‹ Histoire de la ville de Brie-Comte-RobertChapitre 2 sur 58 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Cest presque, aujourd'hui, une tentative populaire que de ressusciter clans certaines de nos campagnes les moins susceptibles en apparence de « sentimentalité historique » le souvenir du pa^sé local.

« Le public, le vrai, écrivait M'"'' Séverine, en ce moment, s'émeut de tous les petits côtés de l'histoire. On veut du vécu : voir le visage, le vrai visage des acteurs, dans la coulisse des événements ; on veut avoir.tandis que le verbe et le geste léguaient des aphorismes, quelles émotions dilataient ou serraient le cœur jusqu'ici inexploré et mystérieux.

«L'neng^ouement du réel saisit les foules, tandis que. d'autre part,

une envolée mystique les jette vers l'inconnu. On souhaite que le

jadis s'éclaire et devienne accessible, non plus seulement dans ses

apparences, mais dans son for intérieur : on désire connaître par le

menu 1 existence des personnages, la topographie des lieux : ce

quon pourrait appeler la géographie psychologique quant aux êtres,

matérielle quant aux choses, sur quoi suivre le texte qu'ont dicté les faits...»

•H. Fustel de Coulanges, dans l'introduction de V Alleu, a dit de son cuté : « L'histoire devient la science des actes sociaux. »

^•rjohn Lubbock en ouvrant, en 1892, le premier congrès Internationa, de sociologie, s'exprimait ainsi : « Comme il est triste que les historiens aient négligé le côté social de l'histoire ! Nous trouvons aes pages et des pages consacrées à des guerres, des batailles et des luttes pour le pouvoir, tandis que la condition sociale du peuple est entièrement omise ou traitée en une phrase ou deux ! »

Rien n'est plus vrai.

^^îlÇ histoire des sociétés du passé est depuis peu commencée.

AVANT-PUOPOS

Beaucoup s*attachent à ce travail dont l'attrait est plus j^rand qu'on ne pense à mesure qu'on fouille l'activité sociale des autres à^es.

C'est ce que j'ai voulu faire pour Brie-(>omle-r^obert, persuade qu'il serait intéressant de faire revivre ses m(eurs et ses habitants d'autrefois, et d'étudier les conditions anciennes de son existence.

Il était pour cela indispensable de fouiller les archives notariales où l'on retrouve, écrite avec une sorte de naïveté solennelle, la vie publique et intime des ancêtres, où les transformations foncières sont minutieusement indiquées.

Je remercie, profondément ici. Messieurs les notaires, qui ont bien voulu m'ouvrir libéralement leurs minutiers. On retrouvera souvent leurs noms au bas des payées qui vont suivre comme indication de sources d information.

Il fallait également que dans nos dépôts d'archives, je fusse à même de recueillir, en outre des documents, pour ainsi dire ol(icicls,ce que je pourrais appeler le côté anecdotique de Ihisloire. Je ne saurais dire la complaisance que j'ai rencontrée à cet é«;ard tant aux archises départementales, qu'aux archives nationales et aux grandes bibliothèques publiques. Le regretté M. Lemaire et son érudit successeur ^\l. Hugues, à Melun, M. Stein, M. \'iard, M. Legrand et beaucoup d'autres, à Paris, m'ont considérablement facilité la tache que je m'étais imposée. Je me fais un devoir de leur en témoigner ma vi\e gratitude.

.Wais ce travail de recherches exige également un effort matériel considérable Je me dois de proclamer ici le concf)urs que jai re^;u de quatre de nos concitoyens: M. Brandin, cjnseiller général et présider. t de la Société d'histoire et d'archéologie de Brie, M.(>amus, notaire, M. Lepoivre , conseiller municipal, M. Blondeau. architecte, tous les trois membres de la Société d'archéologie de Brie-Comte-Hobert. Je n'aurai garde d'oublier ici les ncnes, auxquelles j'ai puisé, laissées par M. (Camille Bernardin qui avait con<;u, lui aussi, le projet d'éciire une monographie de ikie-Comle-Robert.

Je serai heureux d'avoir pu contribuer, grâce à ces bienveillants concours, à faire sortir l'histoire de Brie-Comte-Robert du domaine des généralités.

l-:i>M0ND MICIIKL zïoùt nj(Ji .

Di; LA vii.Li; ui;

CIIAl'ITHIÎ PKKMIHU

11 n'est pas besnin d'autres téim li^Hiiî^'^s qu'une i ibscrvali< m ■iUentiiL', fortilicc d'ailleurs par les dDunées de l'histnire. P"ur Se rendre compte que le sol sur lequel s'élève Brîe- <-"mtc-Ki>bert. et en même temps tuut le pays envinmnanl, iilaita l'époque anlé-rumaine couvert d'épaisses forêts. ]*eut- '-■''■<-', en de rares endroits, les au luch toiles avaient-ils essayé 'Quelques timides tentatives de défrichement, mais c'est tout à P'-'ine s'ils purent créer des clairières où véfj:était une popula- ""ti à demi barbare et, à coup sûr, bien plus ad(,mnée à la L'hiisse qu'à l'agriculture. Il est intéressant, àce prnpos, de n^itur le nombre relativement considérable de pointes de Ilécht; un pierre que l'un trouve encore auji.iurd'hui éparses ourles pentes de la vallée du Cornillot.

i> msToiRK 1)1-: LA vrij.K

Il scnTblcmit pourtant qu'à une époque lointaine, le soi de Brie-(^( )mte-K( >bert — < )U de ses accincts immédiats — aient été partiellement le centre d'activité d'une certaine civilisation.

Lorsque les (]eltes, auxquels n( )us aim )ns à nous rattacher, franchirent, par une pous.sée venue de !*( )rient, le Rhin, entre le 7" ou letj siècle (r) avant notre ère, ils trouvèrent le pays déjà occupé. Il est aujourd'hui parfaitement admis que c'est à ces premiers habitants du sol qu'il faut faire remonter les mrmuments méLralithiques (menhirs, dolmens, cromlechs, etc.. etc.) que l'on avait trop facilementattribuésauxDruides.

L'existence de ces monuments témoiirne tout au moins d'une communauté d'elVorts qui peut donner une idée confuse mais appréciable de l'état social de ceux qui les ont élevés. Leurs conquérants, les (Celtes, n'apportèrent avec eux que leurs m(eurs barbares et nomades et \raisemblablement il se produisit alors ce qui arri\e après chaque invasion, une période d'arrêt dans la ci\ilisation préexistante, période qui peut avoir duré plusieurs siècles. (-2)

Si les prémisses que je pose et que je ne pose qu'après des érudits de haute valeur ont quelque fond de vérité, nous pouvons, d'ores et déjà, supposer que la réjjfion de Hrie était habitée par les peuplades conquises vers le y siècle avant notre ère par les (Celtes.

M. 1^. Rivière, dans une communication à l'Académie des

d,' « Los l>lti'S M. par M. Ferdinand Lot Revue Hn»:yclopédique. iS-^S. n- 270. p. (),2-<j(i2.

'2. IVut-étre cette population ancienne, soumise par les Celtes ou relbuléc par eux. ver-i le sud-est de la France, appartenait-elle a un ranieau des ibères. On a avancé i|ue les Sicancs. 'faction des lt>ères qui peupla la Sicile, éttient probablement d'anciens habitants des bords de la heine. d'où leur viendrait leur nom. iSequana, sicanoi. Il m mblerait même que leur >éjour dans la contrée de Bric puisse être démontré ce qui ne saurait étonner après la thèse que nous rapportons ci-iiessus 'n l'empruntant à des auteurs fo-^t sérieux.

On trouvera dans L' cours de cette histoire le nom d'une famille qui occupa à Brie-Comte- Robert un certain rang ; je veux parler de.s La Jarrie. Iîn avaient évidemment pris ce nom d'un o lieu dit » appartenant a la commune de Servon.

M I e jarriel. le Jariel. la )arrie. dit M. Maurice l.ecointe. ont pour origine un dérivé bas latin du mot " an croma n et peut-être anléjraulois »» (jakkic qui vient plutôt des Ib res que des I iiçur^'s. On le trouve, en ertet. en Espagne cl pas en Italie. Hn outre, il survit dans les dialectes, des régions occupées autrefois par les Ibères et nous savons par Festus Avienus que ces peuples occupaient le pays à j'oueat du Rhon*? et leur nom signifie, parait-il, <* peuple de l'Occident. «♦ « Oiigine et formation des noms de lieux habités » par .M. .V.aurice Lecointe. — (Bulletin de la société dhistoire et d'archéologie de Provins, h' vol. 1892-1894. p. 3V>S.,.

\)i: lîKIK-COMTE-RonKRT <)

sciences, siirnale Tcxislcncc d'une série de menhirs ou pierres levées, situés sur les bords de la rivière d' Verres, tant sur la oimmune de Brunoy que sur celle de Boussy-St-Antoine (i). Peut-être pourrait-on rattacher à ces vestiires intéressant| une pierre. au;r)urd'hui disparue, qui existait autrelV)is à Hrie-(]omte-Robert, derrière rhôtellerie de l'I^cu, sur le chemin appelé jadis, tant(')l de la Mjre aux prctres, tantôt de la Pierre nu relu f hic, auj<>urd'hui chemin de Servon. (-2) On est presque involontairement amené en prononçant ces mots : * Pierre Marchande >> à év(>quer le souvenir de la fameuse 'Pierre des Mji'cJunds à Locmariaquer, surtout si l'on son^^e queHrie-Comte-Robert fut de temps immémr)rial un marché important (3). 11 paraîtra à beaucoup que l'existence ancien" nement vériliée de cette pierre, « une borne », ainsi que l'indique le document du X\'l" siècle qui est visé ici, peut se rattacher à quelque monument mégalithique, probablement un menhir, dans le ^enre de ceux dont M. K. Rivière, a ûtnstaté l'existence à Brunoyet à Boussy-St-Antoine (4). Dans ^^ cas, elle serait la preuve que sur ce point un groupement quelconque, soit temporaire, soit permanent, d'habitants •"^esi produit. Kn première analyse, on pourrait déduire que

' * M. E. RiviC're envoie deux mémoires sur une série de menhirs ou pier'es 'evces. tous ''ituosui les bords de la rivière d' Verres, soit sur le territoire de lu commune de Brunoy. soit ^"■trluide Bou-^sy-Saint-Antoine. Os menhirs, mentionnés autrefois dans certains docufncnsdu XV' siècle, sous le n-^m de « pierres frittes ou fittes «, avaient déjà été signalés par pluMfurs archéologues, mais ils n'avaient pas été d»*crils jusqu'à ce jour. »

Journal officiel du S juin iSj;. p. î.163 — Compte-rendu de l'Académie des sciences.;

- ^f nom de 1 ierre Ma chande se trouve plus particulièrement répété dans une série de 'i«ui (lit^ contenus dans une « déclaration des terres en jachères de la Grivclle n du XVI* Médp Arch. départementales. E. 1847.;

» I)« fouilles rationnelles exécutées sur ce point permettraient assurément de vérifier ce P<*'nt important pour l'histoire de brje-Comte-Sot>ert. Il est regrettable qu'on n'ait jamais ^H^ a les faire.

. On a dit que le « département de Seine-et-Marne n'est pas riche en monuments primitifs 8 dits celtiques n r; ou antéc'eltiques. On n'y rencoutre pas ces aéries de monolilhf.s orientés qui existent dans le limousin, la Vendée, la Bretagne ... A peine signale-t-on quflques menhirs isolés... » t>la est vrai. .Mais, disons-nous, bien que nr.us sommes dans un pay^ ou la terre a conquis des fermes, des châteaux, des domaines dont on ne trouve plus ^'a*-"e visible alors que les documents qui nous restent en signalent l'existence au tejiips jadis ""fst pas douteux que menhirs, dolmens, cromlechs et autres monuments mégalithiques ont subi eux aussi les assauts de la terre et que nombre d'entr'eux ont disparu sous son '"«istible poussée.

lO HISTOIRE DI-: LA VILI.K

des marchands se donnaient rendez- vous autour de pierre au nom singulièrement caractéristique. De là habitat humain stable, il n'y a qu'un pas. Quelle er ''importance, l'étendue > Ne lut-il pas considérabler amoindri par l'arrivée des Celtes > Existait-il encore au tei où les légions romaines tirent leur apparition >

Autant de questions auxquelles il est diflicile de répon puisqu'il ne reste rien de cette époque et que le seultérru cette pierre marchande qui justifie toutes les hypothèse disparu depuis longtemps.

11 n'est pascependantimpossible, à mon sens,deprèscr à ce sujet, quelques brèves observations.

Si à la « période mégalithique », un centre d'échar s'était établi autour de laPierremarchande, il esta présu qu'il n'a pas totalement disparu au cours des siècles suivirent. Les lois économiques, créées par la force choses, subsistent à toutes les révolutions, à tous les dt très, jusqu'au jour où un concours nouveau de circonsta dictées par l'intérêt, vient les modiller.

Le point où s'élevait la Pierre marchande était géogr; quement, à fort peu près, à égale distance des Pjm// \Meldt\ des Tricasses et des Senoncs. Il était donc admir ment désigné pour servir de centre à toutes ces peup qui apportaient avec elles leurs produits pour les échi contre les produits de la peuplade voisine. C'est peut-c cette cause que Brie doit d'avoir été un marché importe réputé jusqu'au jour où les voies ferrées boulevers l'économie générale et ruinèrent des établissements laires pour en créer d'autres.

Lorsque le Druidisme vint propager sa philosoph milieu des Celtes, on peut imaginer que, si ses prêtres vèrent en pleine activité le rendez-vous marchand dont parlons, ils se gardèrent de le laisser tomber en désué Les réunions temporaires ou périodiques, qui se forrr en cet endroit, l'agghjmération permanente qui avait \ constituer ne pouvaient queservirleurprosélvtismereli

DF-: RRIK-COMTE-ROHKRT I I

cl asseoir leur omnipotence Ihéocratique. Les lieux leur claient de tous points favorables. Le relief du sol laisse Voir à proximité de la Pierre marchande une sortede cuvette aux pentes assez raides, au fond de laquelle jaillissent de puissantes fontaines qui, alors, devaient être plus considérables encore, et dont l'écoulement se fait dans T Verres par un étroit vallon d'environ deux kilomètres de longueur. Jetez sur les pentes qui forment cette cuvette et sur les plateaux au milieu duquel elles se creusent, une épaisse forêt, presque inabordable, et demandez-vous si, dans cette solitude, il vous sera difficile de concevoir un sanctuaire druidique.

On sait combien la relig"ion des druides aimait le silence majestueux des forêts, le voisinage des sources mystérieuses, cedéeor naturel qui inspire une vague terreur à la masse, qui frappe l'imagination des mystiques et en impose aux natures les plus brutales.

Hn vérité, on se sent entraîné à supposer que si les druides ne trouvèrent pas à proximité le centre économique que laisse Soupçonner Pierre Marchande, ils durent le créer, ou '"^ils le trouvèrent diminué, ils s'ingénièrent à le relever. A cesêpoques, et même à des époques moins lointaines, commerce et religion s'accomodaient assez bien et rien n'était propre à la fortune d'un centre éconr)mique comme un ren- J^'z-vous religieux voisin, de même que les pèlerinages prov*»quaient généralement une activité commerciale parallèle. Croire que les Romains, en asseyant leur domination dans '-pays et même en poursuivant le Druidisme, auraient supprimé ce centre d'échanges, ce serait mal connaître leurs Pi^'Cédés administratifs. Ils durent au contraire l'encourager, ^'n favoriser l'extension, en assurer la sécurité, parce que ^^*tait le meilleur moyen de se ménager des sympathies autour d'eux, de n< )uer des relations intéressées avec les peuples du nord de la Gaule, de répandre et de fortifier leur influence. Ce sont là des hypothèses, dira-t-on ? Sans doute. 11 n'est guère pour les soutenir que la situation du pays, servant de

\'2 HÏSTOIRK 1>K LA VILLE

point de contact à quatre populations de mceurs et d'occup tions diverses, ayant chacune d'elles des produits particulie à échanj^er contre les produits de leurs voisins. Les Meld< apportant le 1er qu'ils travaillaient, ainsi que le souvenir c leurs ateliers s'est conservé dans Ferriùres, dans Ozoir-l Ferrière et demeure prouvé par les amas de scories qu'< rencontre dans un ravon assez considérable ; les Senoncs. c Melun et des environs, apportant leurs «jrrains et autres pr duits a^nicoles, les 'J'ricasses apportant les productions c l'Kst et de la ré^'-ion montai^neuse des \'osg-es comme It Parisii, par leur Xaiilcs, apportaient celles de l'Ouest et d( rivages de l'Océan.

On ne saurait s'étonner qu'il ne soit rien resté du san tuaire druidique, s'il en lut un autour des sources dont j' parlé (i). I>e caractère particulier de cette reliirion était prohibition des temples bâtis, ou des représentations ligi rées des dieux.

Quant aux Romains leur présence en ce point dut rép»» dre à une nécessité stratéirique et de surveillance. Poii n'était utile d'entretenir dans ce but une troupe nombreus d'édifier — le terme n'est pas exai^'éré — un camp. Il sulïiSii pour observer le marché et les populations qui le fréqiie taient, de quelques h<»mmes, peut-être abrités derrière i ouvrage en bois — la forêt voisine fournissait tous les él ments nécessaires — recouverts de peaux de b(euf et olïra suffisamment de résistance à une agression des autochtone 11 est certain que rien ne peut nous être parvenu d'un édili de cette nature.

Mais à défaut de restes et de vestiges documentaires, il quelques déductions à tirer de certains textes sur lesquels crois bon d'appeler l'attention.

On n'est pas absr)lument d'accord sur l'époque à laque s'est faite févangélisation de n<)S contrées.

(ï ' Les >ourcos dans l'ant^uité étaient le plus souv. nt déiliies ou tout au moins r< de la vénération populaire. 11 n'était même pas nécessaire pour cela qu'elles tussent cha ou minérales. On pourrait citer de multiples exemples de ce culte pour les fontaines c eaux courantes.

DE BRŒ-COMTE-ROlîEUT l3

Deux écoles sont en présence : Tune la fait remonter au III' siècle de Tère chrétienne ; l'autre, avec des ariifuments très serrés et, disons-le, bien près d'être décisifs, assurent que cette évanfrélisation date du r'"" siècle de l'ère chrétienne.

En ce qui touche notre rép^ion, il n'y a d'ailleurs aucun doute — et les deux écoles sont d'accord là dessus — que le pays a été évan^élisé par Savinien et ses disciples.

M. Fabbé Ilénault a publié in extenso ( i ) ce que la légende nous a conservé à cet éirard (2).

Nnus apprenons par ce texte que lors de la première persécution qui eut lieu « sous Tlnlame Néron, ce monstre d'iniquités, les Saints Martyrs Savinien, Potentien et Altin, pour obéiraux ordres du (^ieletàceux du Chef des Apôtres, traversaient l'Italie, en toute hcite, franchissaient les fleuves au péril de leur vie, erraient dans les montagnes désertes, se réluiriaient au fond des cavernes et gagnaient bientôt les conlinsdelaGaule »,

I^a lé^ï-ende nous montre les saints voyageurs évangélisant, t^iiptisant et arrivant ainsi à Sens (3).

I^e Sens, Savinien envoie Altin et Edoald à Chartres par ^^rléans, pendant que lui et Serotin vr)nt à Troyes. Les premiers à leur retour de Chartres passent par Paris, << mais n'y baptisent que quelques personnes » et de là, ils gagnent Créteil(f village où était un temple païen, réceptacle d'infâmes divinités, au milieu d'une nombreuse population d'idolâtres ^4).

f^'està ce moment qu'eut lieu à Créteil le martyre des chré- ^'^'ns qui a laissé à cette localité sa légende propre. Quanta

' * Recherches historiques sur la fondation des églises de Chartres et des églises de ^n-i.Troyes et Orléans ». .Paris. 1884. in-8-).

- • Legenda sanctorum y (Codex n- l<X) de la bibliothèque de Chartres) et en particulier •acNatalis martirum Saviani et Potentiani >> qui commence au n" 213 du Codex.

» ^i la léa;end« dit vrai, si Sens. Troves. ('hartr**s étaient considérés au i" siècle comme ^*confinsde la Gaule. « ce que nous venons de dire du marché de Brie-(!omtc-Robert. de '*«tualion des Romains sur ce point, poste avancé extrême, se justifie et s'éclaire du texte ^l'xjfcitf.

"J 'lest impossible de ne pas signaler au passage ce fait, consacré par le récit légendaire, ""existence de> temples païens, et aux alentours, d'une nombreuse population, au i" siècle f » ère chrétienne, non loin du territoire de Brie, à quelques kilomètres de Pierre Marchande.

Page 1