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Histoire de la ville de Bruxelles

Nous ne croyons pas nécessaire d'insister sur i'uUlitédes monographies historiques : posséder pour les villes importantes des annales particulières qui nous en retracent les commencements, les progrès ou la décadence; connaître Forigine des institutions et des monuments, tableaux toujours vrais et vivants des mœurs de chaque époque, n'est-ce pas là un besoin, une nécessité même pour tous les pays, et surtout pour la Belgique dont les communes ont pendant si longtemps joué les principaux rôles dans ce drame qu'on appelle histoire?

Que de journées fameuses dans l'existence de Gand, de Bruges, de Liège, de Louvain et de tant d'autres cités? Que de souvenirs palpitants d'intérêt dans le passé de plusieurs villes presque oubliées aujourd'hui? Cest à eette source si féconde qu'il faut puiser pour écrire l'histoire de notre pays; car nous ne pouvons le disshnuler, tous les efforts seront inutOes, tant que des recherches consciencieuses et éclairées n'auront pas produit de bonnes histoires particulières de chacune de nos villes. Et en effet, pour présenter des faits généraux, pour en expliquer les causes et les conséquences, n'est-ce pas sur des monographies que l'historien doit s'appuyer? S'il a le malheur de consulter des récits inexacts, s'il lui arrive d'y ajouter aveuglément foi, à combien d'erreurs ne se trouvera-t-il pas exposé? Or,, dans presque tous les ouvrages historiques que nous pôssé-

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Yi PRÉFACE.

dons, les institutions ont perdu leur caractère primitif parce qu'elles y ont étë jugées avec cet esprit de partialité et d'amour-propre inséparable mallieureusemcntde la manière de penser de chaque siècle. N'ont-ils pas, par exemple, commis une faute grossière tous ces auteurs qui, dans le conseil de Cortenberg, institué par le duc Jean II en 1 3 i 2 , ont vu l'origine du conseil de Brabant, alors que loin de tenir son autorité du prince, ce tribunal n'était au contraire institué que pour contre-balancer sa puissance? Des faits sans doute peu probables aujourd'hui, mais pourtant incontestables, n'ont-ils pas été rejetés par des hommes d'un grand mérite? N'est-on pas étonné de voir le P. Diercxens nier que la Senne ait été navigable? négation d'autant plus surprenante que les longs démêlés entre les villes brabançonnes et la ville de Malines au sujet de la navigation sur cette rivière et la Dyle, occupent une large place dans les annales de la cité dont ce savant a écrit l'histoire ecclésiastique.

Bruxelles peut-être n'offre pas pour le moyen âge autant d'intérêt ({uc les grandes cités de la Flandre et du pays de Liège; on n'y rencontre pas de ces hommes supérieurs qui commandent à leur siècle, et laissent dans l'esprit des peuples des traces ineffaçables. Ses annales, à cette époque, paraissent veuves de ces luttes gigantesques contre les rois de France et les ducs de Bourgogne; mais aussi lorsque Gand, Bruges, Ypres et Louvain voient à la fin du xv"^ siècle leur splendeur disparue et leur existence presque compromise, Bruxelles grandit en importance et, malgré le contact continuel des nations étrangères qui se transmirent la domination' de la Belgique, sa population se montre toujours jalouse d'indépendance et conserve son caractère altier et intraitable»

Le Brabant est un des pays dont l'ancienne organisation politique offre le plus de détails curieux. Que d'intérêt, en effet, dans l'histoire de ses grandes libertés; de sa Joyeuse-Entrée, ce pacte constitutionnel, enfant du xiv** siècle ; de sa cour de justice, pouvoir émanant du prince, mais pourtant entouré de garanties; de ses états où siégeaient les prélats,

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