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nous les voyons, ce nous semble qod moias bien Iraités que De n'était leur vieille mère.
A ce sujet, M, Boucher de Molaiidon s'exprime ainsi : « A
soQ arrivée dans l'Orléanais, la famille de Jeanne d*Arc était, paraît-il, dans une très grande gône, et pour justifier cette proposition, il cite les termes employés par Messire Pierre du Lys, dans la supplique que celui-ci a adressé au duc d'Orléans, lorsqu'il sollicitait un bienrait qui s'est résolu en la donation de Vile aux bœufs, ainsi qull va être bientôt dit.
f Cette humble supplication, portent les lettres de cette donation : coulient que, pour acquitter sa loyauté envers mon- BÎgneur le roi et lui duc d*Orléans, Pierre du Lys s'en feust dé- "^^arty de son pays et venu ou (au) service de mon dit seigneur le roy et de nous (le duc) en la compaignie de Jeanne la Pucelle sa sœur, avec laquelle jusque» son absentemeni depuis ce jusques à présent il a exposé son corps et ses biens ou (au) dit service, et ou au) fait des guerres de mon dit seigneur le roy «.»eomme en plusieurs voyages... comme en plusieurs et divers lieux ; et par fortune des dites guerres a esté fait prisonnier des dits ennemis, et à ceste cause vendu les héritages de sa femme et perdu tous ses biens, tellement que à peine de quoi vivre ne avoir la vie de sa femme et de ses enfants, nous requérant très humblement il nous plaise, nous donner, sa vie durant, de luy et Jean du Lys, son llls naturel et légitime, les usufruits proufûts, revenues et émolument d'une ysle appelée l'ysle aux bœufs à nous appartenant, assise en la rivière de Loire au droit de Checy, en comprenant environ deux arpents de la dicte ysle qui est au droit de Fostel de la cour Dieu, appelée Givrou. i
Cet acte nous place en présence d'un serviteur dévoué et fidèle qui a tout perdu par ses actes de dévouement et de fldélité, mais aussi en présence d'un homme qui naguère était dans une position de fortune assez considérable puisqu'il parle non-seulement des biens de sa femme, mais même de ses propres biens*
Cette situation nous semble remarquable en ce qu'elle est contraire à tout ce qui a été dit de la situation humble, pauvre
et laborieufle do eette famille de cuUt valeurs, hahiiaol le ?iltage de Domroiny. Comme elle est contraire, ainsi que nom avons eu déjà occagion de le faire observer, à rextrôme répugnance muni restée par te père de Jeanne d^Arc à ce qu'elle par* ttt pour Ghinon, puisque Pierre du Ly», se prévaut pour obtenir une faveur, ou plutôt Tacquit d'une dette du prince, de ce qii*il a, avec son frère Jeun, accompagné leur bcbut depuis le jour où elle a commencé sa mission, jusqu'au jour de son absentement ou de sa mort, à moins, comme quelques*uns lepeasênl, que ce mot : absentemenl^ n*exprîme la préservation miraculeuse par laquelle la fausse Jeanne d^Arc expliquait son appari* tion, en Tannée 1436.
Ces lettres, nous Tavonâ dit, sont du S8 juillet i443; M. de Hotandon considère cette donation comme faite à titre de f^compense nationale il fait observer qu'elles furent d*aQ havi intérêt pour la famille ; mais il semble qu*tl exagère ce bîecifait et qu'au contraire on a placé cet acte au nombre de ceux considérés comme bieninsuIGsantsde la pari du roi Cliaries Ytl el de la pari du duc d*Ortèaiis (1).
Déjà Pierre du Lys avait pria ses précautions pour répamr à Orléans, les perles qu'il avait faites dans la Lorraine,
L*églîaa de Sainte-Croix^ pûaaèdail en la paroisse de Sainl- Aignan» de Sandillon, à deux lieiies d'Orléaiia, sur la rive g»»ehe de la Loire, une ferme appelée, lea Baigneauz, oompranal 110, an 180 arpents de lerres UbcmraUea baignées par les eaux du fleure.
Fierre du Lys, la pril à bail empbytéotiqiie pour lai, aa teauM el son fib par un acte nolarié da detaier jour de janvier 1441, pour coimnesic^ le jour de Toossaint de Tan 1443.
(1) Oa ftMfqai dsas «a o«¥tage eac^dûpedMiBe éé^ eiié ^gm ^mt% àm 1^% aiéeoalaat àe nmmHbmwrm da doa 4 lai ùàu p^ tm viUtt rTaIa-«ax*teal>» s^èuit hwm eowwom^trm far la Anaoissst sia 4e virre {ilas à Ymm et %%''d avaèl eaasaati à la i lalM poar la mxmti Maâ cet o«?Tii(e a'a pas eoespn la eausMara de estis tane et de k daestioa ds rTiil pie IsdaedtMisM.fkyfesilif* 4» la ^M di ^ U» et la doKâM #asMita Uiai
El comme celle ferme T'iail non loin de fUe de Charleraagne
et que Pierre du Lys robienait du duc d^Orli-ans, au cours de
.rannée de son enirée cp jouissance de la ferme de Baigneaux,
[ou Bagneaux, il faisail une assez bonne affaire qui devait
rétablir les siennes ; il réunissait ainsi deux exploitations éva-
laées comme dépassa ïil 800 arpeiils.
Enfin Pierre du Lys, en Tannée 1452, pensa k se loger dans la ville ; il loua îicel effet, une maison dont la situation, môme dans ce temps, cl la description, ne nous donnent pas une haute idée de sa position dans la société orléanaise.
Celle niaisoii était située en la paroisse de Saint-Pierre-le- Puellier, au coin d'une rue dite de Saint-Flou, allant aboutir au cloître de Tancicn monastère, aujourd'hui Téglise paroissiale de Saint-Pierre-le-PuelU^:r ; elle appartenait à la collégiale de Saint-Euverle.
L*acte autheiilique nous dit que le bail devait avoir une durée ' de cinquante-neuf ans, k partir de la nativité de saint Jean- Baplisle de Fannép 115^, au prix de 32 sous parisis de rente, c'est-à-dire k un prix très minime.
I! est vrai que celle maison aboutissait k rextrémité Est de la ville, qu^elle était obscurcie par les hautes murailles de la ville entre les forlificalions de Tancienne porte Bourgogne, la Tour-Blanche et la Tour-Neuve ; bordée au delà de cette muraille et de ces fortifications par le grand fossé, formant aujourd'hui la rue dite de la Tour-Neuve, et qu'elle avait au delà le monastère de Sainl-Aignan, pour tout voisinage.
On pourrait supposer que ce bail fait pour un si long temps et pour un aussi bas prix, devait avoir pour conséquence des réparations qui auraient rendues la maison louée habitable, mais il n'en fut rien, cl quand Pierre d'Arc mourut, le 8 janvier 1465 ou 146G, son fds Jean de îa Pucelle Un succéda, continua celte location par un acte passé le 8 janvier 1467 : et par un autre acte notarié du 27 mai 1509, dans lequel on décrit rétal de la maison désignée par le mot de : inamrr, on la représenie comme élant resiée dans le plus triste étal de réparations ; cependant Pierre du Lys* qualifié de chambeHan du Roi, avait reçu de lui en souvenance des bons et notables
services de feu la Piicclle an don de 10 livres toamois à prendre sur le prix du bois vendu dans U Toril (lelire pit. de 1463).
Nous n*avoTis plus k nous occuper de ce membre de la faudille de Jeanne d*Are et nous devons suivre son frère Jean, JQsqu^à sa mort, celte tâche sera courte ; il parait certain que Jean du Lys, dès Tannée 1436» e^l retourné en Lorraine oMla été nomme, par le Roi, prévôt de Vaucouleurs, fonctions qu'îl| conserva jusqu^n Tannée 1467, où il parait qu*il mourut.
Notre inientioo ne peut être de continuer avec notre labo* rieui et très consciencieux concitoyen, M. Boucher de Molaodon» Tétude de la descendance de Jacques d*Arc et de Isabelle Romé^« qu'il prolonge jusqu'à nos jours: il nous a semblé qi nous dussions borner les nôtres aux temps et circonstanc dans lesquelles cette famille a été en rapport avec Thistoire de la ville, cependant nous ne pouvons résister à nous Un ici à quelques observations touchant les membres de ceti famille qui viennent d'être nommes^ et le lieu de leur origine.
En ce qui touche les personnes, on les a toujours représentées commes pauvres, appartenant à la plus modeste agriculture et par conséquent sans éducation et sans lettres*
Jeanne ne sait ni A ni B : ses frères doivent être à peo près dans le même état d'ignorance.
Cependant nous voyons la sœur et les deux frères entrer dans une voie qui exigeait quelque teinture des usages du monde et particulièrement les deux frères^ dont Tun termine sa carrière par Texercice de la fonction de prévdt k Vaucouleurs.
Sans doute à cette époque^ les plus nobles étaient peu instruits et négligeaient encore les étndes les plus élémentaires, mais il n*en était pas ainsi de la bourgeoisie, et pour être prévôt, surtout, dans une ville frontière, il fallait au moins savoir lire, écrire et compter ; il aillait percevoir TimpÔt ou veiller à sa perception et rendre la justice.
On a représente cette fomtUe comme pauvre, et nous avons vu que Pierre d'Arc, avait eu par sa femme et par lai-mëme
une certaine fortune qu'il perdit au service du Roi, et qui aurait été suffisante s*il fût entré dans 'Son village et dans le calme de la vie intérieure.
Le temps actuel semble vouloir jeter quelque jour sur Tobscurité dont Torigine de cette famille est encore couverte et quelques renseignements autorisent à la placer dans la bourgeoisie et même dans Tordre de la noblesse.
Le dernier historien de Jeanne d'Arc a révélé un fait très curieux jusque-là resté inconnu ; il rapporte une ordonnance de Louis XIII permettant au dernier descendant de Jeanne d'Arc d'écarteler, avec les armes que sa famille tenait de Charles VII, les propres armes de celle-ci : d*azur à l'arc d'or mis en fasce, chargé de trois flèches entrecroisées les pointes en haut, ferrées ; deux d'or ferrées et plumetées d'argent, une d'argent ferrée et plumetée d'or, en pal, au chef d'argent, au lion passant de gueuUes.
Ces signes héraldiques étant des plus honorables^ constatent une noblesse du plus haut degré,
Enfin, dans son numéro du 20 octobre de l'année 1884, la Benue critique d'histoire et de littérature^ rendant compte du t. VIII des Documents rares ou inédits de l'histoire des Vosges, s'exprime ainsi : « On remarquera entr'autres curieux détails, l'acte qui constate qu'en l'année 1426, Jacques d'Arc, le père de la Pucelle d'Orléans, jouissait d'une assez granv'e aisance.
« Cet acte, dont l'original est au trésor des Chartes de Lorraine, est relatif à certaines difficultés élevées entre un habitant de Montigny et le seigneur de Dreux et de Domrémy, représentant les manants et habitants, étaient : Jacques Lament, prebtre, Jehan Morel et Jacques d'Arc, du dit Domrémy. >
Enfin, ces singulières variétés de position sociale se compliquent, en ce moment même, de l'attribution très explicite d'une origine absolument étrangère au sol de la Gaule transalpine.
Ce fait, révélé pour la première fois dans une œuvre considérable due à la plume du chevalier de GroUalanza, auteur délia Storia militare di Francia, est extrait de la généalogie Il 27.
de la famille Ferrante di Ghisilieri, et de deux épitaphes, l'iine en vers français, l'autre en vers italiens, qui rattachent le père
de rhéroïne à cette noble famille.
Le père de Jeanne, en Tannée 1401, après l'usurpation, par Bcntivoglio, du gouvernement de la ville de Bologne, aurait été forcé de se réfugier en Lorraine, en substituant le nom d'Arc à celui de Ferrante.
L'auteur de l'histoire militaire de la France rapporte les lignes généalogiques de cette famille, portant les noms de Jacques, de Jeanne et de ses deux frères.
Cette descendance des Ferrante, attribuée à Jeanne d'Arc, nous a été d'ailleurs confirmée comme justiliée, résultant de cette généalogie et des deux épitaphes, et d'une tradition adoptée dans la ville de Bologne par une lettre du 5 janvier de cette année 188o, qu'à bien voulu nous adresser M. Luigi Calory, président de l'Académie de Bologne, contenant les deux généalogies dont il vient d'être parlé.
Il ne nous paraît pas opportun d'insister sur ce point ; nous ne le pourrions qu'en nous séparant de la ligne que nous devons suivre ; nous devons nous contenter d'opposer à ces documents deux objections très sérieuses.
Les lignes trônraloiriques placent Jeanne d'Arc comme étant l'aînée de ses doux tVrivs. lamli^ quelle ne peut être que le dernier enfant do Jar.juos : olioplaot-nt la naissance de Jeanne à rann»^^ 14*2 V : « Iik'hjh'* [incrrirru i/t Friinvin, » du moment d'une t:ran<lo iruerro on Franco. Mais avec celte rectification, c'est une erreur do date puis(|ue Ji-ainie est née en l'année 1 i09 : « Sbuijlio di data l'Oivhè Giovanna yiacque ncl 1409. .
Enfin les deux IVoros de Jeanne, dans la généalogie, se nomment Giusopfe (Joseph) et Stophano (Etienne) et jamais ces deux noms n'ont apparu ilans \' Histoire de Jeanne dArc comme appartenant ù ses fn:ros toujours et partout appelés : Jean et Pierre.
A ces motifs de repousser les liens qui existeraient entre les deux familles d'Aiv et di Ghisilieri, on doit ajouter ce qui suit : l'auteur de Vistoria militare di Francia, a eu la bienveillapce
de nous communiquer Técu des Ghisilieri que V Encyelopedia araldica cavalescera blasonne en ces termes : Bandato d'oro et di RossOj bandé d*or et de gueules ; au chef de gueules, chargé d'une étoile d*or, à la levrette d'argent gorgée et bouclée d'or, hissant du chef, portant en bouche un volume avec cette devise : Fac bonum.
On voit qu'il n'y a aucune similitude à établir entre ces signes héraldiques et ceux auxquels prétendaient, sous Louis XIII, les descendants de Jacques d'Arc.
Ce sujet d'ailleurs intéressant par les sources hondr&ibles d'où il nous arrive, ne semble devoir être l'objet d'une mention que pour se joindre à ceux qui surgissent, sur la position sociale de la famille de Jeanne d'Arc et qui démontrent l'incertitude dont elle est encore entourée.
Plus on s'occupe de cette famille qui change d'aspect à mesure que l'examen et les recherches se prolongent, plus on doit revenir exclusivement à la jeune fille qui, seule des siens, a été vraiment digne du respect et de la reconnaissance de ses contemporains, et dont le nom est passé et passera à toutes les générations dans sa pureté et son inaltérable gloire ; car elle était apparue des paisibles champs qui entouraient son village, dans les champs de bataille en obéissant au roi du ciel qui V avait envoyée ; ses voix, ses révélations étaienfde Dieu : asseruit quod voces quas habuerat erant a deo, » et tout ce qu'elle avait fait était par l'ordre de Dieu et quod quidquid fecerat ex preceplo dei fecerat et les fastes du genre humain n'offrent rien à l'admiration des hommes qui soit comparable à ce qu'à fait cette jeune fille immolée à la vengeance des vaincus, âgée seulement de vingt ans.
N'insistons pas sur la destinée de cette famille et sur la des tinée de ceux qui, en grand nombre, ont prétendu la continuer jusqu'à nos jours ; ils n'ont droit à l'attention publique que par la divine inspiration de celle qui en quelques jours a préservé la France des hontes et des douleurs d'une troisième conquête
Cette acte semblait accompli, aucune puissance humaine ne semblait pouvoir préserver la nationalité française de sojû abaissement.
L'arrêt de son efTacement de la liste des peuples semblait être dans les desseins de la Providenee et devoir être bientôt prononcé, et les Danois de l'Angleterre allaient renouveler pour Taccomplir sans retour, l'invasion des Danois du vui* siècle ; Jeanne la pucelle parait à Orléans, et ces nouvelles hordes de barbares du nord sont forcées de se replier sur le rivage de la mer et, bientôt de retourner dans leur île.
Que la gloire de ces hauts faits appartiennent à cette héroique jeune fille, sans partage avec les siens ; aucun de ceux-ci ni aucun de leurs descendants, qui furent ses contemporains, n'a le droit d y prétendre, et l'histoire ne doit ses hommages qu'à elle seule à qui seule ils appartiennent.