble avoir suivi, sinon accompagné le Roi dans sa visite à Orléans, où qui, en tout ciA, j était eerlainement, le 19 janvier 1430,
H. Maniellier s'exprime ainsi h cette date : c La Pocell^ est à Orléans, en compagnie «le son frère Pierre dn Lys, delehiin Rabateau, conseiller du Roi, avocat «préntfraî auPri* de
Poitiers, qui avait été son hâte, dans celle ville, d .i Je
Velly, et du seigneur de Montemar, la ville lui fait les prêtants d'usage qui se composent de 52 pintes de vin^ 6 cbrapon^, 9 perdrix, 13 congnins (lapins) et 1 faisan, un pourpotnt fut donné à son frère. »
Nous lisons ensuite : du 3 au 28 mars : la Pucelle est à Sully tivec la cour; mécontente de ce i[ue le conseil n'entreprend rien pour la guerre, elle part secrMemenl sans prendre congé du roi et se rend à Lagnj ; et, avec une profonde Iriatesse nous ajoutons : S8 mai sortie de Compî^gne.
l'actîoa aujourd'hui dans notre jarlsprudeace : possession d'api et jour*
Il est clair qu'en Tabseaca de Jeaa de Saiat-Micbet, de aaUooallté êcoaeaise, et qui d*al1Ieurs n'avait pas obaonrô la résidence f oad.tnl aoQ épiscopat, l'uu dos deux préteadanta au siège vaeuui ii'OrlôaiiB, l^avaitadoainistré pendant an et jour, et qu'il opposait cette pos^jessi^n à défaut d'autre titre â celui qut lui disputait le siège, cette possesaion par l'exercice de Tépiscopat.
Maïs la possession d*an et jour ne remplace pas le titre mêoM» en matière civile, elle cvde à ce titre alors qu'il est représonlô, et si elle |ieut être, en iDatière de fonction publique et â plus forte raison cl6 fonctioa épiscopale,uue puissante considération, elle a^eflace devant le véritable litre qui est : llnvcsliturc par le pouvoir ooui pètent pour la donner.
On lit encore au 126*' anniversaire de la délivrance d'Orléans juin 1432, premier anniversaire de la mort de la Pucelle ; la ville fait célébrer dans réglise de Saint- Samson, un service pour le repos de son âme.
Nous rencontrons, bientôt, plusieurs actes importants que tous les historiens Orléanais modernes passent sous silence bien qu'ils soient constatés par les comptes de ville (1).
« 30 mai 1439, le service qui se faisait annuellement dans l'église de Saint-Samson d'Orléans, pour le repos de l'âme de Jeanne d'Arc, est interrompu, vu la présence, en Lorraine^ de la dame des Armoises, qui se disait être la Pucelle d'Orléans. 25 juillet 1439, cette prétendue Pucelle qui disait avoir été sauvée miraculeusement du bûcher de Rouen, et qui s'était mariée au seigneur des Armoises, d'ime famille illustre de Lorraine^ vint à Orléans, où elle fut reçue avec distinction : les procureurs de la ville, trompés par elle, lui firent, au nom des habitants d'Orléans, plusieurs dons.
Cette nouvelle avait été apportée aux procureurs de la ville, le 20 juillet 1436, par un mcssaij^er auquel on donna trois sous parisis en pour boire. »
Ici commence la série très détaillée de ces dons et qui, du 23 juillet 1439, se succèdent jns(]u'au 1*^' août, suivant.
De nouvelles lettres arriveront bientôt par le hérault C^wr de Lys^ annonrant la môme nouvelle, il reçut pour récompense deux réaulx.
La ville fait un nouveau don à Jean du Lys, frère de la Pucelle, le 21 août : pour 12 poulets, 12 pigeons, \\ oisons et levrots, 18 sous parisis.
Le môme jour ce frère de la Pucelle obtient de la ville 21 livres tournois, il était venu en la chambre ou hôtel de la dicte (ville) requérir aux procureurs qu'ils lui voulissent aider
(1) M. Boucher de Molandon, seul en parle, à la p. 127, du vol. 17, des Mémoires de la Société archéologique, mais d'une manière si fugitive que manifestement il n'a pas traité ce sujet, cependant une incontestable importance dans les faits qui intéressent la lamille de Jeanne d'Arc, ou au moins quelques-uns de ses membres, se rattachent à leur histoire.
d'aulcung poy (dun peu) d*argeiit, pour s'en reloumcr Yerssa dicte sœur, disant qu'il venatt de vers le Roi, lui annoncer que sa sœur Jeanne existait et que le Roi lui avait donné un boiJ de paiement (promis) 30 fr, et comme il ne lui avait été pay que 20 fr.» il en avait despendu 12, et il ne lui en restait plus que 8, ce qui était trop peu pour s'en retourner à Metz, devers sa sœur Jeanne vu qu*il était le 3* à chevaL
A Cœur de Lys le 18' jour d'octobre pour un veiage qu'il a fait pour ladite ville, par de vers la Pucelle qui était à Arloo en la duchié de Luxembourg, et pour porter les lettres qu'il apporta de kdiete Jehanne la Pucelle, à Loiehes par devers le Roi, qui là estoit, pour lequel veiage, il a vaqué M jours, c'est asçavoir, 34 jours au veingede la Pucelle, 7 jours à aller devers le Roi et pour aller devers la dicte pucelle le dernier jour de juillet, et retourna le 27 septembre en suivant, pour 6 livres pansis.
Le dit jour 2 septembre- pour puin, vin, cernaulic. dépensés en fa chambre de la dite ville (à Thotel de ville), à la venue de C<eur de Lys qui apporta les dites lettres de ladictt*. Pucelle, et pour faire buire le dict Cœur de Lys, car il disait avoir grand soif, pour ce 2 suus 4 deniers. »
Tel est le commencement des scènes presqulnexplicable^ auxquelles nos comptes de ville, vont nous faire assister.
Nous iravoîis h nous occuper de cet incident, cependant très remarquable, qu*au point de vue de ce qui s'est passé, à cette occasion, dans la ville d'Orl«>iinïî, sans autre commentaire.
Le 28 juillet 1429, la préteiidue pucelle vient à OrléàDs, oii elle est reçue avec grande distinction ; plusieurs dons lui onl été offerts : payé à Jacquet le Prestre, le 28 juillet, pour vin 14 sous pariais ; pour vin, le 29, 14 sous; le 30 pour viande 40 sous, le tout fourni à la dame des Armoises, et ainsi de suite jusqu'au l*"" août, inclusivemenL
Nous ne continuerons pas à rappeler les aventures militaires et les intrigues de cette femme qui sut, non seulement se faire recoiinaUre de tous^ et particulièrement, du roi et de tous lea grands qui avaient approché Jeanne d'Arc, combattu à ses côtés, qui lavaient fréquemment rencontrée dans les cîrcona-
nces les plus mémorables el les plus fiimilières ; mais morne 3 habitants crOrl<^aiis, des procureurs de ville» du liérault d'arroes Ca:*ur de Lys, mis à ses ordres, et du receveur de ville Jacques Boucher, et surtout de sa femme et de sîi fille, celle-ci ayant pous.sé riritîmitë avec Jeaune jusqu'à lui faire pnrtager chambre et même sa couche.
ce qu'il y a de plus étonnant encore c'est qu*el le a été, tous ses voyages, dans toutes ses démarches accompagnée par Jean et Pierre, les deux frères de la vraie Jeamie d'Arc.
Cette circonstance, altestée par les actes les plus irrécusables, paît tellement inexplicable qu'on éprouve une grande diflîcultc à y croire malgré tous ces témoignages ; mais plus on est Dtraint de se rendre à l'évidence, j:lus elle fait naître dans sprit de graves soupçons sur la moralité des deux frères de Jeanne d*Arc.
MM. Quicherat et Vallet de Viriville, se réunissent séparément, pour s'exprimer, dans ce sens, h peu prés dans les mes termes ; ils disent de ces rlcux hommes : soit par un ded'ineplie peu croyable, soit par suite d'un cruicert intéressé oins croyable encore, ces deux paysans anoblis reconnurent Ue aventurière pour ieitr sœur et ils furent tous deux reun us d'elle.
Un autre memlire de la savante compagnie î^ ortie de Técole 18 chartes, M. Lecoy de la marche, dans un très instructif mémoire sur la fausse Pucelle, considère comme assez redoutable la question d'erreur ou de mauvaise foi que soulève la position prise, par Jean et Pierre d'Arc, dans l'apparition de la dame des Armoises ; il se pose celte question et la résout en ces termes : s deux frères qui voyagèrent avec la dame des Armoises et tèrent avec elle huit jours à Boisquilloii, étaient-ils dupes ou complices? dilemme pénible à peser et d'ailleurs insoluble. P Enfin le duc d'Orléans put rentrer en France : il était resté vingt-cinq ans en Angleterre, depuis le 25 octobre de Tannée 1413, où il fut fait prisonnier à la bataille d'Azincourt, jusqu*au it novembre de Tannée 1440.
Cet événement fait une heureuse diversion à ceux qui s'étaient
Hbs
fMfiiâi fQlm leê miitOiiid'OrléiLiis et ée Bonigiigoe ; kvn éift^l iioii^, per des tbdbem emefe* a^eol été U cair!« de la j des dêaastfes de U France, leor récondlnlmi derinl Wftfe j du raloor de ta paix ^l de la prospétilé de li Fnuice.
Ce bienfait e^i dû toiti entier an d«e cl à la dath&m es Bourgogne ; lài^gleU^rre m se refosani al n qm denit
airoir lieii à Saint-Oiner pour Iraittfbrmri . . .. .ve cAojeiiik entir le» deux pOHOMicea, eo un tmîl^ de jmix, 4*mnmi ukmà on nottreiau gage de eoœbat
Le due Ûù Bm ^m «jn u t.iiiviii «lu taiiius utiicutT
le retour du d«^ > |itit traîter, à part, de la raacna
de ee priiice: dk fal ri^lée à iOO.fm» éeus d'or (imSM b,) à peo ptrèi afijounTlint 16 ûii 18 mîUii^iis de notre ra^mmit.
Le doe jitra de ne Jamaà porter li's ariDeseriatR rAnsleterre; et te 12 QOTeitibre 1440 il arriraît eo Franc*'
Nous o'avotiâ poiDl à fioti5 la des âcèncs
dont cette réeofidliaiiim fut i .^.: u entre a»idi!iixi prineteres, mak ooti» derons dtnf ijue la ville d*f)rléaiiB araît plus tenu «:^ontf^ h?s anglais pour son duc i|tie pour le roi, m montra très sensible à ^«»n retour.
Elle recourrait un prince plein de grâeesit de bienTeiltaneeet ] de générosité, ami des lettres, dont le eoneotus et la prol^lton ne t it que lui ^tre utiles, au^ elle lui ♦! " '^ 17
jaiiv . r » le Bétanl. f>nn frtTe naturel pour |. r au
nom de la ville h son détrarquement au port de Calais.
On eèléhra, en ratleiidaol, son retour par ' '^ if.
deicérèmoniea religieiises; les carrefours traii> le^
de feattns reçurent la population réunie en groupes de jojrem convives.
£lle n*étaii que le prélude de celle qm atleodatt, le pctnct* el la princesse Marie de Cléves. qu*îl venait d'épouser p«>ur sceller sa récondltaticm ave**, la mak^n de Bour^ogitr^
M. Loltin rapporte «n»^ description très tatéreï@ante de tttlc enfrAî qui eut lieu le %-eudro4li ii jumicr lt40 (1), et par 1* vieille porte Bourgogne.
(1) Lemaire ne p;irle que tr^ bricTemeai, par une «ente meatioa de celte entrée ; mais il arait réuni daas ua loag paragraphe préeUuit j
' Les arrivants furent harongiiés par les proeureors de ville , ^u avait èlevi^ douze écliarauds, un nu iJefiorâ de la porte^ un autre auprès de l'église Notre-Danie-des-Ormes-Sainl-Victor, un autre au cloître Saint- Etienne, un autre au cloître Satnte Croix, un autre à Soint-PiiMTe-en-PoDl, enfin au Pilori (I); le este était répandu dans tiuv^lques earrerours. Sur ces éeliaFauds Cu pliUût sur ees théâtres : furent jou<5s divers personnages : celui des Iriboureurîî, des vertus morales, le combat de Goliath el de David, el, autres agréables sujeU. Le cortège se rendit d'abord à Sainte-Croix et reconduisit duc et la duchesse au Chdtelet ; les procureurs avaient iait pair un erïébre unisicien nommé Oudin de Saint Avy» qui menait la bande <1rs hauts nit^neslrici-s, H Jeluiiï Chanipeaux qui conduisait la bande des joneur*? tle Luth.
Le duc el la duche^^se occupèrent In grande salle du ChAte- ^t, qui donnait i^ur la rue au lin (cette rue existe, descenit du grand marché à la Loire); les seigneurs de la cour irent logé«^ en partie dans fa portion du Chùtelet que le >uverneur habitait ; les autres, moins qualifiés, eurent l'hospitalité des bourgeois.
Les procureurs firent présent au duc d*Orléans, de 4,000 DUS d'or valant à peu pr^s trois francs de notre monnaie Dtuelle, et de plus de iei lapiaserie navale orléanaise ; cette Ipisserie ffiite par un Orléanais qui avait établi son atelier )us les galeries du |iréau, au cloître de Saint-Argnan, passait ïur un chef d\i*uvre,
Elle se composait d'one toile peinte de deux toises et demie îe hauteur et d'une longueur suHisante pour environner le
tous lés é)éRieDt8 de ces solcanitos ^m r^ûdeut très vraisembliiblea la scrîptioQ détaillée qu^en donnô M. Ltitliu et qull nous apprend voir été eiupruDiée aum manuscrits sur OrlMtis.
Oa appelait aÎDsi le lieu où s^exécutaieat les sentences crirnî-
le pilori coiifistait ou un poteau ou une cage auquel ou dans
ijuelle ou aUachait le eocdamné : à Parisct à Orléans, c*é tait une
Ige; dans cette dernlôro villo, ce mode d'exécution existait encore
Châtelct en l'anDée lli'JO, épot|ue à laquelle la magîatrature d'Or-
aollicita et obtint quelqu'adoucissement à k procédure de la
on.
clottre SaiûUÂîgnaD, où elle était étalée ! elle repréaenlail UNrf le cours de la Loire avec ses villes, vlllagéâ, hameatix, bourgs» cbAleaux, passages, portes, ponts, depub Rotniie jnsqv'iii Croisic.
Cetie pièce qui sérail aujourd'ltul l'un des plus prédem monuoieats de Fart à cette époque, m été emportée par le due d*Orlèaiis à son château de Bloîs, ou elle fut comprise 4aBSiui inceDdie qui détruisit une partie de cette résidence en TantiéelS40.
Si on ea croit cette description, la fête donnée par la irille d'Orléans au prince Po^te et Tun des esprits les plus distingués de son tetnps^ si elle n'était pas digne de prendre rang panni lêo fêtas luxueuses et élégantes de ta renaissaiioe en était efrtaînement un brillant prélude et nous ffilksloos M, Lottin it de nous Tavoir fait connaître par ses peisérérantes et nieuiea recherches.
M. Lottin ajoute à ces enrieux dé laits ceux des ilè\ occasionnées par cett^î somptueuse réception ; quelqu'in sants qii*ils soient, nous croirons devoir nous borner à y reo' vorer le lecteur.
Nous devons ajouter d'après Svmpborïèn Guyon que lei seigneurs de la cour du duc d^Orlèans n*a]rant pu tous ètr« logés au Chàtelet, les procureurs achetèrent une maison rue des Hôtelleries {ii mars 1542), nommée Tbôtel des créoetù^ etp par succession des temps, plusieurs autres maisons où ib ool C&it bàlir rhôtel commun de la ville : cet auteur ajoute que l^ proearears de Tille tenaient leurs séanoes dam une cttambf^du Châtelei donnant sur li rue ^lii lûit , qu*ik la donnêr^*^ pour loger la suite du duc d'Orléans et que ce fut à c«tte oe<^' mn qu'ils achetèrent cette maison des eameaux on des cJ ■eaux auprès dé laquelle était déjà une tour «?'* 1\-%ncter'^ Tille,
LA FâmiXa K fftÂ3C51 D JLtLC A oaLiU.'ïS.
Les père et mère, les frères de Jeanne d*Arc devaient par '' natiire des événements qui avaient rendu leur illustre tille ^^ j
^aœur, la libératrice de la ville d'Orléans, devenir les citoyeDS, Je cette ville.
Nous avons vu comment les deux frères Jean et Pierre ont Tété attirés par 1rs actes de muniOceûce que dans diverses et
I graves occasions ils ont sollicité et qu'ils ont obtenus. Nous serons brefs à ce sujet tiui nous apparaît moins intéressant après ce qui sVst passé entre Jehan du Lys, le roi Charles VU, et les procureurs de la ville» à roccasiou de la survenance dans les allaires de la France, de la fausse Jeanne d'Arc, la dame des Armoises.
D'ailleurs deux êrudits très dîslingués, de la ville d'Orléans, nos contemporains, et, entre les deux plu:^ particulièrement, M- Boucher de Molaudon.oot adopté les membres delà fînoille de Jeanne d'Arc comme étant de vérilobles concitoyens, comme les enlants adoplifs de la cité, et se livrant à ce sentiment avec un véritable abandon, ils ont avec ampleur, publié îours patientes recherches sur les rapports que la délivrance d'Orléans Ia établis entre cette famille et la ville. Notre tache est facile et doit être brièvement accomplie. Cette famille représentée comme appartenant au labour, dont le chef voyait avec indî|j:nation sa (ille aller avec les gens de guerre et qui, cependant la laisse partir accompagnée de ses deux frères ; cette famille dont tous les membres se trouvent prêta, même la mère arrivée à un âge avancé, à se transporter de la modeste mais gracieuse et agreste habitation de Domremy, dans la triste, sombre et froide rue des Pastoureaux de la vjlle d'Orléans, nous semble avoir eu bien peu de peine et mettre beaucoup d'empressement à rompre des habitudea ^champêtres et à changer si complètement de situation. ^ C'est cependant ce qui eut lieu, les frères quittent la charrue pour Tépée, et dès le mois de juillet 14il0 (1), précisément au moment môme ou s'accomplissait la fraude de la dame des Ap-
" (1) M. Mantellier place Târrivce d'Labolle Romée en Faanée 1140, mais Lottio, d'aprèB les comptes de ville^ placosoa arrivé© à la date qui vient d'être indiquée et la rapproclio de la visite à Orléaas de cette fauftse Pucelle qui y était eacore le 23 de cemoiâ de juillet.
moises. Isabelle Romée venait avec ses fils, s*installer dans la ville d'Orléans, M. Lottin va jusqu'à dire qu'elle accompagnait, comme ses fils et avec eux. cette audacieuse intrigante.
Tous acceptèrent d'être à la charge de la ville.
M. Boucher de Mnlanilon pr«Mjuit, ainsi que M. Lottin, des extraits i\e> comptes qui conslat<*nl que, non-seulement la ville avait pourvu à la pension d'Isabelle Romée. mais aussi en payant le prix des soins qui lui étaient donnés tant en santé (pi'en maladie, à deux pn-sonnes : llenriet Anquetilet Guillemin Bouchier. soit vu la lui remettant à elle-mènit».
Isabelle est restée ain^i • ix-huil années à la charge de la ville, où elle mourut le i'> novembre 1458. où elle fut enterrée sur la paroisse de Saint-IIilaire, qui était celle des habitants de la rue des Pastoureaux.
Dans les relations des faits qwi les intéressent, on a été jusqu'il les associer aux senlimeutsqu».' la rec«»nnaissance publique accordait à l'hénuine. elle-même: plus calme dans nos appréciations, nous nous bornerons à constater leur véritable situation.
Les doux frères de Jeanne d'Arc. Jean et Pierre avec leur mèrct-t aj-rès ell- |.irut.iil> .1- !;i vii
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