USTOIRE DE LA VILLE
Volangis, était mouvants du seigneur de La Grang-e-Nivelon (' I ). Si on se rapporte à un passage du chapitre II de cette histoire ('2), on remarquera qu'un clerc, Jean de Villemeneux, chantre de l'église de Melun et so;i neveu Simon, se placent, dans un acte de vente ou de cession, sous la protection d'un certain Guillaume de la Grange, homme d'armes. II y a lieu de croire, par conséquent, que les fiefs, dont il est question ici, appartinrent à Jean et à Simon de Villemeneux ou au neveu du premier, Pierre de Villemeneux (3).
Dans un aveu reçu, en 1344, par « Guillaume de Coully 14.' prévost de Brye et Jehan deBeaurouvre (5), garde du scel de la prévoté, Jehan de (^hastel (6) dit tenir de Jehan ne, royne, a une seule tby et hommage plusieurs tiefs et arrière-fiefs. » Kt il donne la liste de ceux-ci :
<i Alons Jehan de Melien (7), chevalier, en tient sa maison avec le pourpris, prés, terres et les autres choses appartenans à la dite maison, tout situé à Villemeneur.
« Mons-Guillaume de Volcngi (Voulangisi, chevalier, en tient, prés, terres et cens, séans à Villemeneur avecques la maison du dit lieu.
" Mons-Artus de Pommeuse, chevalier, en tient environ XV livres de cens avecques les émolumens séans à Belle- Assise (8).
1 La (jran^c-Nivflon, appt'lcc dans la suite. La Grangc-le-Roi. est un château avec ferme >itués sur la ooiiinninc di* Grisv-Suisnes.
(2) Pa-c I7Î.
I 1; V, cgak'Mirnt p. 194.
(4) ('ouilly. commune du canton deCrécy.
(.î; Beaurose. ferme sur la comnmne de Ferrolles-Attilly.
(()) Il >era question de cette famille à propos du fief de Vaudoy.
7) M<'lien. orthoj^raphié au ly siocle Mclian. au Ur Meslian et au 17- Mesliand, était un tietcon^istaiit en « un manoir, maison manaMe, estables. s^ranges. cour, clos de fossés, jardin assis a V illenu-neux. parois>e de Brie-Comte-Robert, aboutissant d'un bout sur le cliemin des pàtis. et dautre Nur la i;r;mde rue. plus les terres, rentes et cens, un droit de rouage de 20 s. t. de cens (Aveu du 28 janvier 15801.
{S) Je mentionne, en passant, que v* le lundi après la Saint-Martin 1357, Marguerite de Blainville. dame de Belle-Assise, rend foi et hommage à la reine Jeanne, de la terre qu'elle a achetcL" à Jehan de Vignencou't, écuyer, et demoiselle Eléonore, sa famé, pour le prix de cij francs d'or, v* (Compta d: la reine Jeanne d'Evreux).
DE BRIE-COMTE-ROBERT 3j I
« Adam de Villiers ( i ), escuier, en tient sa maison avecques tout le poarpris cens et rente appartenans à la dite maison, séans à Braye (2).
(f Jehan de Parreigny (Périgny), escuier, en tient une maison que len dit la pinelle (3), avecques le pourprins, prés, terres et cens appartenans à la dite maison, séans à Braye ».
On s'étonnera peu de cet aveu rendu à Jeanne d'Evreux si on veut bien se reporter à ce qui a été dit plus haut (p. 3391 au sujet de la fondation de la chapelle Saint-Denis, dans la tour Saint-Jean du château. Jeanne d'Evreux possédait, en elïet, la seigneurie de la Grange.
Il n'en est pas moins curieux de constater ici la bizarre distribution des divisions féodales, qui faisait dépendre une partie du sol de Brie de seigneuries voisines. On voit, en elïet, d'après l'aveu qui précède, que les mouvances de La (jrange ne comprenaient pas seulement Villemeneux, mais aussi des fiefs importants tels que la Fleur de Lys, TEpinelle, dont les dépendances touchaient presque aux fossés du château de Brie-Comte-Robert (4). Par un retour singulier et qui montre l'inextricable enchevêtrement de tout cet organisme, resté cependant debout pendant des siècles, les fiefs mouvants de Belle-Assise étaient situés hors du territoire de Brie. Deux étaient sur le terroir de Servon : un fief consistant en neuf arpents de terres, à la Haie du guerrier, un autre de
(i; A la page 189, il est question d'un lieu dit Villers ou Villiers situe aux alentours de Saint- Lazare, un bailli de Brie au ly siècle porte le nom de Baudoin de Villiers (p. 190). — II est question d'une Edouarde de Villiers dans une donation que je rapporte à la page 191. 11 est utile de mentionner que le 15 novembre 1364, Adam de Vi liers acquiert de Jean de Genouilly plusieurs immeubles situés en la ville de Crisenoy (cant. de Mormant). Un acte du 20 septembre 1381 donne comme possesseur de fîcfà Crisenoy Hérart de Villiers, seigneur de Boron. (Alm. Le Blondel, 1890, p. :o6.)
(2) Nous reviendrons sur cette partie de la déclaration en parlant du (icf de la Fleur de Lys.
(5) Le fief de l'Epinelle était voisin de celui de la Fleur de Lys. Nous aurons à nous occuper ultérieurement d'une recherche assez curieuse touchant deux fiefs portant chacun le nom de l'Epine et mouvans l'un directement de La Grange le Roy, l'autre de l'Epinelle en arrière-fief de La Grange le Roy et situés à côté de la Fleur de Lys et de l'Epinelle. A remarquer la forme orthographique donnée au nom l'Epinelle. Elle fixe l'étymologie du mot et prouve que c'est à tort qu'on l'a écrit quelquefois VEpinette, ce qui laissait entendre qu'il y avait la des buissons épineux ; il s'agit, plus vraisemblablement, d'un lieu planté de pins. La pinelle rappelle le mot provençal la pinède.
(4) Le fief de la Grange, lui-même, relevait, à cette époque, par moitié, du fief de Tamarvllle, assis à Grisy et du fief de la Feuillarde, pour l'autre moitié»
quarante arpents de bois et quarante arpents de terres et prés. Le troisième était à Villepatour (i) ; un aveu de i58o dit qu'il était tenu, alors, par Simon de Villepinte.
Du tief de Meslian, dont il est parlé ci-dessus, situé à MUemeneux, mouvaient deux autres liels : La Folie et Fanchon, sis à Villemeneux. (Aveu de i58o).
Du tief de Voulangis ou Volangis relevaient « quelques petits fiefs insignifiants consistant en quelques arpents de terre sis à Villemeneux » (aveu de 1S80).
Les autres fiefs relevant de la Grange-le-Roi étaient, d'après l'aveu précédent :
La Fleur de Lys (2) que tenait Adam de Villiers dont la consistance se trouve dans un aveu du 10 avril 1476, ainsi qu'il suit : « i" Une maison appelée la Fleur de Eys, cour et jardin assis au faubourg de Brie, en la rue de Paris, tenant d'une part à la rue de Paris, d'autre part au chemin de Paris (3i ; 2° une pièce de terre assise derrière la dite maison comprenant cinq quartiers environ ; lesquels héritages furent jadis à Simon Morin et avant à Adam de Villiers... »
L'aveu de 1344, rapporté ci-dessus, dit à cet égard: «Adam de Villiers tient sa maison avec tout le poupris, cens et rentes appartenans à la dite maison. »
On sait ce qu'il faut entendre par ce mot « pourpris». C'est une enceinte, un enclos. Il semble bien néanmoins, qu'il se créa un autre lief dans le pourpris tenu par Adam de Villiers, soit du vivant de celui-ci, soit après sa mort. Dans
i) Hameau et château de la commune de Presles. canton de Tournan.
(2) Aujourd'hui propriété de M''"^ Vve Eissen.
(3) Il faut expliquer la topographie des lieux pour comprendre les tenants ainsi indiques. Je rappelle tout d'abord i)ue la route « le chemin o de Paris passait au nord de Brie à queli]ue> cents mctres du château. O chemin je retrouve exactement dans la rue appelée aujourd'hui iiii Coq Gaulois (V. carte p. 28f)J. Au milieu du 17 siècle, le a chemin » de Paris tut reporté plus près de la ville ; mais il ne fut dcdnitivemcnt fixé là où est aujourd'hui la roule nationale qu'après une seconde rectification exécutée vers la mo tié du 18" siècle.
Au moment ou on réalisa le <* déplacement du chemin », il existait une rue allant de la (.haussée, c'est-a-dire du Tubeuf. alors découvert, jusqu'à l'hôtellerie de l'Ecu de France, ou elle rejoignait le « chemin de Paris ». pour se continuer parle chemin qui va à Servon et qui portait le nom de Pierre Marchande ou de Mare aux prêtres, ('ette rue s'appelait rue de Pari's Hlle détermina à peu près le tracé de la nouvelle route, au l8' siècle, en l'élargissant uniquement aux dépens des riverains du eôté sud. Cette rue ainsi agrandie est devenue la route de Paris actuelle. Après ces explications la situation de la Fleur de Lys entre le chemin de Paris trt la rue de l'arïs. se comprend fort bien ; elle n'a pas varié.
DK BRIE-COMTE-ROBERT SyS
Taveu de Jean de Chastel, il n'est question que de deux fiefs, la Fleur de Lys et 1'* pinelle. Or, de la Grange-Nivelon relevaient, au moins aux siècles suivants, trois liefs, I.J Fleur de Lys, r Epinelle Qi V Epine . Si ce dernier fief existait en 1344, date de l'aveu que j'examine, il devraitétre compris dans le pourpris, occupe par Adam de Villiers. S'il fut créé par la suite, ce fut peu après la date précitée.
Il existe à cet égard un mémoire Ci) datant du 18" siècle, dressé pour Valladon, alors seigneur de la Grivelle, etc. En voici des extraits : « De la seigneurie de la Grange-le-Roi — ci-devant appelée La Grange-Nivelon — relèvent trois fiefs, le fief de la Fleur de Lys, le fief de TEpine, et le fief de l'Epinelle. Du fief de l'Epinelle relève un petit fief appelé le fief de FEpine. Cette conformité de nom, entre le fief de TEpine mouvant de TEpinelle et le fief de TEpine mouvant directement de la Grange, font une confusion qu'il est nécessaire de faire cesser, sans quoi on ne pourrait jamais s'entendre. Les actes dont on parlera dans la suite, prouvent que le fief de la Fleur de Lys a appartenu anciennement à Adam de Villiers.... Les anciens titres prouvent également que le fief de l'Epine mouvant directement de la Grange avait anciennement appartenu à Jean de l'Epine lequel l'avait vendu le 10 novembre 1869 à Simon Morin (2). On ne voit pas aussi clairement quels ont été les anciens propriétaires du fief de l'Epine relevant de l'Epinelle, mais il y a des titres qui énoncent que ce fief avait aussi appartenu à Simon Morin...
« Ainsi il paraît assez certain que Simon Morin avait possédé les deux fiefs de l'Epine qui, vraisemblablement, avaient pris le 7îom de l'Epine de Jean de VEpine, leurs anciens propriétaires...
« On croit devoir faire observer que les fiefs de la Fleur de Lys et de l'Epine, mouvant directement de La Grange,
(i) Ce mémoire recueilli par M. Deloison, notaire de Brie-Comte-Robert, fut communiqué par lui à M. Camille Bernardin qui en prit copie. Cette copie figure dans les documents et pièces que M. Camille Bernardin avait réunis et qui sont conservés aux Archives départementales de Seine-et-Marne.
(2) Cela résulte d'un aveu rendu le !•' octobre 1479. La vente fut passée devant Lantenet et Le Questois, notaires à Paris.
bourg de Brie en la rue de Pai is (i ). La seigfneurie compoit«lr| en outre, !^) arpents de terre ou environ.
Du fief de la Pinelle, relevant directement de LaGrangci mouvaient plusieurs autres liefs. D'abord, celui de PEpiv' qui motiva par son homonymie avec un tîef voisin une confusion éclairée par le ^Mémoire à Valladon, rapports ci-dessus en partie. Quoique les divers aveux qui nous restent de ce lief ne S(aent pas tous absolument d'accord, il semble résulter que ce lief de l'Epine, arrière-fief de La Grange, consistait tv7 la moitié à\\n manoir, étables, berg-eries, cour, jardin et autres édifices. Le jardin touchait, disent certains documents, à l'hôtel de la Neuville, c'est-â dire au manoirde l'Kpinellc, puisque de la Neuville est qualilîé à la même ép<)que de seiprneurde l'Epinelle (2.i. Le lief de l'Epine devait être situé à l'anp^le très obtus que faisaient alors la rue de Paris, dont j'ai parlé plus haut, et le chemin de Paris à Provins (3), en face la Fleur de Lys, à très peu près vers remplacement occupé aujourd'hui par le bâtiment dit « Le Petit- Louvre ».
Kn deh()rs de l'Epine, mouvait de l'Epinelle, le fief de la ("hevric ou (^heuvry « tenant d'une part à la rue de Paris. d'autre au clos de Chantepie (41 ». Ce lief comprenait un h(')tel seigneurial, des étables, un colombier, cour, jardin, le tout contenant deux arpents. Tout cela, d'ailleurs, était en
I) O fief, dans un aveu du iQJanvier 1444. rendu par Pierre de Saulx, ccuyer, est dit « n'être plus de présent que des masures ». 11 avait eu cependant une certaine importance puisque autour de lui étaient groupées des mai>ons, occupées par des « hôtes ou hôtesses a sur lesquels le seigneur avait droit de justice jusqu'à 60 sols parisis. droit de censive portant lods et ventes. saisines, amendes et autres droits seigneuriaux selon la coutume des lieux. Les cens et rentes étaient dûs à la seigneurie, a la Saint-Jean-Baptistc et à la Saint-Martin d'hiver. La Pinelle, ou rHpinelle. aujourd'hui ferme, appartient à .M. Viet. A la fin du 15* siècle, la seigneurie était occupée par une hôtellerie où pendait pour enseigne U Croisant. Voir plus loin, à propos de cette enseigne, ce qui est dit de la léproserie de Saint-Lazare.
(2; ("est vraisemblab'ement de ce fief dont il est question dans cette note que je retrouve aux comptes de la reine Jeanne. <* Le lundi, après la Saint-Martin 1357, Pierre de Neuville escuyer rend hommage pour certaines terres séant à Braye pour ses enfants qui tiennent le fief par la mort de Jehanne famé du dit Pierre. »
(3; Cette partie de l'ancien chemin royal n'existe plus aujourd'hui. On peut cependant en suivre la direction vers Saint-Lazare, devant laquelle passait alors la route. Celle-ci continuait. à très peu près, la voie que nous appelons aujourd'hui rue du Coq Gaulois. On voit l'amorce de cette voie devant les bâtiments appartenant actuellement à M. Viet et M. Galon.
(4 1 L'emplacement de ce fief pourrait être fixé à très peu près vers les maisons appartenant a .M. janel rt occupéî* par V. Rlondcau. architecte ou n M. Narcisse.
masure dès le ib^ siècle et en ruines au i6*. C'est ce qui résulte d'un premier aveu du 19 janvier 1444 où Ton voit que la Chcvrie appartenait alors ti Girard Bras-de-fer et d'un second du 6 juillet 1608.
A côté de In Chevrie était un autre fief, disparu comme le premier, appelé le fief de la Tour brûlée, nom suggestif s'il en fut et qui rappelait, peut-être, quelque dramatique épisode des guerres intestines du passé (i).
On se rend compte, par cet exposé, de ce qu'était ce coin du sol de Brie. 11 y avait là, à n'en pas douter, une véritable agglomération qui touchait à cette autre, dont j'ai déjà parlé à la lin du i3^' siècle, et qui se groupait autour de Saint- (^hristophe. Nous sommes ainsi amenés à constater au 14" siècle, au moins, l'existence d'un véritable faubourg ayant une réelle importan»e, dont on aurait peine, même aujourd'hui, à retrouver la moindre image (2).
(1 II n'est pas douteux que tousecs fiefs que je cite pour la première fois, aient existé bien avant le 14* siècle. S'ils apparaissent seulement maintenant dans cette histoire, c'est qu'aucun document ne les concernant ne nous est parvenu des siècles antérieurs.
(2 Je m'en voudrais, à ce propos, de ne pas donner, dans sa teneur, un aveu qui date il est vrai du premier quart du i6» siècle, mais qui fournit sur la disposition, sur l'agglomération même et sur quelques autres particularités des lieux des détails intéressants :
Devant François de Larche et Pierre Dethamenay, notaires au Chàtelet de Paris, comparurent le trente avril mil cinq cent vingt sept, Jehan de Troyes S' de Lonans, en partie, prés Longjumeau. et demoiselle Clémence de Saulx, sa femme, fille de Guillaume de Saulx et de Jeanne de Godomilliers, qui affirmèrent « par vérité a leur appartenir du propre de la dite dame et vendre à Guillaume Prudhomme, une maison, grange, court, estables, bergeries, jardin et appartenances appelés le fief de l'Espinelle, assis aux fauxbourgs de Braye en la grant rue de Paris, tenant, d*une part, aux hoirs feu Guillot Godin et de présent â (un blanc), d'autre part, Jehan Guesdon et de présent à Charles Guesdon, son fils, ung sentier ENTHE DEUX, aboutissaut d'un bout à U grant Tuc. d'autre, à Guesdon, avec une maisure et ung arpent de terre joignant la dite maisure. assis à l'opposite (en face) de la dite maison, la grant rue entre deux, desquels lieux sont détenteurs, à présent, Loys Mehault, et les enfans de Jehan Mehault, son frère.
Fiefs mouvants
Le jii'f de /.i Chevrie qui appartint à Jehan Guesdon et, à présent, à son fils, Charles, qui consiste en un hôtel, manoir, court, colom-
Jeanne... i8 arpens de terres arables séans ou terroir de braye en plusieurs pièces en divers lieux ; une maison avecques le jardin appartenant à ycelle. si comme tout se comporte en long et en lé avecques toutes leurs appartenances, assis en la ville de Braye. en la rue de Chantepie Un jardin, avecques la terre derrière le jardin, séant à Braye, en la rue de Laval tenant à la maison et au jardin Liénart escuyer, bourgeois de Paris.
Cet aveu est du 14 juillet 1843. On en pourrait conclure que Oudart de Cordon était marié avec la fille de Thiebaut Gile, car il est manifeste que les deux aveux précités visent la même terre. Or, dans un aveu, emprunté aux mêmes comptes de la reine Jeanne, je relevé cette mention ;
Jean de Lieuvre, de Sucy, adveue tenir sept arpens de terres arables, séant au terrouer et finage de braye qui jadis furent à Guillaume Gile, jadis père de Jeanne sa famé, au lieu dit Chantepie. (18 décembre 1342).
Et au même moment, c'est-à-dire le lundi 12 décembre 1841, Raoul de Lieuvre, de Sucy. fait la déclaration suivante:
Devant Jeanne Cousture, tabellion juré et establi à braye vint en sa propre personne Raoul de Lieuvre, ayant le bail ou garde de Jehan de Lieuvre son trère, si comme il devoit, lequel ordonne et adveue à tenir en fie à une seule foy à un seul hommaigede. . la royne Jeanne un fie séant au dit braye. c'est assavoir : un arpent de terre séant en la voye de Servon tenant d'une part à Liénart. escuier, d'autre à Colin Prévost, un arpent et demi de terre devant la maladrerie de braye tenant d'une part à la dite maladrerie d'autre au dit Liénart ; demi arpent de terre sur les fossés de Tubuef tenant aux arpents Simon Le Fevre ; une maison assise au dit braye au lieu que l'on dit Chantepie. tenant à Simon de Courdon. . .
Ces documents, tout informes qu'ils soient, peuvent nous permettre d'établir que « le lieu de Chantepie » était à tout le moins aussi peuplé que le carrefour de l'Epinelle et de la F'ieur de Lys. Il s'y élevait des maisons, on y voyait des jardins, il y existait des granges et conséquemment les bâtiments agricoles correspondants, et bien que le tout semble, dès les premières années du 14* siècle, avoir appartenu à une seule famille ou à deux au plus, les Gile et les Courdon, pour se diviser ensuite entre leurs enfants, l'agglomération sur ce point semble évidente. Il faut bien, en effet, admettre que,
tout autour des manoirs des Gileel des Courdon, devaient se
dresser les chaumières assurément nombreuses, de leurs serviteurs de toute nature. Il y a lieu, cependant, de considérer que le lieu, dit Chantepie, parait avoir été plutôt occupé, à cette époque, par des installations agricoles.
Tout â côté, un autre coin du territoire briard, mouvant encore d'un tief ex.érieur, présentait une agglomération appréciable. 11 y avait, là, « devant le cimetière de la ville »,