Î4 HISTOIRE DE LA VILLE
Altin et Kdoald, ils regagnèrent la ville de Sens «^ù résidait Saint Potentien. Ce n'est pas trop s'avancer que de les faire passer akirs par le lieu où s'élève Brie-0)mte-R<)bert aujourd'hui et de supposer qu'ils évangélisèrent cet endnjit o »mmc les autres.
Ma première hypothèse se vérifie par une considération géographique qui va immédiatement trouver sa confirmation. M. Hugues me la fournit, avec un des itinéraires de Bourgogne indiqués par le « Guide des chemins »> du XVI" siècle drint il donne le parcours et le tracé ( i ).
w De Paris à Sens (par Alontereau). (^harenton, CrêtciU Boissy, la vallée de Grosboys, Brye-Comte-'Robert , Evrry, Limoges, Saint-Germain, Sivry, Chastelet. ^'alence, Montereau ». (^ette route, ajoute Al. Hugues, de Brie-Comte-Robert au Châtelet n'existe plus aujourd'hui (2).
Ma seconde hypothèse, en ce qui concerne l'évangélisatit m de la population qui, suivant toute apparence, vivait non loin de Pierre-Marchande, se vérifiera par la légende elle-même.
Que fait saint Savinien lorsqu'il arrive à Sens? La légende nous répond: « Il bénit et consacre, aux pieds des mursdc la ville, deux églises d'une construction modeste. Il dédie l'une à la ^'ierge Marie, mère de Dieu, et place l'autre sous le Vocable de saint Etienne, premier martyr. Il en consacre une troisième en fhonneur de saint Jearî-Baptiste. »
Que font saint Alvin et Kdoald en arrivant à Orléans? w Ils consacrèrent une église sous le vocable de saint Etienne, dit la légende, et ils consacrèrent une église aux pieds des murailles de cette ville, la dédiant à la gloire de la mère de Dieu. »
Quelles sont les premières églises à Melun > Une église à Notre Dame et une église à saint Etienne, à côté l'une de l'autre.
(i) a Les routes de Seinc-ct-Marne avant 1789 » par A. Hugues, archiviste de Seine-et- Marne (iVîelun. 1897 in-8"'; .
(2; Il en reste on tout cas des vestigoN imposants particulièrement entre Brie-t'.omtc-Robert et Kvry-les-Chàteaux. où l'on remarque un pont jeté sur lYcrrcs, à la hauteur de la ferme de Sansalle et qui est encore en parfait état de conservation.
A Dijon, à côté du baptistère Saint-Jean, était une cr^'pte dcdicc à saint Etienne qui servit aux premiers chrétiens de la ville.
A Lyon, Pothin, Irénée, Bénigne, érigent un sanctuaire dédié à la Très Sainte Vierge et, à côté, un baptistère saint lean.
Sans multiplier ces citations, on peut dire que partout "»ù les premiers évangélisateurs ont passé, trois sanctuaires se dressent. Deux généralement voisins : Tun consacré à la mère de Dieu, l'autre à saint Ktienne. L'abbé Lebeuf nous apprend d'ailleurs que beaucoup d'évêques des (laiiles avaient eu des pierres teintes du sang du premier martyr. Le troisième sanctuaire, baptistère, est naturellement dédié à saint Jean-Baptiste, mais il n'est pas touji>urs situé à côté des deux premiers.
" < Jnjj^inairement, dit l'abbé Lebeuf, les baptistères n'étaient pas si proches des cathédrales ou autres églises qu'un les a vus depuis. »
Leia se comprend de reste. Dans les premiers siècles, le baptême n'avait pas lieu, comme aujourd'hui, par ondoiement, mois par immersion. (.)n cherchait donc un endroit situe au b(>rd d'une rivière ou d'une source pour y élever nnn pas une basilique mais un sanctuaire qui alTectait généralement la forme circulaire. On appelait ces sanctuaires : Saint-Jean-le-Rond.
" I^c.'n(»mde Saint-Jean-le-Rond n'était pas singulier à la cathédrale de Paris, dit encr)re l'abbé Lebeuf; celles de Sens et d'Auxerre t)nt aussi leur Saint-Jean-le-Rond comme leur Notre-Dame et Saint-Ktienne. »
/x- savant historien conclut ainsi comme nous l'avons fait. Les lieux primitivement évangélisés étaient par les apôtres" des Gaules tout d'abord dotés de trois sanctuaires : Notie 'Jame, Saint-Etienne et Saint-Jean.
Or, que vr)yons-nous à Brie-(]omte-Robert?
/•• L'ne église Saint-Ktienne, encore debout. '2" l'ne église dédiée à Notre-Dame, qui était séparée de
m) IIÏSTolKi: I)H l.A VILLK '
la première pur une simple rue, comme à Paris, comme à Melun. comme à Sens, c«KT!me à Orléans, etc.. etc. Si «^sanctuaire, dédié à X»)tre-name, a disparu depuis trois siècles son existence ne saurait être contestée, car elle est — corriro on le verra au cours de cet ouvraire — affirmée par !<• archives d'une façon indéniable.
Du sanctuaire Saint-jean, nous n'avons rien; et. cepcr dant, son souvenir se retrouve d'une fag>n presque éviden au bord même des fontaines dont j'ai déjà parlé, ("'est là ci^ fut construit le château et des deux chapelles qu'il c<>ntenti.i la plus ancienne, celle dont l'origine était difficile à déto miner, était placée sous le vocable de Saint Jean-Bapti^^dont le nom se perpétua encore dans une des tours quiti^<^ probablement, comme nous le verrons par la suite, existi^ avant le château lui-même.
Nous nous trouvons d(mc, d'une façon difficile à o > tester, en présence de la trinité relii^rieuse, base de fapt ' tolat des premiers évanfifélisateurs, dans les (îaules.
Si nous admettons, avec l'évidence ^'"éoirraphique, q *saint Altin et l^doald, à leur retour de (^réteil à Sen passèrent par le lieu où depuis s'est élevé Brie-Comt. Robert: si nous rapprochons l'existence des trois san • tuaires primitifs de cette ville, de celle des autres sanctuaire::^ élevés par les premiers ap(')tres des (laules dans les pay qu'ils évangélisèrent, nous sommes presque conduits à dir^ que le lieu où se trouve aujourd'hui Hrie-(^)mte-Robe^ reçut les premières lumières de la foi chrétienne par sair^ Altin et Kdoald. « Ceux-ci, dit la léfj^ende reproduite pa M. fabbé llénault. durant leur trajet, enseii^rnèrent aur peuples les lois chrétiennes et fondèrent des éirlisesdans les villes. »
Il faudrait donc alors que Brie-(>)mte-Robert fût une ville Comme Sens, comme Orléans, C(nnme Paris, C(»mme Melun !
On m'objectera, non sans rais(»n.que rien, ni sur le sol ni dans la tradition, ni dans les documents, ne permet de dire qu'il ait existé sur ce point une ville aux premiers siècles
t)E BRIE-COMTE-ROBERT IJ
de Tère chrétienne. Quelques vicissitudes qu'une ville semblable eût eu à souflrir pendant les siècles qui suivirent la prédication de saint Altin et de son compagnon Kd4>ald, il serait extraordinaire que le souvenir, même confus, d'une agglomération importante en ce lieu ait totalement disparu. De fait, on ne trouvera absolument rien sur l^rie-Comte-Robert, dans les siècles primitifs, à part une rncntir>n de saint Fortunat, dans sa T/V de saint Germain niention que nous examinerons plus loin.
I -'objection est- puissante et elle resterait absolument ^'*i< >mphante si je ne rapf)elais ici tout ce que j'ai dit dès les P^<i mières pages de ce chapitre.
Jci ne crois pas, en etïet, et je me garderai bien de dire Quo Brie fut à cette époque une ville au vrai sens du mot; '^^^^iîi on comprendra aisément que, si saint Altin et Kdoald ^''< *vjvèrent sur leur route un marché fréquenté, un centre ver^ lequel, à des époques périodiques, refluaient les popu- '*^tî« )ns des environs, si, d'autre part, ce centre économique ^^^^it en même temps un foyer religieux et par conséquent ^^tl\jent, bien propre à servir leur propre prosélytisme, ils ne '^^^nquèrent pas d'y prêcher la foi nouvelle et en même temps ^ y établir les trois sanctuaires habituels, d'y installer comme r^^^ï^tout (f des ministres choisis parmi les nouveaux lidèles ». '^ Supposer qu'un temple païen lût érigé en ce lieu, et tout ^^n^ble justilier cette hypothèse, si mes prémisses sont ^'^îictes. ils durent s'en emparer, suivant la politique reli- ^^^Use des premiers chrétiens. C'était pour eux une merveilleuse fortune que de donner le baptême et de pouvoir '^VQpjréiiser non-seulement les habitants à demeure, mais *^^ssi ceux fort nombreux qui venaient là appelés, soit par la ^l'u.dition religieuse, soit par leurs alïaires.
A ces déductions tirées de la légende, il me faut ajouter
^'^ autre témoignage. Ce sont les médailles ou monnaies
^'^niaines trouvées à Brie ou dans ses environs immédiats.
^^ irnporte de faire observer que le sol même de la ville a été
autrefois si profondément remué par l'exploitation des
carrières qu'on s'explique très bien la rareté de cette catégorie de documents dans son enceinte.
Celles que nous connaissons représentent deux périodes bien distinctes qui correspondent d'ailleurs à des époques très nettes de l'empire romain.
La première période va d'Auguste à Faustine, du i" siècle à la lin du n\ Elle nous donne :
Une médaille en argent d'Auguste.
A) CAKSAR A\'(}VSTVS DIVI F. PATER PATRIAE.
R) C. L. CAESARES AVGVSTI F. COS. DESIG. PRINC IVVEXT.
Cette médaille, décrite dans Cohen, a été frappée vet^ l'an 752 avant Jésus-Christ. Bien que beaucoup de médaill^^ de ce type aient été imitées par les peuples barbares ^^ frappées à des époques bien plus récentes, j'incline à croi que nous sommes ici en présence d'un type de la premier manière, pour plusieurs raisons.
La frappe, d'abord, qui parait de la bonne époque ; le li où elle a été trouvée ensuite, (^est tout au bord de l'une d sources qui jaillissent autour du château — ces sources q peuvent avoir été un lieu de pèlerinage — que des ouvrier à i m. 7< ) de profondeur, c'est-à-dire au niveau de l'ancien so ont trouvé la médaille en questi()n.
La trouvaille d'une médaille de cette époque n'est pas ui fait isolé.
M. Lézier, sur la route de Mclun, dans un champ où k charrue ramène d'assez nombreux « tuileaux » et, en particu lier, des tuiles à rebords gallo-romaines, a trouvé un bronz portant refligie de Claude (CLAUDITS CŒSAR AUG.P.M.). empereur en 41 et dont le séjour dans les Gaules est fort Connu.
Dans Brie, même, mais en un point dont il n'a pas été pris note, il a été trouvé un bronze de Néron (LMP. NERO. CAES. AVG ) tète de Néron à gauche, (i) (54-G8).
(I) II a ctc trouve à Rcau un fort beau Néron que M. G. Leroy cite dans son opuscule Les CdllQ-Ro^uiins à Rcau-cn-Dric, p. 6. La tétc de Néron dans ce bronrc regarde à droite.
l'n bronze de Vespasien, tète laurée à droite (IMP. C.l^S. VKSPASIAXVS. AVG.) a été trouvé dans les mêmes conditions à Brie. On sait que Vespasien fut appelé à l'empire après la mort de X'itellius ((yj) et qu'il dut se rendre rapidement en Occident où les (îaules se soulevaient.
Ainsi, nous rencontrons à Brie, depuis Auguste jusqu'à Vespasien, une suite suffisamment continue de médailles romaines pour en déduire la présence à peu près certaine d'un centre de population plus ou moins important à Brie ou dans ses environs immédiats. Cette constatation serait d'accnrd avec la légende dont j'ai parlé plus haut en en tirant semblable conséquence ; elle ne serait pas détruite alors même qu'on adopterait le r"" siècle de l'ère chrétienne — suivant une certaine école — comme point de départ de l'évangélisatinn de la contrée.
Avec le bronze de Vespasien et deux médailles de l^\iustine, l'une découverte à Brie (I), l'autre au chemin duGrand-Xoyer, chez M. Lacroix ; c'est tr^ut ce que l'on a de l'époque des Flaviens. au moins pour le moment (2).
11 ne semble pas que la période des Antonins ait enrichi la numismatique locale. Il importe cependant de tenir compte de ce fait que les médailles que je cite sont empruntées à un unique Collectionneur — et j'en explique la raison plus bas — que d'autres types des époques précitées ont été certainement trouvées, mais réunies, malheureusement, sans indication d'origine.
Il n'en reste pas moins que, jusque vers la lin du IV siècle de l'ère chrétienne, des traces évidentes de l'habitat humain
1 Cette médaille est fort bien conservée FAVSTINA AVGVSTA. — R) IVNONI i.\C,WAi. : La déesse debout regarde à gauche, couronnant, de la main droite, un paon et de la gauche faisant le geste d'adoration.
2 Je n'examine ici que les monnaies et médailles que M. Rousseau a pu réunir dans ces dernières années et qu'il a obligeamment mises à ma disposition. M. Rousseau ne s'est pas d'i*illeur< contenté de se faire donner les trouvailles de quelques amis, il s est efforcé de faire préciser en quel point ex-'Ct du territoire elles ont été faites au lieu de réaliser — comme on en a trop souvent l'habitude — une simple collection san:> intérêt. Il est évident que d'autres trouvailles ont été faites, mais fauts de rcns^iijnements, il est impossible d'en fajrç état dans cet^e discussion.
20 HISTOIKK I)K LA VILLK
sont constatées sur le sol où s'élève aujourd'hui Brie-Comtcî Robert.
A partir du II'' siècle jusqu'au troisième, c'est-à-dire pen dant prés de rG: > ans, une lacune se présente dont nous devons tenir compte. C'est le moment de la grande guerre civile dans les Gaules, de l'invasion des Alamands, de la premier apparition des Bagaudes. Tout fut bouleversé, au cours da^ ces événements, dans ce pays, et ce qui résista aux lureurev des guerres intestines fut balayé en 2:^4 par les Francs qui traversèrent la Gaule du nord-est au sud-ouest.
Certes, la population agricole de l^rie ou celle des commerçants qui pouvaient fréquenter son marché, durent succomber s<')us le coup de ces calamités incessantes, et on s'explique, dès lors, cette extraordinaire lacune dans les monnaies et médailles que recèle le sol de cette ville. Il semble que ce silence soit un témoignage de la ruine et de la désolation de la contrée.
(>e qui vient fortifier cette réflexion, c'est que la première médaille qui se retn >uve à Brie après ces terribles et sanglants événements, est un bronze de Postume, trouvé à Brie même. (CASS. LAT. POST..., tète couronnéeà droite, R) une galère, la proue tournée à droite).
Postume qui s'intitulait « restaurateur des Gaules » ramenait, avec son avènement au pouvoir, une paix bienfaisante.
« La vie reprit dans des conditions à peu près régulières. La prospérité sembla renaître... Le retour de la fortune, la félicité des temps, l'abondance d'Auguste, telles sont les expressions qui reviennent à chaque instant sur les monnaies (de cette époque) avec les emblèmes qui y correspondent, et quoi qu'on en doive rabattre, il n'est pas douteux qu'elles ne renferment une large part de vérité (i ) ».
L'observation de l'érudit professeur auquel j'einprunte ces ligne va, en elïet, se vérifier par la suite continue des médail-
I /.c.t orifiines, la GiUilf mdip'ndanl: et Li GitiiU ri>:rjii:nc, par M. E. Bloch, ilans l'H-ytotre de France de M. Lavisi.e. Paris, Hachette elCie, tome I. 2- p.trlic. p, 2ï; et >u;vj.ite> .
ÙK HRlK-(:OMTK-R0Ht:RT '21
les que nous allons rencontrer dans le sol de Brie. Sans doute,
nr»us sommes < )bligés de faire un saut de Postume à iMaximien
auquel appartient le premier bronze qui suit (LMP. MAXI-
AlIANVS... AVG... tête laurce à droite, R) VOT. XX), mais
il ne faut pas oublier que Maximien vint en personne écraser
lesBafjraudesdans la presqu'île de Saint-Maur,où ils s'étaient
fortifiés, et où ils combattirent avec l'énergie du désespoir.
Nous devons donc admettre que la région de Brie-Comte-
P^f)bert dut subir, du fait des révoltés, comme du fait des
i>.rmées romaines qui les assiégeaient, de nouveaux désastres.
Mais aussitôt la paix revenue, le calme rétabli, les mon-
x-^aies réapparaissent d'autant plus nombreuses que la quié-
t: ude est plus complète. Elles semblent, en vérité, tracer en
<-^aractères lumineux, les alternatives de paix et de guerres
,ue le pays traversa à ces époques lointaines et obscures.
Constantin, celui qu'on a appelé Constantin-le-Grand,
lonte sur le trône impérial en 3i3, pour l'occuper 24 ans, un
uart de siècle ! C'est merveille comme alors se multiplient
1 <es types monétaires de l'époque, ici comme ailleurs. On en
ï^encontre immédiatement quatre de provenance certaine.
Dans Brie d'abord, le bronze bien connu (IMP. CONSTAX- ^ilXVS. AVG., tète laurée adroite R) SOLI INVICTO. CO- ^-VlITI. le soleil marchant à gauche avec l'indication P. L V. -^\nxnssa Lugduno, frappée à Lyon). C'est un type commun, ^ »bservé par xM. G. Leroy, à Réau.
- M. Rousseau, dans son clos, au vieux chemin de Grégy, en ^^cncontre une autre CONSTANTIXVS. PL AVG. tète laurée
'=^>. droite R) REPARATIO.)
AL Saugrin, dans le clos des Minimes (i), en trouve deux, tLoutes deux avec la mention P. L V. Frappée à Lyon. L'une p^orte au revers un génie avec cette inscription GEXI VS POP. l^OM.
La dernière, qui provient de la propriété de M. Lacroix, au crhemin du Grand-Noyer, présente, au revers, deux soldats l 'épée à la main séparés par une enseigne militaire avec cette
0; Aujourd'hui propriété de M. Baron.
212 IIISTOIRK DK LA ViLI.K
légende (jLORLK KXKR(]ITVS, type à peu près semblable -^ celui que M. Leroy a trouvé à (.halemaison, sur le territoire de Limoyes-l^'ourches.
Les mêmes observations nous conduisent à relever un bronze de Licinius (LMP. LI(]I\IVS. PL AVCL, tète laurée ri gauche) beau-frère de (Constantin et successeur de Galère. Cc^ type a été trouvé au chemin des (Chaperons, au-dessus de lii rue du Martinet. Puis un Magnentius (R) deux génies ailés tenant un bouclier sur lequel on lit : VOT XXII). Magnentius prit la pourpre à Autun en 34().
Ensuite, un Valentien (\'ALKXTIANVS. AVG ), tète ceinte d'un ruban à droite. Valentien qui, en 3(o, vint en (jaulc pour arrêter les invasions des (lermains, aimait à séjourner à Paris.
Signalons également un bronze à l'efligie de ( jraticn qui mourut en 'M\\ bronze trouvé à Brie (I). X. (jRATIAXVS. AVG.). AL Leroy en a trouvé un semblable à (Chalemaison, et une autre médaille, la dernière de la série, avec cette exergue D. X. TIIKODO Il s'agit évidemment de Théodose
que l'rm peut considérer comme le dernier empereur romain avant autorité sur les Gaules.
Le même phénomène que nous avons signalé plus haut se reproduit ici. Après Théodose, les trouvailles de médailles s'arrêtent net, justifiant une lois de plus l'observation que nous avons laite à ce sujet.
Ainsi donc, le sol de Brie-(>omte-Robert fournit des certilicats d'habitation continue depuis Auguste jusqu'à TelTondrementde l'empire, sauf pendant un siècle et demi, période tout entière consacrée à la guerre, à l'invasion, au pillage et à la dévastation.
On pourrait même établir peut-être d'une façon moins ri-Tcaireuse, mais suflisamment approximative, le séjour d'une p(>pulation antérieure par les haches en* pierre polie, en bronze, les instruments divers trouvés soit le long du ("orniilot. Soit près de l'usine à gaz ( i ), dans les caves de la mai-
(1 Aux abordî» do la propiietc de M. Poiré.
bK i3r<it:-(:oMTf:-R()Bl:i<T 20
snn autrefois dite des Piliers (i), dans le puits de M. Houiiier (mute de Paris) non loin de Pierre Marchande. Et cependant de cette époque, il ne reste aucun autre vestig-e, aucune trace de construction.
(^ette absence extraordinaire de la moindre substruction, rapprochée cependant de l'habitat indéniable d'une populati«>n, me parait une nouvelle preuve de l'existence d'un marché rê^^ulier, conclusion dont j'avais déjà posé les prémisses, en les déduisant d'autres considérations.
Au surplus chez les Gaulois la ville proprement dite telle que la connaissaient les Latins, n'existait pas. « Sans doute, dit \l. Bloch, les nécessités de la défense et du trajic avaient fait sur|J!:ir sur tous les points de la Gaule une multitude de bourjjrades, fortifiées ou ouvertes, avec une population fixe, mais ce n'étaient là, malgré tout, que des refuges, des ^narchês. Les maisons isolées étaient extrêmement nombreuses... Elles étaient situées, dit le même auteur, à la lisière des bois ou au bord des rivières. Les nobles gaulois ^^ plaisaient dans ces demeures écartées. Ils v vivaient en-
^ ml
tourésde leurs hommes d'armes et de leurs serviteurs, se ^^^■ï'a.nt à leur goût pour la chasse, surveillant la culture de leurs terres et l'élevage de leurs troupeaux.... Les habitudes ^r< ^f^-lody tiques étaient fortement enracinées sur les bords de 1^1 I -< >ire et de la Seine..»
^ -os extraits cadrent si bien avec l'idée que nous pouvons
"* *^:r^ faire du territoire de Brie-Comte-Robert que je n'ai pu
^^'^is;ter à les donner ici. Xon-seulement, ils peignent le
'"Oc^^^^ yjyendi de la population dont l'existence ici se trouve
^'^*niîrmée par des témoignages légendaires et par des don-
"^^^ positives, mais ils expliquent, du même coup, pourquoi
^^ ootte agglomération, il ne nous est absolument rien resté.
^-os habitations isolées des chefs étaient en bois et par
^^Ute aussi vite réédilîées qu'elles avaient été rapidement
détruites, ne laissant derrière elles et après leur ruine nulle
trace appréciable. La partie moins aisée de la population se
U j Appartenant actuellement à .V.. Wosmeck.