TÊTE D'UNE CLE- DE VOUTE DE L'ÉGLISE DE BRIE
des maisons, masures ou jardins, dont les documents du 14' siècle, qui nous restent informes, ne portent pas de traceS: mais qui sont au moins signalés au siècle suivant. Ce groupement portait le nom de 'Pelit-Chanlepie, reliant Chantepie dont je parle ci-dessus à un lief alors important mais qui disparut dès le commencement du 1 7' siècle pour faire place au Vaudoy. Le Poncelet, tel était le nom de ce dernier lief, était tenu à Tépoquepar la famillede Chasiel-les-Nangis(i). Nous
disscmtnt de Provini
382 HISTOIRE DE LA VILl.E
avons déjà enregistré un aveu rendu par Jean du Chastel à la reine Jeanne pour certaines terres dont il énumère les arrièrefiefs, comme mouvants de La Grange. D'autres aveux et dénombrements rendus au roi, en sa chambre des comptes, à Paris, pour son château deTournau, nous apprennent que le tîef du Poncclet, « ayant manoir et château et 72 sols parisis de menu cens »>, appartint successivement à Eustachie de Trainel et d'Estenay, veuve de Henry du Chastel (juillet iSySi et à son fils Gaulcher (février 1384).
De ce lief mouvaient et relevaient en arriôre-lîef de !*ournan, les liefs de La Brosse, d'Ygenard, en la paroisse de Presles ; du bois de la Mérisière, anciennement de la Sablonniêre, le petit Limodin, tenant au chemin de Chapelle à la Houssaye ; la tour et maison de Courthomer ; le fief Ancourt. le fief de Pontpierre, Dammartin, de Saint-Gobert à Dammartin ; le fief de la Borde à Presles. A Brie les mouvances étaient Vaudoy la Haye-Dieu à cause du château d'Armainvillers, le Four et le Grais, à cause du château de Brie-Comte-Robert.
C'est par ces deux derniers fiefs que nous rentrons sur le territoire féodal spéc'al à Brie-Comte-Robert. Mais ici se produit d'une façon fort curieuse un véritable enchevêtrement féodal. Le fief du Four relevait par moitié de deux seigneuries : Tancarville et Brie-Comte-Robert. J'aurai à signaler les aveux respectivement faits dans les siècles suivants et qui précisent cette situation singulière. Du tiefdu Four j'ai déjà eu occasion de parler plusieurs fois et je rappelle ici qu'il touchait à la ville même, aux environs de la porte du Moustier. Cette situation lui fit même donner au i5*^ siècle le nom de Four au-dessus des fossés.
C'est, fort probablement, de ce fief qu'il est question dans les comptes de la reine Jeanne, sous la forme suivante :
Jehan Proche, de Saint-Germain de Lascie(i)dit etc.. en tient plusieurs : Liénart escuier de braye. en tient terres arables et cens séans à Villemeneur.
Item. Ta^sin de Granvilliers. escuier. lient de moi en fie plusieurs cens et rentes que il a seur environ xviij hostes qu il a séans à brave
(1) Commune du canton de Melun (Nord).
et terres gaigaables qu'il a es appartenens daas la dite ville et ung four duquel les dessus dicts hostes sont banniers et basse justice es lieux susditz et peut valoir le dict fie quatorze livres de rentes ou environ et timt len du dict Tassin deux fiez lesquelz il tient de moy en arrière-fie. c'est assavoir : Heuner de Beaucouvre en tient ung ; Malin de Mandres, à cause de sa famé tient l autre et sont les dicts deux fiefs des apparienences de la ville de brave.
A rapprocher de cet aveu de Yvonne de Fleury du r6 février i5o3 :
Yvonne de Fleury, héritière de feu Jehan Sanguin, chevalier et de Yvonne Le Fèvre, sa femme, seigneur de Maffre et du fief du Four assis sur les fossés de Braye, l'autre moitié appartenant à Pierre Mérault, bourgeois de Paris (c'est pourquoi le fief du Four est souvent appelé fief Mécault), La dite moitié de Yvonne de Fleury lui appartenant comme lui venant de la succession de Jean Sanguin, son aïeul, comprend les terres, rentes, cens... une place où jadis pouvoit être le four bannier de ce fief, assis sur les fossés de Brie, près la porte du Moustier, auquel four, les hostes, hosieliers et hostesses du dit fief étaient tenus de y cuve leur pain et non ailleurs et POUVAIT AVOIR DIX HUIT HOSTES, sujets au dit four ; et de présent, il n'y en a que trois parce que les maisons furent abattues et bruslées par la guerre étant qu elles étaient près de la ville.
A côté et touchant au fief du Four était le tîef des Bienfaites qui devint beaucoup plus tard la propriété des Minimes et sur l'emplacement duquel ils construisirent un couvent.
Le fief des Bienfaites, dont le nom s'est trMuvé parmi les fiefs ayant appartenu à la famille de Pommeuse, relevait en plein fief du château de Brie-Comte-Robert, sans division d'aucune sorte. J'ai déjà signalé un Nicolas de Bienfaite (i), sans préciser cependant qu'il appartint à la famille des Bienfaites de Brie. Ce qui est certain, c'est qu'un seigneur de ce nom, Etienne des Bienfaites, apparaît en i3o2. On ade lui un échange de six vingt onze livres tournois de rente que ce chevalier échange avec le roi Philippe-le-Bel pour quelques droits auxquels le roi p étendait. Ce document porte même le sceau du seigneur des Bienfaites ; malheureusement ce sceau est incomplet. Le fragment qui reste représente un
I ) V. page 200,
écusson sur lequel est un oiseau aux ailes étendues (i).' regarde généralement ce seigneur comme ayant possédil lief qui porte son nom à Brie. Ce n'est toutefois pas certitude car il y a, en Normandie, un Bienfaîte. Mïûsi comptes de la reine Jeanne, le 22 septembre 1844, ^^^^ vons la déclaration suivante :
Cy après est esclarci le fie que tient de nous Symon des Bi< escuier.
A tous ceulx qui verront ces présentes lettres, Jehan deLanqi prévost de braye et Jehan de Beaurouvre, clerc, grande du sccl de dite prévosté, salut. Saichent touz que par devant nous vintpova] personnellement eslabli Symon des Bienfaites escuier, demeurant il la Noe dp Friadel, si qomme il dit et recogneut que il tient et adicS' tenir en fie à une seulle foy et un seul hommaige de très exceUoK haulte, noble dame et puissante madame la royne Jehanne, rovnedt- France et de Navarre, à cause de son chastel de braye, les héritatga qui cy après s'ensuivent. C'est assavoir : la grant meson des faites si qomme elle se qomporte avecques la chambre et la cuisine cl les bergQriez couvertes de gluy qui sont par devers les jardins et îj arpens de terre séans au bost des bergeriez par devers le chemin de Graigy (2); item aus marchez du petit val, sept arpens de terre, etc.. etc. (3)
Le lief des Bienfaites, soit dans le courant du 14^ siècle, soit dans le commencement du iS^ dut sini^^ulièrement péricliter car un vidimus de la prévoté de Brie, en date du m
décembre 1481, enregistre « le bail passé par les relig-ieuxde Saint-Denis à Jehan de Laval des masures, court et jardin appelé r hôtel des Bienfaites. »
Tout proche du lief ci-dessus, en était un autre dont le nom
(i) C'est probablement le sceau du même chevalier qui est appendu à une quittance délivrée au comte de Bernay pour les « œuvres de la osannc » à Rouen, en 1^)1. Sceau rond de 23 ■/". Ecu i l'aigle dans une rose gothique.
(2) Commune du canton de Brie-Comte-Robert, à 5 kil. de cette dernière ville.
(5) D'un inventaire des chartes de l'abbaye de St-I)enis, dont je n'ai pu retrouver l'acte probablement conservé au chartrier des dames de St-(!yr et que je soupçonne être aux archives départementales de Seine-et-Oise, il semblerait résulter que la famille des Bienfaites s'allia aux Pommeuse, ce qui expliquerait comment les Pommeuse entrèrent en possession du fief On v lit. en effet : u Acte de présentation par les religieux a la duchesse d'Orléans (alors dame de Brie-Comte-Robert) d'un homme vivant et mourant et offre de foy et hommage des terres qui furent à Symon des Bienfaites et à Marguerite de Pommeuse (3 avril 146 î) ». Ces terres me paraissent être celles visées dans l'aveu ci-dessus de 1344. Il faudrait alors conclure que cette iMarg'ierite de Pommeuse se remaria avec Jean de Moirans, car ce serait celle que citç l'acte de 1372 dont je parle à la page 369.
DE imiE-COMTE-ROHERT 385
s'est perpétué jusqu'à ce jour bien qu'il n'en reste plus aucune trace, (rest le licf de Pamphou (i). Enre^nstrons d'abord l'aveu suivant que je trouve dans les comptes de la reine Jeanne a la date de i343.
Aveu par Jehanne Aaleps, dame de Mons, des possessions qu'elle tient à la Queue en Hrie du mardi après la fête du Saint-Sacrement I ^4 3 à la royne Jehanne royne de France et de Navarre. C'est assavoir : trois vavasseurs dont le premier est Symon Piquart de Ponsigny, lequel tient de moy en tie environ vj livres x solde menus cens reçus à Brave chascunan le jour de Saint-Remy. les champarls de cinquante rinq arpens de terre au terroir deBraye, lequel champart vaut par an x septiers de blé et v septiers d'avoine, ces xv septiers peuvent valoir par an de rente Ixv sols ou environ, droitures et dimes qui peuvent valoir par an iij sols et tel droit qu'il a en un four banaier assis en la ville de Brayc.
Le second savasseur est M Jehan de V^arennes, qui tient de moy en tie un manoir et jardin qui rapporte par an xx sols parisis, tous deux situés en la ville de Braye ; iv arpens de terre, x livres de cens reçus à Braye à la Saint-Remy. le champart de vj arpens de terre qui peut valoir par an une mine, moitié blé, moitié avoine, estimée à iij sols par an et tel droit qu'il a au four de Pamphou.
Le y vavasseur est Jehanne fille de Gille de Poisel qui tient de moy en tie iij droitures et dcmy qui peuvent valoir par an xiv livres xvj sols dessus dites assises à Braye ou terroir d'environ.
Tout ce que dessus peut valoir ensemble Ixij livres xvij sols.
Revêtu de mon scel, daté comme ci-dessus. •
Or, déjà, à la date du 4 mars iSSy, la même dame rendait l'aveu suivant :
Alis. dame de Mons (2). adveue tenir (de la reine Jeanne) : Un manoir et un jardin ainsi qu'il secomportequ'on appelle Lji Mayrie (3)
(1) Ce qui reste de ce (lef, rue de Paris, est occupé aujourd'hui, en partie, par M. Sylvain Gourdon qui a conservé une partie du parc dont s'enorgueillissait autrefois le château de Pamphou. érigé, comme on sait, en marquisat par Louis XIV.
■2) Mons est très probablement la comm ne du même nom comprise dans le canton de Dannemarie, arrondissement de Provins. Cette identification est d'autant plus probable que, dans un autre aveu. Alis de Mons se qualifie de dame de Montigny dans lequel je verrai Montigny-I.encoup du même canton ci-dessus nommé. A ce propos, j'insiste encore une fois sur ce que l'on rencontre, pour ainsi dire à chaque pas fait sur le territoire briard, des possesseurs de fiet venus de dehors, des environs ds Coulommiers, et de Provins en particulier.
{y, Qnc veut dire ce mot Maine r Mairie, Mayrie, Mairrie ou Mérie est une sorte de fief nous dit Grégoire ; et il cite un procès-verbal des Coutumes de Seulis, en 1539 : « Fiefs appelés mairies, qui ne sont que scrgeantiscs qui ne se divisent point. »
C'était également au reçard de la Coutume d'btampes (1556;, une sorte de juridiction
séant à Braye; un arpent et demi deviene, situé nu puits Ju iarirc{i); un arpent et demi de pré séant au-dessus du Mmilin le (Jomte (2). iij arpens nu environ en une pièce vers le parc ; environ xv h'>sttses demourans à Braye en plusieurs liceux ; le ch impart d'environ Ixvij
<* J'abbc Sa:nt-Benoit a 'uridiction sur les habi*an*s du dit PIcssis et simr»lc mayrte sur ks habitants de Sainvil'e. a V.\\*\-\ Ma' i" était un cr qu ceux qui a* aien^ d'o t ilc p«"endre da b is ét.iient obli..'S J ■ "ot* se lorN]u" Is nr t o .va n .>as l«* sei^en" o i son coni'nis k qa\ lU devai i.t p->y<" "' Ue. x de "- dus ,'Oiii le d'o i dissue I a Coutume de Siiull. (I961) d t à ce su et : « L'on e.st tenu pa.ci av nt ^oit/r d- '«ois et. si le prévost ou son commis n.' y sont pour le recevoir, le cha to est t»'nu c.er ;u dit bois, par troys foi»>, à hsulte voix : (Mayri , et si le piévost et sou coinni'S i.e viennent rec^iwoir le dit droit, iceluy charton est tenu de m-t^r»', en r.n^ e>to:q aupsvs du lieu ù il a chargé son car. les deux der.iers, en lien patent, d. ('•tt*' u,>inion ie .ipproclic si*nsibl'-ni»*nT de la première qu- e donne, car, le cri de m ine devait 1 aturelleni'-nt s pousser dans la di ection de la demeure du sergent ou prévost. Ce pounait être là l'o igine du nom donné n la maison qui nous occupe. 11 ne serait pas impossible, en efi' t, que le bois auqu 1 conduisait la rue de Biie. ap elée du Beau-Guillaume. 6ojc< v//Woj/ descendit usqie vers ce point avant le 13' siècle. Cependant, il est nécessaire de remarquer que La Mayrie, dont parle 1 aveu d'Alix de Mons, touchait aux Tanneries. Or, il semble que ce fut une industrie très prospère et florissante à Brie à l'époque. On en trouve trace dans Vyaue .ux foulons aux recettes des comptes delà reine Jeanne. 11 semblerait fort possible que les tanneurs de rie, corporation nombreuse et importante, tout le prouve, aient formé le corps des bourgrois de Brie. Nous avons, au 13» siècle, entrevu cette bourgeoisie briarde et probablement plus industrielle qu agricole. Le quartier des Tanneries groupait certainement les bourgeois tanneurs. Des lors, pourquoi ne pas admettre que La Mayrie^ ci-dessus dénommée, fut le lieu de reunion de la bourgeoisie briarde, quelque chose comme le premier Hôtel-de-Ville, la première Mairie de Brie-Comte-Robert ?
(1) Il serait difficile de préciset l'emplacement de ce point si nous n'avions quelques déclarations fort nettes à cet égard. Je les mentionne par ordre de date :
<♦ i»' décembre 1507. — Quatre sols dus par François de Vielmaizon, laboureur, sur une travée de maison, court et jardin derrière, au lieu dit les Carrières, sur la rue des Tanneries.
<* 19 janvier 157s. — Quatre solz dus par Rochv* Pierre, vig eron. sur un« mazure, court et jardin ou pouvoit y avoir une maison qui fut jadis François Vielmaizon, près le piuf s da tartre.
a 19 août 1579. — Quatre sols dus par Etienne Clément le jeune, vigneron, ayant cause de Marion Vigoureulx. sa femme, veuve en premières noces de Roche Pierre sur une mazure et lieu et où pouvoit y j«voir une maison, près du pu/fi du tartre, jadis à Jean de Vielmaizon, tenant d'un bout sur la rue tendant de Paris à Provins.
*< 15 août 1587. —Quatre sols dus par EtienneVigoureux sur une maison, jardin, lieu dit les Carrières, près les Tanneries.
»* 6 juillet 1614. — Quatre sols dus par Pierre Mytaine, vigneron, ayant cause de Marie (élément, sa femme, sur un jardin clos de murs, près le puits du tartre, contenant onze à douze perches, jadis à Roche Pierre, depuis à Etienne (élément.
C'est sur cet emplacememt que s'éleva, au Ur siècle, le bâtiment qui servit aux exercices religieux des huguenot>, alors nombreux à Brie. Il en reste une maison que l'on appelait au 18' siècle, la 'Prdche, indiquée avec sa cour et jardin, comme tenant au passûg^ et potager du Pamphou et sur la rue des Tanneries. O passage de Pamphou s'ouvrait sur la rue dcî. Tanneries et lo'geait le faux rù. Elle porte aujourd'hui dans la rue des Tanneries, toujours existante, le numéro s t*t appartient à M. (Carillon.
(2) 11 s'agit évidemment du Grand Moulin. Oi voit qu'au 14' siècle, ce moulin portait le nom de Moulin le Comte, Je rappellerai à cet égard ce que j'ai avancé ip. "Jty-So) au sujet de la pos- ^v.^^ion probable du moul'n par Etienne, com/^ de Biiect la donation qu'il fit de ses biens au chapitre de l'hglise de Paris, lappelation, Moulin-le-Comte, serait un nouvel argument à ajouter à ceux que jai déjà produits pour justifier l'identification que je propose de Odçlinii, lieu des moulins, dont il est question dans le testament o'Etienne.
DE hRlE-COMTE-ROBERT 887
arpens entre Braye et Mignières (i). la moitié du four de Panfou, séant à Braye qui est banoier aux hostes dessus ditz.
Jehan de Braye escuier, tient iij hostises séant à Braye.
Symun Piquart, escuier, tient la moitié du four bannier assis à Braye.
La note ci-dessous nous fixe sur remplacement du puits du tartre. C'était au i.f siècle une vigne auprès de laquelle était bâtie une maison, entourée d'un jardin et d'une cour, touchant, d'une part à la rue des Tanneries, de l'autre â ce qu'on appelait alors la rue allant de Paris à Provins, puisque la route, le pavé du roi\ passait à l'époque au Coq Gaulois (2). Un aveu de i352 va préciser la situation de La Mayric. Le i[^ mars i343, Alis de Mons, dame de Montigny, déclarait tenir, pai la succession de feu Prenal, son père, « une malvoise meson et un peu de jardin dit la maison de LaMayrie. » Kn 1 35*2, Alis de Mons se reconnaît propriétaire :
D'une vigne séant au puits du tertre appelée la vigne du Clos. D'un pré au-dessous du Moulin-le-Comte.
De la moitié dune place ou étoit jadis un four que l'on disait le four de panfoul, en la ville de Braye.
D'une granche avec jardin en la rue du cul de sac. D'une maison séant au-dessus du clos dessus dict. De quinze hostises assises en la ville de Braye.
Cette déclaration est bien la reproduction de l'aveu de 1337, reproduit ci-dessus, mais il nous fournit une indication qu'il importe de retenir. On ne saurait douter que la maison avec Jardin avpelée kl Marrie, dQ i337, la malvoise maison et un peu de jardin dit la maison de la Mayrie, de 1348, et la irranche avec jardin en la rue du cul de sac, de i352, ne soient la même chose Or nous savons où était située la rue du cul de sac, car ce nom a été donné jusqu'au siècle dernier à une voie perpendiculaireàlaroutede Paris, en facePamphou, et descendant vers le rû du Cornillot. Il y a là encore une
'. ij Mynicros ou Meunières est une terme, aujourd'hui disparue, qui se trouvait entre le Mesnil et Brie. Il existe encore le chemin dit de Meunières. Nous verrons plus tard cette ferme, alors importante, aux mains de la famille Nicot. dont un membre est resté célèbre comme importateur du tabac en France.
(2) Cette rue o tendant de Paris à Provins b fait en réalité le pendant de la « grande rue de paris 9 dont il a été question en parlant des fiefs de l'Epinelle et de la Fleur de Lys,
388 HISTOIRE DE L\ VILLK
maison fort vieille, qui appartient à la famille Rousseau,et dans laquelle on pourrait bien voir La Mayrie, désignée par les aveux et dénombrements qui précèdent.
La déclaration de i332 nous tixe, en même temps surTorigine du mot pamphou, que Ton écrivait au 14' siècle /unjbv et même panfoiil. Cette dernière forme apparaîtra comme l'expression adoucie de panjour, panis jurmis, le four du pain (i). 11 est évident que ce nom fut donné pour distinguer ce four d'un autre, placé dans le voisinage, fort probablement un four à chaux. Des aveux postérieurs nous font connaître que le four de Pamphou se trouvait rue d » Martinet (2). (.\veuxdj3i mus. avant Pasqu^s, i33), du 28 nov^embre 1640). Or, précisément, tout à côté se trouvaient (Jw*s fours à chaux, cale i fu m i\ dont le souvenir s'est conservée dans le nom de rue des Fours à chanx donne à la voie parallèle à la rue du Martinet.
Nous avons ainsi l'origin.? bien nette du lief de Pamphou qui, après .oir eu son siè^^e sur les rives des rûs du Cornillot, s'étendit par la suite jusqu'à lancienne route de Paris et Provins et tinit par être érigé, comm j nous le verrons par la suite, en marquisat.
LePanfou, dont nous venons d'esquisser la première constitution, ne se m<.>dilia pas seulement quant au nom, transformé en Pamphou, mais son assiette subit aussi de sérieux changements que nous verrons par la suite. Contentonsnous de dire qu'aux terres et biens déjà entrevus, il en fût adjoint d'autres, notamment, par exemple, le lief du Carrefour pour lequel, le 8 décembre 1348, Denis du Carrefour, son propriétaire, rendait foy et hommage.
Il s'est produit à l'égard de celiefd(.)nt le nom s'est conservé
I; « ht sont tenus 1»n liostc> «J ycfux fifts (grand et polit pamphou) aller cuire à mon four b mnicr du dit panfou s'il est en estai que l'on puisse cuire. » (Aveu rendu par Guillaume IVudhomme, notaire et secrétaire du roi. le 31 mars IS50 .
(2) Cette maison est indiquée d.»n> l'état indicatifde I75(> comme il suit : « La maison ou est 1 • Four de Pamphou et un jardm. tenant a la dite rue du Martinet. 22 perches n. Elle tenait a 1 ; maison, cour et jardin « taisant lencognure des rues du Martinet et de la Tannerie b. ("c sont, en conséquence, celles qui portent aujourd'hui le n" i et i bis ; elles appartiennent la première, à M. Bonnafour ; la seconde, a M. Thomas, conseiller municipal,
bE RRÎK-COMTK-ROBFRT 38()
dans les actes féodaux, jusqu'à la lin du i8'' sicclc ii) une singulière confusion. On l'appelait indifféremment le Carrefour ou la Fleur de Lys. Or, après ce que j'ai dit de ce dernier lief, on pourrait croire que le fief du Carrefour fût situé a l'endroit même où se trouve aujourd'hui la fort belle propriété de M'"*' Kissen, entre la rue de Paris et l'ancienne route ou rue du Coq Gaulois. 11 n'en est rien. Par suite de mutations ou d'acquisitions dont je parlerai à leurs siècles respectifs, tout le terrain sur lequel s'élevaient les fiefs dont j'ai parlé : la Tour brûlée, la Chevrie et même un autre que je n'ai pas encore eu l'occasion de citer, Boigny, devint la propriété d'un seigneur de la Fleur de Lys, et prit alors le nom de clos de la Fleur de Lys. Ce clos s'étendait principalement vers la voie qui s'appelle aujourd'hui rue de la Chaussée, limité au nord par la route de Paris, au midi par la rue Saint-Christophe actuelle. C^'est probablement cette situation qui lui lit donner le nom du Carrefour qu'il portait avant de porter celui de clos de la Fleur de Lvs. Le fief était en effet assis au croisement de la rue des Ormeteaux (aujourd'hui, de la Gare), delà rue de Paris, de la rue tendant à la porte des Fontaines (aujourd'hui, rue delà Chaussée), de la rue Chantepie (aujourd'hui, Saint-Christophe) et du chemin appelé aujourd'hui boulevard de l'Ouest. Ce clos était mouvant, en partie, de la seigneurie de Perigny (2).
Quant à Boigny, dont il vient d'être question, c'était un fief primitivement enclavé dans le clos ci-dessus. Le chef-lieu de ce fief s'est déplacé. Il était auparavant situé sur la rue Saint-Christophe (3), de l'autre côté de la gendarmerie actuelle, à ce que nous apprend un plan conservé aux Archives départementales de Seine-et-Oise. Dans ce plan, Boigny est indiqué comme relevant de Combs-la-Ville ; il
(1) Aveu du 19 mai 1787 au duc de Normandie, comme comte de Brunoy, par le comte de Balby du fief du Carrefour ou de la Fleur de Lys. (Arch. département, de Seine-et-Oise).
(2) On se rappellera, .i cet égard, que dans un aveu ci-dessus relevé, de 1545, il est dit quejean de Parrcigny (de Perigny ) détient le fief de la Pinelle ou l'Epinelle. Or le clos de la Fleur de Ly § ou fief du Carrefour touchait au fief de l'Epinelle ou aux terres en dépendant. Cela pourrait expliquer la mouvance que j'indique du reste d'après les aveux que j'ai pu retrouver.
(3) Son emplacement se retrouverait dès lors au n°4de la rue Saint-Christophe, immeuble appartenant â M. Narcisse.
ign HISTOIRE DE LA VILLE
pourrait être considéré alors comme ayant appartenu à cette portion du terroir de Chantepie qui, lui aussi, relevait de cette dernière seigneurie. Dans la suite, le chef-lieu deBoigny passa de l'autre côté de la rue Saint-Christophe. C'est aujourd'hui la gendarmerie. Il relevait alors du château de Brie- Comte-Robert. Du moins peut-on considérer comme viv^ant un seul et même tief, des aveux au titre de Bugny, Bougrny ou Boigny.
Pamphou s'accrut, en tant que (îef, des autres propriétés de Denis du Carrefour. Dans un aveu de Claude de Bullion, il est dit que « le domaine des liefs qui furent à Denis de Carrefour ne consistait qu'en terres sis en plusieurs terroirs de Brie ». Pamphou s'accrut également des possessions de Denis de Brasdefer, dont un aveu de 1347 a la reine Jeanne nous fournit l'indication suivante :
Item. Denis Bradefer de braye à cause de sa famé tient de moy (Jeanne, reine de France et de Navarre) en fie terres gaignables qu'il a environ le parc (i)etceus qu'il a à braye et vault le dit fie environ quatre livres tournois de rente et tient len de luy trois fiez lesquelz il tient de moy en arrière-fiez, c'est assavoir : Symon de Laval en tient ung ; Adam de Beaurouvre tient le second et la famé Denis du noyer à cause de ses enflans tiennent le tiers et sont touz les dicts fiez à braie ou environ.
C'est probablement ainsi que le lief de Pamphou s'augmenta de la ferme du Petit Pamphou. En réunissant ces divers domaines, il s'est tnjuvé ai^gloméré, autour de l'ancien four bannier appelé Pantoul ou Panfou, un domaine qui a pris ce nom. L'adjonction des terres de Denis de Carrefour et de Denis Bradefer (qui pourraient être le même personnage) a amené, sur un point opposé de la ville, un autre groupement qui portait aussi le nom de Panfou. D'où la dénomination de Grand Panfou donnée au domaine groupé autour de l'ancien chef-lieu du tief, et de Petit Panfou à la portion du lîef qui av(.)isinait (Chantepie et d<.)nt la ferme du Petit Pamphou devint le point central.
I ) Le lict" de ('hantcpic s'appelait aussi fief du Parc, a Aveu du fief du Parc ou de Chantepie par François Bachelier à Frédéric Schomberg à cause de la seigneurie de Tancarville devant Thuillier. notaire a Brie, le 28 avril 1687 ». (Arch. notariales de M" Camus, notaire à Brie- Comte-Robert).
DE BklË-COMTE-ROBERT Sgi
Un autre fief important, bien qu'il n'ait pas eu la brillante fortune de Pamphou, dépendait du château de Brie-Comte- Robert. C'est celui de la Borde-Fournier, dont nous allons trouver Ténumération dans l'aveu suivant rendu « à la feste de la Pentecouste l'an mil trois cens quarante trois. »
Et pour les dénoncemens du fiez et arrère fiez que Simon de Verneuil tient de nous (ce dénoncement est scellé du scel de la prévosté de Meleum) sachent tous que se Simon de Verneul escuier tiens et adveue a tenir en fie a une seule foy et homage les biens et aucunes choses qui cy après sensuivent de très haute excellante et puissante dame, madame la Royne Jehanne, royne de France et de Navarre, à
cause de son chastel et chastelenie de Brayc-Conte-Robert, c'est assavoir :
La Borde-Fournier
Cinquante cinq arpens de terre arables sèans au lien que leu dit la Borde Fournier tenant dune part ou bois du parc (i) ma dite dame la Royne et d'autre part aus terres du Breil (2) ; item sept arpens
(1) C'est 'a première fois qu'il est question de ce bois. On trouve, à la rubrique a recette» des comptes de la reine Jeanne, en l'an 1^28, l'article suivan : a Item. Recepte de la dicte terre de Braye, qui est dou propre héritage Madame, faite par Gautier de Bian, gruier Madame, (gruier, chef d'une gruerie. ancienne juridiction forestière) pour lan feni à la dicte Chandeleur CC -XXIX, des bois et d<>s choses qui purent touchierà son dit office par parties abrégiées traites du compte principal du dit Gautier, lequel compte a esté rendu auz gens de Madame, présente ma di<*te dame le darrenier jour de juillet l'an xxx : Bois de Braye domainnet v xxiij livres, v sols tournois de fueble monnoye. b Ce bois de Brie, faisant partie du domaine de la reine Jeanne me paraît n'être autre chose que le Bois du Parc, (.e dernier, déjà réduit par des défrichements successifs, existait encore au 18* siècle. Il a compl -temcnt disparu dans le courant du 19» siècle ; «on souvenir reste dans le nom donné à la ferme qui l'a remplacé en partie, la ferme du Bois, du parc, (appartenant à M. de ^erthois et tenue à ferme par la société de la sucrerie de Chevry dont M. Dufay est le directeur). Ce bois devait, comme je l'ai déjà indiqué, s'-'«vancer jusqu'aux grands jardins ou parc du château. En 1328, ces jardins n'existaient pas encore, (v. p. 320, 322, 323), mais en 1343, date de l'aveu, ils étaient terminés et on avait dû donner au Bois de Braye, le nom de Bois-du-Parc. Je signalerai, à ce propos, un article des comptes de 1364 : a A Oudin Faitort, jardinier, de braye, qui prent par an pour soutenir et faire de toutes façons tant qu'il plaira à Madame et à Messieurs de son conseil les Jardins de Braye et les soustenir en la fourme et manière que feu Jehan le Fauchieur les maintenoit par an, iiij** livres ».
(2) J'ai déjà parlé de ce fief Le Breuil (v. p. 190 et 191). 11 appartenait au 14* siècle à Jean de Viilers, ce qui résulte d'un aveu rendu le )i mars 1346 et un autre de sa veuve rendu le 31 mai 1354. Il importe de dire, car ce détail servira dans la topographie des environs de Brie, qu'en mars 1224. une chapelle fut fondée auprès du Breuil. Guérard dans le Cartulaire de N. D. (t. III.) cite une charte concernant cette fondation. Ce document nous apprend que Regnault, curé d'Attilly, consentit, en réservant les droits de son église, à ce que cette chapelle fondée nar Barthél-my de Chevry, de son vivant chevalier, dans le manoir de Pierre de Brie, chevalier, situe auprès du Breuil, fut élevée en dedans des bornes de la paroisse , d'Attilly. L'acte, enlevait, en somme à cette dernièrç paroisse le manoir de Pierre de Brie, un arpent de terre joignant ledit manoir, concédé pour la fondation de la chapelle, et l'habitation du chepelain. Celui-ci, probablement le premier en date, Simon, clerc, reconnaissait devoir
IIISTOÎRF. DK LA XllA.E
de pré en une piôce au-dessous des dictes terres ; item quinie: de terre arables séans en une pièoc et tenant aux terres du item deux arpens de terres arables séant au dit lieu tenant an des bordes (i) ; //cm deux arpens de terre arables séant ou des dites bordes tenant dune part à la terre de Tostel Dieu de iiem vint deux sols de menus cens rcçeus le jour Saint-Remj ville de Brayc ; iicfn quinze livres et sept solz le jour de la Jehan Baptiste pour cause de plusieurs héritages séans et cstiis^ ma censive et telle justice et seigneurie foncière comme mes ciers ont heu ou dit lieu ; item quatre fiez mou vans de moy qui arriére fiez à ma dicte dame la ro\ ne dont Jehan de braye (2), seigneur de V'illememain (3) en tient ung ouquel a plusieurs cûoaij
VlLLEAlAlN
Premièrement, sa meson de N'illemain avesque le jardin si cootft tout se comporte. Ihni. Un molin séant devant la dite meson. lUm, (Jinq arpens de prez à deux herbes séans au-dessus dudit molio./^- Six arpens de prez prés d'ycelle meson. /tem Environ cent dix scpi arpens de terre gaignables séans au terrouer ou finage ôs enviroak dite meson. liew. Le jour Saint-Remy. dix-huit solz de menus ccus ou environ rcceus de plusieurs per-onnes de ce que tiennent à ccus de moy. //cm, en la ville de braye. soixante et dix solz de menus cens ou environ receus par an le jour Saint-Remv de plusieurs personnes pour cause de plusieurs héritages tenus de moy. c'est
payer, en échange, à Regnault. curé d'Attilly ou à ses successeur*, huit sous et à 'a fabrique d'Attillv. deux sous, annuellement. Simon s'engageait, en outre, pour lui et ses successeurs a rendre à la cure d'Attil y les dons que jiourraient lui être faits pas les paroissiens d'AttilU (^'est sur cette dernière paroisse que s'élevait le (ief du Breuil lui-même. Dans une note <io 17' siècle, on lit : « l.e fîef du Breuil. sis on la paroisse d'Attilly, relevant du rov à cause àt son domaine de Tournan et qui consistait anciennement en un chasteau sis en la dite paroisse joignant le bois du parc duquel il ne reste plus que quelques pans de murs et en to arpens
de terre situes aux environs du dit chasteau sur \e terroir du dit Attilly La motte de
terre ou mazure de la terre du Breuil ei laquelle étoit anciennement le manoir d'icelle terre avec ses prés, closture. environs et fossés tenant d'une part et d'autre au bois du Rov (bois du Paro... Le bois du Breuil. joignant la motte ou mazure aboutissant d'un bout sur le bo:s du Parc, d'autre au chemin de Biie à Chevry. »
1; Nous avons déjà rencontré cette expression dans un acte concernant Artus de Pommeuse. sous la forme des Bordes de Braye. il y avait, en effet, voisines l'une de l'autre deux bordes entre Braye et Ferrolles L'une portait le nom de Borde-Morin ; elle a disparu. L'autre s'appelait Borde-Fournier. Les ruines de celle-ci se voyaient encore, nous dit un document du 17 -siècle, aux abords d î la Mare Pierreuse, à coté de la chapelle de Breuil. La Borde-Fournier a été réédifiée sur l'emplacement qu'elle occupe aujourd'hui vers le commencement du i" siècle. On a avancé que «son nom de Fournier lui viendrait, soit de celui de son fondateur ou lie 1 un de -ses anciens propriétaires, soit pour témoigner de la banalité du four à cuire le pain. I) (!e qui e>t certain c'est que la Borde-Morin portait le nom d'une famille a laquelle elle a appartenu.
2 Voir plus loin ce qui est dit de cette famille. V. également p. 63-74.
r,, V. p. ic>-4i.
DE BRIE-COMTE-ROBERT ig3
assavoir : prez. terres, mesons, vuignes et autres choses Item, Deux droitures paiées lendemain de Noël à la mesure de Corbeil prise lune sur la meson ou fut Adam le Maire et lautre sur un arpent de terre séant au petit ouime qui est Hébert Rive et Jean de Moiessait. Jtem . En la dite ville, les champars de quatre arpens de terre séans ou terrouer de braye. /tem Un fie que len tient du dit Jehan de Brave, escuier. lequel tient mons Jehan de Champs n), chevalier, lequel est arriére fie au dit Simon ^de V'erneuil), c'est assavoir : deux mesures de Tourment qu'il preni sur le molin de braye. Item. Un lie, séant à \'iry-sur-Seine (2) mouvant du dit mons Jehan, lequel est arriére fie au dit Jehan de Braye.
La Grange de Brie (3)
Item. Le second fie tenu de mov arrière fie à ma dite dame la royne lequel tient Thomas de braye. escuier, ouquel à plusieurs choses. C'est assavoir : Son manoir qui est appelé la granche de Brave emprez la ferte Allez si comme il se comporte en Ion et en le avesques les fossez qui sont autour ledi manoir, un vivier et ledit coulombier appartenant au dit manoir, /lem. Cinq arpens de prez seans ou dit lieu. Ilem Cinquante et un arpens de terre arables séan»^ environ le dit manoir en plusieurs pièces. Item. Douze livres de menus ceus paiez ou dit manoir, c'est assavoir à deux fesies, la Saint-Remy et landemain de Noôl. ftem. Une droiture prise par an /tem. vj fiez petits qui sont tenus du dit Thomas et sont arrière fiez à moy.